Tarawih

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Les tarāwīḥ (arabe : تراويح) sont les prières quotidiennes du soir, exécutées après celle de Isha, pendant le mois de jeûne du Ramadan (à partir de la veille du premier jour du mois). Ces prières surérogatoires sont effectuées par paires de rakaa (ركعة, séquence rituelle de la prière), avec en tout, généralement entre 11[1] et 45 rak'a selon les traditions. Aucun maximum n'est d'ailleurs fixé. Les sunnites pensent qu'il est de la tradition (sunna) d'essayer d'accomplir un khatm (récitation complète) du Coran en récitant chaque nuit un trentième du Coran, le Coran étant divisé en trente parties (juz, de l'arabe : جزء : partie, portion). À la fin du mois de Ramadan, l'imam est censé avoir récité la totalité du Coran durant ces prières.

Origines[modifier | modifier le code]

Selon l'avis prépondérant du sunnisme, ces prières en groupe des nuits de Ramadan sont recommandées et très méritoires (sunan mu'akkada ou rawâtib), et ce rite fait partie de la tradition musulmane (sunna).

Elles furent établies par Mahomet, qui ne les dirigea cependant qu'occasionnellement de peur que cela devienne obligatoire pour les fidèles. Après sa mort, son successeur, Abu Bakr, ne les a pas pratiquées durant ses deux années de califat. C'est le second calife, Omar ibn al-Khattab, qui les réinstaura, telles qu'elles elles étaient originellement accomplies au temps de Mahomet, c'est-à-dire en vingt unités de prières.

Sources[modifier | modifier le code]

Le chroniqueur Tabari rapporte dans son livre La chronique[2] :

« Et c’est lui (Omar) le premier à avoir rassemblé les gens (musulmans) sous la direction d’un seul imam pour accomplir la prière dite de tarawih durant le mois du ramadan. Il adressa des lettres à toutes les villes des possessions musulmanes pour leur ordonner d’agir ainsi. »

L'imam Boukhari rapporte également dans son recueil de hadiths que ce fut Omar ibn al-Khattab qui réinstaura cette pratique :

Fidèles accomplissant les tarawih dans la cour de la Grande Mosquée de Kairouan (Tunisie) durant le Ramadan 2012.

« Abderrahman bin ‘Abdilqâri a dit : « Une nuit, pendant le ramadan, j’allais avec ‘Omar ibn El Khattab à la mosquée. Les fidèles étaient en groupes dispersés. Ici un homme faisait sa prière pour son propre compte, ailleurs un homme dirigeait la prière de son groupe. » ‘Omar dit alors : « Il me semble que si je réunissais tous ces gens là sous la direction d’un seul lecteur cela serait plus convenable. » Alors, mettant son dessein à exécution, il les rassembla sous la direction de Obay ben Ka’b » Une autre nuit, je sortis également avec ‘Omar. Les fidèles priaient sous la direction de leur lecteur. Omar dit « voici une bonne innovation. »

Nombre d'unités de prières[modifier | modifier le code]

La tradition prophétique (sunna) est de prier 11 unités de prières (raka'at), comme le prophete fit selon des Hadîths[1], mais durant le kalifa de 'Omar ce nombre passa à 20 unités ce que les générations qui suivirent firent[3], et ce qui se fait aujourd'hui y compris dans les lieux sacrés de l'islam (La Mecque et Médine). Omar ibn Abdilaziz, l'un des Califes de la période Omeyyades, priait 36 raka'at (avis malikite).

Aucun hadith n'impose un nombre minimum ou maximum d'unités pour les prières de nuit pendant le mois de Ramadan, mais certains soulignent qu'il faut que le nombre total de raka'at soit impair[4].

C'est durant ces prières que l'imam récitera le Coran entièrement à raison d'un juz au moins par nuit, pour terminer la lecture entière du Coran, acte fortement recommandé (mustahhab) en ce mois sacré, bien que le croyant n'y soit pas juridiquement obligé. Même s'il y a trente juz, et que la lecture du Coran pourrait s'étaler sur l'ensemble du mois, on s'efforce de terminer la récitation durant la 27e nuit du mois de Ramadan[5], appelée Nuit du destin, qui commémore le début de la révélation du Coran. Pour ce faire, l'imam récite par exemple un juz par nuit entre la veille du 1er Ramadan et le 14, puis un juz et un quart entre le 15 et le 27 Ramadan, ce qui donne un total de trente juz, soit l'ensemble du Coran. Dans ce cas, pendant les dernières nuits du mois, l'imam reprend la récitation du Coran au début ou récite certaines sourates choisies dans le texte sacré.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en + ar) « Chapter: The superiority of Nawafil at night in Ramadan », sur sunnah.com (consulté le 3 juin 2019)
  2. Tabari, La chronique, tome 2 pages 569-570.
  3. Accompagnées de deux prières (nawafil) appelées Salat al-Chaf' et Salat al-Witr se décomposant respectivement en deux et une rakaa`at : c'est ce qui fut instauré par `Omar et les compagnons ne semblent pas y avoir vu d'objections.
  4. « Hadith - The Book of Qiyam Al-Lail (The Night Prayer) and Voluntary Prayers During the Day - Sunan an-Nasa'i - Sunnah.com - Sayings and Teachings of Prophet Muhammad (صلى الله عليه و سلم) », sur sunnah.com (consulté le 3 juin 2019)
  5. Claude Addas, Ramadân in Mohammad Ali Amir-Moezzi (Dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Laffont, coll. Bouquins, 2007, p. 728-731 (v. p. 729). (ISBN 978-2-221-09956-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]