Origine du virus de l'immunodéficience humaine

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Prévalence du VIH en Afrique en 2021

L'origine du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est simienne. Il existe une diversité de VIH qui ont été transmis à l'homme par différents types de singe. Depuis le début de la pandémie, 99% des infections au VIH sont une infection au VIH-1 de type M. Le type M a été transmis à l'homme par un chimpanzé du sud du Cameroun (Pan troglodytes troglodytes), probablement entre 1915 et 1941. Cela a pu se produire à la suite d'une morsure par un chimpanzé infecté, ou par une écorchure à l'occasion du dépeçage. Le « patient zéro » du VIH-1 type M à partir duquel la pandémie de VIH s'est déclenchée est un Camerounais ou un colon. Ce patient zéro a disséminé le virus dans un autre pays, le Congo belge, actuelle République démocratique du Congo. Dans les années 1940 à 1970, la capitale du Congo belge, Léopoldville (l'actuelle Kinshasa) a été l’épicentre de la pandémie de VIH.

Classiquement, l'origine de la pandémie de VIH est expliquée par le développement de l'urbanisation, la paupérisation, la prostitution, les déplacements de populations, les changements de comportement sexuel et l'apparition des drogues injectables[1],[2],[3]. D'après Jacques Pépin, selon toute vraisemblance, le VIH s'est surtout propagé dans des dispensaires ou centres de santé. En Afrique, une seringue passe d'un malade à l'autre, tout en conservant parfois des petites quantités de sang contagieux, lesquelles quantités sont suffisantes pour transmettre le virus. Le VIH a pu être transmis à des patients de tout âge, à la suite d'injections intraveineuses luttant contre la syphilis, le pian, la maladie du sommeil, la lèpre, la tuberculose ou encore le paludisme.

Le VIH a pour origine l'Afrique centrale de l'Ouest. Au début des années 1980, l'épicentre de la pandémie se déplace dans l'Afrique des Grands Lacs et en Afrique de l'Est, puis dans les années 1990 en Afrique australe. Dans la région sud-africaine du Kwazulu, la prévalence du VIH chez les femmes est passée de moins de 1% en 1990[4] à 30% en 1997[5]. Les femmes ont davantage été infectées au VIH que les hommes en Afrique du Sud où les couples sérodiscordants sont répandus : en 2016, 27% des femmes sud-africaines ont le VIH contre 14% chez les hommes. À titre de comparaison, la prévalence en Afrique centrale francophone où le VIH est originaire, est de l’ordre de 3% pour les femmes et de 2% pour les hommes.

Selon Jacques Pépin, quand le VIH devient extrêmement prévalent, comme c’est le cas en Afrique australe où entre 25 et 35% de toutes les femmes sont séropositives au VIH, il est peu probable que la prostitution soit à l'origine de la transmission. Le VIH est davantage transmissible par voie parentérale (piqure, seringue) que lors d'un rapport hétérosexuel. En 2019, le documentaire Cold Case à l'ONU nominé au Prix LUX du Parlement européen, soutient que le SAIMR une organisation anglo-afrikaner de suprémacistes blancs, avait créé un réseau de dispensaires en Afrique du Sud, en Afrique australe et en Afrique de l'Est. Dans ces dispensaires, des femmes enceintes étaient accueillies pour recevoir des soins de santé[6]. D’après le témoignage d’un ancien membre du SAIMR, ce réseau de dispensaires utilisait volontairement du matériel contaminé pour infecter les populations africaines au VIH. Ce sujet est controversé même s'il est avéré que dans les années 1980 le régime Apartheid a mis en place le Projet Coast dont le but était de réduire la démographie africaine, en créant des armes biologiques.

Au final, sur les 32 millions de morts du sida entre 1990 et 2020, un peu plus de 23 millions étaient des Africaines et des Africains hétérosexuels (72%). La moitié des séropositifs vivant en Afrique subsaharienne ont été infectés par le sous-type C, apparu en Afrique australe dans les années 1980. La transmission du VIH par voie sexuelle est surtout à l'origine de l'infection des homosexuels. Dans le monde depuis le début de la pandémie, au moins 3 millions d'homosexuels sont morts du sida. En Occident, la prévalence du VIH dans la communauté gay est actuellement de l’ordre de 15 %. Les séropositifs homosexuels ont quasi tous été infectés par le sous-type B ayant probablement émergé en Amérique.

Arbre phylogénétique : VIH-1 et VIH-2[modifier | modifier le code]

Chaque virion de VIH a un génome d'environ 10 000 nucléotides. À titre de comparaison celui du SARS-CoV-2 en compte environ 30 000 et le génome humain environ 3 milliards. En comparant les similitudes et différences en termes de combinaisons de nucléotides entre tous les génomes de VIH séquencés, il est possible de créer un arbre phylogénétique et de classer les différents variants de VIH en « cousins » plus ou moins proches. À partir de cet arbre phylogénétique, l'histoire du VIH au XXe siècle peut être reconstituée.

