Marc-Antoine Jullien

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Marc-Antoine Jullien
Marc Antoine Jullien de la Drôme.jpg
Fonction
Député
Drôme
Biographie
Naissance

Bourg-de-Péage
Décès
(à 77 ans)
Pizançon
Sépulture
Nom de naissance
Marc-Antoine Jullien
Surnom
Jullien de la DrômeVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Conjoint
Parentèle
Autres informations
A travaillé pour

Marc-Antoine Jullien, dit Jullien de la Drôme né à Bourg-de-Péage le et mort à Pizançon le , est un pédagogue et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant des ambitions littéraires, Marc-Antoine Jullien se rend à Paris, où il achève ses études au collège de France. Ses succès lui valent la protection, entre autres, de l'abbé Mably, qui le présente à la duchesse de Damville ; celle-ci le charge de l’éducation de son petit-fils, le prince de Léon.

Vers 1774, il épouse Rosalie Ducrolay, fille d'un négociant de Pontoise, avec laquelle il a deux fils dont le cadet, Marc-Antoine, deviendra un proche de Robespierre durant la Révolution. Celle-ci a laissé une importante correspondance[1] publiée en partie en 1881 par son arrière-petit-fils, Édouard Lockroy[2].

Jullien accueille avec enthousiasme la Révolution, et entretient une active correspondance avec ses compatriotes du Dauphiné, où transparaissent ses sentiments sur les événements parisiens. Cela lui vaut une réputation de patriote dans le département de la Drôme, qui l’élit député suppléant à l’Assemblée législative (1791) et président de l’assemblée électorale du département (1792).

Le , il est élu député de la Drôme à la Convention (1er sur 9 avec 395 voix sur 468)[3]. Siégeant sur les bancs de la Montagne, il dirige sa première motion contre le général de Montesquiou, que « tous les soldats de son armée regardaient comme un traître ». Le , il prononce un discours véhément, plusieurs fois interrompu par des cris, pour appuyer la motion de Duhem, qui avait demandé que Louis XVI soit jugé sans désemparer, mais l’Assemblée passe à l’ordre du jour. Lors du procès de Louis XVI, il vote pour la mort sans appel ni sursis, assurant, au troisième appel : « J’ai toujours haï les rois, et mon humanité éclairée a écouté la voix de la justice éternelle ; c’est elle qui m’ordonne de prononcer la mort contre Louis Capet ». Adversaire des Girondins, il réplique à Lanjuinais, qui attaquait les auteurs de la révolution du 31 mai, qu’il calomnie les habitants de Paris.

Il est dénoncé par Tallien et Carrier après la chute de Robespierre comme l’agent et le protégé de Robespierre, parce que son fils, Jullien de Paris, avait été membre du Comité exécutif de l’instruction publique[4].

Après la session, Jullien vit à l’écart des affaires publiques. Résidant à Paris, il se consacre à la littérature et à la poésie, publiant quelques opuscules dans le Mercure en 1802 et en 1803.

Sous la Restauration, il se retire dans ses propriétés de la Drôme. Ayant refusé de signer l’Acte additionnel durant les Cent-Jours, il échappe, en 1816, à la loi contre les régicides, et son exil se borne à quelques mois de résidence surveillée à Barcelonnette.

Mort accidentellement en tombant d’un balcon, il est inhumé au cimetière de Pizançon. Il était le grand-père du journaliste et diplomate Auguste Jullien, de l’ingénieur Adolphe Jullien et l’arrière-grand-père d’Édouard Lockroy.

Les papiers personnels de la famille Jullien de la Drôme sont conservés aux Archives nationales sous la cote 39AP[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Marie-Louise Jacquot-Hustache, Le Moi et l'Histoire dans les correspondances de Rosalie Jullien, 1794-1799, Université Lumière-Lyon II, 1992.
  2. Journal d'une bourgeoise de Paris pendant la Révolution : 1791-1793, Paris, Calmann-Lévy, 1881.
  3. Fiche de Marc Antoine Jullien sur le site de l'assemblée Nationale
  4. En fait, Marc-Antoine fils est responsable de leur rappel, à l’un et à l’autre, au printemps 1794), mais la Convention ne donne pas suite à ces accusations.
  5. Archives nationales

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alphonse de Beauchamp, Biographie moderne : ou Dictionnaire biographique de tous les hommes morts et vivans qui ont marqué à la fin du 18e siècle et au commencement de celui-ci, par leurs écrits, leur rang, leurs emplois, leurs talens, leurs malheurs, leurs vertus, leurs crimes, et où tous les faits qui les concernent sont rapportés de la manière la plus impartiale et la plus authentique, Leipzig, Paul-Jacques Besson, , in-8°. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Adolphe Robert, Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des Parlementaires français de 1789 à 1889, tome III, Bourloton, Paris, 1889, p. 447. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 2e année, 1821, Paris, Ponthieu, 1822, p. 226-8 [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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