Olivier Clément

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Olivier Clément (écrivain))
Olivier Clément
Olivier Clément (DPJ - 2206141720).jpg
Olivier Clément avant 2009.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière de Marsillargues (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Maurice Olivier ClémentVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Marsillargues (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Conjoint
Monique Clément (d) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Denys Clément (d)
Sophie Stavrou (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Religion
Maîtres
Influencé par
Distinctions

Olivier Clément, né le à Aniane et mort à Paris le , est un historien, écrivain, poète et théologien orthodoxe français.

Professeur au lycée Louis-le-Grand et à l’Institut Saint-Serge, homme de dialogue, d'ouverture et de tolérance, questionnant la modernité, porte-parole d'une orthodoxie ouverte au monde et au dialogue œcuménique, il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages et de très nombreux articles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille cévenole « déchristianisée », Maurice Olivier Clément raconte son enfance, sa quête spirituelle et sa conversion dans un essai autobiographique, L'Autre Soleil (Stock, 1986)[1],[2].

Agrégé d'histoire, il enseigne en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand à Paris.

Il se convertit à l'âge de trente ans après une longue recherche dans l'athéisme et les diverses spiritualités orientales. Il découvre, sous l’influence de la lecture de Nicolas Berdiaev et de Vladimir Lossky, dont il devient l'élève et l'ami, la pensée des Pères chrétiens d’Orient et reçoit le baptême dans l'Église orthodoxe, au sein de la paroisse Saint-Irénée à Paris, rattachée au Patriarcat de Moscou, en 1951[3], des mains d'Eugraph Kovalevsky (en)[4].

Devenu professeur à l’ Institut Saint-Serge, il est l'un des témoins les plus estimés et les plus féconds de l'Orthodoxie en Occident[5],[6].

Il est l'auteur d’une œuvre comprenant une trentaine d'ouvrages consacrés à la théologie, l’histoire de l’église, la spiritualité, et à la rencontre de l'Orthodoxie, du christianisme occidental, des religions non chrétiennes et de la modernité. Il rédige notamment le Que sais-je ? sur l'Église Orthodoxe [7]. Il dirige la rédaction de la revue de théologie Contacts à partir de 1959 [6]. Olivier Clément est docteur honoris causa de l'Institut de théologie de Bucarest et de l'université catholique de Louvain ainsi que de l’université du Sacré-Cœur (en) de Fairfield (Connecticut)[8].

En parallèle à son activité d'enseignement, Olivier Clément s'engage dans la vie de l'Église orthodoxe en France. Il a attiré un large public à l'intérieur et à l'extérieur de la communauté orthodoxe, de nombreuses personnes trouvant une fraîcheur et une simplicité dans sa perception de la vérité chrétienne[3].

Parmi les théologiens orthodoxes contemporains, il est celui qui, sans doute, a su se montrer le plus attentif aux interrogations de la modernité auxquelles il a cherché à répondre à travers une réflexion puissante et poétique, à la fois enracinée dans la Tradition de l'Église, mais en même temps créatrice et rénovatrice. Olivier Clément a été l'interlocuteur de plusieurs grands spirituels de son temps — le Patriarche Athénagoras [2],[9], le pape Jean-Paul II, le prêtre et théologien roumain Dumitru Staniloaë, l'archimandrite Sophrony du monastère de Maldon (Grande-Bretagne), Roger Schütz de Taizé, Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant'Egidio —, avec lesquels il noue des relations de confiance et d'amitié[10],[11]. Ainsi, en 1998, il se voit confier par Jean-Paul II la rédaction des méditations que le pape devait lire cette année lors de la célébration du chemin de croix du vendredi saint au Colisée.

Croix sur la tombe d'Olivier Clément, au cimetière de Marsillargues.

En , il se montre critique par rapport à la déclaration romaine Dominus Iesus[12].

