Pierre Prins

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pierre Prins
Naissance
Décès
(à 74 ans)
Paris
Nom de naissance
Ernest Pierre Joseph Prins
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
École des dessin d'arts décoratifs à Paris
Maître
Lieu de travail
Mouvement
Influencé par
Conjoint
Fanny Claus (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata

Pierre Prins, né à Paris le et mort dans la même ville le , est un peintre, graveur et sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Prins est né rue du Bac à Paris[1]. Il est l'aîné d'une famille de fabricants et marchands de parapluies, ombrelles, cannes, fouets, cravaches, couteaux, stylets et épées. En 1851, il se retrouve orphelin de père, celui ayant disparu au Brésil. Son grand-père maternel, Mr Bourgeois, le prend comme apprenti dans son atelier ou il apprend à travailler la corne, les métaux, l'ivoire et des bois précieux. Il se passionne pour la sculpture et, sur les conseils de sa mère, s'inscrit aux cours de dessin dans une école d'arts décoratifs en 1861. Sa mère meurt la même année.

Pierre Prins fait la connaissance d'Édouard Manet par l'intermédiaire de sa sœur Pauline, amie très proche de Suzanne Leenhoff, qui l'entraîne aux soirées musicales que cette dernière organise. Il se lie d'amitié avec le chef d'orchestre Claus dont les quatre filles forment le Quatuor Sainte-Cécile, parcourant l'Europe, de concerts en concerts. Il se lie également d'amitié avec Zacharie Astruc qui l'entraîne au café Guerbois pour fêter les premiers succès de Manet.

Parmi ses amis, on compte aussi Stéphane Mallarmé et Alfred Sisley, avec lequel il partage le goût de la campagne et de la paysannerie. Manet restant le plus proche avec sa femme : ils ont tous deux des épouses musiciennes.

En 1869, avec sa sœur Marie Lucienne, il rachète le fonds de commerce des grands-parents Bourgeois et, le , il épouse Fanny Claus, avec Manet comme témoin. L'année suivante naît leur fils Pierre-Edouard. C'est en 1869 que Manet présente au Salon sa toile Le Balcon ou l'on voit, Fanny Claus, debout avec son ombrelle, aux côtés de Berthe Morisot assise, et d'Antoine Guillemet à l'arrière plan.

En 1871, la Commune de Paris les oblige à fermer boutique, et Pierre Prins et son épouse se réfugient en Belgique. Rentrés l'année suivante, Fanny est atteinte d'une congestion pulmonaire. Devant la gravité de son état et ses modestes revenus, Pierre Prins vend tout ce qu'il a dans la maison pour pouvoir satisfaire les désirs de sa jeune épouse mourante. En 1873, quelque temps avant le Salon, Suzanne Leenhoff-Manet rend visite au couple Prins et prend conscience de l'état de dénuement dans lequel il se trouve. Elle en parle à son mari qui, par discrétion, propose à son ami de réaliser une version à la plume de son prochain tableau, Le Bon Bock, et le rémunère d'une somme de trois cent francs. Touché par le geste de son ami, Pierre Prins se met aussitôt à l'ouvrage.

En 1874, Pierre Prins participe à la création de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs et décide d'emmener son épouse à Namur pour se reposer. Mais avant de partir, il confie douze tableaux à son ami d'enfance, le sculpteur Émile Philippe Scailliet (1846-1911), afin qu'il remette les toiles à Alfred Sisley, qui doit les déposer à l'atelier que le groupe loue à Nadar pour leur première exposition qui eut lieu du au dans les anciens ateliers du photographe, au no 35 boulevard des Capucines à Paris[2],[3]. Scailliet ayant oublié de remplir sa mission, Pierre Prins n'exposa jamais avec les peintres impressionnistes.

Édouard Manet, Le Balcon, (1868-1869), Paris, musée d'Orsay. Debout à droite, Fanny Claus-Prins.

Le couple rentre à Paris en 1875, et l'année suivante Pierre Prins restaure des ivoires anciens pour le musée du Louvre. Le dimanche, il part peindre dans la campagne du côté du Bas-Meudon, à l'Île Seguin. Pendant l'hiver suivant, la santé de son épouse se dégradant, il reste la maison, peignant des natures-mortes.

Le [4], son épouse meurt à son domicile, elle avait trente et un ans. Pierre Prins sculpte le gisant de son épouse dans son linceul, dégageant le visage et les mains, dont les doigts retiennent son violon sur son cœur.

Rongé par le chagrin, il ne travaille plus, et ce n'est qu'avec le soutien de son ami Manet qu'il reprend peu à peu goût à la vie, reprenant ses pinceaux et ses pastels. En 1878, il replante son chevalet dans les près et les vergers. En ce début d'année, il ne peint que des fleurs. Il effectue des voyages en Bretagne (1897) à Pont-Aven, Le Pouldu, en Normandie, en Aquitaine, en Angleterre (1894) et en Belgique, tout en gardant toujours une prédilection pour les paysages de l'Île-de-France.