L'arbre phylogénétique du VIH est le suivant :



VIScpzPts, Pan troglodytes schweinfurthii, chimpanzé d’Afrique de l’Est, nucl. : 25 %. aa. : 59% (EF394356 Tanzanie 2000)[7]





VISgor Gorilla gorilla gorilla, Gorille des plaines de l'Ouest



VIH-1 type O, nucl. : 41 %. aa. : 68% (JX245015 Gabon 2011) [8]



VIH-1 type P, nucl. : 34 %. aa. : 68% (GU111555 France 2009) [9]





VIScpzPtt, Pan troglodytes troglodytes, chimpanzé d’Afrique centrale de l’Ouest



VIH-1 type N, nucl. : 51 %. aa. : 78% (KY498771 Cameroun 2015)[10]



VIH-1 type M, nucl. : 76%. aa. : 71% (HIVU76035 RDC 1976) [11]





VIH-1 M ss-type A, nucl. : 81 %. aa. : 83% (KX389622 Nigeria 2009) [12]



VIH-1 M ss-type A, (DRC60 Léopoldville 1960) [13]




VIH-1 M ss-type B, nucl. : 84 % (KY778422 USA 2013) [14]




VIH-1 M ss-type C, nucl. : 93 %. aa. : 87% (HIVU46016 Ethiopie 1986) [15]



VIH-1 M ss-type C, nucl. : 100 %. aa. : 100% (MW262773 USA 2019) [16]





VIH-1 M ss-type D, nucl. : 76 % (MF109713 UK 2013) [17]



VIH-1 M ss-type D, (ZR59 Léopoldville 1959) [13]




VIH-1 M ss-type F, nucl. : 82 %. aa. : 84% (MT417762 Belgique 2019) [18]



VIH-1 M ss-type G, nucl. : 85 %. aa. : 83% (MK254637 China 2016) [19]



VIH-1 M ss-type H, nucl. : 84 %. aa. : 85% (KU168273 RDC 2004) [20]



VIH-1 M ss-type J, nucl. : 82 %. aa. : 83% (GU237072 Cameroun 2004) [21]



VIH-1 M ss-type K, nucl. : 82 % (AJ249235 RDC 1997) [22]



VIH-1 M ss-type L, nucl. : 82 % (MN271384 RDC 2001) [23]



VIH-1 M ss-type U, nucl. : 83 % (MN736708 Slovénie 2016) [24]








VISsmm Cercocebus atys atys, Singe vert mangabey[25]



VIH-2, nucl. : 0 %. aa. : 48% (AB485670, Côte d'Ivoire)[26]



Il existe une diversité de VIH qui ont été transmis à l'homme par différents types de singe. Le VIH-1 et le VIH-2 n'ont pas la même origine géographique. Le VIH-1 a été transmis aux humains par des singes d'Afrique centrale de l'ouest, alors que le VIH-2 a pour origine les singes d'Afrique du Golfe de Guinée. Le VIH-1 et le VIH-2 sont similaires à 48% en termes d'acides aminés mais curieusement n'ont quasiment aucune combinaison de nucléotides en commun. Le VIH-2 provoque un sida mais il est moins virulent que le VIH-1. L'infection au VIH-2 est compatible avec une survie à très long terme sans antirétroviraux[27]. Certaines souches de VIH-2 sont impossibles à distinguer des souches VIS retrouvées chez les singes verts mangabeys et il existe une superposition parfaite des zones d'épidémies humaines et simiennes pour le VIH-2[1].

Au sein des VIH-1, il existe quatre types différents : les types M, N, O et P. Ces types correspondent chacun à un épisode distinct de transmission du virus par un singe à l'homme[28]. Les types M et N ont été transmis à l'homme par des chimpanzés d'Afrique centrale de l'Ouest (Pan troglodytes troglodytes) au début du XXe siècle, probablement entre 1915 et 1941[29]. Dès 1990, une équipe avait suggéré que le VIH-1 avait pour origine les populations de chimpanzés, se fondant sur l'organisation identique des génomes des souches VIH-1 et des VIS retrouvées chez les chimpanzés[30]. Les isolats simiens de VIScpz récoltés dans le sud-est du Cameroun, vers la frontière avec le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine (entre les rivières Sangha, Boumba et Ngoko) sont ceux qui partagent le plus d'homologie avec les VIH-1 de type M[31]. Tandis que les isolats provenant du Cameroun sud-central sont les plus similaires au VIH-1 de type N[31]. En revanche, les VIH-1 de type O et P sont relativement rares, et dérivent du VISgor du Gorille des plaines de l'Ouest (Gorilla gorilla gorilla)[32],[33]. Les VIH-1 sont tous originaires du sud du Cameroun[34].

Depuis le début de la pandémie, 99% des infections au VIH sont une infection au VIH-1 de type M[35]. Le « patient zéro » du VIH-1 type M à partir duquel la pandémie de VIH s'est déclenchée était certainement Camerounais ou un colon. Ce patient zéro a disséminé le virus dans un autre pays, le Congo belge, actuelle République démocratique du Congo[31].

