Thierry Sabine

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Thierry Sabine
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Thierry Sabine au port d'Alger dix jours avant son accident

Naissance
Drapeau : France Neuilly-sur-Seine (France)
Décès (à 36 ans)
Drapeau : Mali Gourma-Rharous (Mali)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Pilote de rallye
Autres activités
Distinctions
« Arbre de Thierry Sabine »

Thierry Sabine, né le à Neuilly-sur-Seine et mort dans un accident d'hélicoptère le , à huit kilomètres de Gourma-Rharous (Mali), en marge du Paris-Dakar, est un pilote de rallye français, notamment fondateur du Rallye Paris-Dakar.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Au tout début des années 1970, il commence par être lui-même pilote de rallye: il gagne son premier Rallye national au Touquet avec son père Gilbert Sabine comme co-équipier sur une Alpine 1300 S. La même année, il gagne le "Tour de France National" avec Bernard Surre sur Posche 911 S.

Il termine cette saison deuxième du Critérium National des Rallyes (alors nom du championnat National D2), derrière Jean-Louis Clarr[1].

L'année suivante, il passe en catégorie internationale et il gagne le Rallye de Picardie avec Willy Huret et le Rallye Alsace-Lorraine avec Bernard Surre sur Porsche 911 S.

L'année suivante il entame également des participations sur circuits (8e des 3 Heures du Mans sur Porsche 911 S) qui dureront jusqu'en 1983 lors des 24 Heures de Spa.

Il gagne les "6 heures de Spa" avec Jean Ragnotti sur Porsche Carrera.

Il participe aux 24 Heures du Mans en 1975 (17e avec Aeschlimann et Dagoreau) et en 1976 (13e cette fois avec Jean-Claude Andruet et toujours Dagoreau, encore sur une Porsche 911 Carrera RSR).

Il a été Champion de France des circuits sur Porsche Carrera 3L.

Il crée en 1975 pour la ville du Touquet, dont le Maire est Léonce Deprez, un évènement qui fait vivre la ville en hiver, le temps d'un weekend : l'Enduro du Touquet, une compétition de motos avec un départ en ligne sur la plage. Au fil des années, cette course unique en France, prendra un développement énorme. En Février 2015, a eu lieu le 40ème Enduro du Touquet, rebaptisé depuis quelques années "Enduropale", toujours couvert par "La Voix du Nord" avec en plus de nombreux partenaires.

Il est l'attaché de presse de la station du Corbier, aux couleurs de laquelle il court plusieurs courses de production et rallyes en France.

Il s'occupe aussi des relations-presse du groupe musical "Il était une fois", qui est alors en pleine heure de gloire.

Il participe en Janvier 1977 au "Rallye Abidjan-Nice" à moto, en équipe avec trois amis: Dominique Sauvêtre, Patrick Schaal et Uwe Ommer. Ils ont comme assistance un véhicule conduit par Frédéric Harrewyn. Il s'égare dans le désert à la frontière du Ténéré et de la Libye, un lieu-dit "La montagne noire", abandonne sa moto en panne d'essence, marche à pied pendant trois jours sans eau ni vivres et est récupéré in-extremis le 14 Janvier 1977 par Jean-François Sinet, le pilote du petit avion envoyé par l'organisateur Jean-Claude Bertrand... Il est très marqué par cette expérience pendant laquelle il a pensé ne pas s'en sortir mais tombe amoureux à ce moment-là de l'Afrique et du désert.

Au retour du Rallye, son ami Uwe Ommer, photographe de mode connu, organise une soirée dans son studio-loft à Paris, mêlant ses amis du Rallye et des gens de la mode.

C'est là qu'il rencontre un mannequin "Haute Couture" Eurasienne, Diane Thierry-Mieg, avec qui il a un véritable coup de foudre.

Ils ne se quittent plus et se marieront en Novembre 1977 à l'Eglise de l'Annonciation à Paris.

En 1978, il continue les courses de production sur circuits avec une Ford Capri et participe aux 24Heures du Mans et au Tour de France Automobile.

Puis en Juin 1978, il lance la Croisière Verte, une traversée à moto de la France par les petits chemins, qui va du Touquet à Sète.

Simultanément, il travaille avec Jean-Claude Bertrand[2] à l'élaboration d'un Rallye en Amérique du Sud[3], celui-ci ayant comme désir de lancer des Rallyes à travers 5 continents.

