Coopérative agricole en France

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Coopérative agricole à Azerailles (Meurthe-et-Moselle)

En France, une société coopérative agricole (SCA) est une entreprise coopérative relevant de la loi du 10 septembre 1947 et du code rural et disposant d'un statut sui generis, c'est-à-dire qui n'est ni civil ni commercial (à ne pas confondre avec une SICA).

Principe de la coopérative agricole en France[modifier | modifier le code]

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Elle est créée par des agriculteurs afin d'assurer en commun l'utilisation d'outils de production, de conditionnement, de stockage, la commercialisation ou la transformation des produits de leurs exploitations ainsi que leur approvisionnement en engrais et autres intrants.

Il existe des coopératives agricoles pour tout type de production : lait, céréales, vin, viande, fruits, fromages (fruitière fromagère), légumes, lin, sucre, coton, arachides... Il existe également des coopératives forestières qui gèrent, exploitent, commercialisent les bois et effectuent des travaux sylvicoles pour le compte des propriétaires forestiers adhérents. Les principales coopératives forestières sont regroupées sous l'égide de l'UCFF (Union de la Coopération Forestière Française) et de son groupe GCF (Groupe Coopération Forestière).

L'un des principes fondateurs de la coopération est "une personne, une voix". Ainsi quel que soit le nombre de parts que peut avoir un adhérent, sa voix est aussi prépondérante que celle d'un autre adhérent. Un autre principe est la participation aux excédents financiers au prorata du volume d'activité de l'exploitant avec sa coopérative (ristournes de prix).

Les coopératives sont généralement dirigées par un conseil d'administration issu de l'assemblée générale. Ce conseil élit un bureau et un président. Le conseil est renouvelable en général par tiers tous les ans. Le président du conseil d'administration est élu pour un an renouvelable. La gestion courante est généralement assurée par un directeur salarié.

Elles sont généralement fédérées par la création d'unions de coopératives agricoles (UCA) régionales ou nationales qui assurent les tâches que ne peuvent faire directement les coopératives de base au niveau local.

Les coopératives de commercialisation assurent quant à elles la collecte de productions données sur une aire géographique déterminée (zone inscrite généralement dans ses statuts). Les apports des adhérents sont en règle générale soumis à des règles d'agréages.

Les coopératives agricoles françaises[modifier | modifier le code]

En 2014[1], les entreprises coopératives du secteur agricole emploient plus de 160 000 salariés. Environ ¾ des agriculteurs adhèrent au moins à une coopérative. Les coopératives du secteur agricole détiennent 1 marque alimentaire sur 3 en France. Elles pèsent 40 % de l’agroalimentaire français.

Les principales coopératives agricoles françaises[2] classées par effectif global 2016-2017
Effectif global CA 2013-2014 (Million €) Siège social
Terrena 15 754 5 141 (2017) Ancenis (44)
Agrial 22 000 5 500 (2017) Caen (14)
Vivescia 7 622 3 400 (2017) Reims (51)
Groupe CECAB 4 200 1 200 (2016) Theix-Noyalo (56)
Maïsadour 5 543 1 336 (2017) Haut-Mauco (40)
Euralis 4 835 1 430 (2016) Lescar (64)
Triskalia 4 800 1 900 (2016) Landerneau (29)
Axéréal 3 193 3 200 (2017) Olivet (45)
Advitam 2 075 1 032 (2017) Saint-Laurent-Blangy (62)
Les plus grands organismes de collecte en 2015 en tonnes[3]
Collecte
Soufflet Agriculture 5 538 256
Axéréal 3 837 000
Vivescia 3 700 000
Advitam 2 648 000
Terrena 3 350 167
Cap Seine 1 899 000
Agrial 1 800 000
Océalia 1 718 000
Acolyance 1 443 617
Noriap 1 413 500

Critiques[modifier | modifier le code]

La journaliste Anne-Laure Chouin estime en 2019 qu'en France, plusieurs de ces coopératives agricoles « se sont éloignées de leur vocation initiale pour devenir des multinationales aux filiales opaques ». Les coopératives, qui regroupent en France trois agriculteurs sur quatre, une marque alimentaire sur trois, et emploient plus de 180 000 salariés salariés, ne paient pas l"impôt sur les sociétés. Leur nombre a nettement décru depuis 1965, au fil de rachats successifs, et leur chiffre d'affaires a augmenté considérablement. La création de nombreuses filiales a accompagné ce développement rapide et pose des soucis de transparence et d'optimisation fiscale, dans un contexte de raréfaction des moyens de contrôle sur ces coopératives[4].

La journaliste estime que « le modèle initialement vertueux des coopératives, censé suivre les principes de l’économie sociale et solidaire, semble donc avoir dérivé. Les coopératives agricoles continuent de bénéficier d’une image positive. Mais derrière le discours officiel ("on travaille pour nos producteurs"), les pratiques utilisées n’ont parfois pas grand-chose à envier à celles des entreprises capitalistiques de droit privé dont elles se disent éloignées »[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « La coopération agricole et agroalimentaire - chiffres clès 2014 », sur coopdefrance.coop, (consulté le 8 mars 2015)
  2. Supplément emplois-carrières - La France agricole - Agrodistribution - Machinisme & Réseaux publié en mars 2015 p.62 Le top 40 des coopératives
  3. Le top 10 des organismes de collecte, France Agricole, 3 janvier 2017
  4. a et b Anne-Laure Chouin, « Quand les coopératives agricoles deviennent des multinationales », sur www.franceinter.fr, (consulté le 4 juin 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]