Homologie entre les VIH-1 et les VIS en termes de nucléotides
Type M, sous-type C [36] Type N[37] Type O[38] Type P[39]
Chimpanzés d'Afrique centrale de l'Ouest
AF103818 - États-Unis - 1985 51% 65% 3% 44%
AF115393 - Cameroun 1998 50% 64% 1% 9%
FR686510 - Cameroun 2001 52% 55% 36% 51%
DQ373063 - Cameroun 2005 73% 66% 43% 43%
AF382828 - Gabon 1988 60% 65% 36% 7%
GQ217539 - Gabon 2006 15% 9% 43% 48%
Chimpanzés d'Afrique de l'Est (en)
EF394356 - Tanzanie 2000 25% 32% 0% 20%
DQ374657 - Tanzanie 2001 5% 25% 0% 0%
JN091690 - Tanzanie 2009 22% 0% 19% 3%
Gorille des plaines de l'Ouest
FJ424863 - Camaroun - 2007 33% 16% 46% 71%
KP004991 - Cameroun 2012 51% 15% 75% 58%
KP004990 - Cameroun 2013 31% 34% 44% 82%

1910-1950 : Passage du singe à l'homme[modifier | modifier le code]

Théorie dite du « chasseur »[modifier | modifier le code]

La théorie dite du « chasseur de viande de brousse », a été initialement avancée par Béatrice Hahn, Paul Sharp et Bette Korber et reprise par Stanley Plotkin, Hilary Koprowski ainsi que par Paul Osterrieth. Elle suppose la contamination d'un chasseur, en l'occurrence un Camerounais ou un colon, par le virus simien.

À partir de la colonisation, les singes sont souvent capturés pour servir de cobaye, de gibier ou d'animal de compagnie. Des expositions à du sang contaminé, lors de morsures ou par blessures lors du dépeçage de singes, peuvent expliquer comment ces virus ont infecté l'homme[1]. La consommation de viande insuffisamment cuite aurait pu être également une voie de contamination. Cela se serait produit probablement entre 1915 et 1941[40]. La personne infectée par un chimpanzé du Cameroun serait arrivée ensuite à Léopoldville (actuelle Kinshasa), où le virus s'est répandu.

Les adversaires de l'hypothèse d'une transmission accidentelle du singe à l'homme au cours d'une chasse font valoir que le singe, porteur du VIS depuis plusieurs milliers d'années, est depuis toujours chassé en Afrique. Les pygmées — grands chasseurs — ne sont quasiment pas infectés par le VIH. Les cas constatés chez les pygmées seraient à mettre sur le compte de rapports sexuels avec les peuples bantous voisins[41].

Théorie du vaccin anti-polio[modifier | modifier le code]

Répartition géographique du genre Pan :
  • Pan troglodytes verus (chimpanzé commun)
  • Pan troglodytes ellioti (chimpanzé commun)
  • Pan troglodytes troglodytes (chimpanzé commun)
  • Pan troglodytes schweinfurthii (chimpanzé commun)
  • Pan paniscus (bonobo)

Dès 1990, un journaliste britannique Edward Hooper mène un long travail d'investigation pour démontrer que le passage du VIS à l'homme aurait eu lieu à l'occasion d'une trentaine de campagnes de vaccination anti-polio pratiquées dans le Congo belge ainsi qu'au Rwanda-Burundi entre 1957 et 1960. Il est soutenu dans son enquête par William Donald Hamilton, un biologiste reconnu. L’enquête d’Edward Hooper est publiée en 1999 sous le titre The River : a journey to the source of HIV and AIDS.

Hooper s'appuie sur une coïncidence temporelle et géographique liant les premiers cas de sida avec les campagnes de vaccination avec un vaccin polio oral (OPV) expérimental « Chat »[42] qui fut administré à environ un million d'Africains. Hooper suggère que 64 % des cas de sida observés en Afrique avant 1981 et 87 % des échantillons testés HIV-1 positifs avant 1981 viennent des villes et des villages mêmes où ce vaccin aurait été utilisé vingt ans plus tôt.

Selon Hooper, pour produire ces vaccins à virus vivants atténués, le virus de la polio aurait été cultivé sur des reins de chimpanzés potentiellement porteurs du VIS, et non sur des reins de singes asiatiques, comme l'assure Hilary Koprowski, le scientifique à l'origine du vaccin anti-polio. Hooper a mis en évidence l'existence, près des laboratoires de Stanleyville (aujourd'hui Kisangani), dans le camp de Lindi, d'une ménagerie ayant accueilli entre 1957 et 1960 près de six cents chimpanzés et ce, dans des conditions favorisant l'éventuelle contamination des singes entre eux. Toutefois, comme le note Jacques Pépin, les chimpanzés capturés étaient ceux se trouvant à proximité de Stanleyville. Il s’agissait de bonobos et de chimpanzés d'Afrique de l'Est (en) (Pan troglodytes schweinfurthii) et non de chimpanzés d'Afrique centrale de l'Ouest (Pan troglodytes troglodytes). Or jusqu’à preuve du contraire, le VIH-1 de type M à l'origine de la pandémie est issu uniquement du VIS du chimpanzé Pan troglodytes troglodytes[43].

1950-1980 : Dissémination du VIH[modifier | modifier le code]

Léopoldville comme épicentre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1940 à 1960, la capitale du Congo belge, Léopoldville (l'actuelle Kinshasa) a été l’épicentre de la pandémie de VIH[44]. ZR59, l'isolat de VIH le plus ancien actuellement connu, a été extrait d'une prise de sang effectuée en 1959 sur un Africain à Léopoldville[45]. Cet échantillon a été séquencé en 1985[44]. ZR59 appartient au sous-type D[13]. Le second isolat le plus ancien de VIH, DRC60, a aussi pour origine Léopoldville. Cet isolat provient d’une biopsie réalisée sur un ganglion lymphatique en 1960 sur une Africaine. DRC60 appartient au sous-type A[13]. En termes d’homologie de nucléotides, ZR59 et DRC60 sont identiques à 88%. Ils auraient partagé un ancêtre commun aux environs de 1920[44].

