Sida en Russie

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Le SIDA touche entre 1,2 et 1,4 millions de personnes en Russie[1], soit environ 1% des 148 millions de Russes[2],[3]. Selon l'ONUSIDA, la Russie est l'un des pays où le nombre de séropositifs a la plus forte augmentation[4].

Historique et évolution[modifier | modifier le code]

Article connexe : Rideau de fer.

Pendant longtemps, la Guerre froide empêchait les déplacements de personnes entrant ou sortant du bloc de l'est, sauf rares exceptions, limitant ainsi la propagation du virus. C'est en 1986 que le premier cas est rapporté, par un soldat revenant d'Afrique[5],[6].

En 2002, l’épidémie du SIDA était principalement liée aux difficultés économiques et au chômage qui augmentent surtout dans la population jeune[7].

Un modèle démontre l’impact économique potentiel du SIDA sur le PIB, le nombre cumulé des personnes séropositives peut faire baisser le PIB de 10 % d’ici 2020[8].

Le fonds mondial de lutte contre le SIDA finance depuis 2004 des programmes permettant de soigner 10 000 séropositifs en Russie notamment des migrants qui ne peuvent bénéficier du financement russe[9].

Ainsi des projets de lutte contre le SIDA sont entrepris par les autorités russes qui accentuent la surveillance épidémiologique, le dépistage et le traitement. Il y a également des campagnes d’information publique et un renforcement des services des laboratoires en termes de sécurité.

En mode de prévention, en 2008, 82 % des écoles offraient une éducation sur le VIH et le SIDA[10].

Mais le moyen le plus efficace reconnu aujourd'hui reste le préservatif, utilisé par 92 % des travailleuses du sexe[10].

On estime quand même le nombre de personnes qui sont dépistées chaque année depuis 1987 à plus de 20 millions[10].

En 2016, 1 million de cas étaient recensés en Russie, contre 100 000 15 ans avant. On estime que plus de 50% des personnes concernées ne connaissent pas leur status, ce chiffre doit donc être vu à la hausse[11].

Conséquences sur l'espérance de vie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Russie.

Le SIDA influence négativement l'espérance de vie.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Carte des régions de Russie colorées par proportion de personnes porteuses du VIH.

Le nombre d'individus séropositifs est estimé à 1,5 millions à fin 2016[12].

Évolution annuelle du nombre de personnes séropositives
année Chiffres officiels Estimations
2007[13] 49 000
2008[13] 55 000
2009[13] 60 000
2011[14] 300 000
2015[15] 900 000
2016[11] 1 000 000 1 500 000

Mode de transmission[modifier | modifier le code]

Chez les toxicomanes[modifier | modifier le code]

L’épidémie se concentre essentiellement parmi les utilisateurs de drogues injectables (plus de 80 % des cas de VIH notifiés pour lesquels le mode de transmission est connu). Les taux de prévalence du VIH parmi ces utilisateurs approchent les 65 % dans certaines villes. On estime que le nombre d’utilisateurs de drogues injectables est compris entre 1,5 et 3,5 millions dans le pays[16].

Chez les professionnelles du sexe[modifier | modifier le code]

Une proportion significative des utilisateurs de drogue est impliquée dans la prostitution, formant ainsi une passerelle qui permet à l’épidémie de VIH de se répandre dans la population générale[16]. Entre 5 et 15 % des professionnels du sexe seraient infectés par le VIH, proportion atteignant 48 % pour les professionnels du sexe qui s’injectent de la drogue[17].

Chez les hétérosexuels[modifier | modifier le code]

En 2014, 43% des nouveaux cas sont dus à des rapports hétérosexuesl, selon le chef du Centre fédéral russe de lutte contre le SIDA[18].

Chez les homosexuels[modifier | modifier le code]

En 2009, 6 % des porteurs du virus étaient homosexuels, et l'homosexualité n'est pas la cause principale des nouvelles infections[16]. Seul 1% des nouvelles infections est liée à des comportements homosexuels, selon le chef du Centre fédéral russe de lutte contre le sida[18].

