Ligne de Saint-Benoît au Blanc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ligne de
Saint-Benoît au Blanc
La ligne en gare de Saint-Julien-l'Ars vers 1900.
La ligne en gare de Saint-Julien-l'Ars vers 1900.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Saint-Benoît, Mignaloux-Beauvoir, Nouaillé-Maupertuis, Chauvigny, Saint-Savin et Le Blanc
Historique
Mise en service 1867 – 1885
Concessionnaires PO (1861 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 601 000
Longueur 66,7 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

Non électrifiée

Pente maximale 15
Nombre de voies Voie unique
(Anciennement à voie unique)
Signalisation BAPR jusqu'à Mignaloux-Nouaillé
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER et Transport de marchandises
Schéma de la ligne

La ligne de Saint-Benoît au Blanc est une ligne de chemin de fer française à écartement normal qui reliait Saint-Benoît, dans le département de la Vienne, en région Poitou-Charentes au Blanc, dans le département de l'Indre, en région Centre-Val de Loire.

Seule la section de Saint-Benoît à Mignaloux - Nouaillé est ouverte à toutes les circulations, la section suivante jusqu'à Jardres (située juste avant la limite de déclassement) n'est utilisée que par des trains de marchandises pour la desserte d'un silo.

Elle constitue la ligne no 601 000[1] du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

De Saint-Benoît à Mignaloux[modifier | modifier le code]

À la suite de la déconfiture financière de la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France, son démantèlement est organisé en 1857, au profit de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) et de la constitution de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Dans ce cadre, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans reçoit, à titre complémentaire, notamment la concession à titre éventuel d'une ligne « de Poitiers à Limoges, le dit chemin se reliant à la ligne de Châteauroux à Limoges à ou près le point de raccordement de cette dernière ligne avec le chemin de Montluçon à Limoges » par la convention signée le , avec le ministre des Travaux publics. Cette convention est approuvée par décret le [2]. La concession de cette section est devenue définitive lors de la déclaration d'utilité publique du [3].

La ligne de Poitiers à Limoges est mise en service le par la Compagnie du PO, lorsqu'elle ouvre à l'exploitation les 111 kilomètres de la nouvelle voie qui se débranche de la ligne vers La Rochelle au sud de la gare de Saint-Benoît. En direction de l'est, elle traverse un tunnel de plus de 300 mètres et rejoint la station de Nieuil-l'Espoir, puis celle de Fleuré avant de poursuivre jusqu'à Bersac où elle rejoint la ligne de Châteauroux à Limoges[4]. Le tronçon de Saint-Benoît à un point situé sur la commune de Mignaloux, avant Nieuil-l'Espoir deviendra plus tard la première section de la ligne de Saint-Benoît au Blanc, mais déjà la station de Fleuré, située à 15 kilomètres de Chauvigny, permet le développement de l'activité de ses carrières de calcaire[5].

La Compagnie met en service trois omnibus quotidiens qui relient Poitiers et Saint-Sulpice-Laurière en quatre heures vingt minutes, il faut cinquante minutes supplémentaires de trajet pour rejoindre Limoges[4].

De Mignaloux - Nouaillé au Blanc[modifier | modifier le code]

Après cette première mise en service, un projet émerge pour relier Fleuré à Chauvigny par un embranchement, mais il est abandonné lorsque le nouveau projet d'une ligne de Poitiers à Châteauroux par Chauvigny, Le Blanc et Saint-Julien fut pris en compte par l'administration. Le Conseil général de la Vienne vote pour le classement de cette ligne en chemin de fer d'intérêt local, avec deux autres lignes. Il propose une subvention de 5 355 francs par kilomètre pour leurs réalisations. Le préfet transmet la demande au Ministre des travaux publiques en 1973. Il répond en 1875 qu'il se gardait le choix de statuer pour leur intérêt local ou général[6].

La section de Mignaloux - Nouaillé au Blanc est déclarée d'utilité publique par une loi du [7]. Non concédée à l'origine, la section de Mignaloux - Nouaillé à Chauvigny, ouverte à l'exploitation, le [8], est exploitée provisoirement par l'Administration des chemins de fer de l'État. La totalité de la ligne de Poitiers au Blanc est concédée à titre définitif par l'État à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie, le . Cette convention est approuvée par une loi, le 20 novembre suivant[9].

La section de Chauvigny à Saint-Savin a été ouverte, le [8].

La dernière section, longue de 20 602 mètres, de la gare de Saint-Savin à la gare du Blanc, est mise en service le par la Compagnie du PO. Outre les gares des extrémités, elle comprend deux stations : Ingrandes - Mérigny et Concrémiers, et une halte : Saint-Aigny - Le Blanc[10],[8].