Léopoldville fait face à Brazzaville sur le fleuve Congo. Les deux capitales congolaises auraient ainsi compté les premières centaines ou milliers de séropositifs au VIH dans le monde[46]. A ce titre, il a été suggéré en 2011 que la cachexie du Mayombé décrite par le chirurgien et paléontologue français Léon Pales à Brazzaville entre 1931 et 1933 pourrait être les premières observations de sida. Cette cachexie qui s'accompagnait souvent d'une infection pneumococcique frappait les ouvriers chargés de la construction du chemin de fer Congo-Océan. Entre 15 000 et 23 000 ouvriers décédèrent lors du chantier[47]. Ces ouvriers étaient le plus souvent sous-payés, affamés et surchargés de travail[48]. Pour être validée, cette hypothèse nécessiterait d'exhumer une des victimes de cette cachexie, et de faire des analyses biologiques pour détecter la présence de VIH[49].

Le VIH-1 a évolué durant des décennies à bas bruit à Léopoldville/Kinshasa et à Brazzaville. Pour cette raison ces deux villes ont la plus riche diversité génétique de sous-types de VIH-1 au monde[46]. Bien que Kinshasa ait été le berceau de la pandémie du sida, la prévalence du VIH n'a jamais été très élevée au sein de la population. À partir de prélèvements sanguins faits auprès de mères de famille du district de Lemba au cœur de Kinshasa, il a été suggéré que la prévalence du VIH-1 était de 0,25% en 1970 puis de 3% en 1980[50]. Dans la dernière enquête démographique et de santé de 2014, la prévalence du VIH à Kinshasa est de 2,6% chez les femmes et de 0,3% chez les hommes[51]. Dans celle menée en 2005 à Brazzaville, la prévalence du VIH est de 3,5% chez les femmes et de 1,1% chez les hommes[52].

Iatrogénie et seringues souillées[modifier | modifier le code]

Dès les balbutiements de la recherche sur le VIH en Afrique dans les années 1980, les équipes du Projet Sida basé à Kinshasa se demandent si des injections contaminées pourraient expliquer la transmission exponentielle du VIH. La dissémination parentérale du VIH avait déjà été scientifiquement prouvée chez les utilisateurs de drogues intraveineuses dès les premières années de l'épidémie. Et il avait été suggéré que la quantité de sang qui persiste dans une seringue après une injection d'héroïne est comparable à celle qu'on peut y retrouver pour l'administration d'un médicament[53]. Cette piste est néanmoins rapidement délaissée au profit de travaux sur la prostitution[54].

Il faut attendre les années 2000 pour que le rôle des injections intraveineuses administrées lors de soins de santé soit de nouveau exploré. En 2006 au Cameroun, sur des aiguilles à usage unique utilisées sur des séropositifs, il a été détecté des traces de VIH-1 dans le tiers des seringues lors d'injections intraveineuses mais seulement dans 2% de celles qui avaient servi à des injections intramusculaires[55]. De nombreuses études s'accordent sur le fait que la réutilisation de seringues non stérilisées, l'usage de pistolets injecteurs, à l'occasion d'actes médicaux divers (vaccinations, transfusions, etc.) ont pu considérablement contribuer à accroître l'épidémie lorsqu'elles étaient utilisées en intraveineuse[56],[57],[58],[59],[60],[61],[62]. Selon Jacques Pépin, la réutilisation d'aiguilles en intraveineuse a été à l'origine de diverses épidémies d'origine iatrogène, c'est-à-dire causées par des soins de santé. En Afrique ces épidémies iatrogènes concernent les épidémies au virus de l'hépatite C[63], les épidémies au HTLV-1[64] ou encore celles au virus Ebola[50].

À ses balbutiements, le VIH s'est donc propagé de manière accidentelle dans des dispensaires ou centres de santé, à la suite d'injections intraveineuses luttant contre la syphilis, le pian, la maladie du sommeil, la lèpre, la tuberculose ou encore le paludisme[65]. Au début des années 1950, plus d'un demi-million d'injections préventives avaient ainsi été administrées contre la maladie du sommeil en Afrique-Équatoriale française[66]. En moyenne un patient traité pour la maladie du sommeil recevait 36 injections par voie intraveineuse[67]. Après les campagnes de lutte contre la maladie du sommeil, les programmes de contrôle du pian et de la syphilis entrainèrent à leur tour des millions d'injections. Le pian et la syphilis sont causés par deux sous-espèces de la même bactérie. Le pian est transmis par contact direct, à la différence de la syphilis qui se transmet sexuellement[68]. Dans les années 1950, tout Africain souhaitant s'installer à Léopoldville devait obligatoirement subir un test sérologique au dispensaire antivénérien. Or 22% d'entre eux avaient acquis une sérologie contre le pian, et étaient faussement diagnostiqués avec une syphilis[69]. Chaque Africain diagnostiqué recevait 24 injections intraveineuses d'arsenicaux. Le nombre annuel d'injections fluctuait autour de 100 000 par an[70]. Dès 1953, le Dr Beheyt, interne en cardiologie à l'hôpital des Congolais de Léopoldville, alerte les autorités sur les risques de telles pratiques :

