Paul Vecchiali

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Paul Vecchiali
Description de cette image, également commentée ci-après
Paul Vecchiali au festival de Cannes 2016.
Naissance
Ajaccio (Corse)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 92 ans)
Gassin (Var)
Profession Réalisateur, scénariste, producteur de cinéma, écrivain
Films notables Femmes Femmes
Corps à cœur
Rosa la rose, fille publique

Paul Vecchiali est un réalisateur, producteur de cinéma et écrivain français, né le à Ajaccio (Corse) et mort le à Gassin (Var).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Ajaccio le , Paul Vecchiali passe son enfance à Toulon[1],[2]. Sa famille, soupçonnée de pétainisme[3] (alors que son père était en constante relation avec son beau-frère, résistant), préfère quitter cette ville après la guerre (Paul Vecchiali abordera ces thèmes dans son film En haut des marches). Le jeune homme entre à l'École polytechnique, dont il sort diplômé en 1955[1],[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Ami de Jacques Demy, il collabore aux Cahiers du cinéma[1],[2] et à La Revue du cinéma[1], avouant une passion notamment pour Robert Bresson, Jean Grémillon et Max Ophüls.

Il produit les premiers films de Jean Eustache avant de fonder sa maison de production, Diagonale, en 1976[4].

Paul Vecchiali (2e à droite), Julien Guiomar et Claude Manlay dans une émission de Sud Radio lors de la sortie de L'Étrangleur en 1972.

Il réalise en 1961 un premier film, muet, Les Petits Drames[1] dans lequel apparaît son idole Danielle Darrieux, tout en travaillant comme officier-instructeur à Polytechnique. François Truffaut fait partie des rares personnes à s'enthousiasmer dès le début. Lors de la projection des Ruses du diable (1965), il déclare : « Paul Vecchiali est le seul héritier de Jean Renoir[1]. »

Paul Vecchiali a tourné plus d'une cinquantaine de films (en comptant ses réalisations pour la télévision), abordant les thèmes du sida, de la sexualité (homo, bi ou asexualité), de la peine de mort et de la religion. Son cinéma s'inspire du cinéma français des années 1930, avec une touche expérimentale et de l'autobiographie. Il a obtenu quatre fois l'avance sur recettes du CNC pour plusieurs dizaines de projets déposés, ce qui lui a inspiré le scénario du film À vot' bon cœur, sorti en 2004[5].

En 1965, il joue dans Le Bonheur d'Agnès Varda et, en 1975, coproduit Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman. À la même époque, il expérimente la pornographie avec Change pas de main qu'il fait produire par Jean-François Davy, qui le met en scène dans Les Pornocrates (1976).

En 2010, il publie son monumental dictionnaire, L'Encinéclopédie, consacré à la filmographie complète de cinéastes « français » ayant tourné dans les années 1930 et le début du parlant, la décennie de son enfance, qu'il considère comme très créative au cinéma, généreuse et insolente[6]. Les guillemets indiquent bien qu'il inclut les cinéastes français ainsi que ceux ayant fait au moins un film produit en France durant cette décennie (Carl Theodor Dreyer, Fritz Lang, Billy Wilder, Georg Wilhelm Pabst…). La rétrospective, très complète, est d'une subjectivité assumée entre les cinéastes laissés de côté (Julien Duvivier, Jeff Musso, Carlo Rim, Louis Valray…) et ceux qu'il considère comme des fausses valeurs (Jean Renoir, Jean Delannoy, Henri-Georges Clouzot, Sacha Guitry…)[7],[8],[9].

Mort[modifier | modifier le code]

Il meurt dans la nuit du au à l'âge de 92 ans[1],[2], après avoir été hospitalisé en urgence à l'hôpital de Gassin (Var), comme l'annonce son producteur et compagnon Malik Saad[10]. Ses obsèques se tiennent dans l'intimité le à Vidauban, suivies par son incinération dans la même ville[11].

Son dernier long métrage, Bonjour la langue, a été réalisé quelques semaines plus tôt[12].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

En tant que producteur[modifier | modifier le code]

Paul Vecchiali a produit ses films avec sa société Diagonale de 1975 à 1994. À cause des difficultés financières, la société fut vendue en 1998, et le cinéaste faillit arrêter complètement sa carrière (un hiatus qui lui fit redécouvrir la décennie du cinéma des années 1930, qu'il chroniqua dans L'Encineclopédie)[13].

À partir de 2014, il redevient producteur avec une nouvelle société, Dialectik.

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • L'Encinéclopédie : Cinéastes français des années 1930 et leur œuvre, vol. 1, Paris, Éditions de l'Œil, , 880 p. (ISBN 978-2-35137-094-0)
  • L'Encinéclopédie : Cinéastes français des années 1930 et leur œuvre, vol. 2, Paris, Éditions de l'Œil, , 738 p. (ISBN 978-2-35137-095-7)

Romans[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Chansons, poèmes[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Paul Vecchiali lors de l'inauguration de la salle à son nom au cinéma Grand Action en .

Décoration[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

  • En 2022, le cinéma Grand Action, à Paris, donne son nom à l'une de ses salles[16].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g « Disparition du cinéaste Paul Vecchialit », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  2. a b c et d Mathieu Macheret, « Le réalisateur Paul Vecchiali est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. Émission À voix nue, France Culture, le 20 juin 2016.
  4. Philippe Azoury, « La ligne Diagonale », Libération,‎ (lire en ligne).
  5. Matthieu Orléan, « "Cœur" à l'ouvrage », Libération,‎ (lire en ligne).
  6. Jean-Paul Morel, « Paul Vecchiali, l’Encinéclopédie. Cinéastes " français " des années 1930 et leur œuvre », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, no 63,‎ (DOI 10.4000/1895.4344, lire en ligne).
  7. Série d'interviews par Filmo TV pour la sortie du livre.
  8. « Critique de L'Encinéclopédie – Cinéastes français des années 30 et leur œuvre », sur Critikat.
  9. Jean-Luc Douin, « L'Encinéclopédie. Cinéastes "français" des années 1930 et leur œuvre : la passion du cinéma », sur Le Monde des livres, .
  10. « Le cinéaste Paul Vecchiali est décédé à 92 ans », sudouest.fr,‎ (lire en ligne).
  11. Avis de décès.
  12. « Le cinéaste Paul Vecchiali est mort à l'âge de 92 ans », europe1.fr,‎ (lire en ligne).
  13. « Interview de Paul Vecchiali : le cinéma Français des années 30 », sur Youtube, .
  14. Corse-Matin, interview du 25 janvier 2012.
  15. Nommé officier dans l'ordre des Arts et des Lettres le  : « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres - hiver 2019 », sur ministère de la Culture (consulté le ).
  16. Nicolas Moreno, « Le cinéaste Paul Vecchiali est mort », sur Les inrockultibles, (consulté le ) : « Paul Vecchiali a sorti ses derniers films dans la confidentialité, au Grand Action à Paris notamment, qui lui a dédié le nom de l’une de ses salles. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]