De la mère à l’enfant[modifier | modifier le code]

En 2009, parmi les femmes enceintes qui n’avaient pas été testées auparavant admises dans des maternités de Saint-Pétersbourg, 6,5 % ont été trouvées séropositives au VIH[16]. En Kalmoukie, où prédomine le bouddhisme, la tradition veut que l'allaitement de l'enfant se prolonge jusqu'à un âge où ses dents ont poussé. D'où un risque élevé de contamination par morsure du sein, selon le professeur Edouard Karamov, chef du laboratoire de virologie à l'université d'État de Moscou[3].

Chez les détenus[modifier | modifier le code]

Les établissements pénitentiaires sont le siège d’une importante prépondérance de maladies infectieuses dont le SIDA qui proviendrait des toxicomanes. La séroprévalence du VIH parmi les prisonniers serait comprise entre 2 % et 4 %[17].

Comportements discriminatoires de la société russe[modifier | modifier le code]

La méconnaissance des Russes sur la maladie voit augmenter une autre forme de discrimination en excluant certains porteurs du VIH des soins à cause de leur statut sérologique. Certains sont aussi renvoyés de leur travail à l’annonce de leur maladie, d’autres reçoivent une pression de la part des scientifiques pour obtenir des informations sur leurs partenaires ou les drogués qu’ils connaissent[3].

La discrimination se présente dès la naissance d’un nouveau-né dont la mère serait séropositive, elle doit porter un ruban rouge qui indiquerait son statut sérologique. D'autre part, l’inscription dans le dossier médical permet aux crèches une certaine sélection, d’où souvent l’impossibilité pour la mère de travailler et l’obligation de garder son enfant[19]. Pour avoir une chance d’obtenir un traitement, il faut s’inscrire sur le fichier SIDA de la ville, qui sera mentionné dans le dossier médical, des doutes au sujet de la confidentialité sont mis en cause pour la discrimination par la suite[19].

À Saint-Pétersbourg, l’accès aux traitements est limité. En 2004, seulement 900 personnes[19] étaient traitées, et ceci, grâce à l’aide du fonds mondial de lutte contre le SIDA qui a soutenu financièrement les traitements. Une sélection des personnes ayant droit à un traitement est abordée et d’autre part on a les ``laissés pour compte`` qui sont mis de côté tel que les drogués, les prostituées ou encore les gens vivants dans la rue[20]. Les enfants ont accès aux traitements quand ils en ont besoin. 93 % des personnes infectées recevaient des traitements antiviraux en 2007[10]. Les autres bloqués entre les pratiques discriminatoires et le financement monstrueux des trithérapies, de l’ordre de 12 000 dollars/an[19]. Les autorités russes promettent l’accès sous forme de générique avec un coût de 700 dollars/an environ or ils n’ont aucune volonté[19]).

Pour l’Institut russe d’études stratégique, « Le VIH est utilisé comme un élément de la guerre d’information contre la Russie. ». Il critique notamment le « modèle occidental »[21].

Mesures prises contre cette épidémie[modifier | modifier le code]

À l’échelle nationale[modifier | modifier le code]

Selon le gouvernement[modifier | modifier le code]

L’État russe a octroyé 7,1 milliards de roubles (environ 258 millions de dollars) pour la prévention et la lutte contre le SIDA[22]. Une grande partie de cette somme, 5,1 milliards de roubles (soit 185 millions d’USD) pour acheter les médicaments antirétroviraux dont peuvent bénéficier actuellement quelque 30 000 séropositifs alors que seuls 7 millions de dollars sont dépensés pour la prévention[23].

Du point de vue des professionnels de la santé certains médecins refusent catégoriquement de soigner les séropositifs, car ils n’ont pas une connaissance suffisante face à ce virus puis ils sont très sceptiques.

Selon la religion[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne la religion, plusieurs organismes à but non lucratif viennent en aide aux malades du SIDA, tel que la confédération internationale d’organisations catholiques, le CARITAS. À Saint-Pétersbourg, le Caritas[24] agissant auprès des malades du SIDA et des femmes séropositives, donc principalement les personnes marginalisées. Elle mobilise son action autour de 4 axes dominants : la prévention sur la maladie et ses modes de transmission, le suivi des femmes séropositives, l’accompagnement des malades en fin de vie et puis l’alerte des pouvoirs publics de la gravité de la situation.

