Direction spirituelle

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La direction spirituelle, dans le catholicisme comme dans l'orthodoxie, consiste à guider une personne dans sa foi[1]. Autrefois appelé « directeur de conscience », celui qui assume cette tâche aujourd’hui est connu comme « directeur spirituel », ou plus fréquemment « accompagnateur » ou « guide spirituel ». Dans le passé, et jusqu’au concile Vatican II, le directeur spirituel était presque toujours un prêtre. Aujourd'hui des religieuses et même des laïcs, notamment dans la tradition ignatienne, jouent un rôle d'accompagnement s'ils ont reçu une formation adéquate.

Notion[modifier | modifier le code]

La notion de direction spirituelle implique un lien de causalité entre la foi elle-même et son application pratique, que le catholicisme qualifie volontiers d'« œuvres » ou d'« actes » (acta) régis par une discipline. Ce lien de la foi et des œuvres affirmé dans l'Épître de Jacques ("sans œuvres la foi est morte", Jc 2:17) fut rappelé par le concile de Trente[2], qui s'opposait à la sola fide du protestantisme. Ce clivage, pourtant, s'est peu à peu estompé après Vatican II, jusqu'à disparaître à partir des années 2010 à la suite du dialogue œcuménique entre l'Église catholique et les représentants des Églises réformées.

François de Sales dans son Introduction à la vie dévote a popularisé la notion de discernement spirituel dans le monde et non plus uniquement dans les monastères ou couvents.

Une même notion existe dans l'Église orthodoxe, mais venant de la tradition monastique avec des directeurs spirituels issus de différents monastères, comme la Nouvelle Jérusalem ou le monastère du Lac Blanc. Raspoutine a pu jouer un rôle relativement comparable à celui d'un starets auprès de la tsarine Alexandra Féodorovna et de sa famille, ou encore, de façon plus éloignée de l'Église, Léon Tolstoï, à la fois éveilleur de conscience dans le cadre de la philosophie tolstoïenne et disciple d'un directeur de conscience.

Histoire et littérature[modifier | modifier le code]

L'abbé Bonnet, personnage central du Curé de village, roman de Honoré de Balzac, est un directeur de conscience. Des personnages comparables émaillent les romans de Bernanos, d'Evelyn Waugh, de Mauriac...

L'Éminence grise, tableau de Gérôme représentant le « père Joseph », directeur spirituel de Richelieu

Les capucins et les jésuites ont traditionnellement joué ce rôle, depuis la fondation de leurs ordres respectifs, auprès des souverains temporels, notamment auprès de Louis XIV.

L'abbé Mugnier, surnommé le « confesseur des duchesses », fut le directeur spirituel de nombre de personnalités du faubourg Saint-Germain mais aussi de Huysmans, dont la « conversion » occupe l'essentiel de son Journal. Le philosophe catholique Jacques Maritain a eu plusieurs directeurs spirituels successifs, dont Léon Bloy et Réginald Garrigou-Lagrange. Le père Philippe, o.p., a joué ce rôle jusqu'à sa mort, en 2006, auprès de plusieurs mouvements religieux, de différents centres d'enseignement et de diverses personnalités.

Les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola représentent une variante de la direction spirituelle, mais il est indiqué que leur lecture ne suffit pas et qu'elle nécessite la présence d'un prêtre qui fasse office d'accompagnateur spirituel. À la différence de nombreux ouvrages de piété, les Exercices spirituels ne sont pas conçus pour être « lus » mais « pratiqués ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]