Jacques Fesch

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Jacques Fesch
Serviteur de Dieu
Naissance
Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines
Décès (à 27 ans) 
Paris, prison de la Santé
Nationalité France Française

Jacques Fesch (né le à Saint-Germain-en-Laye - mort le à Paris) est un jeune homme français condamné à mort pour un braquage commis le à Paris, suivi par le meurtre d'un gardien de la paix. En prison, il devient un mystique chrétien ; il est actuellement en instance de béatification.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Jacques Fesch voit le jour le 6 avril 1930 dans une famille aisée. Il est le fils de Georges Fesch, directeur de banque et pianiste belge qui se réclame du lignage Fesch dont le cardinal Joseph Fesch était l'oncle maternel de Napoléon Bonaparte et de Marthe Hall[1]. Sa mère, Marthe, femme pieuse et mère au foyer, élève ses trois enfants : deux filles, nées 4 et 8 ans avant Jacques, et son petit dernier, à qui elle cède à tous les caprices et le pourrit d'attentions bourgeoises[2].

Dans les années 1920, son père, qui dirige une banque pour les étrangers, s'installe avec sa famille à Paris, avant de venir s'installer à Saint-Germain-en-Laye. Jacques reçoit dans son enfance une éducation religieuse dont il se détache assez tôt. De 1938 à 1947, il fait ses études à l'école Saint-Érembert, puis intègre le lycée Claude-Debussy. Ses amis se souviennent de lui comme quelqu'un de mou et d'absent. Il ne s'intéresse à rien, s'ennuie, n'étudie pas et quitte le lycée sans avoir obtenu le bac. A cette époque, il sort beaucoup, fréquente Saint-Germain-des-Prés et les boîtes de jazz et, servi par un physique avantageux, se présente comme un grand séducteur de jeunes femmes. Tout au long de son enfance, il reste néanmoins marqué par la forte personnalité de son père, par la grande érudition de celui-ci, ainsi que par son affirmation d'homme athée. Ne se sentant pas à la hauteur d'un tel père, il aura des difficultés à s'identifier à lui. Les rapports difficiles entre ses parents instaurent dans la durée un climat familial instable[3].

Jacques Fesch rencontre Pierrette Pollack, sa future femme, lorsqu'il est encore lycéen. De 1950 à 1951, il accomplit son service militaire en Allemagne, dont il sort avec le grade de caporal et un certificat de bonne conduite. Son livret militaire indique cependant qu'il est mauvais tireur. Pierrette tombe enceinte pendant qu'il effectue encore son service militaire et il l'épouse à Strasbourg le 5 juin 1951. Les parents Fesh voient cette union d'un très mauvais œil car Pierrette est juive, et eux, antisémites. Le couple sans ressource s'installe donc chez les parents de la mariée et le 7 juillet 1951, Pierrette donne naissance à un fille, prénommée Véronique[4]. Le père de Pierrette offre à Jacques Fesh un emploi, mais ce dernier abuse de sa confiance et détourne des fonds à son profit. Jacques Fesh est donc mis à la porte de chez ses beaux-parents et sa femme ne le suit pas. Sa mère lui offre un million de francs afin qu'il monte une société de livraison de charbon. Il dépense la moitié de cette somme pour s'acheter une voiture de sport, une Simca décapotable aux fauteuils en cuir vert, et continuer à séduire les femmes. Il flambe le reste de la somme et ne livrera jamais de charbon.

En décembre 1953, il rencontre Thérèse Troniou, qui lui donne un garçon, le petit Gérard né en octobre 1954 à Saint-Vincent de Paul. Gérard est placé à l'Assistance publique puis dans des familles d’accueil. Il ne sera jamais adopté. Quand il a dix ans, l'administration décide de changer son patronyme : Troniou est transformé en Droniou, au prétexte d'une erreur de graphie. Il ne découvre ses origines qu'en 1994 à la faveur d'un reportage dans un magazine sur Jacques Fesh : une amie à lui trouve une ressemblance entre Gérard et la photo de Jacques. Gérard prend alors contact avec Jean Duchesne, biographe de Jacques Fesh, et des recoupements permettent d'établir le lien de filiation, notamment grâce au nom de Troniou, celui de la mère de Gérard et que lui-même a porté jusqu'à l'âge de dix ans. Gérard sera reconnu en 2007 par décision de justice, comme le fils naturel de Jacques Fesch[5].

