Télémédecine

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La télémédecine regroupe les pratiques médicales permises ou facilitées par les télécommunications. C'est un exercice de la médecine par le biais des télécommunications et des technologies qui permettent les prestations de santé à distance et l'échange de l'information médicale s'y rapportant.

Histoire[modifier | modifier le code]

La télémédecine est pratiquée officiellement depuis 1920, année de la première licence pour radio de service médical aux bateaux publiée à New-York[1].

C'est le qu'eut lieu la première démonstration de télémédecine[2] : un examen scanner aux rayons X avait été piloté depuis l'Hôtel-Dieu de Montréal (Canada) sur un patient situé dans l'appareil de l'hôpital Cochin, à Paris (France). En 2001, une opération de téléchirurgie a été réalisée entre New York — où était le chirurgien — et Strasbourg — où était la patiente.

En France, le premier acte de télémédecine autorisé et pris en charge par l'Assurance Maladie concerne le dépistage de la rétinopathie diabétique par les orthoptistes.

Définition[modifier | modifier le code]

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La télémédecine est une composante de la télésanté. Selon le code de santé publique (art. L.6316-1), elle est « une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. »

La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance rendue possible par les évolutions des technologies de santé et par un cadre réglementaire mis en place depuis la loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires" de juillet 2009. Elle est un levier fondamental de la mise en place de nouvelles organisations susceptibles de relever les défis actuels du système de santé.

Une stratégie nationale de déploiement de la télémédecine est pilotée par la direction générale de l'offre de soins (  ). Un comité de pilotage national est animé par la  avec l'appui d'autres partenaires institutionnels tels que la DSSIS, l'ASIP Santé, la DSS, la CNAM-TS, l'ANAP, la HAS, la DATAR, la DGCIS et les représentants des usagers.

Le comité de pilotage national a identifié, en mars 2011, 5 chantiers prioritaires pour faciliter le déploiement de la télémédecine en France. Ces domaines d'application visent tous à améliorer l'accès aux soins et leur qualité, de même que la qualité de vie des malades ou la réponse à un problème de santé publique :

  • permanence des soins en imagerie ;
  • prise en charge de l'AVC ;
  • santé des personnes détenues ;
  • prise en charge des maladies chroniques ;
  • soins en structure médico-sociale ou en hospitalisation à domicile (HAD).

Principes directeurs et prescriptions[modifier | modifier le code]

Pour tout projet relatif au déploiement de la télémédecine, en France, la Direction générale de l'Offre de soins (DGOS) recommande d'appliquer les principes suivants[3] :

  • positionnement des projets de mise en œuvre de dispositifs de télémédecine dans un contexte global ;
  • contribution du système d'information et des infrastructures à la réalisation des actes de télémédecine (principes d'urbanisation) ;
  • conditions d'interopérabilité et de sécurité, respect des référentiels applicables ;
  • qualité des réseaux de communication.

Actes de cotation en télémédecine[modifier | modifier le code]

En France, cinq actes de télémédecine ont été définis dans le décret no 2010-1229 du 19 octobre 2010[4] :

  1. la téléconsultation : a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation. Les psychologues mentionnés à l'article 44 de la loi no 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social[5] peuvent également être présents auprès du patient ;
  2. la téléexpertise : a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d'un patient ;
  3. la télésurveillance médicale : a pour objet de permettre à un professionnel médical d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient.L'enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou par un professionnel de santé ;
  4. la téléassistance médicale : a pour objet de permettre à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte ;
  5. la réponse médicale : apportée dans le cadre de la régulation médicale mentionnée à l'article L. 6311-2[6] et au troisième alinéa de l'article L. 6314-1[7].

Les pseudo-spécialités suivantes peuvent parfois être rencontrées, dans le but de tenter de mieux décrire certaines activités, mais elles ne sont en aucun cas des actes.

Ces spécialités doivent toujours se rattacher à l'un des actes ci-dessus :

  • télé-assistance à domicile : téléalarme pour personnes âgées, femmes enceintes, handicapés…
  • télé-assistance des voyageurs isolés : nautisme, montagne, trekking…
  • formation en ligne (e-learning) : formation et enseignement médical à distance ;
  • télémédico-social : encadrement du patient maintenu à domicile ;
  • télé-transmission : transferts d'informations médicales entre professionnels de santé et patient (réseaux de soins) ;
  • téléradiologie : interprétation d'examens radiologiques à distance (diagnostic et expertise) ;
  • télé-chirurgie : opération chirurgicale assistée à distance par ordinateur ;
  • télé-psychiatrie : consultation, diagnostic et suivi d'un patient par un psychiatre ;
  • télé-staff : réunion de professionnels de santé en visioconférence ;
  • télé-psychologie : consultation, diagnostic et suivi d'un patient par un psychologue.

Logiciels et applications[modifier | modifier le code]

L'informatique est un composant fondamental de la télémédecine lorsque l'information entre le patient et le médecin transite via des moyens logiciels, matériels et réseaux. La télémédecine assistée par des moyens informatiques est la solution la plus prometteuse en termes d’efficacité de l'acte : l'information est accessible quasiment en temps réel, le volume de données échangées peut être suffisant pour inclure des photos, voir la vidéo temps réel. L'aspect vidéo temps réel, c'est-à-dire avec une faible latence dans la communication, réduit la sensation de distance avec le médecin et rassure le patient.

