Rémi Mathis

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Rémi Mathis
Rémi Mathis, assemblée générale de Wikimedia France d'octobre 2013.jpg

Rémi Mathis en 2013.

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Nonfiction, Société des Amis de Port-Royal, Comité national de l'estampe, Wikimédia France (à partir de ), Conseil scientifique de Wikimédia France (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Rémi Mathis, né le à Besançon, est un bibliothécaire, historien et militant de la libre diffusion des connaissances français.

Président de l'association Wikimédia France entre 2011 et 2014, conservateur à la Bibliothèque nationale de France depuis 2010, il est spécialiste des estampes anciennes, du jansénisme et du XVIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Historien et conservateur[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de l'École nationale des chartes (archiviste paléographe) en 2007 et de l’École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques, dont il sort conservateur des bibliothèques en 2008. Après avoir dirigé la bibliothèque de sciences humaines et sociales de l'université Paris Descartes de 2008 à 2010, il est, depuis 2010, conservateur au département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, responsable des collections du XVIIe siècle et des Nouvelles de l'estampe[1] dont il est le rédacteur en chef.

Il est chargé de cours à l'École nationale des chartes en « Histoire et techniques de l'estampe » et « Initiation aux bibliothèques et à la bibliographie »[2].

Il est membre du Comité national de l'estampe[3] et écrit régulièrement sur des artistes contemporains (Lise Follier-Morales, Jean-Michel Mathieux-Marie, Charles Donker, etc.). Il est également membre des conseils d'administration de l'association Nonfiction[4], rédaction au sein de laquelle il est aussi critique[5], et de la Société des Amis de Port-Royal[6].

Ses recherches portent sur l'histoire du XVIIe siècle, et en particulier le jansénisme et l'histoire diplomatique. Sa thèse de l'École des chartes, sous la direction de Lucien Bély et Olivier Poncet[7], est consacrée à Simon Arnauld de Pomponne[8] : Frédéric Joignot dans Le Monde le dit « bon connaisseur de l’histoire diplomatique du XVIIe siècle »[9]. Il en tire, en 2012, un ouvrage sur les relations entre Pomponne et Robert Arnauld d'Andilly[10]. Il a codirigé, en 2009, un colloque transversal (qui s'est tenu à l'École normale supérieure de Lyon) sur la notion de « mise à l'écart » au XVIIe siècle dont les actes ont été publiés l'année suivante dans les Papers on French Seventeenth Century Literature[11], et, en 2011, un colloque sur les dernières années de l'abbaye de Port-Royal, publié en 2012. Il est membre du comité scientifique de l'exposition Mousquetaires ! en 2014 au musée de l'Armée (Invalides)[12].

En 2015, il est commissaire d'une exposition sur l'estampe sous le règne de Louis XIV au Getty Research Institute, à Los Angeles, et à la Bibliothèque nationale de France[13].

Militant pour la liberté de la connaissance[modifier | modifier le code]

Rémi Mathis est membre du conseil d'administration de Wikimédia France de 2009 à 2014, association qu'il préside de 2011 à 2014. Il est engagé dans la légalisation de la liberté de panorama en France[14] et contre la privatisation de la numérisation des œuvres du domaine public[15].

En 2012, il est l'un des cinq signataires d'une lettre ouverte au ministre de la Culture pointant l'enjeu de l'autorisation de la photographie au musée. Cette initiative a donné lieu à la constitution d'un groupe de travail ministériel[16], qui a abouti à la publication en 2014 de la charte « Tous photographes » du ministère, encourageant la photographie et le large partage des collections par ce média dans le respect de règles simples et de la législation[17].

En avril 2013, la DCRI, agence de renseignements intérieurs française, exerce des pressions sur Rémi Mathis afin de lui faire supprimer l'article « Station hertzienne militaire de Pierre-sur-Haute » sur la Wikipédia en français. Le Figaro écrit : « Rémi Mathis obtempère sous la pression ». Peu après, la page Wikipédia est restaurée et, porté par un effet Streisand, l'article en question devient en l'espace de quelques heures le plus consulté sur la Wikipédia en français et est traduit dans d’autres langues[18],[19],[20],[21],[22].