Édouard Manet meurt en 1883. Pierre Prins dessine plusieurs portraits de son ami sur son lit mortuaire, et Suzanne Leenhoff-Manet lui donne la toile L'Amazone debout, de face de Manet. En 1894, le peintre Jean-François Raffaëlli (1850-1924) lui confie le soin d'essayer son invention : des bâtons de peinture à l'huile. Mallarmé meurt en septembre 1898 à Valvins, Prins dessine au pastel la maison de son ami.

Vers la fin de sa vie, Pierre Prins peint dans les environs de Rambouillet, à Grosrouvre, où sont installés de nombreux artistes comme Pierre Gusman, Julien Tinayre (1859-1923), son épouse Marcelle Tinayre, E. Bureau et P. Lelong qui, ensemble, décident en 1904 de réaliser le Salon du village dans l'école communale. La seconde exposition sera inaugurée par le président de la République Émile Loubet en 1905, et Pierre Prins y prononcera un discours. La presse parle tout de suite de l'École de Rambouillet.

Pierre Prins meurt le , la veille du vernissage de la 10e exposition des peintres du Paris moderne que préside Jean-François Raffaëlli à la galerie La Boëtie à Paris.

Il repose à Paris aux côtés de son épouse dans le caveau de famille au cimetière de Montparnasse (6e division)[5].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

Ses gravures en couleurs sont éditées par Georges Petit

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1888 : exposition Blanc et Noir, 6 paysages
  • 1890 : galerie Georges Petit, Paris, Pastels de Pierre Prins, expose 43 tableaux
  • 1907 : expositions à Paris, Berlin, Cologne, et Düsseldorf
  • 1910 : Paris, galerie Georges Petit, présentation de 48 natures-mortes, diverses huiles et pastels
  • 1913 : 10e exposition des peintres de Paris moderne à la galerie La Boëtie
  • 1942 : galerie Gabrielle Franc, Paris, Paysages de Paris, par Pierre Prins
  • 1942 : galerie Gabrielle Franc, Paris, Souvenirs de Manet et Pierre Prins
  • 1944 : galerie Goya à Bordeaux, Derrière la ferme
  • 1944 : galerie Georges Maratier, Paris, Pastels de Pierre Prins
  • 1955 : galerie Jean de Ruaz, Paris, Prins
  • 1963 : galerie Durand-Ruel, exposition pour le cinquantième anniversaire de sa mort
  • 1965 : Madden Galleries, Londres
  • 1966 : Lincolnshire Association Art Centre, Lincoln
  • 1975 : Galerie Wildenstein, Londres
  • 1977 : galerie Jaubert, Paris
  • 1989 : galerie du Cygne, Paris
  • 1999 : musée Fournaise, Île des Impressionnistes à Chatou, du 8 avril au 31 octobre, Pierre Prins, l'ami de Manet

