Prophylaxie pré-exposition

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La prophylaxie pré-exposition, abrégé PrEP (de l'anglais pre-exposure prophylaxis) est un traitement médicamenteux qui empêche l'infection par le virus du SIDA chez des personnes n'ayant pas été contaminées. Le médicament utilise la combinaison de deux antirétroviraux tenofovir/emtricitabine.

La PrEP est un des nombreux moyens de prévention contre le virus du SIDA utilisé par les personnes séronégatives qui ont un risque élevé de contracter le virus. Elle s'adresse notamment aux personnes ayant des partenaires sexuels multiples, aux personnes qui s'injectent de la drogue ainsi qu'aux couples sérodifférents actifs sexuellement dont le partenaire séropositif a une charge virale non stabilisée.

Initialement, seul le médicament Truvada commercialisé par Gilead Sciences pouvait être utilisé dans le cadre de la PrEP. Le traitement doit également faire l'objet d'un suivi médical régulier.

Depuis juillet 2017 en France et depuis juillet 2018 dans toute l’Union européenne, plusieurs versions génériques sont également autorisées, permettant ainsi de réduire significativement le coût des traitements.

Traitement[modifier | modifier le code]

Des comprimés de Truvada utilisés dans le cadre de la PrEP.

Personnes ciblés[modifier | modifier le code]

La PrEP est recommandée pour les individus très exposés au VIH.

Plus particulièrement : les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, les personnes trans ayant des relations sexuelles avec des hommes ; les personnes originaires d’Afrique subsaharienne ou d’autres régions du monde à forte prévalence (ex. : Guyane) et en particulier les femmes en situation de précarité ; les travailleurs du sexe exposés à des relations sexuelles sans préservatif ; les usagers de drogues par voie intraveineuse avec partage de seringue, les personnes ayant présenté plusieurs épisodes d’IST dans les derniers mois. Les personnes ayant eu plusieurs recours au traitement de prophylaxie post-exposition (PPE); les personnes séronégatives en couple avec une personne vivant avec le VIH dont la charge virale n'est pas stabilisée[1].

Prise continue[modifier | modifier le code]

La PrEP peut être prise de façon quotidienne par toute personne. C'est d'ailleurs la seule possibilité pour les personnes ayant des rapports sexuels vaginaux réceptifs.[2]

Ce mode de prise consiste à avaler un comprimé tous les jours, que des rapports soient prévus ou non. Il est nécessaire de commencer le traitement 7 jours avant le premier rapport sexuel. En cas d'arrêt, les prises d'Emtricitabine / Tenofovir disoproxil doivent être continuées pendant 7 jours après le dernier rapport.

Prise à la demande[modifier | modifier le code]

Un autre mode de prise est possible pour les hommes cisgenres. La PrEP à la demande suivant le schéma validé par l'étude ANRS ipergay[3] consiste en la prise de deux comprimés de façon simultanée afin de démarrer la protection au bout d'un délais de 2h, la protection peut être poursuivie en prenant un comprimé par jour et enfin arrêtée après le dernier rapport sexuel avec encore 2 prises. Ce schéma permet d'adapter sa protection en fonction des rapports sexuels prévus et de diminuer le coût et les effets indésirables potentiels. Il a démontré une efficacité très élevée comparable à celle d'une prise continue[4].

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Le médicament peut parfois causer des effets secondaires gastro-intestinaux (nausées, crampes d’estomac, diarrhée etc.). Ces effets sont souvent temporaires et on les voit surtout au début de la prise du médicament : c’est ce qu’on appelle le syndrome du démarrage qui se produit chez environ une personne sur 10.

Globalement, selon la notice patient du médicament Truvada, les effets secondaires les plus fréquents sont les suivants : diarrhée, sensation d’être malade ou état maladif, vertiges, maux de tête, rougeurs, faiblesse, tests anormaux pour le phosphate ou la créatine kinase.

Plus rarement, le Truvada peut affecter les reins ou les os à moyen terme mais cela est généralement réversible et surveillé chaque 3 mois lors des visites de contrôle.

Il existe un certain nombre de contre-indications et d'avertissements avant de pouvoir se voir prescrire du Truvada.

Disponibilité dans le monde[modifier | modifier le code]

  • Autorisé
  • Médicament autorisé mais pas dans le cadre d'un traitement PrEP
  • Projets en cours en vue de l'autorisation
  • Projets terminés
  • Pas de projets prévus
  • Pas d'informations disponibles

En , le gouvernement français annonce le remboursement de la PrEP[5].

On comptait en près d'un millier de personnes suivant le traitement[5]. En 2018, 7 000 personnes suivraient ce traitement en France dont 97 % d'hommes homosexuels selon l'association AIDES[6]. En juillet 2017, quatre médicaments génériques du Truvada sont autorisés[7]. Au 30 juin 2019, plus de 20 400 personnes avaient initié une PrEP[8]

La Cour de justice de l’Union européenne a autorisé en la mise sur le marché de médicaments génériques du Truvada qui permettent de réduire significativement le coût des traitements[9].

Études scientifiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Bressy, « Prise en charge du VIH - Recommandations du groupe d'experts », sur Conseil national du sida et des hépatites virales, (consulté le 5 décembre 2019)
  2. « aides_guide_prep_2018_fr.pdf », sur Google Docs (consulté le 5 décembre 2019)
  3. « Résultats finaux de l'essai ANRS IPERGAY : la très haute efficacité de la PrEP à la demande est confirmée | ANRS », sur www.anrs.fr (consulté le 5 décembre 2019)
  4. « 1ers résultats de l’étude ANRS Prevenir : 1 500 volontaires, 0 contamination | ANRS », sur www.anrs.fr (consulté le 5 décembre 2019)
  5. a et b « Sida : la «Prep» à portée de monde », sur liberation.fr, (consulté le 30 septembre 2018)
  6. « La PrEP, traitement préventif contre le VIH, confirme son efficacité », sur sante.lefigaro.fr, (consulté le 30 septembre 2018)
  7. « VIH : 4 génériques du Truvada autorisés en France », sur pourquoidocteur.fr, (consulté le 31 décembre 2018)
  8. la rédaction de vih.org, « PrEP: de plus en plus d’utilisateurs en France », sur vih.org (consulté le 5 décembre 2019)
  9. « VIH: les génériques de la PrEP sont maintenant autorisés dans toute l’Europe », sur sante.lefigaro.fr, (consulté le 30 septembre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]