« Au dispensaire antivénérien de la Croix-Rouge à Léopoldville, on pratique en moyenne 300 injections par jour. Le grand nombre de malades et la petite quantité de seringues mises à disposition du personnel excluent la stérilisation des seringues à l'autoclave après chaque injection. Des seringues souillées sont simplement rincées, d'abord à l'eau, ensuite à l'alcool et à l'éther, et sont prêtes à un nouvel usage. [...] La seringue passe donc d'un malade à l'autre, tout en conservant parfois des petites quantités de sang contagieux, lesquelles quantités sont pourtant suffisantes pour transmettre la maladie [l'hépatite].[71] »

La réutilisation de seringues non stérilisées a grandement contribué à la propagation du VIH, d'abord à Léopoldville puis dans d'autres régions d'Afrique, comme l'Afrique des Grands Lacs. Sur des enfants ougandais de 6 ans, sur lesquels des prélèvements sanguins avaient été réalisés en 1972 et 1973, pour servir de témoins à une étude du lymphome de Burkitt, il a ainsi été détecté en 1985 la présence du VIH dans 50 des 75 échantillons[72]. L'épidémie de VIH finit également par toucher des médecins. En 1977, une chirurgienne danoise, le Dr Grethe Rask, décède des suites du sida, après avoir séjourné au Congo dans les années 1960 et 1970, et s'être contaminée en se blessant lors d'une intervention[73]. Des analyses sur des échantillons préservées confirment en 1987 que le Dr Grethe Rask avait bien contracté le VIH[74].

En Guinée-Bissau dans le Golfe de Guinée, à la fin des années 1980, 20% des personnes âgées de plus de 40 ans étaient infectées au VIH-2. Or le VIH-2 est peu transmissible par voie sexuelle[75]. Les infections au VIH-2 ont été la conséquence des traitements parentéraux administrés contre la maladie du sommeil, de la tuberculose et de la lèpre entre 1955 et 1970 par les autorités coloniales portugaises[76].

Prostitution[modifier | modifier le code]

Outre la transmission par des soins de santé, la prostitution a aussi contribué à la propagation du VIH. En 1976, le matelot norvégien Arvid Noe, sa femme et leur fille de neuf ans meurent des suites du sida. Cette famille avait été infectée par le VIH-1 de type O, une souche assez rare et confinée essentiellement au Cameroun. Le matelot avait probablement contracté le VIH en 1961 lors d'une escale à Douala[73]. Arvid Noe présente les premiers signes d'un sida dès 1966, soit cinq ans après avoir séjourné dans des ports du Cameroun[77]. Lorsque sa fille était née en 1967, son épouse avait déjà probablement été contaminée par le VIH[73].

En 1969, aux États-Unis, un adolescent de quinze ans, Robert Rayford meurt à l'hôpital de Saint-Louis (Missouri) d'une forme particulièrement violente de maladie de Kaposi. Un test VIH est effectué en 1987 par des chercheurs de l'université Tulane qui détectent la présence du VIH-1 dans le sang de l'adolescent, confirmant ainsi les soupçons apparus dès 1984. Lors de son entretien avec les médecins, le garçon avait déclaré être né à Saint-Louis et n'avoir jamais voyagé ou reçu de transfusion sanguine. Les médecins soupçonnaient le garçon d'être un prostitué[77].

Dans les années 1960, environ 4 500 coopérants haïtiens travaillaient en République démocratique du Congo pour former la jeunesse congolaise[78]. Il est possible qu'un de ces coopérants a ramené avec lui vers 1967 le VIH-1 dans les Caraïbes[79]. L'infection de cet Haïtien a pu se faire lors d'un soin de santé ou lors d'une relation sexuelle[78]. Haïti est alors un haut lieu du tourisme sexuel pour les homosexuels américains. Un homosexuel new-yorkais pourrait avoir été infecté dès 1971 en Haïti, l'aurait transmis ensuite à la communauté gay de New York, avant que le VIH n'atteigne San Francisco vers 1976[79].

Commerce du plasma[modifier | modifier le code]

À partir de la fin des années 1960, avant que les virus de l'hépatite C et du VIH ne soient découverts, la demande en produits dérivés de plasma sanguin est en plein essor. Les donneurs sont rémunérés[80]. Durant la décennie 1970, environ 20% du plasma consommé aux États-Unis provenait du tiers-monde[81]. Le plasma était acheté et revendu par des courtiers à l’Occident. Ainsi à Port-au-Prince en Haïti, un grand centre de plasmaphérèse dénommé Hemo-Caribbean fonctionna de mai 1971 à novembre 1972. Hemo-Caribbean exportait chaque mois jusqu’à 6 000 litres de plasma vers les Etats-Unis, la Suisse et l’Allemagne. Les installations de ce centre pouvaient accueillir jusqu’à 850 donneurs par jour[82]. Il est estimé qu’environ 6 000 Haïtiens auraient vendu leur plasma à travers Hemo-Caribbean[83]. Il est possible que certaines des poches de sang aient été contaminées par le VIH ou d’autres virus[84].

