Massay

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Massay
Abbaye Saint-MartinSalle capitulaire et tour Chamborant de l'église Saint-Paxent (ancienne abbatiale)
Abbaye Saint-Martin
Salle capitulaire et tour Chamborant de l'église Saint-Paxent (ancienne abbatiale)
Blason de Massay
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Vierzon
Canton Mehun-sur-Yèvre
Intercommunalité Communauté de communes des Vals de Cher et d'Arnon
Maire
Mandat
Dominique Lévêque
2014-2020
Code postal 18120
Code commune 18140
Démographie
Population
municipale
1 428 hab. (2012)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 09′ 17″ N 1° 59′ 36″ E / 47.1547222222, 1.9933333333347° 09′ 17″ Nord 1° 59′ 36″ Est / 47.1547222222, 1.99333333333
Altitude Min. 99 m – Max. 164 m
Superficie 47,94 km2
Localisation

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Massay

Massay est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est arrosé par la rivière Arnon.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Georges-sur-la-Prée
Dampierre-en-Graçay
Saint-Hilaire-de-Court Méreau Rose des vents
N
O    Massay    E
S
Nohant-en-Graçay Saint-Pierre-de-Jards Chéry
Lury-sur-Arnon

La commune se trouve dans l'aire géographique et dans la zone de production du lait, de fabrication et d'affinage du fromage Valençay[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Abbaye Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Plan de l'abbaye de Massay[2]. On voit le tracé de la route de Reuilly à travers l'ancien cloître. L'église Saint-Paixent est formée du cœur de l'ancienne abbatiale. La chapelle de l’abbé est dans le prolongement de la salle capitulaire.

L'abbaye Saint-Martin de Massay a été fondée en 738, par un comte d'Aquitaine nommé Egon. En 814 Benoît d'Aniane la réforme selon l'ordre bénédictin. Vers 873 elle est pillée par les Normands. Elle est reconstruite en 910.

Les abbayes de Massay et de Déols sont toutes deux affiliées à Cluny. Elles sont désormais placées sous l'autorité de Bernon, le fondateur, puis de l'abbé Odon dirige à la fois Cluny, Déols et Massay. À Massay, c'est un certain Odon II qui succède à Odon de Cluny en 935. Les deux abbayes sont donc indépendantes, même si elles conservent des liens. Par la suite, aux Xe, XIe et XIIe siècles, Déols et Massay évoluent et deviennent des centres monastiques de première importance. Après un incendie en 1128, l'abbatiale Saint-Martin de Massay est entièrement reconstruite dans des proportions plus importantes au XIVe siècle. De 1165 à 1175 est édifiée la chapelle de l'abbé sous une influence angevine, celle-ci amorce le passage du roman à l'architecture gothique. En 1483 un clocher porche gothique finement ouvragé haut de 42 mètres est construit pour l'abbé Bertrand de Chamborand. Celui-ci renfermait 7 cloches dont une, datée du 27 mai 1512, porte ses armoiries. Une prison, dans ses soubassements, existe encore.

La guerre de Cent Ans provoque la destruction partielle de Massay par les troupe anglaises vers 1360. Puis elle est pillée en 1562 et 1567 pendant les guerres de religion. La mise en place du régime de la commende transforme profondément l'abbaye.

Le cardinal archevêque de Bourges Frédéric Jérôme de La Rochefoucauld (évêque de 1729 à 1757) visite l'abbaye délabrée en 1733 et prononce sa fermeture définitive en 1735. Elle est démantelée en 1736 et l'église abbatiale Saint-Martin est donnée a la commune en remplacement de l'église paroissiale Saint-Paxent en mauvais état. La chapelle Saint-Loup est rattachée au presbytère qui l'utilisait comme grange, écurie et bûcher. Elle se compose de deux travées de voûtes en forme de coupoles soutenues d'arcs d'ogives diagonaux, d'une travée voûtée en berceau aigu et d'une abside circulaire voûtée en quart de sphère. Les chapiteaux sont ornés de rinceaux et de têtes. Les fenêtres sont en plein cintre ainsi que la porte, ornée de boudins en dents de scie[3].

Les bâtiments auraient pu subsister en partie, mais à la Révolution, le tracé de la nouvelle route de Reuilly passe par l'emplacement du cloître qui est détruit. Ce tracé est clairement visible sur le plan de Deshoulières et Gauchery. Aujourd'hui, les bâtiments restants sont classés, notamment la salle capitulaire[4], la chapelle Saint-Loup, aussi appelée la « chapelle de l’abbé »[3], et l'église Saint-Paxent[5]. Les bâtiments ont été classés puis réhabilités dans les années 1990.