Mais l'organisation de cette épreuve outre-Atlantique étant difficile et Jean-Claude Bertrand ne voulant pas faire un troisième épisode en Afrique, Thierry Sabine se décide à organiser un nouveau Rallye en Afrique, mais dans l'autre sens, en partant de Paris pour arriver à Dakar.

Thierry Sabine a suivi les cours de l'EFAP (Ecole Française d'Attaché de Presse), d'où ses idées d'un "Paris-Dakar" avec un départ spectaculaire de la capitale, en face de la Tour Eiffel et une arrivée dans une autre capitale, celle du Sénégal.

Le "1er Paris-Dakar" sera organisé par une poignée de personnes : Thierry Sabine, son épouse Diane qui l'épaulera dans toutes ses activités tout en continuant son métier de mannequin, et trois autres intervenants, Patrick Verdoy, François Vincent et Joëlle Ilous.

Le premier sponsor sera la marque de jus de fruits "Oasis", les premières couvertures-médias seront Paris Match et VSD, et la première couverture-radio sera RTL avec Max Meynier et son émission "Les routiers sont sympas".

C'est une épreuve où les amateurs ont toutes leurs chances ainsi que les deux roues motrices. L'équipage Nollan-Hayat participera même aux deux premiers Paris-Dakar sur une KZ Renault (de 1926) et terminera dans les temps au premier. Un autre équipage Therage-Chamagne fera la course en 504 spéciale...

En quelques années, cette épreuve deviendra la compétition la plus marquante des dernières 35 années, mêlant motos, automobiles et camions, sans oublier les buggys, les side-cars et autres prototypes.

En 1984, Diane et Thierry Sabine divorcent. Le stress et les difficultés de l'élaboration des premiers Paris-Dakar auront eu raison de la bonne volonté de Diane...

En 1985, il organise le"Raid Blanc", une épreuve hors-piste dans la neige qui dure une semaine, avec montées en peau de phoque, descentes en ski, nuits sous igloos construits par les chasseurs alpins, ski de fond et slalom. qui se passe aux Arcs, à Val d'Isère, en Italie dans les Dolomites en Avril, hors vacances scolaires.

Il organise La Coisière Verte en Belgique, à Bouillon dans les Ardennes qui avait beaucoup de succès.

Il organise un concours hippique à Lyon, un retour en arrière sur sa carrière de cavalier.


Mort brutale, le 14 janvier 1986[modifier | modifier le code]

La dernière compagne de Thierry Sabine au moment de son accident sur le 8ème Paris-Dakar s'appelait Suzanne Fournais.

Thierry Sabine meurt dans la soirée du , avec le chanteur français Daniel Balavoine, la journaliste Nathalie Odent, le pilote de l'hélicoptère François-Xavier Bagnoud et le technicien-radio Jean-Paul Le Fur (né en 1949), dans un accident d'hélicoptère près de Gourma-Rharous, au Mali.

Une stèle est érigée à sa mémoire dans le Ténéré et le lieu est alors baptisé « Arbre de Thierry Sabine », en raison de l'acacia solitaire qui y pousse.

Déroulement de l'accident[modifier | modifier le code]

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Sur le Dakar, l'étape Niamey-Gourma-Rharous, longue de 843 kilomètres, débute à 4 heures du matin. Directeur du rallye, Thierry Sabine en donne le départ. Le climat est capricieux, un vent de sable non négligeable se lève. Il décroîtra durant l'après-midi.

La matinée bien entamée, Thierry Sabine et Daniel Balavoine se rejoignent à l'aéroport de Niamey afin de partir pour Gao. Arrivés à 10 h 30, ils s'entretiennent avec le gouverneur malien au sujet des pompes à eau. L'ambiance est animée car beaucoup de problèmes subsistent dans le bon déroulement de l'action humanitaire : les autorités bloquent les camions des Paris du cœur, qui ne peuvent ainsi faire route vers le Mali. Les échanges se prolongeront jusqu'à 16 heures.

Peu après, Sabine propose à Balavoine de le suivre afin de donner le coup d'envoi d'un match de football opposant l'équipe de Gao à celle de Mopti, match organisé dans le cadre du Paris-Dakar. La cérémonie s'éternise ; d'autant plus que le gouverneur ayant fait le déplacement, le chanteur en profite pour poursuivre la discussion.

