Muttawa

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La muttawa (en arabe :مطاوعة ) ou officiellement هيئة "hay'ah", est le nom de la police religieuse dans certains pays musulmans dont, entre autres l'Arabie saoudite.

Dans ce dernier pays la muttawa dispose 3 500 agents (plus quelques milliers de volontaires) dépendant d'une entité gouvernementale, le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice et qui, lors de ses interventions est régulièrement appuyée par d'autres forces de police.

Celle-ci a le pouvoir :

  • d'arrêter sans préavis toute personne se livrant à un comportement homosexuel ou à la prostitution ;
  • de faire appliquer des codes vestimentaires islamiques ;
  • de veiller à l'application des heures de fermetures de magasins durant les temps de prière ;
  • de faire appliquer les prescriptions alimentaires (notamment d'interdire la consommation ou la vente de boissons alcoolisées ou de la viande de porc) ;
  • de saisir les produits de consommation et les médias interdits car considérés comme anti-islamique (tels que les CD / DVD de divers groupes de musique occidentale, des émissions de télévision et de film).
  • de traquer les trafics de stupéfiants.
  • d'ordonner la destruction des vestiges et symboles des religions autres que l'islam, tel les Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan.

Exemples d'actions[modifier | modifier le code]

  • La poupée Barbie est rendue illégale par la muttawa, car elle est jugée non conforme aux bonnes mœurs du pays.
  • Un Libanais, père de plusieurs enfants, nommé Ali Hassan Sibat, a été arrêté en 2008 alors qu'il effectuait le pèlerinage à La Mecque, et a été condamné à la peine de mort en novembre 2009 pour « sorcellerie », son « crime » étant de prédire l'avenir sur une chaîne libanaise très diffusée dans les pays du Golfe Persique. La Cour d'appel de Médine a confirmée la sentence le [1]. Suite à l'intervention du gouvernement libanais et la pression d'organisations de défense des droits de l'homme, sa sentence a été repoussée, avant d'être annulée par la Cour suprême saoudienne, le , au motif que Ali Hassan Sibat n'avait causé de préjudice à personne et n'avait jamais commis de délits en Arabie saoudite auparavant[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Saudi Arabia delays death sentence of Lebanese sorcerer », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  2. (en) « Saudi Supreme court rejects Sabat death sentence », sur yalibnan.com (consulté le 25 novembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]