Philippe Hersant (compositeur)

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Philippe Hersant
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Philippe Hersant et de jeunes interprètes de son œuvre en 2014.

Naissance (73 ans)
Rome Drapeau de l'Italie Italie
Activité principale Compositeur
Style Musique postmoderne
Lieux d'activité France
Années d'activité 1970 - aujourd'hui
Éditeurs Éditions Durand (Universal Music Publishing France)
Formation Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
Récompenses Compositeur de l'année aux Victoires de la musique classique (2005, 2010), grand prix de la musique symphonique de la SACEM (1998) etc.
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'honneur (2007)
Site internet www.philippehersant.com

Philippe Hersant, né le à Rome, est un compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Philippe Hersant naît le à Rome[1], où il passe ses premières années[2].

Il est licencié ès lettres modernes de l'université Paris-Nanterre[3]. En parallèle, il suit au Conservatoire de musique de Paris les classes d'harmonie de Georges Hugon, de contrepoint d'Alain Weber et de composition d'André Jolivet[3]. Il y remporte un prix d'écriture[1].

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

En 1970, il est boursier pendant deux ans à la Casa de Velázquez à Madrid[3]. À son retour à Paris il entre au département de musicologie de l'université Paris-Sorbonne comme enseignant et débute sa collaboration à France Musique, présentant des concerts et proposant des émissions[3]. Aucune des pièces écrites pendant cette période ne figure dans son catalogue [4]

En 1978, il entre à l'Académie de France à Rome et compose son opus 1, Stances, pour orchestre. Il remporte le Prix Georges Enesco en 1982[1].

Il compose l'opéra de chambre Les Visites espacées (créé au Festival d'Avignon en ) et qui connait un certain retentissement[réf. nécessaire]. Suivront essentiellement des œuvres orchestrales : Spirales, Méandres pour violon et orchestre, Aztlan et la Missa brevis pour 12 voix et orchestre (récompensée par la Tribune Internationale de l'UNESCO en 1991[1]).

À partir de 1985, il est attiré par la musique de chambre[3]. Radio France lui commande un quatuor à cordes, créé par le Quatuor Talich. Cette pièce remporte le Prix de la meilleure création contemporaine décerné par la SACEM et est nominée aux Victoires de la musique classique[1].

Par la suite, entre 1985 et 1992 il écrit un second quatuor à cordes (Nachtgesang[5]), un concerto pour violoncelle et orchestre de chambre (Prix Arthur Honegger 1994[1]), un sextuor et diverses pièces solistes (Hopi pour basson, Pavane pour alto, Melancholia pour contrebasse).

Il reçoit le grand prix musical de la Ville de Paris en 1990, puis en 1991 le prix des compositeurs de la SACEM[1]. En 1993, il remporte le prix Nouveaux talents de la SACD[1].

Son opéra Le Château des Carpathes (sur un livret tiré du roman Le Château des Carpathes de Jules Verne) est d'abord créé dans une version orchestrale au Festival de Montpellier en 1992, puis en , à l'Opéra-Comédie de Montpellier, dans une mise en scène d'André Wilms et un décor de Nicky Rieti.

Philippe Hersant écrit à cette époque pour la voix — ainsi le cycle de mélodies sur des poèmes d'Hölderlin Lebenslauf (« Le cours de la vie ») en 1992, L'Infinito (1993) pour 12 voix mixtes a cappella, sur un poème de Leopardi et Aus tiefer Not (Psaume CXXX) (1994) pour 12 voix, viole de gambe et orgue — ainsi que des miniatures où transparaissent ses recherches sur le timbre des instruments et les nouvelles techniques de jeu — 8 pièces pour basson et ensemble instrumental, 8 duos pour alto et basson, 11 caprices pour 2 violons, 5 miniatures pour flûte alto, Chants du Sud, pour violon

Il remporte le prix Maurice-Ravel en 1996[1].

En compositeur en résidence auprès de l'Orchestre national de Lyon, pour deux saisons[1].

En 2001, il remporte le grand prix musical de la Fondation Simone et Cino del Duca décerné par l’Académie des beaux-arts[1].

En 2002, Radio France lui commande plusieurs œuvres : une version de concert du Château des Carpathes, d'après Jules Verne, créé au Festival de Radio France et de Montpellier sous la direction de David Robertson, ainsi qu'un Trio pour violon, violoncelle et piano créé par Alice Ader, Christophe Poiget et Isabelle Veyrier[1].

En 2005, il remporte sa première Victoires de la musique classique en tant que meilleur compositeur[1].

En 2008, alors qu'il est compositeur en résidence auprès de l'Orchestre de Bretagne pour trois saisons, il remporte le Grand Prix de la Musique Symphonique décerné par la SACEM. Entre 2008 et 2009, il est nommé président de la Commission Musique à la SACD[1].