L'hélicoptère de Thierry Sabine, piloté par François-Xavier Bagnoud, est prêt et doit initialement embarquer 5 personnes, pilote compris : Thierry Sabine, Jean-Paul Le Fur, technicien radio, ainsi que Jean-Luc Roy et Yann-Arthus Bertrand. Ces deux derniers s'apprêtent à filmer et photographier comme tous les jours le secteur Gao-Gourma. Un avion en provenance de Bamako se pose entre-temps. Ils proposent alors de céder leurs places et préfèrent prendre l'avion pour rentrer. Il est 17 heures, le jour décline et la météo se dégrade progressivement, le vent se relève. Sabine, se souvenant que le chanteur lui réclamait inlassablement un baptême de l'air en hélicoptère, lui attribue au dernier moment le siège de Monsieur Gérard Mérigaud, directeur des sports de la chaîne Antenne 2 qui a fait retour sur Paris en raison du décès de sa mère. Daniel Balavoine, un peu anxieux hésite, puis finit par monter à bord pressé par le temps.

À 17 h 15, l'appareil décolle et doit rejoindre le bivouac de Gourma-Rharous, arrivée de l'étape. Il leur faut parcourir environ deux cents kilomètres depuis Gao dans des conditions délicates. Les passagers respectifs sont donc Thierry Sabine, Daniel Balavoine, François-Xavier Bagnoud et Jean-Paul Le Fur.

Vers 18 h 10, ils s'arrêtent une première fois à Gossi au départ de la deuxième épreuve chronométrée ; Thierry en profite pour discuter avec des concurrents. Le vent de sable se faisant de plus en plus fort, il leur faut repartir d'autant plus que leur hélicoptère n'est pas équipé pour voler de nuit. La jeune journaliste Nathalie Odent présente sur les lieux monte spontanément à bord, comme elle a l'habitude de le faire chaque jour avec n'importe quel appareil de la course. Elle occupe ainsi la dernière place vacante.

La nuit étant tombée, ils suivent le fleuve Niger (un repère plat et simple). À vingt-deux kilomètres de Gourma, ils n'ont d'autres choix que de se poser en urgence, toute progression étant désormais impossible. Il est 19 heures, Sabine sort et croise une voiture. D'un ton calme et rassurant, il demande aux pilotes de signaler leur position au bivouac afin de réquisitionner un véhicule et de les ramener.

Mais inexplicablement, alors que tout danger était désormais écarté, l'appareil va redécoller et progresser avec comme seul repère au sol les feux arrière d'un 4x4 ; les deux concurrents à l'intérieur seront témoins de la filature. Volant en rase-mottes et balayé par la tempête, l'engin tangue dangereusement. L'hélicoptère sévèrement désorienté passe sur l'avant droit du véhicule avec une vitesse horizontale très élevée.

Il heurte un arbre avec l'avant droit du patin et part en looping en se désintégrant sur plus de 150 mètres. Il est alors 19 h 20 ; le crash se produit à seulement huit kilomètres de Gourma-Rharous (approx. 16° 49′ 42″ N 1° 51′ 01″ O / 16.82833, -1.85028). Les cinq passagers sont tués sur le coup.

Malgré tout de nombreuses zones d'ombres demeurent. En effet, diverses polémiques ont fait leur apparition quelques jours seulement après le drame. Thierry Sabine a été accusé d'être en fait aux commandes ce jour-là, idée démentie relativement rapidement. Puis une possible bavure militaire est évoquée, car l'appareil survolait alors une zone de conflits. Des véhicules auraient même reçu des balles. Cette hypothèse est toujours discutée.

Enfin, certains se sont penchés sur l'objet de leur redécollage. La seule et unique cause qui ait été avancée fut la thèse de la blessure se fondant sur la découverte de gazes à l'endroit de leur arrêt. Morsure de serpent, piqûre de scorpion ou tout autre traumatisme suffisamment grave pour s'envoler en urgence et ainsi arriver le plus vite possible. Cependant aucune certitude n'existe et de nombreuses autres rumeurs circulent encore aujourd'hui sur Internet, la plupart étayant la thèse de l'attentat politique (à ce niveau là, Daniel Balavoine était coriace et avait une opinion bien différente et ses multiples coups de gueules agaçaient énormément les politiciens) et/ou du sabotage. D'ailleurs, l'enquête de l'aérospatiale n'aurait pas été rendue publique. Le Rapport d'accident a été établi par l'Aérospatiale, le BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) et la Direction du Contrôle de la Sécurité et de la Sûreté, ANAC Mali.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mensuel Échappement n°123, janvier 1979, Spécial Rallyes, p.57
  2. (créateur du Rallye de Côte d'Ivoire en 1969)
  3. (un Tour d'Amérique du Sud étant à cette période disputé en 1979)