En 1977 et 1978, les centres de plasmaphérèse commencent à prendre conscience des risques infectieux de telles opérations : en Autriche, Allemagne et Pologne des poches de plasma se révèlent contaminées avec le virus de l’hépatite C[85]. Même après la découverte du VIH, des fabricants de concentrés pour les hémophiles, comme les Laboratoires Cutter filiale de Bayer, exportait vers l’Asie et l’Amérique latine des lots qu’ils savaient être possiblement contaminés par le VIH, et ce jusqu’au milieu de 1985[86].

1980-2020 : Pandémie de VIH[modifier | modifier le code]

1981 : Début officiel de l'épidémie[modifier | modifier le code]

L’épidémie de sida a officiellement commencé le lorsque le CDC, l’organisme fédéral de santé publique aux États-Unis, décrit dans sa revue Morbidity and Mortality Weekly Report une recrudescence de cas de pneumocystose dans une communauté d'homosexuels à Los Angeles[87]. Dans les mois qui suivent, de plus en plus de cas sont recensés dans plusieurs villes du pays. Ces patients sont dans un état d'immunodépression[88]. Du fait que ces patients ont de multiples partenaires sexuels, il est suggéré en juin 1982 qu'un agent infectieux transmis sexuellement pourrait être la cause de leur immunodépression[89]. Le syndrome est alors appelé par certains le gay-related immunodeficiency disease (GRID)[90].

Les autorités sanitaires identifient d'autres communautés atteintes de sida : les hémophiles[91], les héroïnomanes, ou encore des immigrants haïtiens[92]. Ce qui conduit certains chercheurs à appeler cette maladie les « 4H »[93],[94]. En 1982, les modes de transmission de cette nouvelle épidémie ne sont pas encore connues. L’hystérie collective va rapidement stigmatiser les individus susceptibles d'être un « 4H »[95]. En vue d'abandonner des dénominations erronées, le CDC créée en juillet 1982 le terme Acquired immune deficiency syndrome (AIDS)[96], traduit en français en syndrome d'immunodéficience acquise (sida).

En mai 1983, le rétrovirus responsable du sida est officiellement identifié par Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi de l'Institut Pasteur, qui le baptisent Lymphadenopathy Associated Virus (LAV)[97]. En mai 1984, l’équipe américaine dirigée par Robert Gallo confirme l’identification de ce rétrovirus et le rebaptise virus T-lymphotrope humain de type III (HTLV-III)[98]. Il faut attendre mai 1986 pour que son nom définitif soit trouvé et qu'il soit communément appelé virus de l'immunodéficience humaine (VIH)[99].

Épidémiologie du VIH[modifier | modifier le code]

Des premiers cas de VIH à Kinshasa jusqu'à 1980, entre 100 000 et 300 000 personnes dans le monde entier ont été infectés au VIH[100]. Dans les années 1980, les infections au VIH croissent de manière exponentielle. En 1990, d'après des estimations de l'OMS, un peu moins de 8 millions de personnes dans le monde vivaient avec le VIH : 75% des séropositifs étaient Africains, 15% étaient Nord-Américains ou Latino-Américains, 5% étaient Asiatiques et 4% étaient Européens[101]. Sur les 32 millions de morts du sida entre 1990 et 2020, un peu plus de 23 millions étaient des Africaines et des Africains hétérosexuels (72%).

Décès liés à un sida dans le monde depuis 1990[102]
1990-1999 2000-2009 2010-2019 Total cumulé des décès
Monde 7 710 000 15 300 000 8 810 000 31 820 000
Afrique subsaharienne 5 840 000 11 590 000 5 830 000 23 260 000
Afrique du Nord et Moyen-Orient 15 000 67 000 128 000 210 000
Amérique du Nord et du Sud 816 000 751 000 559 000 2 126 000
Europe et ex-URSS 200 000 294 000 374 000 868 000
Asie-Pacifique 127 000 576 000 514 000 1 217 000
Indo-Asie / Asie du Sud-Est 642 000 2 030 000 1 400 000 4 072 000

En Europe à la fin des années 1990, les infections au VIH sont liées à 40% à des rapports non protégés homosexuels, à 40% à des héroïnomanes, et à 10% à des relations non protégées de type hétérosexuel[103]. Selon toute vraisemblance, dans le monde depuis le début de la pandémie :

  • 3 millions d'homosexuels sont morts du sida. La prévalence du VIH dans la communauté gay française est en 2017 d'environ 15%[104]. La prévalence du VIH dans la communauté gay américaine est sensiblement la même[105].
  • 3 millions d'héroïnomanes sont morts du sida. A New York où le virus est présent depuis 1971, plus de la moitié des héroïnomanes avaient déjà été infectés en 1982. A Edimbourg en Ecosse, à Bari dans le sud de l'Italie ou encore à Bangkok en Thaïlande, la prévalence du VIH chez ces toxicomanes dépassait 50% au milieu des années 1980[53]. A la fin des années 2000, à travers le monde, sur les 16 millions de personnes qui utilisaient des drogues intraveineuses, il était estimé qu’au moins 3 millions étaient infectés par le VIH[106].

Une pandémie et des variants[modifier | modifier le code]

Depuis le début de l’épidémie, 99% des infections au VIH sont une infection au VIH-1 de type M, lui-même subdivisé en onze sous-types : A, B, C, D, F, G, H, J, K, L et U[35]. Lorsqu'un individu a été infecté par deux sous-types différents, des recombinaisons peuvent se produire. Les recombinants de VIH-1 qui se sont répandus sont les : AD, AE, AG, BC et BF.

