Mythe de guérison du sida par rapport sexuel avec une vierge

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Affiche de rue en Afrique du Sud, appelant les hommes à ne pas violer d'enfants, dans l'espoir de guérir du Sida

Le mythe de guérison du sida par rapport sexuel avec une vierge (également appelé mythe de la guérison par une vierge, mythe du viol de la vierge, ou tout simplement mythe de la vierge) est la croyance, erronée, que si un homme, infecté par le VIH ou d'autres maladies sexuellement transmissibles, a des rapports sexuels avec une fille ou une femme vierge, il sera guéri de sa maladie[1]. L'anthropologue Suzanne Leclerc-Madlala reconnait ce mythe comme un facteur potentiel de viols infantiles en Afrique du Sud[2].

Les anthropologues Nora E. Groce et Reshma Trasi associent également une variation à la pratique du mythe de la vierge : elle concerne les personnes qui sont "aveugles, sourdes, déficientes physiques ou intellectuelles, ou ayant des troubles de santé mentale" violées sous la fausse croyance que les personnes handicapées sont sexuellement inactives et par conséquent vierges[1].

Dans certaines parties de l'Afrique, le même mythe existe concernant les femmes Albinos[3], avec les mêmes conséquences tragiques.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 2011, Cati Vawda, directeur du Centre des droits de l'enfance à Durban déclare : « Il y a une croyance, en Afrique du Sud, qu'une vierge peut guérir un homme atteint du VIH ou du sida. Nous n'avons aucune idée d'où cette idée provient, mais elle existe depuis quelques années et a certainement pris racine »[4]. Le psychologue Mike Earl Taylor indique que le mythe est signalé pour la première fois au XVIe siècle en Europe et a atteint son apogée au XIXe siècle en Angleterre victorienne comme un remède à la syphilis et la gonorrhée chez les personnes atteintes de maladies sexuellement transmissibles[5].

Des bilans de la croyance sont signalés en Afrique subsaharienne, Asie, Europe et le continent Américain[1]. Earl Taylor suggère que le mythe de guérison du sida par rapport sexuel avec une vierge peut expliquer la hausse vertigineuse des viols d'enfants ou nourrissons en Afrique du Sud, qui fait face à une épidémie du SIDA[5]. L'historien Hanne Blank est d'avis que l'idée a peut-être évolué à partir de légendes chrétiennes relative à des martyres vierges dont la pureté a servi comme une forme de protection dans la lutte contre les démons[6].

Plus répandu au Zimbabwe, le mythe se perpétue par les guérisseurs traditionnels qui conseillent aux hommes séropositifs de guérir leur maladie en ayant des rapports sexuels avec des jeunes filles vierges[7].

Impact[modifier | modifier le code]

En raison de la purification par le mythe de la vierge, il est estimé que dix filles sont violées chaque jour[8]. Mais également, 3600 filles, au Zimbabwe, chaque année peuvent contracter le VIH et le sida après avoir été violées. L'UNICEF attribue le viol de centaines de jeunes filles, à la purification par le mythe de la vierge. Des cas ont également été rapportés dans lequel un nourrisson âgé d'un jour aurait été violé[9].

En 1999, le sida représente 8,2 millions d'orphelins dans le monde, dont la majorité en Afrique. L'ignorance en ce qui concerne l'infection par le VIH et le sida sert de barrière à la prévention dans de nombreux pays africains[10]. Au Zimbabwe, certaines personnes croient que le sang produit par le viol d'une vierge va nettoyer le sang de la maladie de la personne infectée[7].

Une étude de l'Université d'Afrique du Sud (UNISA) révèle qu'un million de femmes et d'enfants sont violés chaque année. Une enquête réalisée par l'UNISA, à l'usine Daimler Chrysler, dans l'East London (Afrique du Sud), révèle que 18 pour cent des 498 travailleurs interrogés pensent qu'avoir des relations sexuelles avec une vierge guérit du VIH / SIDA. Une étude antérieure, en 1999, par les éducateurs de santé sexuelle au Gauteng - centre économique du pays - révèle que 32 pour cent des questions des participants de l'enquête mettent en évidence qu'ils croient au mythe[11].

Importance de l'éducation[modifier | modifier le code]

L'éducation aide les femmes telles que Betty Makoni à dénoncer le mythe et tenter de dissuader les gens de croire à la purification par le mythe de la vierge. Il est à noter que la plupart des filles ciblées sont trop jeunes pour marcher, encore moins de se protéger[12].

La sensibilisation au SIDA n'a que très peu de résultats à ce stade. Le taux d'augmentation du sida conduit à une augmentation des viols d'enfants[13].

Il existe de nombreux cas où les filles sont contraintes à se marier avec des hommes beaucoup plus âgés, ce qui ne fait qu'accroître le risque d'infection par le VIH. La honte liée au Sida freine beaucoup de filles à rechercher des informations ou soins de santé pour protéger leur statut social, ce qui participe aussi au danger d'infection[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]