S'étant retiré à Marsillargues, dont il était originaire[13], Olivier Clément s'éteint néanmoins à Paris le [14],[10],[6],[15],[16],[17],[18], mais il est bien inhumé au cimetière de Marsillargues[19].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Séparé de sa première épouse, remarié avec Monique Jouanne, il a deux enfants : la philologue Sophie Stavrou (elle-même épouse du théologien Michel Stavrou) et le chirurgien Denys Clément[20].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Transfigurer le temps : Notes sur le temps à la lumière de la tradition orthodoxe, Paris-Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, , 224 p.
  • Qu’est-ce que l’Église orthodoxe : L’Église orthodoxe en France, juridictions, instituts, églises et chapelles. Bibliographie sommaire orthodoxe, Périgueux, Centre œcuménique Enotikon, , 40 p.
  • L’Église orthodoxe, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? no 949 », (réimpr. 1965, 1985, 1991, 1995, 1988, 2002), 128 p. (ISBN 2-13-053042-7).
  • Byzance et le Christianisme, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Mythes et religions no 49 », , 124 p. (OCLC 1508698)[21].
  • L’Essor du christianisme oriental, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Mythes et religions », , 124 p., chap. 50[22].
  • Dialogues avec le Patriarche Athénagoras, Paris, A. Fayard, (réimpr. 1976), 589 p. (ISBN 2-213-00344-0)[23].
  • Questions sur l’homme…, Stock, coll. « Questions », Paris, 1972, 221 p. ; réédition : Anne Sigier, Québec, (ISBN 978-2-89129-072-2).
- Prix Montyon 1973 de l’Académie française[24].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Clément et Léon Schwartzenberg, « Entretien sur le suicide », Autres Temps. Les cahiers du christianisme social, no 20,‎ , p. 43-51. (lire en ligne)
  • Guy-Marie-Joseph Riobé, La Liberté du Christ : Entretiens avec Olivier Clément, Stock/Cerf, Paris, 1974.
  • Dossier Olivier Clément, revue Nunc, numéro 7, , (ISBN 978-2-915831-02-3).
  • Colette Kessler, « Olivier Clément (1921-2009) un mystique dans la cité », Sens, no 339,‎ , p. 382-384 (lire en ligne [PDF]).
  • Dariusz Klejnowski-Różycki, Oliviera Clément reinterpretacja teologii. Studium dogmatyczno-ekumeniczne, Redakcja Wydawnictw Wydziału Teologicznego Uniwersytetu Opolskiego, Opole 2009, 198p. (ISBN 978-83-61756-08-8).
  • Franck Damour, Olivier Clément, un passeur : Son itinéraire spirituel et théologique, Anne Sigier, Québec, , 174p.  (ISBN 978-2-89129-423-2).
  • Mohammed Taleb, "Olivier Clément, un hermétiste au pays de l'orthodoxie " (p. 127-132), In Nature vivante et Âme pacifiée, La Bégude de Mazence, Arma Artis, 2014, (ISBN 978-2-87913-166-5).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [audio]Franck Damou interrogé par Alexis Chryssostalis : Hommage à Olivier Clément 1, sur France Culture, 2 août 2009.
  2. a et b Andrea Riccardi, « Olivier Clément, itinéraire d'un théologien orthodoxe », Études, t. 412, no 2,‎ , p. 213 à 222 (lire en ligne, consulté le ).
  3. a et b (en) Rédaction, « Olivier Clément in Memoriam », Telegraph.co.uk,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. https://eglise-catholique-orthodoxe-de-france.fr/enseignements/christianisme-occident/ephemerides.
  5. Michel Edevdokimov, « Clément Olivier - (1921-2009) », Encyclopædia Universalis,‎ n.a (lire en ligne, consulté le ).
  6. a b et c Nicolas Senèze, « Olivier Clément, grand penseur orthodoxe du XXe siècle, est mort », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Charles Delvoye, « Oliver Clément, L'église orthodoxe (compte rendu) », L'Antiquité Classique, nos 31-1-2,‎ , p. 505-507 (lire en ligne, consulté le ).
  8. « SOP 254 » [PDF], sur fraternite-orthodoxe.eu, (consulté le ).
  9. Émission "L'Orthodoxie, Ici & Maintenant" du 27 novembre 2012 , Portrait - Chronique à temps et contretemps, Olivier Clément, théologien de la beauté[PDF].
  10. a et b Henri Tincq, « Olivier Clément », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Pages Orthodoxes, Olivier Clément [1]
  12. « Paris: Vive réaction orthodoxe à la déclaration «Dominus Iesus» du cardinal Ratzinger », sur Cath.ch, (consulté le ).
  13. « Clément Olivier », dans Daniel Bourguet, L'Évangile médité par les Pères : Marc, Lyon, Olivétan, 2007, p. 163 (ISBN 978-2-35479-006-6).
  14. Anita S. Bourdin, « Le grand théologien orthodoxe s’est éteint », Zenit,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. Rédaction, « L’œuvre théologique d’olivier clément », Contacts, Revue française de l’orthodoxie, nos 267-268,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. (en)Orthodox church in America, In Memoriam : Olivier Clément, 21 janvier 2009.
  17. (de)Institut G2W. Ökumenisches Forum für Glauben, Religion und Gesellschaft in Ost und Wes,‘’Frankreich: Prof. Dr. Olivier Clément gestorben’’, février 2009.
  18. [PDF] Jean-François Colosimo, Homélie du P. Boris Bobrinskoy aux obsèques d'Olivier Clément le 20 janvier 2009 en l’église Saint Serge [2].
  19. https://www.colline-saint-serge.org/fr/olivier-clement.
  20. https://www.yumpu.com/fr/document/read/17129032/clement-olivier-in-memoriampdf-antoine-arjakovsky.
  21. Jean Séguy, « (compte rendu)Clément (Olivier) Byzance et le christianisme », Archives de Sciences Sociales des Religions , no 18,‎ , p. 182 (lire en ligne, consulté le ).
  22. Antoine Guillaumont, « Olivier Clément. L'essor du christianisme oriental. — Byzance et le christianisme, (compte-rendu) », Revue de l'histoire des religions, nos 172-2,‎ , p. 226-227 (lire en ligne, consulté le ).
  23. Rédaction, « “La leçon d’œcuménisme d’Athénagoras va profondément marquer le professeur”, affirme Andrea Riccardi au colloque sur Olivier Clément - 19 octobre 2019, intervention d’Andrea Riccardi lors du colloque sur Olivier Clément - Université Paul Valéry, Montpellier, France », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. Académie française, Olivier Clément.

Liens externes[modifier | modifier le code]