La moitié des séropositifs vivant en Afrique subsaharienne ont été infectés par le sous-type C. Le sous-type C est apparu en Afrique australe, de manière tardive dans les années 1980. Les patients contaminés par le sous-type C meurent plus rapidement. Avec le sous-type C, il est observé un haut degré de virémie et l’excrétion du virus dans le tractus génital des femmes atteintes est plus élevée[107]. Avant que le sous-type C n'apparaisse, les Africains étaient surtout infectés par les sous-types A et D. Ces deux souches qui représentent encore 30% des infections au VIH en Afrique, sont celles qui se sont propagées dans l'Afrique des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda) dans les années 1970 et au début des années 1980[108].

Alors que le sous-type B est quasi-inexistant dans les populations séropositives hétérosexuelles africaines[107], cette souche est la seule qui circule aux Etats-Unis. Le sous-type B aurait été ramené du Congo par un Haïtien dans les années 1960. Elle s’est ensuite propagée en Amérique du Nord puis s'est exportée en Europe et en Amérique latine, parmi les homosexuels. Le sous-type B est aussi celui qui a infecté 96% des homosexuels séropositifs blancs d’Afrique du Sud[109].

En ex-URSS, les infections sont surtout liées au sous-type A qui s'est disséminé à travers les seringues contaminées des toxicomanes plutôt que par des relations homosexuelles[109].

Variants du VIH-1 par aire géographique[110]
Sous-type de HIV-1 type M Monde Afrique subsaharienne Afrique du Nord et Moyen-Orient Amérique du Nord Amérique latine et Caraïbes Europe de l'Ouest Ex-URSS Indo-Asie et Asie-Pacifique Océanie Séropositifs (est.)
A 16,7% 19% 10,3% 3,7% 79,8% 1,1% 6 225 000
B 14,7% 40,1% 97,7% 68,4% 76,5% 5,7% 30,1% 82,5% 5 500 000
C 36,7% 50,1% 15% 1% 8,5% 4,7% 15,1% 6,5% 13 700 000
D 7,5% 11,1% 0,8% 2 780 000
F 0,6% 8% 1,8% 215 000
G 1,4% 1,8% 1,1% 2,3% 2,6% 515 000
AD 1,2% 1,5% 24,3% 435 000
AE 5,7% 2,2% 1,7% 36% 7,7% 2 115 000
AG 5,3% 7,3% 1% 3,1% 3,3% 1% 1 965 000
BC 2% 13% 755 000
BF 0,8% 2,3% 12,1% 310 000
Autres 7,5% 9,2% 3,7% 1,3% 3% 5,4% 8,6% 3,7% 3,3% 2 800 000
Séropositifs en 2020 (est.)[111] 100% 25 000 000 240 000 1 200 000 2 500 000 800 000 1 700 000 5 800 000 70 000 38 000 000

Scandales liés au VIH[modifier | modifier le code]

Outre l'affaire du sang contaminé en France qui concerne des hémophiles infectés par le VIH en 1984 et 1985 par des lots contaminés de plasma, de nombreux pays ont connu des scandales sanitaires en lien avec le VIH. L’épidémie de VIH au sein de la communauté gay aux États-Unis pourrait avoir été amplifiée par le commerce du plasma sanguin. À partir de juillet 1981, quelques semaines après la première description par la communauté scientifique de cas de sida, le magazine gay The Advocate basé à Los Angeles publie de nombreuses publicités offrant 50 dollars par plasmaphérèse. Sur présentation de la publicité, ces centres accueillaient les donneurs à San Francisco, Los Angeles ou New York. La société Alpha Plasma Centers exploitait ainsi 26 centres. Des homosexuels pourraient avoir été contaminés dans ces centres, et auraient transmis ensuite le VIH à leurs partenaires sexuels[112].

En 1986, au Mexique, une épidémie de VIH se produit dans un quartier pauvre de la capitale parmi des donneurs rémunérés de plasma. La réutilisation du matériel de prélèvement semble être la cause. En 1987, au moment où le gouvernement mexicain prohibe ce négoce, 7% des 9 100 donneurs rémunérés avaient été infectés par le VIH. Des épidémies similaires furent rapportées à Valence en Espagne, et à Pune en Inde. En novembre 1987, à Pune, 78% des donneurs avaient été infectés au VIH[112].

En décembre 1990, en Roumanie après la chute de Ceaușescu, 1 168 sidéens furent recensés dans le pays, 94% étaient âgés de moins de 4 ans. Ces enfants avaient reçu dans des orphelinats des nutriments en intraveineuse. Au total en Roumanie, 9 000 enfants en bas âge ont ainsi contracté le VIH[113]. L’affaire des infirmières bulgares à Benghazi en Libye au temps de Kadhafi est dans un registre assez similaire. En mai 1998, environ 450 enfants libyens sont diagnostiqués séropositifs au VIH après avoir subi des prélèvements sanguins ou avoir été traités avec des médicaments en intraveineuse, très peu avaient eu une transfusion sanguine[114].

