San Sperate

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San Sperate
Blason de San Sperate
Héraldique
San Sperate
L'église de San Sperate
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la Sardaigne Sardaigne 
Province Sardaigne du Sud 
Code postal 09026
Code ISTAT 092059
Préfixe tel. 070
Démographie
Gentilé Sansperatini ou Sparadesi
Population 8 318 hab. (2018 [1])
Densité 318 hab./km2
Géographie
Coordonnées 39° 21′ 27″ nord, 9° 00′ 30″ est
Superficie 2 615 ha = 26,15 km2
Divers
Saint patron Saint Spérat
Fête patronale 17 juillet

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Liens
Site web http://www.sansperate.net

San Sperate (Santu Sparau ou Santu Sperau en sarde) est une commune italienne d'environ 8 300 habitants, située dans la province du Sud-Sardaigne, dans la région Sardaigne, en Italie.

« Village-musée » depuis 1967, c'est ici qu'ont été effectuées les premières peintures murales, qui ont ensuite essaimé vers d'autres sites comme Orgosolo.

Géographie[modifier | modifier le code]

Image en jaune sur fond blanc partagée en morceaux, mettant en évidence en rouge la position de la commune de San Sperate.
Position au sein de la province de Sud Sardaigne.

San Sperate se trouve au sud de la Sardaigne, au nord-ouest de la grande ville de Cagliari. Le village est dans la partie fertile de la plaine du Campidano, un graben formé lors de l'orogenèse alpine du Cénozoïque[2].

Il est entouré par les bourgs de Monastir au nord-est, Serramanna au nord-ouest et Decimomannu au sud-ouest.

La rivière Riu Mannu de San Sperate[N 1] y passe. Il s'agit d'un affluent du Flumini Mannu.

Climat[modifier | modifier le code]

San Sperate dispose d'un climat méditerranéen avec des étés chauds et secs et des hivers doux. Le vent vient souvent du nord (mistral), mais il y a des épisodes de sirocco en provenance du Sahara.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 5,3 5,6 6,8 8,7 11,9 15,5 18 18,7 16,5 13,3 9,3 6,5
Température moyenne (°C) 9,5 9,8 11,2 13,3 17,2 21,3 24,3 24,7 21,9 17,9 13,4 10,4
Température maximale moyenne (°C) 13,7 14,1 15,7 18 22,5 27,1 30,6 30,7 27,3 22,6 17,6 14,4
Précipitations (mm) 48 60 48 42 25 11 3 9 36 57 64 61
Source : it.climate-data.org


Histoire[modifier | modifier le code]

Premiers établissements humains[modifier | modifier le code]

Les nombreux restes trouvés témoignent que le village est habité et la terre cultivée depuis des millénaires. Des fouilles démontrent que les premiers établissements humains remontent au XVIIIe siècle av. J.-C. Bon nombre des pièces trouvées sont de l'âge du bronze (XIIIe siècle av. J.-C.) ; il s'agit surtout d'objets votifs. On sait aussi qu'un nuraghe faisait office de poste de guet et de refuge, et que de nombreux puits permettaient de s'approvisionner en eau. Les habitants du lieu vivaient essentiellement d'agriculture et de chasse, mais le travail de la céramique et la forge des métaux devaient aussi être assez développés. Vers la fin du second millénaire avant notre ère, l'établissement prend un aspect proto-urbain, avec des maisons pluricellulaires de forme sous-rectangulaire constituées d'un socle de pierre et de murs de briques crues.

La domination punique[modifier | modifier le code]

Photographie d'un masque strié horizontalement, posé sur un fond doré, diadème sur le front, nez prédominant, rire sardonique.
Masque punique trouvé dans une des nécropoles.

Les témoignages de la domination des Phéniciens aux IVe et IIIe siècle av. J.-C. ne manquent pas sur le territoire de San Sperate. On y a découvert quatre nécropoles puniques et les habitations dont elles dépendaient. En 1876, lors d'une des premières fouilles, on a trouvé un masque ricanant de précieuse facture. Parmi les pièces archéologiques intéressantes, on peut aussi citer un antique modèle réduit de nuraghe, conservé de nos jours au musée archéologique de Cagliari.

La domination romaine[modifier | modifier le code]

Entre le IIIe siècle av. J.-C. et le Ve siècle, le village subit la domination romaine. Il est proche de la route entre Karalis (Cagliari) et Tharros.

La domination vandale[modifier | modifier le code]

Entre 455 et 533, San Sperate est sous domination vandale.

