Rémi Mathis

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Rémi Mathis
Wikimedia France - Rue de Cléry - Inauguration - 019.jpg

Rémi Mathis en 2014.

Fonction
Président de Wikimédia France (d)
-
Christophe Henner (d)
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Rémi Roger MathisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaines
Jansénisme, gravure (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Nonfiction, Société des Amis de Port-Royal, Comité national de l'estampe, Wikimédia France (à partir de ), conseil scientifique de Wikimédia France (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinctions
Œuvres réputées
Le Solitaire et le Ministre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Rémi Mathis, né le à Besançon, est un bibliothécaire, historien et militant de la libre diffusion des connaissances français.

Président de Wikimédia France de 2011 à 2014 et conservateur à la Bibliothèque nationale de France depuis 2010, il est spécialiste des estampes anciennes, du jansénisme et du XVIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Le lycée Carnot.

Né le à Besançon[1], Rémi Roger Mathis[2], après une khâgne au lycée Carnot de Dijon[3], entre à l'École nationale des chartes (ENC) en 2003. À partir de 2006, il prépare une thèse de doctorat en histoire[4], finalement non soutenue[5],[6],[7],[8]. Il sort de l'ENC avec le diplôme d'archiviste paléographe en 2007[9],[10],[11], puis de lÉcole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) avec celui de conservateur des bibliothèques en 2008[12].

Historien et conservateur[modifier | modifier le code]

Après avoir dirigé la bibliothèque de sciences humaines et sociales de l'université Paris Descartes de 2008 à 2010, il est, depuis 2010, conservateur au département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, responsable des collections du XVIIe siècle et des Nouvelles de l'estampe[13] dont il est le rédacteur en chef.

Article détaillé : Nouvelles de l'estampe.

Il est chargé de cours à l'ENC en histoire et techniques de l'estampe et initiation aux bibliothèques et à la bibliographie[14].

Il est membre du Comité national de l'estampe[15] et écrit régulièrement sur des artistes contemporains comme Charles Donker. Il est également membre des conseils d'administration de l'association Nonfiction[16], rédaction au sein de laquelle il est aussi critique[17], et de la Société des Amis de Port-Royal[18].

Ses recherches portent sur l'histoire du XVIIe siècle, et en particulier le jansénisme et l'histoire diplomatique. Sa thèse qu'il n'a pas soutenue, sous la direction de Lucien Bély et Olivier Poncet[19], est consacrée à Simon Arnauld de Pomponne[20] : Frédéric Joignot dans Le Monde le dit « bon connaisseur de l’histoire diplomatique du XVIIe siècle »[21]. Il en tire, en 2012, un ouvrage sur les relations entre Pomponne et Robert Arnauld d'Andilly[22]. Il a codirigé, en 2009, un colloque transversal (qui s'est tenu à l'École normale supérieure de Lyon) sur la notion de « mise à l'écart » au XVIIe siècle dont les actes ont été publiés l'année suivante dans les Papers on French Seventeenth Century Literature[23], et, en 2011, un colloque sur les dernières années de l'abbaye de Port-Royal, publié en 2012. Il est membre du comité scientifique de l'exposition Mousquetaires ! en 2014 au musée de l'Armée (Invalides)[24].

En 2015, il est commissaire d'une exposition sur l'estampe sous le règne de Louis XIV au Getty Research Institute, à Los Angeles, et à la Bibliothèque nationale de France[25],[26].

En 2017, il dessine les armoiries de la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté[27], créées par un « collectif d’historiens et d’archivistes francs-comtois et bourguignons, membres des sociétés savantes ».

Il est[Depuis quand ?] directeur des collections « Après la lettre » et « Tirés à part » du Comité national de l'estampe[28].

Militant de la libre diffusion des connaissances[modifier | modifier le code]

Rémi Mathis est président du conseil d'administration de Wikimédia France de 2011 à 2014[29]. Il est engagé dans la légalisation de la liberté de panorama en France[30] et contre la privatisation de la numérisation des œuvres du domaine public[31].

En 2012, il est l'un des cinq signataires d'une lettre ouverte au ministre de la Culture pointant l'enjeu de l'autorisation de la photographie au musée[32]. Cette initiative a donné lieu à la constitution d'un groupe de travail ministériel[33], qui a abouti à la publication en 2014 de la charte « Tous photographes » du ministère, encourageant la photographie et le large partage des collections par ce média dans le respect de règles simples et de la législation[34].

