Karl Helfferich

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Karl Helfferich

Karl Theodor Helfferich (né le 22 juillet 1872 - mort le 23 avril 1924) était un homme politique, économiste et financier allemand. Issu des milieux d'affaires, et non de l'appareil d'État, prussien ou allemand il exerce entre 1915 et 1917 d'importantes fonctions ministérielles au sein du gouvernement du Reich. En 1918, il sert comme ambassadeur d'Allemagne en Russie, succédant à Wilhelm Mirbach assassiné.

économiste et banquier[modifier | modifier le code]

Banquier[N 1], proche du chancelier du Reich, Theobald von Bethmann-Hollweg[1], il publie en 1913 un ouvrage sur l'état économique du Reich, dressant un tableau précis de l'économie allemande peu de temps avant le déclenchement de la Première guerre mondiale[2].

Défendant les intérêts de sa banque, engagée dans le financement du Bagdadbahn, il tente de défendre les positions du Reich dans la Mitteleuropa par les prises de positions de sa banque dans la région. Cependant, devant l'ampleur financière de la tâche, il alerte le 29 mai 1914 le gouvernement du Reich sur la vanité de ces efforts à terme, le Reich ne pouvant répondre favorablement à une demande de prêts des États liés à lui par une alliance politique, la Bulgarie, la Roumanie et l'empire ottoman[N 2],[3]. En 1917, membre du gouvernement, il n'hésite pas à saper l'autorité de ses collègues partisans d'une paix négociée avec les Alliés, comme il s'oppose durement à Ottokar Czernin, alors ministre austro-hongrois des affaires étrangères, sur la question des buts de guerre et de la poursuite du conflit[4].

Dans les premiers mois de la Grande Guerre, il participe, avec ses collègues banquiers et les principaux responsables économiques du Reich, à la formalisation des objectifs économiques du Reich[5]. Dans le même temps, proche des milieux gouvernementaux, il fait partie des proches confidents des militaires, notamment Helmuth Johannes Ludwig von Moltke, alors chef d'état-major de l'armée allemande : ce dernier partage avec lui, peu de temps avant la bataille de la Marne, ses vues pessimistes sur les capacités réelles de l'armée allemande à l'issue des six premières semaines de campagne[6].

Ministre[modifier | modifier le code]

Proche du Groupe de réflexion impérialiste Neue Deutschland, il est un soutien à la politique du chancelier dans les premiers mois du conflit, participant à la rédaction du Programme de septembre[7].

Fonctions[modifier | modifier le code]

Karl Helfferich exerce les fonctions de secrétaire d'État au Trésor du 31 janvier 1915 au 22 mai 1915; il est aussitôt nommé secrétaire d'État à l'Intérieur, il exerce cette fonction jusqu'au 22 mai 1916, date de sa nomination au poste de vice-chancelier du Reich[8].

À ces fonctions, se substituent à partir du 22 mai 1916, les fonctions de vice-chancelier[8]. Il exerce ses fonctions jusqu'au 9 novembre 1917, date du retrait de Georg Michaelis, son propre départ étant présenté comme une démission[9].

Rôle dans le conflit[modifier | modifier le code]

Ministre de l'intérieur du Reich, il participe aux décisions du Reich durant le conflit, assistant régulièrement aux différents conseils de la couronne impériale allemande et aux négociations entre membres de la Triplice[N 3],[10]. Ainsi, en 1915, lors des premiers pourparlers avec la double monarchie, nouvellement nommé secrétaire d'État au Trésor, il participe à la mise en place des bases pour la négociation commerciale, économique et politique avec la double monarchie[11].

Son poste de secrétaire d'État au Trésor, puis de vice-chancelier, lui donne une place stratégique dans la gestion du conflit par le Reich. Dès sa nomination, il donne son accord pour le financement de mouvements révolutionnaires ou pacifistes chez les Alliés[12].

De même, proche de Bethmann-Hollweg, il se montre plus nuancé que les militaires dans l'expression et la définition des buts de guerre du Reich[13]. Au fil du conflit, il se positionne en faveur d'annexions formelles[14] de plus en plus limitées en Europe, souhaitant transformer la Belgique, de la Pologne[15], et, à partir de 1917, des pays baltes[16] en autant de glacis pour le Reich[N 4],[15].