En 507-508, le roi vandale Thrasamund, qui règne sur l'Afrique du Nord, contraint de nombreux évêques africains à l'exil en Sardaigne. Ceux-ci emportent avec eux les reliques de saints d'Afrique du nord pour les soustraire à la profanation des Vandales. Parmi celles-ci, il y a la dépouille de Saint Augustin, qui est conservée à Cagliari, et celle de Saint Spérat, martyr originaire de Scilli (actuellement Kasserine en Tunisie) mort en 180[3], qui est transportée dans le village et lui donne son nom de San Sperate.

La domination byzantine[modifier | modifier le code]

De la période dominée par Byzance, à partir du VIe siècle (583), jusqu'à l'occupation pisane du XIIIe siècle, l'importance de San Sperate décroît progressivement.

C'est à cette époque que sont édifiées les deux églises romanes consacrées à Sainte Lucie et Saint Jean.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, San Sperate fait partie du judicat de Cagliari, curatoria de Decimo.

Ensuite, il fait partie des possessions sardes de Gherardo della Gherardesca (it) et de ses héritiers.

Il passe alors aux Aragonais, qui l'englobent dans le Royaume de Sardaigne.

En 1355, le premier Parlement sarde tient sa première session, convoqué par Pierre le Cérémonieux[4]. Des représentants de San Sperate y sont également présents. Au début, les représentants du parlement sont élus pas les assemblée populaires. Par la suite, la Sardaigne adopte une structure féodale et à partir de 1421, à la place des députés élus par le peuple, ce sont les feudataires espagnols qui sont envoyés. Avec la liberté politique, c'est également la liberté administrative qui est perdue.

En 1421, par décision du roi Alphonse V, le fief de San Sperate est institué et concédé à Giordano de Tolo. La féodalité est maintenue jusqu'en 1839, année où elle est abolie.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Sous la domination espagnole, San Sperate subit le dépeuplement des campagnes et une pression fiscale exagérée. À l'exception d'une courte parenthèse autrichienne, la domination espagnole dure jusqu'en 1720, lorsque l'île passe à la Maison de Savoie.

La seigneurie de San Sperate, quant à elle, passe entre les mains de divers seigneurs, jusqu'en 1746 où elle est saisie par le fisc et vendue deux années plus tard à un juge de la Real Udienza, Giuseppe Cadello, qui prend le titre de marquis de San Sperate. Le dernier feudataire, auquel la seigneurie est rachetée en 1839, est Efisio Cadello Arquer.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Photographie d'un mur avec des portraits de personnages peints ; un coffret en bas à gauche et un texte sur le bas et sur toute la longueur.
Galerie de portraits du XXe siècle.

Le , lors de la fusion parfaite, le Royaume de Sardaigne devient un royaume unitaire qui durera jusqu'à la proclamation du Royaume d'Italie en 1861. Pendant cette période, beaucoup de travaux d'urbanisation et de construction de routes et de ponts sont entrepris. En 1880, un projet d'endiguement du cours d'eau Riu Mannu est présenté. Toutefois, à cause des longueurs bureaucratiques, le projet ne réussit pas à avancer. Le , l'inondation redoutée se produit et cause la mort de 69 personnes.

La Seconde Guerre mondiale prélève un lourd tribut sur les habitants de San Sperate. Après la guerre, en 1948, la Sardaigne passe en région à statut spécial, une forme d'autonomie. Dans les années 1950, afin d'augmenter et d'améliorer la production agricole, on entame la rationalisation de l'agriculture qui rend San Sperate célèbre dans toute l'île : de nouvelles variétés de pêches et d'agrumes sont implantées.

En 1967, San Sperate devient « village-musée », hébergeant divers artistes italiens et étrangers, et organise sur place des rencontres culturelles, des représentations théâtrales et des spectacles musicaux.

Population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution de la population résidente de San Sperate depuis 2001
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
6 8156 8836 9226 9827 1137 2677 4577 6317 740
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 -
7 8817 9788 0428 2198 2668 3148 3018 318-
(Sources : « Popolazione San Sperate 2001-2017 », sur tuttitalia.it (consulté le 2 octobre 2018))

Langue et dialecte[modifier | modifier le code]

La variété de sarde parlée à San Sperate est le « campidanais occidental », variété de la langue sarde campidanaise (it).

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Photographie d'un mur de maison avec sommet triangulaire surmonté sur la gauche d'une haute cheminée longiligne, avec sur toute la surface une peinture représentant en bas à gauche un cultivateur avec béret, au centre un mouton affaissé sur un tas de pierres, à gauche en vrac une stèle, une tête de statue et diverses pièces archéologiques, le tout entremêlé dans une racine menant à un arbre fruitier ; en arrière plan dans un décor villageois, à droite une procession avec des fidèles portant une statue mariale ; sur la gauche un homme et une femme spectateurs, lui appuyé dos au mur, elle assise sur un siège.
Un cultivateur et une procession.