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ou rue d'Angoulême-du-Temple selon data BnF.
  2. Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, article dans Le Point, publié le 15 avril 2015.
  3. Dans l'article sur la Société anonyme des peintres, sculpteurs et graveurs, l'auteur donne comme adresse rue Daunou, au deuxième étage sans donner de numéro. Mais l'article de l'Encyclopédie Larousse précise que les fenêtres donnent sur le boulevard des Capucines.
  4. Selon le catalogue de l'exposition du musée Fournaise, le 16 avril suivant David Gatier dans une généalogie réalisée à partir du Catalogue général de l'œuvre de Pierre Prins, Paris, 1933.
  5. Ils reposent aujourd'hui avec leur fils Pierre Prins (1870-1945) qui fut gouverneur des colonies, et leur petit-fils Pierre Prins (1905-1971) qui fut architecte.
  6. « Fanny Prins », notice sur le site du musée d'Orsay.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Zacharie Astruc, Pierre Prins, préface du catalogue de la Galerie Georges Petit, 1890.
  • Yveling Rambaud, « Silhouettes d'artistes, Pierre Prins », in Le Journal, Paris, 1898
  • Édouard Achard, « Pierre Prins », in Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1898.
  • « Pierre Prins », in Les archives biographiques contemporaines, revue mensuelle analytique et critique des hommes et des œuvres, Paris 1908.
  • Alcanter de Brahm, Octave Uzanne (préface), La peinture au musée Carnavalet, Éditions Sansot et Cie, Paris, 1909.
  • Pierre Lelong, L'École de Rambouillet, ses artistes et son Salon au Village, Éditions Le Musée populaire de l'Yveline, Rambouillet, 1905.
  • Pierre Claus, Pierre Prins, notice biographique, 1942.
  • Charles Fedgal (préface), Paysages de Paris par Pierre Prins, catalogue de l'exposition à la galerie Gabrielle Franc, Paris, 1942.
  • Charles Fedgal, Souvenirs de Manet et Pierre Prins, catalogue de l'exposition de la galerie Gabrielle Franc, Paris, 1942.
  • Charles Fedgal (préface), Un ami de Manet, l'impressionniste Pierre Prins, catalogue de l'exposition à la Galerie Goya, Bordeaux, 1944.
  • Charles Fedgal (préface), Pastels de Pierre Prins, catalogue, galerie Georges Maratier, Paris, 1944.
  • Maximilien Gauthier, « Pierre Prins peintre », in Architecture française, Paris, 1942.
  • F. Chaffiol-Debillement, Bibliothèque tournante , Éditions Albert Messein, Paris, 1943.
  • Raymond Lecuyer, « Souvenir d'un Paris agreste », in l'Illustration, Paris, 1943
  • R. de Cazenave, « Grandeur et déclin du pastel », in Beaux-Arts, Paris, 1944.
  • Jean Leymarie, « En marge de l'impressionnisme, Pierre Prins et ses amis », in L'Amour de l'art, Paris, 1945.
  • Josette Hervé, Grosrouvre, Rambouillet, une histoire d'École , 1 vol, 63.p., Éditions Société historique et archéologique de Rambouillet et des Yvelines, 2012.
  • Catalogue raisonné de l'œuvre de Pierre Prins (1838-1913), Paris, Éditions Association des Amis de Pierre Prins, 1993
  • Charles Kunstler, Pierre Prins (1838-1913), Paris, Floury, 1945.
  • A. Tabarant, Manet et ses œuvres, Éditions Gallimard, NRF, Paris, 1947.
  • Pierre Edouard Prins, Pierre Prins (1838-1913), et l'époque impressionniste, sa vie son œuvre, Paris, Éditions Floury, 1949.
  • Maximilien Gauthier (préface), Prins, catalogue de l'exposition à la galerie Jean de Ruaz, Paris, 1955.
  • Pierre Courthion, Pierre Prins, cinquantenaire de sa mort, galerie Durand-Ruel, Paris, 1963.
  • Pierre Courthion, Autour de l'Impressionnisme, Nouvelles Éditions Françaises, Paris, 1964.
  • (en) Max Wykes-Joyce, (préface), Impressionnist paintings, pastels, drawings by Pierre Prins & Clémentine Ballot, Lincolnshire Association Art Centre, Lincoln, 1966.
  • Franck Elgar, Prins, peintures, pastels et dessins, Éditions du Chêne, Paris, 1966.
  • F. Chaffiol-Debillemont, « Paysages d'hiver », in Les derniers beaux-jours (poèmes), Éditions Subervie, Rodez, 1971.
  • Daniel Wildenstein (préface), Pierre Prins, catalogue d'exposition, galerie Wildenstein, Londres, 1975.
  • Pierre Mazars (préface), Pierre Prins, catalogue de l'exposition à la galerie Jaubert, Éditions Art Moderne, Paris, 1977.
  • Sophie Mouneret, L'Impressionnisme et son époque, Éditions Denoël, Paris, 1978.
  • Gérald Schurr, 1820-1920, les petits Maîtres de la Peinture, Éditions de l'Amateur, Paris, 1985.
  • Lydia Harambourg, Dictionnaire des peintres paysagistes du XIXe siècle, Éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, 1985.
  • Geneviève Mounier, Pastels du XIXe siècle, R.M.N., Paris, 1985.
  • Chantal Humbert, « Les petits Maîtres impressionnistes », in Le Figaro, Paris, 1986
  • Suzanne Haitay, « Les Symbolistes de tous les pays ont trouvé refuge au fond d'une cour », in Le Figaro, Paris, 1987.
  • Michel Pericard, Les Peintres et les Yvelines, Éditions Sogemo, Paris, 1988.
  • Denise Fastout-York, Catalogue Pierre Prins, galerie du Cygne, Paris, 1989.
  • Henri Belbeoch et Florence Clifford, préface de Gaston Diehl, Belle-Ile en Art, Éditions Henri Belbeoch, 1991.
  • Pierre Edouard Prins, Lili Jampoller, Jacqueline Forgas, préface de Michel Melot, Catalogue général de l'œuvre de Pierre Prins 1838-1913, Éditions Association des Amis de Pierre Prins, Paris, 1993.
  • Anne Galloyer, Pierre Prins, l'ami de Manet, catalogue de l'exposition du 8 avril au 31 octobre 1999, musée Fournaise à Châtou (Yvelines)
  • Marie-Hélène Desjardins, Amélie Matray, Pierre Prins, un pastelliste impressionniste, catalogue de l'exposition de Fécamp du 1er juin au 1er septembre 2013, Rouen, Point de vues, 2013, (ISBN 2915548854)

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Gabrielle Debillemont-Chardon, Portrait de Pierre Prins, miniature sur ivoire, collection particulière. Dernière de couverture du catalogue de l'exposition du musée Fournaise de 1999.
  • Anonyme, Portrait de Pierre Prins peignant, pastel. Exposé au musée Fournaise en 1999, référencé sur la dernière de couverture du catalogue.
  • Anonyme, Portrait de Pierre Prins, assoupi, pastel. Exposé au musée Fournaise en 1999, référencé sur la dernière de couverture du catalogue.

Liens externes[modifier | modifier le code]