En avril 2013, la DCRI, agence de renseignements intérieurs française, exerce des pressions sur Rémi Mathis afin de lui faire supprimer l'article « Station hertzienne militaire de Pierre-sur-Haute » sur la Wikipédia en français. Le Figaro écrit : « Rémi Mathis obtempère sous la pression ». Peu après, la page Wikipédia est restaurée et, porté par un effet Streisand, l'article en question devient en l'espace de quelques heures le plus consulté sur la Wikipédia en français et est traduit dans d’autres langues[35],[36],[37],[38],[39].

Jimmy Wales nomme Rémi Mathis « Wikipédien de l’année » à l’occasion de Wikimania en août 2013 à Hong Kong[40]. Un sondage commandé par la région Île-de-France le classe à la dixième place des personnalités associées au mot « savoir »[41].

En 2014, il est pressenti pour être nommé par le ministère de la Culture au collège de la HADOPI[42]. Le secrétaire général de l'institution Éric Walter souligne l'intérêt de son expertise pour le collège et les missions de la Hadopi[43]. Il n'est cependant pas retenu : selon plusieurs observateurs (comme Électron libre[44], ZDnet [45], Numérama[46], etc.), son nom déplaisait aux représentants des ayants droit.

Il est nommé chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres par arrêté de la ministre de la Culture et de la Communication, le 16 janvier 2014[47]. La médaille lui est remise par Alain Seban, président du centre Pompidou, le 14 juin 2014[48].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les Bibliographies nationales rétrospectives : entre recherche d’identité et identité de la recherche (mémoire d'études pour le diplôme de conservateur des bibliothèques remanié), Sarrebruck, Éditions universitaires européennes, , 120 p. (ISBN 978-6-1315-1011-3, présentation en ligne).
  • Le Solitaire et le Ministre : autour de la correspondance Arnauld d'Andilly-Arnauld de Pomponne (1642-1673) (préf. Olivier Poncet), Paris, Nolin, coll. « Univers Port-Royal » (no 21), , 271 p. (ISBN 978-2-9104-8740-9).
  • Florilège : jardin extraordinaire (ill. Johann Walter), Paris, Bibliothèque nationale de France, coll. « L'Œil curieux » (no 7), , 47 p. (ISBN 978-2-7177-2707-4) — extraits du Florilège de Nassau-Idstein de Johann Walter.

Directions d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dir. avec Valérie Sueur-Hermel (préf. Michel Pastoureau), Animal, Paris, Bibliothèque nationale de France, , 164 p. (ISBN 978-2-7177-2615-2) — traduit en anglais.
  • Dir. avec Peter Fuhring, Louis Marchesano et Vanessa Selbach, Images du Grand Siècle : l'estampe française au temps de Louis XIV, 1660-1715, Paris-Los Angeles, Bibliothèque nationale de France-Getty Research Institute, , XI + 331 p. (ISBN 978-2-7177-2663-3) — version en anglais.

