Ordre de la Très-Sainte-Annonciation

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Ne doit pas être confondu avec Ordre de l'Annonciation de la Vierge Marie.

Ordre de la Très-Sainte-Annonciation
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale 6 août 1613
par Paul V
Institut ordre monastique
Type contemplatif
Règle règle de saint Augustin
But prière
Structure et histoire
Fondation 5 août 1604
Gênes
Fondateur Marie-Victoire Fornari
Abréviation O.SS.A.
Autres noms annonciades célestes
Patron Vierge Marie
Liste des ordres religieux

L’ordre de la Très-Sainte-Annonciation (en latin Ordo Sanctissimae Annuntiationis) dont les membres sont communément appelées annonciades célestes est un ordre monastique féminin contemplatif de droit pontifical.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1600, Victoire Fornari (1562 - 1617, béatifiée en 1828) décide de fonder un ordre monastique avec clôture religieuse stricte dans le but d'adorer le mystère du Verbe incarné et d'honorer la maternité divine de Marie. Le Père Bernardin Zanoni S.J., directeur spirituel de Victoire, écrit les constitutions religieuses selon la règle de saint Augustin qui sont approuvées provisoirement le 15 mars 1604 par le pape Clément VIII. Le 5 août 1604, les cinq premières religieuses reçoivent l'habit religieux des mains du cardinal Spinola. Cet habit est composé d'une robe blanche, avec scapulaire, manteau et sandales bleues. Pour cette raison, elles sont rapidement connues sous le nom de « sœurs célestes » ou « filles bleues ». Elles sont souvent sous la direction spirituelle des jésuites[1]. Elles vivent une clôture fort rigoureuse et une discipline stricte, restreignent la musique et les ornementations.

Au début, l'ordre rencontre beaucoup de difficultés et en 1605, il risque de fusionner avec le monastère génois des carmélites déchaussées. En 1612, les sœurs fondent un autre monastère à Pontarlier et l'ordre se répand rapidement dans la France de l'Est et l'ancienne Lotharingie[2] (Saint-Mihiel en 1619[3], Vesoul en 1613, Nancy en 1616, Champlitte en 1620, Saint-Claude et Saint-Amour en 1621, Joinville en 1621, Paris en 1622, Langres en 1623, Tournai, Lyon, Dole et Avignon en 1624, Liège, Lille et Mons en 1628, Namur en 1631, Huy en 1637, Sens en 1647, Bourmont en 1682[4] etc.). La règle est définitivement approuvée le 6 août 1613 par Paul V. En 1676, la princesse Camille Orsini Borghèse, veuve de Marc-Antoine II Borghèse [5], prince de Sulmona, en religion Mère Marie-Victoire, fonde un monastère d'annonciades à Rome sur l'Esquilin. Supprimé en 1872, il s'installe dans une maison de location et déménage plusieurs fois avant de s'installer en 1939 via Portuense; ce couvent est toujours en activité[6].

En 1771, les monastères sont au nombre de soixante-dix, mais Joseph II les supprime en 1784 dans ses États, puis la Révolution française et la suppression des ordres par Napoléon Ier, lui donnent presque le coup de grâce définitif ; l'ordre est menacé d'extinction. La béatification de la fondatrice en 1828 conduit à un rétablissement modeste de l'institut. Il existe deux monastères d'annonciades célestes en France rétablis au début du XIXe siècle ː celui de Joinville (fermé en 1969[7]) et celui de Langres (le plus important, fermé en 1984)[8]. De 1938 à 1949, elles ont un monastère en Roumanie (dans le rite oriental), fondé par le couvent de Langres[9] ; il culmine à vingt-deux religieuses lorsqu'il est fermé par les autorités communistes[10]. Les annonciades célestes fondent aussi en 1963 dans le nord de l'Espagne un couvent à Barbarin dans le diocèse de Pampelune.

Annonciades célestes

Activité et diffusion[modifier | modifier le code]

Les religieuses se consacrent à la prière.

Fin 2015, l'ordre ne comptait plus que quatre monastères indépendants sui juris (dont Gênes[11], Rome, Manille fondé en 1995 par Rome[6]) et 24 religieuses et novices[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Constitutioni delle Reverende Madrid nel Monastero dell’Annunciata di Genova fondato l’anno di nostra salute MDCIIII, Gênes, G. Pavoni, 1618.
  • Fernandino Melzi S.J., La Vie admirable de la bienheureuse Mère Marie-Victoire, fondatrice des religieuses de l’Annonciade de Gennes et de la sœur Marie Magdelene sa première compagne, et traduit par un Père de la même Compagnie [le P. Guyon], Lyon, Cl. Lajot, 1631.
  • (it) Fabio Ambrogio Spinola S.J., Vita della venerabile serva di Dio madre Maria Vittoria fondatrice dell'ordine dell'Annonziata, Gênes, G. D. Peri, 1649.
  • (it) Giovanni Salvaterra, Istoria delle celesti volgarmente delle turchine. La fondazione dell’ordine della Santissima Annuntiata detto delle celesti volgarmente delle turchine, Gênes, A. G. Franchelli, 1681.
  • Marie-Élisabeth Henneau, « Mourir au couvent chez les annonciades célestes de Liège, XVIIe-XVIIIe siècles », in Autour des morts : mémoire et identité. Aux racines de la sociabilité, Actes du Ve colloque international sur la sociabilité, Groupe de Recherche d’Histoire, Université de Rouen, 19-21 novembre 1998, Presses universitaires de Rouen, 2001, pp. 49-58.
  • (it) Paolo Fontana, Memoria e santità. Agiografia e storia nell’ordine delle annunziate celesti tra Genova e l’Europa in antico regime, Rome, Studi Storici Carocci/141, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annonciade céleste de Steyr en Autriche au XVIIIe siècle.
  1. Histoire des annonciades célestes
  2. Franche-Comté, Lorraine, Pays-Bas méridionaux, Principauté de Liège...
  3. Marie-Élisabeth Henneau, « Récits historiques au cœur de la vie conventuelle féminine au XVIIe s. : la fondation du monastère de l’Annonciade céleste de Saint-Mihiel », in Annales de l’Est, n° spécial Récit et Histoire : formes et épistémologie d’un outil historique, dir. Jean El Gammal et Laurent Jalabert, 2012, pp. 217-231.
  4. Société historique et archéologique de Bourmont
  5. Marcantonio Borghese en italien.
  6. a et b Site des annonciades célestes de Rome
  7. La Dorsale catholique
  8. Les Cahiers haut-marnais, numéro double 274-275, 2015
  9. Mère Marie-Anne d'origine roumaine et sept autres religieuses dont quelques-unes de Joinville et deux novices.
  10. Chanoine Roger Turlure, Un demi-siècle au pays de Langres, 1975
  11. (it) Monastère des Annonciades célestes de Gênes
  12. Annuaire pontifical, 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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