Fermetures et déclassement[modifier | modifier le code]

La ligne a été fermée au service des voyageurs entre Mignaloux - Nouaillé et Blanc, le [8]. Le service des marchandises a disparu progressivement entre Jardres et Le Blanc de 1988 à 1994.

La ligne fut déclassé de Jardres à Saint-Aigny - Le Blanc (PK 361,400 à 404,000), le [1] et de Saint-Aigny - Le Blanc au Blanc (PK 404,000 à 407,574), le [11].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé et profil[modifier | modifier le code]

Ligne à voie unique et à écartement normal, non électrifiée. D'orientation générale ouest - est, cette ligne recoupe les vallées de la Vienne, vers Chauvigny ; celle de la Gartempe, vers Saint-Savin et celle de l'Anglin à Ingrandes, avant de franchir la Creuse, en arrivant au Blanc. À Saint-Aigny - Le Blanc se raccordait l'ancienne ligne de Montmorillon à Saint-Aigny - Le Blanc, aujourd'hui déclassée.

C'est une ligne à voie unique au mauvais profil, les déclivités atteignent 15 . La vitesse des trains de voyageurs est limitée à 90 km/h[12] sur la section empruntée par les TER.

Un viaduc en maçonnerie de 19 arches, de 528 m de long et de 38 m de hauteur a été établi peu avant la gare du Blanc, pour franchir la Creuse.

Gares et haltes[modifier | modifier le code]

Gare en services[modifier | modifier le code]

Gares fermées ou désaffectées[modifier | modifier le code]

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

La ligne a nécessité la construction de plusieurs ouvrages d'art remarquables notamment le tunnel de Saint-Benoît, long de 206 mètres, et le viaduc du Blanc, sur la Creuse, qui est constitué de 21 arches pour une longueur de 528 m.

On recense également quatre ouvrages d'une longueur supérieure à 90 m : le pont sur la Vienne (168 m), le pont sur l'Anglin (98 m), le pont sur la Gartempe (97 m) et le viaduc de la Caronnière (92 m).

Exploitation[modifier | modifier le code]

La desserte voyageurs se limite à la section de Saint-Benoît à Mignaloux - Nouaillé, parcourue par des trains TER Poitou-Charentes et Limousin, qui assurent la desserte de Poitiers à Limoges.

Il subsiste une desserte fret d'un client embranché en gare de Jardres.

Voie verte[modifier | modifier le code]

Depuis 2006, la section Concremiers - Le Blanc a été aménagée en voie verte. Celle-ci se nomme Voie verte des Vallées[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Journal Officiel de la République Française du 17 novembre 1993, page 15 854.
  2. « n° 4796 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 11 avril 1857, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans : 19 juin 1857 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 10, no 522,‎ , p. 244 - 274.
  3. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements, et avis du Conseil d'État, année 1861, page 300.
  4. a et b François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 3 (1864-1870), Palau, , 239 p. (ISBN 2-950-9421-3-X), « 10.29. Poitiers-Limoges : 23 décembre 1867 », p. 139.
  5. Pierre Sailhan, 1982, p. 109.
  6. Pierre Sailhan, 1982, p. 110.
  7. « N° 7885 - Loi qui déclare d'utilité publique l'établissement des chemins de fer : 1° de la ligne de Poitiers à Limoges, près Nouaillé, au Blanc ; 2° de Civray à Lussac et de Montmorillon au Blanc ; 3° de Confolens à la ligne de Civray au Blanc : 7 avril 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 18, no 437,‎ , p. 458 - 359 (lire en ligne).
  8. a, b, c et d Connaissance du rail (no 187), , p. 8 à 14.
  9. « N° 14217 - Loi qui approuve la convention passée, le 28 juin 1883, entre le ministre des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Orléans : 20 novembre 1883 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ , p. 352 - 359 (lire en ligne).
  10. État, « Partie non officielle », Journal officiel de la République française,‎ , p. 4818 (lire en ligne).
  11. Journal Officiel de la République Française du 24 octobre 2001, page 16 754.
  12. Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, vol. 2, La Vie du Rail, (ISBN 9782918758440), p. 28.
  13. Site des Véloroutes et Voies Vertes de France : Guide des voies vertes et véloroutes de France, p. 70, consulté le 28 décembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Sailhan, Le Pays Chauvinois : Il y a cent ans, le train arrivait à Chauvigny, t. III, Chauvigny, Société de recherches archéologique, artistiques, historiques et scientifiques du pays chauvinois, coll. « Bulletin » (no 21), (lire en ligne [PDF]).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]