Éditions[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

Pour la liste complète de ses autres publications, voir ici.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie et actualités de Rémi Mathis France Inter », sur France Inter (consulté le 25 juillet 2017)
  2. Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 161, no 2, 2003, p. 781 (lire en ligne)..
  3. Bruno Texier, « Rémi Mathis, un chartiste saisi par le numérique », sur archimag.com, .
  4. Projet de thèse sur theses.fr.
  5. « Rémi Mathis : biographie », sur bbf.enssib.fr.
  6. « Un bibliothécaire chez Wikipédia : rencontre avec Rémi Mathis », sur bibliobsession.net, .
  7. « Rémi Mathis, « Wikipédia, de la diffusion de la recherche historique à la construction du rapport au passé », sur instruhist.hypotheses.org.
  8. E. B., « Pour ou contre Wikipédia ? », Libre cours, no 74,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  9. Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 151, no 4, p. 1595 (lire en ligne).
  10. Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 165, no 2, 2007, p. 642 (lire en ligne).
  11. Sous la dir. de Lucien Bély et d'Olivier Poncet, Simon Arnauld de Pomponne, secrétaire d'État des Affaires étrangères de Louis XIV (1618-1699) (thèse pour le diplôme d'archiviste paléographe), Paris, École nationale des chartes, , 691 + 621 p. (présentation en ligne).
  12. Sous la dir. de Dominique Varry, Entre recherche d’identité et identité de la recherche : STC et bibliographies rétrospectives : pour un inventaire scientifique des collections d’imprimés anciens des bibliothèques européennes (mémoire d'études pour le diplôme de conservateur des bibliothèques), Paris, École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques, , 111 p. (lire en ligne).
  13. Notice BnF no FRBNF166030520
  14. Liste des chargés de cours
  15. BNF, RA 2010 - Rapport annexé 3 - la recherche, juin 2011, réf. BnF-ADM-2011-042266-01
  16. « Rémi Mathis », Nonfiction (consulté le 30 juillet 2012).
  17. Rémi Mathis, Nonfiction
  18. Organisation de la Société des Amis de Port-Royal. Page consultée le 05/08/2012.
  19. Bibliothèque de l'École des chartes, 2007, no 2, p. 701
  20. Rémi Mathis, « Simon Arnauld de Pomponne- - Secrétaire d’État des Affaires étrangères de Louis XIV (1618-1699) », La Sorbonne (consulté le 31 juillet 2012).
  21. Frédéric Joignot, « Rendre aux Français leur paysage architectural », Le Monde, (consulté le 30 juillet 2012).
  22. Le Solitaire et le Ministre : autour de la correspondance Arnauld d'Andilly-Arnauld de Pomponne (1642-1673), préface d'Olivier Poncet, Paris, Nolin (coll. « Univers Port-Royal », 21), 2012, 272 p. (ISBN 9782910487409)
  23. Les « Mondes à part » : représentations symboliques et critiques de la mise à l'écart au XVIIe siècle, dir. R. Mathis, G. Louis, F. Poulet, Papers on French Seventeenth Century Literature, 38, 73, 2010.
  24. INRAP
  25. Catalogue présenté par le Getty
  26. « Images du Grand Siècle », sur le site de la BnF
  27. Alexis Perché, « La Bourgogne-Franche-Comté se dote de nouvelles armoiries », sur france3-regions.francetvinfo.fr, .
  28. Présentation des collections sur le site du Comité national de l'estampe
  29. « Conseil scientifique – Wikimédia France », sur Wikimédia France (consulté le 25 juillet 2017)
  30. Rémi Mathis, « Rendre aux Français leur paysage architectural », Le Monde, (consulté le 30 juillet 2012).
  31. Maxime Rovere, « Rémi Mathis », Le Figaro Madame, (consulté le 30 juillet 2012).
  32. « Suite à un Instagram de Fleur Pellerin, le musée d'Orsay autorise la photo », France Culture,‎ 18 mars2015 (lire en ligne)
  33. Louvre pour tous
  34. Nextinpact
  35. « La DCRI censure une page de Wikipédia : succès assuré », Pierre-Carl Langlais.
  36. Tristan Vey, « La DCRI fait pression sur un bénévole pour supprimer une page Wikipédia », Le Figaro, (consulté le 7 avril 2013).
  37. Bluetouff, « Quand la DCRI cherche à censurer Wikipedia : les admins se dé-op… et paff l’effet Streisand », reflets.info, (consulté le 7 avril 2013).
  38. « La DCRI aurait fait supprimer "sous la menace" un article sur Wikipedia », Atlantico, (consulté le 7 avril 2013).
  39. « La DCRI accusée d'avoir fait supprimer «sous la menace» un article sur Wikipédia », Libération, (consulté le 7 avril 2013).
  40. Wikimedia Foundation, Twitter
  41. « Infographie - les Franciliens et les savoirs : Marie Curie plébiscitée », étude ViaVoice pour la région Île-de-France, (consulté le 2 mai 2014)
  42. Guillaume Champeau, « Hadopi : Rémi Mathis (Wikipedia) devait intégrer l'institution ! », sur numerama.com, (consulté le 27 août 2014)
  43. Éditions multimédia
  44. Électron libre
  45. ZDnet
  46. Numerama
  47. Page « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres janvier 2014 », 18 mars 2014, sur le site culturecommunication.gouv.fr, consultée le 11 avril 2014.
  48. « Wikimédia France a fêté ses 10 ans dans ses nouveaux locaux », Wikimédia France, (consulté le 27 juillet 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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