Télémédecine

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La télémédecine regroupe les pratiques médicales permises ou facilitées par les télécommunications. C'est un exercice de la médecine par le biais des télécommunications et des technologies qui permettent les prestations de santé à distance et l'échange de l'information médicale s'y rapportant.

Histoire[modifier | modifier le code]

La télémédecine est pratiquée officiellement depuis 1920, année de la première licence pour radio de service médical aux bateaux publiée à New-York[1].

C'est le 8 novembre 1994, qu'eut lieu la première démonstration de télémédecine : un examen scanner à rayons X avait été piloté depuis l'Hôtel-Dieu de Montréal (Canada) sur un patient situé dans l'appareil de l'Hôpital Cochin, à Paris (France). En 2001, une opération de téléchirurgie a été réalisée entre New York (où était le chirurgien) et Strasbourg (où était la patiente).

Institut européen de télémédecine[modifier | modifier le code]

Le professeur Louis Lareng est à l'origine de l'Institut européen de télémédecine, qui a démarré en 1989 entre l'hôpital Rangueil à Toulouse et l'hôpital Combarel à Rodez, permettant aux patients une meilleure prise en charge des spécialités médicales.

Chantiers prioritaires[modifier | modifier le code]

Les cinq chantiers prioritaires définis par le Comité de pilotage national de Télémédecine sont les suivants :

  • permanence des soins en imagerie ;
  • prise en charge de l'AVC ;
  • santé des personnes détenues ;
  • prise en charge des maladies chroniques ;
  • soins en structure médico-sociale ou en hospitalisation à domicile (HAD).

Principes directeurs et prescriptions[modifier | modifier le code]

Pour tout projet relatif au déploiement de la télémédecine, la DGOS recommande[2] d'appliquer les principes suivants :

  • positionnement des projets de mise en œuvre de dispositifs de télémédecine dans un contexte global ;
  • contribution du système d'information et des infrastructures à la réalisation des actes de télémédecine (principes d'urbanisation) ;
  • conditions d'interopérabilité et de sécurité, respect des référentiels applicables ;
  • qualité des réseaux de communication.

Actes[modifier | modifier le code]

« La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l'information et de la communication. Elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figure nécessairement un professionnel médical et, le cas échéant, d'autres professionnels apportant leurs soins au patient.

Elle permet d'établir un diagnostic, d'assurer, pour un patient à risque, un suivi à visée préventive ou un suivi post-thérapeutique, de requérir un avis spécialisé, de préparer une décision thérapeutique, de prescrire des produits, de prescrire ou de réaliser des prestations ou des actes, ou d'effectuer une surveillance de l'état des patients.

La définition des actes de télémédecine ainsi que leurs conditions de mise en œuvre et de prise en charge financière sont fixées par décret, en tenant compte des déficiences de l'offre de soins dues à l'insularité et l'enclavement géographique. »

— Article L6316-1 du Code de la Santé[3]

Quatre actes de Télémédecine ont été définis dans le Décret n° 2010-1229 du 19 octobre 2010 :

  • la téléconsultation, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation. Les psychologues mentionnés à l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social peuvent également être présents auprès du patient
  • la téléexpertise, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d'un patient ;
  • la télésurveillance médicale, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient.L'enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou par un professionnel de santé ;
  • la téléassistance médicale, qui a pour objet de permettre à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte ;
  • la réponse médicale qui est apportée dans le cadre de la régulation médicale mentionnée à l'article L. 6311-2 et au troisième alinéa de l'article L. 6314-1.