Jimmy Wales nomme Rémi Mathis « Wikipédien de l’année » à l’occasion de Wikimania en août 2013 à Hong Kong[23]. Un sondage commandé par la région Île-de-France le classe à la dixième place des personnalités associées au mot « savoir »[24].

En 2014, il est pressenti pour être nommé par le ministère de la Culture au collège de la HADOPI[25]. Le secrétaire général de l'institution Éric Walter souligne l'intérêt de son expertise pour le collège et les missions de la Hadopi[26]. Il n'est cependant pas retenu : selon plusieurs observateurs (comme Électron libre[27], ZDnet [28], Numérama[29], etc.), son nom déplaisait aux représentants des ayants droit.

Il est nommé chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres par arrêté de la ministre de la Culture et de la Communication, le 16 janvier 2014[30]. La médaille lui est remise par Alain Seban, président du centre Pompidou, le 14 juin 2014[31].

Publications[modifier | modifier le code]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Rémi Mathis et Dominique Varry (dir.), Entre recherche d’identité et identité de la recherche : STC et bibliographies rétrospectives : pour un inventaire scientifique des collections d’imprimés anciens des bibliothèques européennes, Paris, École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (Enssib) (mémoire d'études pour le diplôme de conservateur des bibliothèques),‎ , 111 p. (lire en ligne)
  • Rémi Mathis, Olivier Poncet (dir.) et Lucien Bély (dir.), Simon Arnauld de Pomponne, secrétaire d'État des Affaires étrangères de Louis XIV (1618-1699), Paris, École nationale des chartes (thèse de doctorat en lettres),‎ , 691 + 621 p. (présentation en ligne)
  • Rémi Mathis, Les Bibliographies nationales rétrospectives : entre recherche d’identité et identité de la recherche, Sarrebruck, Éditions universitaires européennes (mémoire d'études pour le diplôme de conservateur des bibliothèques remanié),‎ , 120 p. (ISBN 9786131510113, présentation en ligne)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Rémi Mathis (préf. Olivier Poncet), Le Solitaire et le Ministre : autour de la correspondance Arnauld d'Andilly-Arnauld de Pomponne (1642-1673), Paris, Nolin, coll. « Univers Port-Royal » (no 21),‎ , ? p. (ISBN 9782910487409)
  • Ruine et survie de Port-Royal (1679-1713), actes du colloque réunis par Sylvio Hermann De Franceschi et Rémi Mathis (numéro de Chroniques de Port-Royal, 62), Paris, Société des amis de Port-Royal, 2012

Chapitres de livres[modifier | modifier le code]

  • Rémi Mathis, « Travaux au château de Pomponne » et « Travaux à l'hôtel de Pomponne » dans Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), dir. Alexandre Gady, Paris, Maison des sciences de l'homme, 2010. (ISBN 2-7351-1187-3 et 978-2-7351-1187-9)
  • Rémi Mathis, « Wikipédia et les bibliothèques : dix ans après », dans Muriel Amar et Véronique Mesguich (dir.), Bibliothèques 2.0 : à l'heure des médias sociaux, Paris, cercle de la Librairie,‎ (lire en ligne), p. 33-40

Articles de revues[modifier | modifier le code]