San Sperate est l'un des centres agricoles les plus importants de Sardaigne : la position géographique privilégiée, la présence de nappes phréatiques proches de la surface, le terrain fertile et facilement travaillé ont favorisé la culture des terrains du petit territoire de la commune. La culture principale est celle des pêches, suivie par celle des agrumes et, de façon un peu moindre, de l'abricot, du blé et autres céréales, de la tomate et des légumes. Le territoire est entièrement recouvert de divers jardins, dans lesquels on trouve des citronniers, des orangers et des mandariniers. Les fleurs blanches et roses fortement parfumées et la présence de nombreuses serres de floriculture ont permis une ample diffusion de l'apiculture.

Artisanat[modifier | modifier le code]

L'artisanat était un secteur important et bien développé à San Sperate jusque dans les années 1950: tissage en autoproduction, forgerons, charrons, céramistes en terre cuite, vanniers (roseaux et branches d'olivier).

De nos jours, Giampaolo Mameli est connu pour sa céramique d'art et des laboratoires travaillent en confiserie.

Élevage[modifier | modifier le code]

L'escargot de Sardaigne est élevé à San Sperate.

Culture[modifier | modifier le code]

Photographie d'un rue de village avec sur la gauche une maison dont le mur est peint d'une scène de vie représentant des toits en tuiles, murs, rue et cinq personnages dans différentes positions
Scène de village en trompe-l'œil.

Les peintures murales[modifier | modifier le code]

San Sperate est un « village-musée » ouvert gratuitement et en permanence à tous. L'idée du village-musée est née en 1966 sur initiative du sculpteur Pinuccio Sciola[5], qui avait commencé à peindre les murs des maisons en blanc pour la Fête-Dieu qu'il a ensuite utilisés pour peindre des scènes. Il a alors invité de nombreux artistes pour qu'ils viennent peindre leurs œuvres sur les murs.

Les années 1970 sont une décennie de pleine ébullition artistique, et les peintures murales qui ont commencé à San Sperate se répandent dans toute la Sardaigne, cette forme d'art prenant le nom de muralismo.

Il y a bien 260 peintures visibles dans les rues du village. Presque toutes ont été peintes en couleurs imperméables et réalisées sur parois blanchies au préalable. Il y a aussi des graffitis et des œuvres mixtes.

Fêtes, foires[modifier | modifier le code]

La sagra delle pesche (festival de la pêche) dure un week-end au voisinage du 17 juillet. Il y a des démonstrations et dégustation de produits typiques et démonstration des traditions locales.

Un certain nombre de processions ou de fêtes religieuses ont lieu à San Sperate. Les plus importantes sont :

  • Fête de Saint Spérat : la fête du saint patron, le 17 juillet, coïncide avec la Sagra delle pesche ;
  • Fête-Dieu (corpus domini) : ce dimanche-là, il y a une procession avec faisceaux de roseaux, banderoles, décoration des maisons, tandis que menthe et pétales de fleurs sont dispersés dans le village.

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2012 2017 Enrico Collu Liste civique maire
2017   Enrico Collu Liste civique maire
Les données manquantes sont à compléter.

Hameaux[modifier | modifier le code]

La commune de San Sperate ne comporte pas de frazioni. Il y a le lieu-dit de Case Sparse (maisons éparses).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Assemini, Decimomannu, Monastir, Sestu, Villasor

Jumelages[modifier | modifier le code]

San Sperate est jumelé avec Tepito, quartier historique de la ville de Mexico au Mexique.

Transports[modifier | modifier le code]

Photographie dans le sens longitudinal d'un axe routier traversant la campagne ; panneaux routiers ; véhicules qui se croisent sur deux voies doubles et en arrière plan un décor de montagnes cisaillées par le ciel.
La SS 130, avant que le rail central ne soit monté.

San Sperate est traversé par la route nationale 130 (it) (strada statale 130) de Cagliari à Iglesias.

Il est sur la ligne de cars de Cagliari à Monastir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On est obligé de préciser, car il y a plusieurs « Riu Mannu » (grande rivière) en Sardaigne

Références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Population résidente au premier janvier sur le site de l'ISTAT.
  2. (it) Roberto Pracchi et Angela Terrosu Asole, Atlante della Sardegna, Cagliari, La Zattera,
  3. « Saint Spérat et ses compagnons martyrs scillitains », sur Nominis
  4. (it) Carla Ferrante et Antonello Mattone, « Le communità rurali nella sardegna medievale (secoli XI-XV) », Diritto e storia, no 3,‎ (lire en ligne)
  5. (it) Desirée Maida, « Il “Paese Museo” di San Sperate compie 50 anni. Gli eventi da non perdere », Artribune,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]