En Chine au début des années 1990, dans certaines zones rurales, en particulier dans la province du Henan, des agriculteurs étaient recrutés dans plusieurs centaines de stations de collecte de plasma. Le sang collecté était mélangé. Aucun examen de dépistage du VIH ou du virus de l'hépatite C n’était effectué au préalable. Une partie du sang collecté était ré-infusée à chaque donneur. Dans certaines régions entre 9 et 17% des donneurs rémunérés acquirent ainsi le VIH, soit environ 250 000 Chinois contaminés[115].

Dynamiques du VIH en Afrique[modifier | modifier le code]

Prévalence du VIH en Afrique en 2021

Dans les années 1950 à 1970, l'Afrique centrale a été l'épicentre de la pandémie du VIH. La prévalence du VIH à Kinshasa n'a cependant jamais dépassé les 3%. A partir des années 1980, l'Afrique des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda) est le principal foyer de VIH du continent. L’épidémie devient rapidement hors de contrôle. Au Rwanda, dans des consultations prénatales, il est rapporté des prévalences supérieures à 25 % en 1988[116]. En Ouganda la prévalence du VIH est estimée à 18% de la population en 1992[117]. Dans les années 1990, l’Afrique australe devient le grand épicentre de la pandémie de VIH en Afrique. D’après les enquêtes de démographie et de santé, la prévalence du VIH est de 15% en Zambie en 2001[118], de 12% au Malawi en 2004[119], de 23% au Lesotho en 2004[120] ou encore de 18% au Zimbabwe en 2005[121].

A l’exception de ces deux zones, l’Afrique australe et l’Afrique des Grands Lacs, la prévalence du VIH chez les adultes de sexe masculin est généralement restée inférieure à 2% en Afrique subsaharienne. La prévalence du VIH chez les prostitués est partout la même en Afrique : elle varie de 20% à 75%. Tandis que 5 à 15% des clients sont séropositifs[122]. D’après Jacques Pépin quand le VIH devient extrêmement prévalent, comme c’est le cas en Afrique australe où entre 25 et 35% de toutes les femmes sont séropositives au VIH, il est peu probable que la prostitution soit à l'origine de la catastrophe sanitaire[122]. Le VIH est davantage transmissible par voie parentérale (piqure, seringue) que lors d'un rapport hétérosexuel. Lorsqu’une seringue contaminée est réutilisée, la probabilité de transmission du VIH se situe entre 0,7 et 1,1%, alors que le risque de transmission lors d’une relation sexuelle hétérosexuelle entre un individu séronégatif et un partenaire séropositif est autour de 0,1%[106]. Il y a en Afrique et ailleurs beaucoup de couples sérodiscordants[123]. Selon Jacques Pépin, l'origine de cette haute prévalence du VIH en Afrique australe est vraisemblablement iatrogène.

En 2019, le documentaire Cold Case à l'ONU nominé au Prix LUX du Parlement européen, soutient que le SAIMR une organisation anglo-afrikaner de suprémacistes blancs, avait créé un réseau de dispensaires en Afrique du Sud, en Afrique australe et en Afrique de l’Est. Dans ces dispensaires, des femmes enceintes étaient accueillies pour recevoir des soins de santé. D’après le témoignage d’un ancien membre du SAIMR, ce réseau de dispensaires utilisait volontairement du matériel contaminé pour infecter les populations africaines au VIH[124]. Ce qui semble corroboré statistiquement par la prévalence du VIH en Afrique de l'Est ou en Afrique australe anglophone où 5 à 40% de la population est aujourd’hui séropositive. En 2016, en Afrique du Sud, chez les 15-49 ans, la prévalence du VIH au niveau national est de 27% chez les femmes contre 14% chez les hommes[125].

Paradoxalement, dans les années 1980, le KGB avait mis en place l'opération INFEKTION qui consistait à accuser le Pentagone d'avoir créé le sida comme une arme biologique[126]. L'opération INFEKTION est connue pour être une campagne de désinformation. En revanche il est avéré que le régime Apartheid a mis en place dans les années 1980, le Projet Coast dont le but était de maîtriser la démographie africaine, en créant des armes biologiques. Le Projet Coast était dirigé par le Dr Wouter Basson, qui en 2021 est encore en activité en Afrique du Sud[127]. Nostalgique du Projet Coast, Basson se justifie en 2016, affirmant : « J'étais comme un scientifique travaillant sur un remède contre le sida »[128].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

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  • Sidaction : le documentaire contesté, Magazine Arrêt sur images
  • L'origine du sida [titre original : The origin of AIDS], de Peter Chapell et Catherine Peix, Les Films de la passerelle, 2003, diffusé lors du magazine Contre courant
  • La bataille du sida, de Laurent Firode, Cinétévé & INA, 2010, 1 h 14 min
  • Sida : un héritage de l'époque coloniale, de Carla Gierstorfer (Allemagne/France, 2013), 55 min. Rediffusé le 2 décembre 2017 sur Arte
  • Cold Case à l'ONU de Mads Brügger, 2019, 128 min., nominé au Prix LUX du Parlement européen

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Roussez, Jean-Claude, Sida : supercherie scientifique et arnaque humanitaire, 2e éd. revue et augmentée, Embourg, Marco Pietteur, 2014 (ISBN 2-87434-016-2) [combat la thèse qui présente le VIH comme la cause du sida. 1re éd. parue en 2004]
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Articles connexes[modifier | modifier le code]