L'offre logicielle existante s'est développée en France depuis le décret 2018-788 du 13 septembre 2018 relatif aux modalités de mise en œuvre des activités de télémédecine. Ce décret définit les obligations des éditeurs de logiciels en ligne en matière de réglementation, à savoir l'obligation d'une consultation synchrone, l'obligation pour le médecin d'avoir consulté au moins une fois dans les 12 mois précédents son patient, l'obligation pour la plateforme de proposer au patient en priorité son médecin traitant, l'obligation d'utiliser des serveurs esanté pour la sauvegarde des données de santé. Peu de plateformes logicielles répondent actuellement à cette définition en mars 2019.

Actualités de la télémédecine[modifier | modifier le code]

  • Mai 2019 : LEAH.CARE initie un partenariat exclusif avec le Groupe MACSF, pour promouvoir l'adoption de la télémédecine et la téléconsultation respectueuse du parcours de soin.
  • Mars 2019 : Doctolib lance sa vidéoconsultation sur son agenda en ligne. Doctolib, devenu licorne, dit avoir levé 150 millions d'euros fin 2018 pour doubler ses équipes.
  • Janvier 2019 : arrivée en France de la plateforme Qare, financée par AXA, après ses essais à Londres
  • Juillet 2017 : lancement de Medicitus, un site filiale de April assurances, qui permettrait aux pharmaciens de réaliser des téléconsultations de leurs patients. Mais quelle formation clinique des pharmaciens?
  • Décembre 2014 : Une première en France, le premier décret de compétence autorisant le dépistage de la rétinopathie diabètique en télémédecine entre orthoptiste, ophtalmologue et médecin généraliste[8]. Cet acte est pris en charge par l'Assurance Maladie[9]
  • Janvier 2014 : Une première en France : une cabine de télémédecine est installée dans une résidence pour personnes âgées non médicalisée à Cluny (Saône-et-Loire)[10]. De cette manière, les médecins peuvent consulter les paramètres médicaux de ces derniers par Internet. L'installation de ces appareils pourrait s'étendre aux maisons de retraite et aux collectivités locales où sévit la désertification médicale, ainsi qu'à des bases-vie[11]. Soutenue par le Feder et l'ARS, l'expérimentation se poursuit dans le département de la Loire en 2016[12],[13].
  • 2008 : Lancée en 2008, pionnier de la MedTech et de la e-santé en France (administrateur de France eHealthTech), MédecinDirect est aujourd'hui l'un des premiers acteurs de la téléconsultation médicale avec plusieurs millions de bénéficiaires. Leur ambition : permettre à tous de consulter un médecin généraliste ou spécialiste 24/7 par écrit, téléphone ou vidéo. Leur offre se décline pour les complémentaires santé, les médecins mais aussi les officines.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], Le Centro Internazionale Radio Medico (C.I.R.M.): 70 ans d’expérience romaine
  2. « La télémédecine au Québec et les enjeux qu’elle soulève », Dalloz,‎
  3. Rapport DGOS Recommandations pour la mise en œuvre d’un projet de télémédecine, mars 2012. [PDF]
  4. Décret no 2010-1229 du 19 octobre 2010 relatif à la télémédecine
  5. Loi no 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social.
  6. Article L. 6311-2
  7. Article L. 6314-1
  8. « Décret n° 2014-1523 du 16 décembre 2014 autorisant la création d'un traitement de données à caractère personnel pour le dépistage de la rétinopathie diabétique | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 8 mars 2017)
  9. Assurance Maladie, « ameli.fr - Dépistage de la rétinopathie diabétique », sur www.ameli.fr (consulté le 8 mars 2017)
  10. « La première cabine de télémédecine est installée en France », Le Figaro, 21 janvier 2014.
  11. Une base-vie est un lieu de vie et de travail où des personnes réunies pour des raisons professionnelles vivent en communauté sur un site difficile d'accès.
  12. Claire Ulrich, « Les Consult-Stations : ces cabines de télémédecine installées dans les déserts médicaux pour faire surveiller votre santé à distance », sur www.atlantico.fr, (consulté le 21 mars 2016)
  13. Aurélie Haroche, « Dans leur cabinet, les médecins en ébullition contre une cabine médicale », sur www.jim.fr, (consulté le 21 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Chauve, Guide de la médecine à distance (ISBN 2-9138-6202-0)
  • Emmanuel Cauchy, Petit Manuel de Médecine de Montagne (ISBN 2723458954) / (ISBN 978-2723458955)
  • Vincent Hazebroucq, Rapport sur l'état des lieux en 2003 de la télémédecine française, Documentation française
  • Vincent Hazebroucq, Fiabilité et acceptabilité de la téléradiologie, Paris, L'Harmattan, 2000 (ISBN 2-7384-9511-7)
  • Livre blanc sur la télémédecine du Conseil national de l'Ordre des médecins, Paris, France, janvier 2009, ouvrage coordonné par le Dr Jacques Lucas, disponible au téléchargement
  • La place de la télémédecine dans l'organisation des soins, rapport de Pierre Simon et Dominique Acker, conseillers généraux des établissements de santé, Ministère chargé de la santé, Paris, France, novembre 2008, disponible au téléchargement
  • La télésanté : un nouvel atout au service de notre bien-être, Rapport Lasbordes, 12 novembre 2009 , disponible au téléchargement

Liens externes[modifier | modifier le code]