Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau

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Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau
Quatrefages BNF Gallica.jpg

Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau en 1884.

Fonction
Président
Association française pour l'avancement des sciences
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
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Formation
Université de Strasbourg (1538-1970) (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Médaille décernée à M. de Quatrefages de Bréau par la société de géographie de Marseille en 1877.

Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, ou Armand de Quatrefages, est un biologiste, zoologiste et anthropologue français, né le [1] dans le hameau de Berthézène[2] (commune de Valleraugue dans le Gard) et mort le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille protestante, ses parents : Jean-François de Quatrefages de Bréau (1767-1858) et Camille de Cabanes (1786-1888) sont installés depuis plusieurs générations dans la région. Armand de Quatrefages est né dans le hameau de Berthézène[3] à proximité du village de Valleraugue (Gard). Il est envoyé pour sa scolarité au collège de Tournon (Ardèche) où il se distingue pour les mathématiques et les sciences physiques.

Âgé de 19 ans en 1829, il obtient un doctorat ès sciences à l'université de Strasbourg en présentant deux thèses, l'une portant sur de la balistique, Théorie d'un coup de canon et l'autre sur le Mouvement des aérolithes considérés comme des masses disséminées dans l'espace par l'impulsion des volcans lunaires[4]. En 1832, un nouveau doctorat en médecine vient le distingué, la thèse présentée porte sur L'extraversion de la vessie. L'un de ses maîtres n'est autre que Georges Louis Duvernoy (1777-1855), ancien collaborateur de Georges Cuvier (1769-1832).

Il enseigne la zoologie à la faculté des sciences de Toulouse à partir de 1838, mais quitte son poste peu de temps après. Il se rend alors à Paris et rencontre Henri Milne Edwards (1800-1885) qui devient son employeur et son ami. Deux ans plus tard, il passe un troisième doctorat en histoire naturelle. Cette fois, sa thèse paraît deux ans plus tard sous le titre de Thèse sur les caractères zoologiques des rongeurs et sur leur dentition en particulier. C’est le début de son intérêt pour la zoologie et il travaille notamment sur les invertébrés marins. Il fait ainsi paraître, en 1844, De l'organisation des animaux sans vertèbres des Côtes de la Manche.

Il s’intéresse particulièrement à l’anatomie des annélides et fait paraître ses Recherches sur le système nerveux, l'embryogénie, les organes des sens et la circulation des annélides (de 1844 à 1850) et Sur les affinités et les analogies des lombrics et des sangsues. L’intérêt pratique de ses recherches n'est jamais oublié, c’est pourquoi il s’intéresse à ces mollusques bivalves causant d’immenses dommages aux bateaux en bois, les tarets : Sur l'histoire naturelle des tarets (1848-1849).

Il enseigne d’abord au lycée Napoléon[5] avant d’être élu membre de l’Académie des sciences en 1852 et d'occuper, en 1855, la chaire d’anthropologie et d’ethnographie au Muséum national d'histoire naturelle de Paris tout en poursuivant ses investigations dans le domaine de la zoologie, notamment sur le ver à soie. En 1853, il détaille ses explorations des côtes normandes et bretonnes dans les Souvenirs d'un naturaliste.

Il s’intéresse également à la question de l’acclimatation d'animaux exotiques ainsi qu’aux problèmes de pisciculture et publie sur ce dernier sujet Études sur les fécondations artificielles des œufs de poissons en 1854.

Il fait paraître en 1861 son fameux livre sur l’unité de l’espèce humaine, premier ouvrage d’une longue série en anthropologie. En 1867, il publie un rapport sur la situation de la recherche anthropologique en France.

En 1870, il étudie l’œuvre de Charles Darwin (1809-1882) et de ses précurseurs français, ainsi que la théorie lamarckienne sur le transformisme. En 1875, il participe à la fondation de l'École d'anthropologie. En 1877, il publie L’Espèce humaine et définit notamment la « race de Cro-Magnon ». Reprenant dans son ouvrage[6] la division de l'ensemble des corps, proposée par Pallas en deux empires inorganique et organique, Armand de Quatrefages faisait état de cinq règnes naturels strictement séparés : I. le règne sidéral (ajouté par Candolle pour les corps célestes), II. le règne minéral (correspondant à l'écorce terrestre), III. le règne végétal, IV. le règne animal et V. le règne humain. Il est élu membre étranger de la Royal Society of London en juin 1879, et membre de l’Académie de médecine.

En 1887, il fait paraître son Introduction à l’étude des races humaines puis en 1892 un nouvel ouvrage sur le darwinisme intitulé Les Émules de Darwin. Il s’oppose aux théories relatives à l’évolution et crée pour l’être humain un règne séparé. Car plus que l’évolution en tant que telle, c’est son application à l’espèce humaine qu’il combat.

Si l’œuvre zoologique de Quatrefages est particulièrement importante et pertinente, ses théories en ethnologie sont totalement oubliées aujourd’hui. Ses Crania Ethnica (1875-1882), qu’il signe avec Ernest Hamy (1842-1908), portaient sur la forme des crânes des êtres humains.

Ses œuvres véhiculent des idées que l'on qualifie à juste titre de racistes aujourd'hui (mais n'oublions pas que Quatrefages a vécu au XIXe siècle, avant même l'apparition du terme "raciste"), comme on peut le lire dans L'Espèce humaine : "tant qu'il existera des pôles et un équateur, des Continents et des îles, des montagnes et des plaines, il subsistera des races distinguées par des caractères de toute nature, des races supérieures et des races inférieures au point de vue intellectuel et moral"[7].

Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Tombe de Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau (cimetière du Montparnasse).

Publications[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des membres depuis la création de l'Académie des sciences, sur le site de l'Académie des sciences (consulté le 11 novembre 2016)
  2. Armand de Quatrefages de Bréau, publié le 2 mars 2007 par Martine François, sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (consulté le 11 novembre 2016)
  3. Géolocalisation du hameau de Berthézène (44° 05′ 40,51″ N, 3° 38′ 09,55″ E) sur la commune de Valleraugue.
  4. Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, sur le site du dictionnaire Larousse (consulté le 11 novembre 2016)
  5. Nélia Dias, Le musée d'ethnographie du Trocadéro : 1878-1908 : anthropologie et muséologie en France (Thèse de 3e cycle en Sciences sociales), Paris, Éditions du CNRS, , 310 p., ill., couv. ill. en coul., 24 cm (ISBN 2-222-04431-6, SUDOC 002359456, présentation en ligne), p. 70
  6. Armand de Quatrefages, L'espèce humaine, coll. « Bibliothèque scientifique internationale », Vol.XXIII, Librairie Germer Baillière et Cie, Paris, 1877 (Douzième édition, Félix Alcan, Éditeur, Paris, 1896).
  7. « De l'inégalité des races »
  8. Liste d'ouvrages d'Armand de Quatrefages, sur le site d'idref.fr (consulté le 12 novembre 2016)
  9. Rue du battoir, aujourd'hui rue de Quatrefages, sur le site : Le Paris pittoresque (consulté le 11 novembre 2016)
  10. L'eau dans la commune de Sauclières, sur le site de l'eau dans le bassin Rhône-Méditerranée (consulté le 7 novembre 2016)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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