La salle capitulaire du XIIIe siècle est surmontée d'une partie du dortoir des moines. Le logis du chambrier (ou économe du monastère) du XVIIe siècle est devenu d'abord presbytère, puis mairie. Des communs, un vivier et une travée des celliers subsistent encore de nos jours.

La commune appartient a la fédération des sites clunisiens.

Événements remarquables[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

Charlemagne aurait fait une visite à Massay et à cette occasion, aurait fait don d'un trésor. Comme le couvent et son trésor, la commune est pillée par les Normands en 873. Elle subit des incendies en 999 et 1128. Un hôpital et une léproserie sont établis par les seigneurs locaux en 1252. Saint Louis passe en 1258 de retour d'Égypte. Massay est détruit pendant la guerre de Cent Ans, les guerres contre Charles Quint et saccagée par les protestants au XVIe siècle[6].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle, la communauté de Massay est en crise démographique, puisqu’elle passe de 171 feux en 1709 à 139 en 1726[7]. L’hiver de 1709-1710 notamment cause de nombreuses pertes, ainsi que la grande canicule de 1719 (qui tua beaucoup par dysenterie)[8]. Les mêmes causes sont à l’origine de la très forte baisse de population de la communauté de Saint-Vincent-de-Gy à la même époque, de 121 à 89 feux (plus d’un habitant sur quatre)[9].

En janvier 1814, le pape Pie VII, de retour de son séjour à Fontainebleau, fait étape à Massay.

Un réorganisation des communes, en 1822, réunit les trois communes de Massay, Saint-Vincent de Gy, et Saint-Martin de Court. L'église Saint-Martin de Court est fermée. Elle sert actuellement de grange[10]. Une marie est construite en 1838.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, le 9 décembre 1870, les Prussiens pénètrent dans Massay[6], et le 27 décembre 1870, le ballon monté Merlin-de-Douai s'envole de la gare du Nord à Paris alors assiégé par les Prussiens et termine sa course à Massay neuf heures plus tard après avoir parcouru 211 kilomètres[11].

Pendant la seconde Guerre mondiale, deux avions anglais sont abattus sur le territoire, l'un en 1942 et l'autre en 1944. Un stèle commémore ces événements[12].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : armorial des communes du Cher.
Blason de Massay

Les armes de Massay se blasonnent ainsi :

