Frise (province)

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Frise
(nl) Provincie Friesland
(fy) Provinsje Fryslân
Héraldique.
Héraldique.
Drapeau de la Frise
Drapeau de la Frise
Frise (province)
Administration
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Chef-lieu Leeuwarden
Communes 24
Commissaire du Roi John Jorritsma (VVD)
ISO 3166-2 NL-FR
Démographie
Gentilé Frison
Population 646 317 hab. (31 décembre 2013)
Densité 112 hab./km2
Religion Protestants 30 %
Catholiques 6 %
Musulmans 2 %
Géographie
Superficie 574 874 ha = 5 748,74 km2
Liens
Site web http://www.fryslan.frl

La Frise (Friesland en néerlandais, Fryslân en frison) est l'une des douze provinces qui composent les Pays-Bas. Située au nord du pays, sa ville principale et capitale administrative est Leeuwarden (Ljouwert en frison). La Frise est une province agricole, mais le tourisme, principalement autour des lacs du sud-ouest de la province et des îles de la mer des Wadden, est une source importante de revenus. La région est aussi connue pour ses patineurs de vitesse et son circuit hivernal des onze villes (elfstedentocht), qui attire chaque année des dizaines milliers de touristes étrangers.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Frise est un pays plat, caractérisé par le damier des polders, ses lacs et ses tourbières relictuelles.

Localisation[modifier | modifier le code]

La province de Frise est délimitée à l'est par les provinces de Groningue, de Drenthe, au sud par les provinces d'Overijssel et du Flevoland, au sud-ouest par l'IJsselmeer, et à l'ouest et au nord par la mer des Wadden (et au-delà des îles des Wadden par la mer du Nord). La Frise est reliée à la Hollande-Septentrionale par l'Afsluitdijk. Les îles des Wadden frisonnes, Vlieland, Terschelling, Ameland et Schiermonnikoog, sont accessibles par des bacs depuis Harlingen vers Vlieland et Terschelling, depuis Holwerd vers Ameland, et depuis Lauwersoog vers Schiermonnikoog.

Par sa surface totale (terrestre et aquatique), la Frise est la plus grande province des Pays-Bas. Elle est la troisième plus grande par sa seule surface terrestre.

Communes de la Frise et leur chef-lieu[modifier | modifier le code]

Voir aussi : Anciennes communes de la Frise

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte des communes de Frise.

La région porte ce nom car des Frisons, peuplades germaniques d'éleveurs et de marins souvent de taille géante selon la légende, connues dès la fin de l'Antiquité l'ont entièrement occupée au début du moyen-âge. Combattants orgueilleux, souvent admis comme recrues militaires parmi les Francs, ils n'en furent pas moins sourcilleux sur leurs droits territoriaux (refusant toute fédération) et parfois leurs revendications d'expansion opportunistes, au point de mener des guerres fratricides contre les Francs saliens ou mérovingiens d'Austrasie hégémoniques au sud et les Saxons à l'est, non sans infester les mers bordières de l'Europe de leurs incessants actes de piraterie en partant de leurs îles et rivages ou de concurrencer le commerce maritime des royaumes voisins. Comme ces irruptions momentanées de violence l'indiquent, il s'agit d'un petit peuple germanique à l'origine indépendant, mais refoulé progressivement vers des terres pauvres et tourbeuses de rivages placées de plus sous le terrible danger de transgression marine. En partie défaits et vaincus par la puissante armée franque, ils sont finalement cantonnés ou parfois déplacés dans diverses contrées qui garderont ensuite le nom de Frisia ou Frise, soit les îles de la Frise dont l'occupation semble relativement autonome, la Frise occidentale, la Frise orientale et la Frise septentrionale, dernier lieu de déplacement vers la frontière nordique de l'Empire carolingien[1].

De la fin du VIIe siècle au Xe siècle, la grande majorité des Frisons deviennent de paisibles paysans et éleveurs chrétiens. La Frise est de longue tradition le lieu de naissance de races animales domestique, par exemple le cheval frison, la vache frisonne et la chèvre frisonne, aujourd'hui quasiment disparue. Ces animaux à l'origine rustiques étaient adaptés à la terre spongieuse, humide et tourbeuse, au milieu frais et marécageux des rivages et des espaces proches de la mer du Nord.

Au Moyen Âge, la Frise actuelle était coupée en deux par le bras de mer de Middelzee, qui séparait les régions de Westergo et Oostergo.

La Frisia centrale relictuelle est morcelée au sein de l'Empire entre les comtés de Hollande et de Zélande, les principautés de l'évêque d'Utrecht et du seigneur de Groningue. La longue discorde entre les comtes de Hollande et les ducs de Saxe se tarit par la décision impériale de Maximilien en 1498 de nommer le duc de Saxe, Albert, gouverneur perpétuel de Frise. La province est ensuite rattachée au duché de Gueldre par la personne de son duc Charles, avant de rejoindre les biens du jeune Charles de Habsbourg en 1515.

En 1579, l'assemblée de Frise marquée par l'adhésion à la religion réformée adhère à l'Union d'Utrecht en 1579, rejoignant ainsi les Provinces-Unies des Pays-Bas.

La Frise constitua un département français de 1811 à 1814.

La vache frisonne au pied délicat et à la patte blanche, à l'échine horizontale, à la tête noire (dite pie noire), à la ligne du ventre harmonieuse, au pis généreux et aux flancs rebondis est l'objet d'un soin de sélection de plus en plus méticuleux des éleveurs locaux, grâce à l'émulation de l'école d'agriculture et d'élevage, ainsi que des nombreux comices agricoles frisons, tous adeptes du modèle agricole anglais. Vache laitière, blanche et noire, lavée, récurée, à la peau et aux cornes ripolinés et luisantes lors des concours, objet de louange et de renommée à l'échelle européenne, elle est à l'origine de la "race frisonne pie noire" de l'Est qui envahit après guerres le nord et l'est de la France, au point d'en éradiquer localement dans l'anonymat les nombreuses races rustiques en déclin.

Au cours des années 1950, la population frisonne dépasse 400 000 habitants. Le statisticien compte alors une vache pour deux habitants frisons. Il existe 200 000 vaches grasses, indolentes et repues, qui mâchent en bonne saison les herbes moelleuses, ruminent parfois couchées après leur paisson au vert pâturage. Derrière une championne nommée Ymkje, productrice homologuée de 3 174 kg de lait durant une longue période de lactation de onze mois, se cache une organisation sophistiquée de l'élevage, avec un contrôle d'état et des commissions sanitaires, des coopératives de distribution et de services, des laiteries et des syndicats, des associations et des sociétés d'émulation agricole.

Population et secteurs d'activités[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

31/12/1960 31/12/1970 31/12/1980 31/12/1990 31/12/2000 31/12/2012 31/12/2013
Population[2] 479 893 526 749 589 252 600 013 630 539 646 862 646 317

Vie politique[modifier | modifier le code]

Le Fryske Nasjonale Partij représente les intérêts de la minorité frisonne.

Économie[modifier | modifier le code]

En 2013, le produit interieur brut de la province était de 18,9 milliards d'euros, soit 3,17 % du PIB total des Pays-Bas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des groupes révoltés vaincus ont été aussi déportés au loin et vendus comme esclaves, en absence d'allégeance ou en cas de refus d'obéissance répétée à l'autorité consentie.
  2. http://statline.cbs.nl/Statweb/publication/?DM=SLEN&PA=37259ENG&D1=0-1,3,8-9,14,16,21-22,24&D2=0&D3=5-16&D4=0,10,20,30,40,(l-1)-l&LA=EN&VW=T

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]