Ainsi, au début de l'année 1917, conscient des implications de l'entrée des États-Unis dans le conflit aux côtés des Alliés[17], il se montre fermement opposé à la reprise de la guerre sous-marine, se plaçant ainsi sur la ligne politique de l'ambassadeur du Reich à Washington, le Comte Bernstoff[18]. Il conteste les conclusions des militaires, Erich Ludendorff et Paul von Hindenburg[19]. Ainsi, rapidement en 1917, il se montre partisan de la mise en place d'Ètats formellement indépendants, en Pologne, en Lituanie et Courlande, mais fortement liés au Reich par une union personnelle et des accords politiques, économiques et militaires[20].

De même, devant le changement de paradigme induit par la Révolution de février et l'entrée dans le conflit des États-Unis aux côtés des ennemis du Reich, il soutient, par réalisme, Bethmann-Hollweg lors de son annonce du remplacement, après le conflit, du suffrage par classes par le suffrage universel, contre l'avis des conservateurs et des nationalistes, soutenus par les militaires[21].

Helfferich et la Russie Bolchevique[modifier | modifier le code]

Démissionné le 9 novembre 1917, sous la pression des militaires, il retrouve un poste gouvernemental, avec rang de ministre d'État, en tant que chargé du « service spécial de préparations des négociation de paix », dans le contexte du succès de la Révolution bolchevique[9].

Négociateur[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de ces nouvelles fonctions, Helfferich, dépendant directement du chancelier du Reich, a la charge de coordonner les exigences du Reich en matière économique, base de la négociation avec les Russes[22]. Dans ce cadre, il préside de nombreuses réunions entre les différents acteurs de la négociation[23].

De ce fait, il est régulièrement informé des objectifs poursuivis par les grandes entreprises allemandes en Russie, par le biais de mémoires rédigés par les services de ces grandes entreprises dont il est également destinataire[24] et rappelle ces objectifs dans ses correspondances avec le gouvernement du Reich[25].

Partisan de la réalisation d'un ambitieux programme de mise sous tutelle des territoires périphériques de la Russie, il s'appuie sur les militaires pour obtenir satisfaction, notamment face à la délégation austro-hongroise, représentante d'une double monarchie aux abois[26].

La paix avec la Russie conclue, il participe aux négociations austro-allemandes précédant la paix avec la Roumanie, proposant une nouvelle méthode pour parvenir à la prise de contrôle de l'économie roumaine, par l'annulation des accords entre la Roumanie et les sociétés américaines, britanniques et françaises, tandis que des baux à long terme seraient concédés par l'État roumain à des sociétés allemandes ou au Reich[27].

Ambassadeur[modifier | modifier le code]

Nommé rapidement ambassadeur à Moscou, il se montre rapidement partisan d'une alliance avec le pouvoir bolchevique, devenant ainsi l'artisan du traité de Berlin[28].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Traductions, notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est l'un des directeurs de la Deutsche Bank.
  2. le 13 juin 1914, l'un de ses collaborateurs directs confirme plus précisément encore son diagnostic.
  3. Il est présent lors de la conférence austro-allemande du 14 août 1917.
  4. Conscient de la haine vouée aux Allemands en Belgique, il suggère une prise de contrôle du pays basée sur une forte pénétration économique, garantie par une union douanière germano-belge

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fischer, 1970, p. 33
  2. Fischer, 1970, p. 28, note 1
  3. Fischer, 1970, p. 60
  4. Fischer, 1970, p. 418
  5. Fischer, 1970, p. 127
  6. Lemay, 2007, p. 11
  7. Fischer, 1970, p. 171
  8. a et b Fischer, 1970, p. 13
  9. a et b Fischer, 1970, p. 444
  10. Fischer, 1970, p. 100
  11. Fischer, 1970, p. 112
  12. Fischer, 1970, p. 163
  13. Fischer, 1970, p. 257
  14. Fischer, 1970, p. 420
  15. a et b Fischer, 1970, p. 275
  16. Fischer, 1970, p. 358
  17. Fischer, 1970, p. 321
  18. Renouvin, 1934, p. 425
  19. Renouvin, 1934, p. 426
  20. Fischer, 1970, p. 463
  21. Fischer, 1970, p. 347
  22. Fischer, 1970, p. 485
  23. Fischer, 1970, p. 487
  24. Fischer, 1970, p. 486
  25. Fischer, 1970, p. 488
  26. Fischer, 1970, p. 500
  27. Fischer, 1970, p. 518
  28. Renouvin, 1934, p. 588

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise, , 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Benoît Lemay, « Le mythe de la bataille de la Marne ou de l'échec du « plan Schlieffen » en septembre 1914 dans l'historiographie allemande », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 4, no 252,‎ , p. 7-26 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges-Henri Soutou, L'or et le sang : Les Buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale, Paris, Fayard, , 963 p. (ISBN 2213022151). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]