D'azur aux dix fleurs de lys d'or ordonnées 3,3,3 et 1, à Saint Martin à cheval partageant son manteau avec un pauvre sur une terrasse isolée, le tout d'argent brochant, à la filière aussi d'or[13].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1959 mars 1971 Pierre Ceschetti    
mars 1971 mars 1977 Raoul Maloger    
mars 1977 mars 2001 Jean-Claude Gaydier   gérant
septembre 2004 mars 2008 Philippe Borgeais    
mars 2008 en cours
(au 27 septembre 2014)
Dominique Lévêque[14]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 428 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
900 823 770 901 1 851 2 036 1 928 2 226 2 282
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 190 2 200 2 405 2 400 2 471 2 402 2 469 2 297 2 233
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 085 2 131 2 026 1 824 1 748 1 615 1 548 1 529 1 516
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 390 1 324 1 251 1 339 1 354 1 335 1 405 1 406 1 404
2012 - - - - - - - -
1 428 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004[16].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église abbatiale, actuelle église Saint-Paxent 
Dédiée à saint Paxent depuis 1736, elle remplaçait l'ancienne église paroissiale tombe en ruines. Elle a conservé quelques parties des murs des XIIe et XIIIe siècles, mais elle est reconstruite dans son ensemble à la fin du XIVe siècle. Cette église est un vaste et unique vaisseau terminé à l'est par un chevet à cinq pans coupés. Ses vitraux furent posés dans les années 1880. L'église contient un vitrail du XVIe siècle des ateliers rhénans, et un ensemble de vitraux mis en place entre 1880 et 1885 provenant des ateliers parisiens de Gaspard Gsell (de), un élève suisse et disciple de Ingres. Elle contient des stalles du XVIe siècle très mutilées et une statue d'une Vierge à l'Enfant en bois polychrome du XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est classée monument historique[5]
La tour-clocher puissante, ou tour Chamborant 
À l'église est adossée une tour-clocher haute de 42 mètres. Cette tour est divisée en trois étages marqués par des cordons et soutenus par des contreforts terminés par des pinacles. L'accès se fait par le nord, par une porte en tiers-point surmontée des armes de l'abbé de Chamborant complétées par une légende en lettres gothiques disant « Rébérend père en Dieu, frère Bertrand de Chamborand, abbé de l’abbaye de Massay, a fait faire ceste présente tour l'an mil CCCLXXXX et trois[17] ». À l'étage suivant se trouvent une fenêtre à meneaux ainsi que des contreforts possédant des niches soutenues par des culs-de-lampe. Le dernier étage, le plus riche en décoration, est entouré d'une balustrade gothique avec des lettres rappelant le nom du fondateur. Les contreforts se terminent par des pinacles et la tour est percée sur chaque face de deux fenêtres entourées de riches moulures, derrière lesquelles se trouvent deux cloches, parmi les sept qu'avait le clocher autrefois. L'une date de 1512 et porte les armes de l'abbé de Chamborant.
La chapelle Saint-Loup 
Aussi appelée chapelle de l'Abbé. Cet oratoire date du milieu du XIIe siècle. Sobre d'extérieur et bien conservé, son architecture homogène est romane, mais contient déjà des arcs-ogives. Elle est classée au titres des Monuments historiques depuis 1889.
La salle capitulaire et le dortoir des moines 
Situé au Sud de l'église, ce bâtiment du XIIIe siècle est fait partie de l'édifice qui entourait cloître. Il comprend, au rez-de-chaussée, la salle capitulaire, deux autres salles et un couloir faisant communiquer les deux cloîtres. Au 1er étage se trouve une partie du dortoir des moines, à la charpente à chevrons-formant-fermes et aux baies étroites et fenêtres datant du XVIIe siècle. La salle et le dortoir sont classés au titre des Monuments historiques depuis 1915.
Le logis du chambrier 
Il date du XVIIe siècle. Lors de la cessation des activités de l'abbaye, il devient le presbytère jusqu'à une période récente.
Les anciennes fortifications 
Une tour ronde, indépendante de l'église, reste le vestige le mieux conservé des fortifications de l'abbaye. On peut en suivre le tracé en empruntant certaines rues de la ville, dans lesquelles on aperçoit les ruines d'autres tours.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'Institut national de l'origine et de la qualité : Valençay, consulté le 15 août 2014.
  2. Deshoulières et Gauchery 1922.
  3. a et b « Notice no PA00096835 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. « Notice no PA00096834 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. a et b « Notice no PA00096836 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. a et b Patrimoine du Cher, p. 1025.
  7. Olivier Zeller, « Changement agraire et récession démographique : la première enquête Orry (1730). L'exemple de l'élection d'Issoudun », Annales de démographie historique 2/2007 (no 114), p. 169
  8. Zeller, op. cit., p. 145 et 153
  9. Zeller, op. cit., p. 170
  10. Patrimoine du Cher, p. 1027.
  11. Ballon no 55 : « Le Merlin-de-Douai »
  12. Patrimoine du Cher, p. 1030.
  13. Le blason de la commune sur Gaso. Consultation : février 2009.
  14. Liste des maires du Cher et appartenance des communes aux cantons sur le site de la préfecture (consulté le 27 septembre 2014).
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2012.
  17. Deshoulières et Gauchery 1922, p. 347.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cécile Perrochon, « Notre-Dame de Déols et Saint-Martin de Massay : deux « abbayes sœurs » dans le monde bénédictin du Berry , », dans René Pêcherat, Pierre Remérand et Didier Dubant, L'abbaye Notre-Dame de Déols (Indre), Éditions Lancosme et l'Académie du Centre,‎ , 360 p. (ISBN 978-2-912184-53-5), p. 37-46.
  • François Deshoulières et Paul Gauchery, « L'abbaye de Massay (Cher) », Bulletin monumental,‎ , p. 340-360.
  • François Deshoulières, « Massay », dans Les Églises de France : Cher, Paris, Librairie Letouzey et Ané,‎ , p. 160-163
  • Nathalie de Buren, Xavier Laurent (direction) et François Lauginie (photographies), Département du Cher : Guide du patrimoine religieux, Bourges, Direction des archives départementales et du patrimoine du Cher,‎ , 189 p. (ISBN 2-86018-025-7)
  • Jean-Luc Flohic (direction), Le patrimoine des communes du Cher, t. I et II, Flohic Éditions,‎ , 1128 p. (ISBN 2-8423-4088-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site de la Fédération des sites clunisiens.

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