Le à Abbeville est créée une commande de Radio France et du CMBV, Le Cantique des 3 enfants dans la fournaise sur le poème d'Antoine Godeau, oeuvre miroir de La Messe à 4 chœurs H.4 de Marc-Antoine Charpentier comportant des effectifs instrumentaux et vocaux identiques. L'enregistrement de ces deux œuvres financées avec l'aide de donateurs dont la Société Marc-Antoine Charpentier et la société Getraline a été réalisé en 2019 avec une sortie prévue en septembre 2021.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Philippe Hersant travaille également pour le théâtre. Ainsi, avec le tandem Jean Jourdheuil et Jean-François Peyret, il travaille à Paysage sous surveillance, La Route des chars de Heiner Müller, Lucrèce : De la nature des choses. Cette collaboration présentera au Festival d'Avignon 1991 Landschaft mit Argonauten (« Paysage avec argonautes »), partition pour 12 voix mixtes et 8 trombones, récompensée en 1995 par la Tribune Internationale de l'UNESCO en 1991[1].

Cinéma[modifier | modifier le code]

À propos de son œuvre[modifier | modifier le code]

D'abord tourné vers l'écriture orchestrale, il écrit pour formations de musique de chambre à partir de 1985, puis se tourne vers la voix[3].

Son œuvre révèle son attirance pour la littérature, la poésie et le théâtre, s'inspirant de textes de Georg Trakl, d'Arthur Rimbaud, de Charles Baudelaire, d'Emily Brontë[3]… Il travaille également pour le cinéma, collaborant régulièrement avec Nicolas Philibert, notamment pour Être et avoir.

Sa musique est en grande partie consonante, la dissonance magnifiant la consonance[3]. Il intègre le langage de toute l'histoire de la musique, assumant un aspect « référentiel » de sa musique[6], intégrant souvent des fragments empruntés par exemple à Bach ou Liszt[6]. Il cherche « un équilibre entre une grande liberté et une certaine évidence formelle[3] ».

Récompenses[modifier | modifier le code]

Prix de la SACEM
  • 1982 : Prix de composition « Georges Enesco »
  • 1985 : Prix de la meilleure création contemporaine pour son premier Quatuor
  • 1991 : Prix des compositeurs
  • 1998 : Grand prix de la musique de la SACEM
  • 2008 : Grand prix de la musique symphonique
Prix de la SACD
  • 1993 : Prix nouveaux talents
Distinctions par la Tribune internationale de l'UNESCO
  • 1991 : Missa brevis
  • 1995 : Landschaft mit Argonauten
Autres prix
Décorations

Œuvres[modifier | modifier le code]

Discographie partielle[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Bardot (int.) (préf. Béatrice Ramaut-Chevassus), Philippe Hersant : le filtre du souvenir, Cig'art Éditions/Éditions Jobert, , 206 p. (ISBN 978-2-85894-015-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Jean-Marc Bardot, Une esthétique du souvenir dans la musique de Philippe Hersant : Poésie sonore, résonance, forme (thèse de doctorat en Musicologie), Saint-Etienne, Université Jean Monnet/Atelier National de Reproduction des Thèses, , 456 p. (ISBN 978-2-7295-7175-7, lire en ligne).
  • Jean-Louis Tallon (int.), Philippe Hersant : portrait d'un compositeur, Nantes, Editions Cécile Defaut, , 140 p. (ISBN 978-2-35018-376-3).

Documentaires[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n et o Élodie Martinez, « Victoires de la Musique Classique 2016 : Philippe Hersant », sur toutelaculture.com, (consulté le 21 juillet 2019).
  2. Elise Gruau, « Philippe Hersant (1/5) : Une naissance romaine », À voix nue, France Culture, (consulté le 21 juillet 2019).
  3. a b c d e f g h et i Bibliothèque musicale de Radio France, « Biographie de Philippe Hersant », France Musique, (consulté le 21 juillet 2019).
  4. « Biographie de Philippe Hersant », sur qobuz.com, (consulté le 21 juillet 2019).
  5. « Chant nocturne ».
  6. a et b Bardot, 2003.
  7. Décret du 6 avril 2007 portant promotion et nomination, JORF no 84 du 8 avril 2007, p. 6583, texte no 3, NOR PREX0710142D, sur Légifrance.
  8. « Philippe Hersant : Pascolas (interprété par Ronald Martin Alonso) », Session studio, sur France Musique, (consulté le 20 mai 2021).
  9. « Philippe Hersant : Le Chemin de Jérusalem (interprété par Ronald Martin Alonso) », Session studio, sur France Musique, (consulté le 20 mai 2021).

Liens externes[modifier | modifier le code]