  • Rémi Mathis, « De la négociation à la relation d'ambassade : Simon Arnauld de Pomponne et sa deuxième ambassade de Suède (1671) », Revue d'histoire diplomatique, no 3,‎ , p. 263-276 (lire en ligne)
  • Rémi Mathis, « Un Arnauld à l'hôtel de Rambouillet : note sur un poème inconnu d'Henri Arnauld, évêque janséniste d'Angers », XVIIe siècle, no 4,‎ , p. 725-730 (lire en ligne)
  • Rémi Mathis, « Une trop bruyante solitude : Arnauld d'Andilly, solitaire de Port-Royal, et le pouvoir royal (1643-1674) », Papers on French Seventeenth Century Literature, vol. XXXVIII, no 73,‎ , ?
    Article issu d'un numéro de la revue intitulé Les « mondes à part » : représentations symboliques et critiques de la mise à l'écart au XVIIe siècle et dirigé par Géraldine Louis, Françoise Poulet et lui-même.
  • Rémi Mathis, « Politique, jansénisme et sociabilité dans le Comminges du Grand Siècle : l'amitié entre Gilbert de Choiseul, évêque de Comminges, et Simon Arnauld de Pomponne, 1659-1662 », Revue de Comminges et des Pyrénées centrales, vol. CXXVII, no 2,‎ , p. 331-358 (présentation en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BnF no FRBNF166030520
  2. Liste des chargés de cours
  3. BNF, RA 2010 - Rapport annexé 3 - la recherche, juin 2011, réf. BnF-ADM-2011-042266-01
  4. « Rémi Mathis », Nonfiction (consulté le 30 juillet 2012).
  5. Rémi Mathis, Nonfiction
  6. Organisation de la Société des Amis de Port-Royal. Page consultée le 05/08/2012.
  7. Bibliothèque de l'École des chartes, 2007, no 2, p. 701
  8. Rémi Mathis, « Simon Arnauld de Pomponne- - Secrétaire d’État des Affaires étrangères de Louis XIV (1618-1699) », La Sorbonne (consulté le 31 juillet 2012).
  9. Frédéric Joignot, « Rendre aux Français leur paysage architectural », Le Monde,‎ (consulté le 30 juillet 2012).
  10. Le Solitaire et le Ministre : autour de la correspondance Arnauld d'Andilly-Arnauld de Pomponne (1642-1673), préface d'Olivier Poncet, Paris, Nolin (coll. « Univers Port-Royal », 21), 2012, 272 p. (ISBN 9782910487409)
  11. Les « Mondes à part » : représentations symboliques et critiques de la mise à l'écart au XVIIe siècle, dir. R. Mathis, G. Louis, F. Poulet, Papers on French Seventeenth Century Literature, 38, 73, 2010.
  12. INRAP
  13. Catalogue présenté par le Getty
  14. Rémi Mathis, « Rendre aux Français leur paysage architectural », Le Monde,‎ (consulté le 30 juillet 2012).
  15. Maxime Rovere, « Rémi Mathis », Le Figaro Madame,‎ (consulté le 30 juillet 2012).
  16. Louvre pour tous
  17. Nextinpact
  18. « La DCRI censure une page de Wikipédia : succès assuré », Pierre-Carl Langlais
  19. Tristan Vey, « La DCRI fait pression sur un bénévole pour supprimer une page Wikipédia », Le Figaro,‎ (consulté le 7 avril 2013).
  20. Bluetouff, « Quand la DCRI cherche à censurer Wikipedia : les admins se dé-op… et paff l’effet Streisand », reflets.info,‎ (consulté le 7 avril 2013).
  21. « La DCRI aurait fait supprimer "sous la menace" un article sur Wikipedia », Atlantico,‎ (consulté le 7 avril 2013).
  22. « La DCRI accusée d'avoir fait supprimer «sous la menace» un article sur Wikipédia », Libération,‎ (consulté le 7 avril 2013).
  23. Wikimedia Foundation, Twitter
  24. « Infographie - les Franciliens et les savoirs : Marie Curie plébiscitée », étude ViaVoice pour la région Île-de-France,‎ (consulté le 2 mai 2014)
  25. Guillaume Champeau, « Hadopi : Rémi Mathis (Wikipedia) devait intégrer l'institution ! », sur numerama.com,‎ (consulté le 27 août 2014)
  26. Éditions multimédia
  27. Électron libre
  28. ZDnet
  29. Numerama
  30. Page « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres janvier 2014 », 18 mars 2014, sur le site culturecommunication.gouv.fr, consultée le 11 avril 2014.
  31. « Wikimédia France a fêté ses 10 ans dans ses nouveaux locaux », Wikimédia France,‎ (consulté le 27 juillet 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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