À l’échelle internationale[modifier | modifier le code]

Les organismes[modifier | modifier le code]

Divers organismes internationaux tels que SIDACTION ou la Croix Rouge jouent un rôle important, palliant l’absence de l’État qui a longtemps fermé ses yeux devant une telle catastrophe grandissante. Un des programmes de la croix rouge est de lutter contre le VIH parmi d’autres qui sont la distribution de la nourriture, de l’aide aux migrants qui sont sans ressources ou toute autre aide humanitaire[8].

D’un point de vue légal, depuis janvier 2010, la loi interdisant l’entrée des séropositifs étrangers (dont la Russie) à mettre un pied aux États-Unis a été supprimé[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Andrew Osborn, « Russia at AIDS epidemic tipping point as HIV cases pass one million - official », Reuters UK, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  2. (en) « Russia's record-breaking HIV epidemic: what you need to know », The Independent,‎ (lire en ligne)
  3. a, b et c Faïz, H. (n.d.). Le cocktail dépistage obligatoire-répression voué à l'échec : Le sida se développe en russie. http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=20522
  4. (en) « Russia Wishes Away Its HIV Epidemic », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  5. http://spiral.com/infoshare/Article1.html
  6. https://www.verywell.com/hiv-around-the-world-hiv-in-russia-48672
  7. Sarin, R. (2002). L’épidémie hiv/sida n’en est qu’à ses débuts.
  8. a et b Plotnikova, M., Croix-Rouge. (2004). La Croix-Rouge russe, lien vital. http://www.redcross.int/FR/mag/magazine2004_3/12-15.html
  9. Seronet, O. (2008). L'épidémie persiste en Russie.
  10. a, b, c et d GéoPopulation. (2009). Santé : la Russie plus que jamais confrontée à l’épidémie du sida / vih en 2009. http://www.geopopulation.com/20100106/sante-la-russie-plus-que-jamais-confrontee-a-epidemie-du-sida-vih-en-2009/
  11. a et b Olivier Tallès, « En Russie, l’épidémie de sida s’emballe », sur La Croix,‎ (consulté le 26 février 2017)
  12. Ryan Hoskins et Peggy Sastre, « La Russie sait comment endiguer son épidémie de VIH, mais ne le fait pas », sur Slate,‎ (consulté le 26 février 2017)
  13. a, b et c « Sida en Russie: augmentation du nombre de personnes contaminées en 2009 », sur Sputnik news,‎ (consulté le 26 février 2017)
  14. http://www.talkingdrugs.org/fr/une-epidemie-nommee-vih-en-russie
  15. SVETLANA ARKHANGELSKAÏA, « Sida en Russie : une épidémie ? », sur Russia beyond the headlines,‎ (consulté le 26 février 2017)
  16. a, b, c et d Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA),Organisation mondiale de la Santé (OMS). (2009). Le point sur l’épidémie de sida. http://www.unaids.org/en/media/unaids/contentassets/dataimport/pub/report/2009/jc1700_epi_update_2009_fr.pdf
  17. a et b Organisation mondiale de la Santé. (2004). Fédération de Russie : Extension du traitement VIH/SIDA–Profil National. http://www.who.int/3by5/publications/en/CP_F%20Russia.pdf
  18. a et b http://www.liberation.fr/planete/2014/07/16/en-russie-les-deces-lies-au-sida-progressent-faute-de-prevention_1064864
  19. a, b, c, d et e Act Up Paris. (2005). Sida en Russie : catastrophe sanitaire. http://www.actupparis.org/article1940.html
  20. Organisation mondiale de la Santé, 2004, L'épidémie de SIDA menace gravement l'Europe
  21. http://www.lemonde.fr/international/article/2016/06/01/sida-des-experts-du-kremlin-fustigent-l-industrie-du-preservatif_4930524_3210.html
  22. Pokrovski, M. (2008). Sida en Russie, l’épidémie progresse, malgré un important financement. Le Monde.
  23. Le Monde, M. Pokrovski, « Sida en Russie, l’épidémie progresse, malgré un important financement », 21/11/2008.
  24. SIDA.FR, Secours Catholique. (2004). Sida en Russie : l’urgence silencieuse.
  25. CHOURAQUI, M., 2008, Obama lève l'interdiction faite aux malades du sida d'entrer sur le territoire américain

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]