Les pseudo-spécialités suivantes peuvent parfois être rencontrées, dans le but de tenter de mieux décrire certaines activités, mais elles ne sont en aucun cas des actes. Ces spécialités doivent toujours se rattacher à l'un des actes ci-dessus :

  • télé-assistance à domicile : téléalarme pour personnes âgées, femmes enceintes, handicapés…
  • télé-assistance des voyageurs isolés : nautisme, montagne, trekking…
  • télé-formation (e-learning) : formation et enseignement médical à distance ;
  • télémédico-social : encadrement du patient maintenu à domicile ;
  • télé-transmission : transferts d'informations médicales entre professionnels de santé et patient (réseaux de soins) ;
  • téléradiologie : interprétation d'examens radiologiques à distance (diagnostic et expertise) ;
  • télé-chirurgie : opération chirurgicale assistée à distance par ordinateur ;
  • télé-psychiatrie : consultation, diagnostic et suivi d'un patient par un psychiatre ;
  • télé-staff : réunion de professionnels de santé en visioconférence.
  • télé-psychologie : consultation, diagnostic et suivi d'un patient par un psychologue.

Actualités de la télémédecine[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (avril 2015)
  • Avril 2015
    En Suisse, il est désormais possible de bénéficier d'une téléconsultation par Internet sur le site www.tondocteur.ch. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent se déplacer pour aller consulter un médecin bénéficient d'une téléconsultation remboursée par les caisses suisses d'assurance maladie, d'accident, militaire ou d'invalidité et peuvent obtenir une prescription électronique ou un certificat médical[4].
  • Janvier 2014
    Une première en France : une cabine de télémédecine est installée dans une résidence pour personnes âgées non médicalisée à Cluny (Saône-et-Loire)[5]. De cette manière, les médecins peuvent consulter les paramètres médicaux de ces derniers par Internet. L'installation de ces appareils pourrait s'étendre aux maisons de retraite et aux collectivités locales où sévit la désertification médicale, ainsi qu'à des bases-vie[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], Le Centro Internazionale Radio Medico (C.I.R.M.): 70 ans d’expérience romaine
  2. Rapport DGOS Recommandations pour la mise en œuvre d’un projet de télémédecine (mars 2012)
  3. Article L6316-1 du Code de la Santé, sur Légifrance
  4. « Consulter un docteur par webcam: la médecine de demain? », sur www.bilan.ch,‎ (consulté le 19 avril 2015)
  5. « La première cabine de télémédecine est installée en France », Le Figaro, 21 janvier 2014.
  6. Une base-vie est un lieu de vie et de travail où des personnes réunies pour des raisons professionnelles vivent en communauté sur un site difficile d'accès.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La téléconsultation à l'Assemblée nationale : les députés passent aux travaux pratiques http://www.le-cets.com
  • Guide de la médecine à distance, Dr Jean-Yves Chauve, (ISBN 2-9138-6202-0)
  • Petit Manuel de Médecine de Montagne, Dr Emmanuel Cauchy, (ISBN 2723458954) / (ISBN 978-2723458955)
  • Rapport sur l'état des lieux en 2003 de la télémédecine française, Dr Vincent Hazebroucq, Ministère de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche, Paris (France) : 30 p. disponible au téléchargement sur le site de la Documentation française
  • Fiabilité et acceptabilité de la téléradiologie, Dr Vincent Hazebroucq, Paris, 2000, L'Harmattan, (ISBN 2-7384-9511-7)
  • Organisation de la téléradiologie - Guide pour le bon usage professionnel et déontologique de la téléradiologie, Conseil Professionnel de la Radiologie (G4) et Conseil national de l’Ordre des médecins, disponible au téléchargement sur le site du Conseil National de l'Ordre des Médecins
  • (en) Telemedicine: a Guide to Assessing Telecommunications in Health Care, Marilyn J. Field, Editor, Institute of Medicine, National Academy Press, Washington (USA) 1996, (ISBN 0309055318)
  • Livre blanc sur la télémédecine du Conseil national de l'Ordre des médecins, Paris, France, janvier 2009, ouvrage coordonné par le Dr Jacques Lucas, disponible au téléchargement
  • La place de la télémédecine dans l'organisation des soins, rapport de Pierre Simon et Dominique Acker, Conseillers généraux des établissements de santé, Ministère chargé de la santé, Paris, France, novembre 2008, disponible au téléchargement
  • La télésanté : un nouvel atout au service de notre bien-être, Rapport Lasbordes, 12 novembre 2009 , disponible au téléchargement

Liens externes[modifier | modifier le code]