Affaire criminelle[modifier | modifier le code]

Désœuvré, sans but à la suite de son licenciement par son beau-père, Jacques Fesh est fasciné par les ouvrages Seul à travers l'Atlantique et À la poursuite du soleil du navigateur Alain Gerbault. Il passe commande à un chantier naval de La Rochelle pour construire un voilier neuf afin de tenter l'aventure mais n'a pas l'argent pour le financer. Il emprunte donc le revolver de son père et le jeudi , vers 17h40, au 39 rue Vivienne, dans le quartier de la bourse de Paris, il entre avec son complice Jacques Robbe, dit Criquet, dans le Comptoir de Change et de Numismatique, nom du bureau de change d'Alexandre Silberstein pour voler à ce dernier les pièces d'or qu'il était venu commander la veille du braquage : 2 lingots, 100 napoléons, 44 pièces de 20 dollars et 25 pièces de 50 pesos, soit deux millions d'or. Mais son complice, selon lui non informé des projets de Fesh, prend peur, sort et alerte un agent dans les termes suivants : « Vite, mon meilleur ami est en train de faire une bêtise ». Pendant ce temps, Fesch, qui a verrouillé la porte et sorti son revolver de sa sacoche, menace le changeur qui essaie de le raisonner en lui disant qu'il est ancien combattant, qu'il va gâcher sa vie. Fesh s'impatiente et le frappe de deux coups de crosse, mais ce faisant, fait tomber son arme et se tire par inadvertance une balle dans la main gauche en la ramassant. Il rafle la caisse pour environ 300 000 francs anciens. Mais la victime s'est remise de ses coups et appelle à l'aide[6].

Revolver en main, Fesch tente de couvrir sa fuite. Des passants donnent la chasse au malfaiteur qui réussit, à la faveur de la nuit tombante, à semer ses poursuivants et trouver refuge au cinquième étage de l'immeuble du 9 boulevard des Italiens. Après s'être calmé, il redescend jusqu'à la cour. Le concierge a entre temps alerté un l'agent de police, Jean-Baptiste Vergne, autour duquel s'est formé un attroupement. Fesch essaye de prendre un air détaché, passe à côté du concierge et de l'agent de police, et se dirige vers la porte calmement mais il est reconnu par un badaud. Vergne dégaine et lui crie : « Haut les mains, où je tire ! ». Fesch qui a perdu ses lunettes dans sa fuite, se retourne et tire, au jugé, maniant son arme dans la poche de son imperméable[7],[8],[9],[10]. Touché en plein cœur, le gardien de la paix Vergne, veuf de trente-cinq ans et père d'une petite fille de deux ans, meurt sur le coup. Fesch reprend sa course éperdue, blesse gravement à la nuque un passant, Raymond Lenoir, qui tente de l'agripper[11], dévale les marches de la station de métro Richelieu-Drouot et tire encore deux coups de feu avant d'être stoppé par des portes fermées et maîtrisé par un passant de 28 ans, Georges Plissier, qui parvient à le désarmer[12].

Enquête[modifier | modifier le code]

Jacques Fesh est immédiatement conduit au commissariat. Étant donné qu'il a tué un policier, c'est le commissaire divisionnaire Max Fernet, chef de la brigade criminelle, qui prend personnellement la direction de l'enquête. Jacques Fesh reconnaît immédiatement les faits mais n'exprime aucun regret ni remords, sauf celui de s'être fait prendre. La police fait venir Alexandre Silberstein, qui le reconnaît formellement ainsi que son complice. Les deux suspects sont dans la foulée conduits dans une Traction Avant au 36, quai des Orfèvres. Les inspecteurs commencent par gifler copieusement Jacques Fesh, qui est ensuite entendu par Fernet. Le suspect expose au commissaire ses motivations : financer l'achat d'un voilier pour gagner Tahiti. L'enquête est vite bouclée et le commissaire divisionnaire conclut que Fesch a prémédité son projet de braquage seul, qu'il a enlevé le cran d'arrêt de son arme en avance, avec l'intention de tuer, et qu'il a manipulé son complice.

Incarcération et conversion[modifier | modifier le code]

Dans l'attente de son procès, Jacques Fesh est incarcéré pendant trois ans dans une minuscule et sordide cellule de la prison de la Santé, à Paris. Isolé, tourmenté et plein de questionnements, il se met à lire et à écrire, jusqu'à y passer ses journées entières. Lui qui n'avait rien fait à l'école se bâtit une culture littéraire et entame un cheminement intellectuel, puis spirituel. Plusieurs personnes vont contribuer à l'éveil de sa foi qui le conduira jusqu'à la rédemption.

Il reçoit une fois par semaine la visite de son avocat, Paul Baudet (1907-1972)[13], ténor du barreau de Paris de l'époque recruté par ses parents. Baudet va jouer un rôle dans le cheminement spirituel de son client. En homme profondément croyant, Baudet va tous les jours à la messe. Originaire de Bourges, il est venu à Paris pour y faire carrière mais également pour échapper à la stigmatisation dans laquelle le tenait son homosexualité dans une ville de province dans les années 1950. D'abord tenté par une retraite dans l'abbaye Notre-Dame de la Trappe, dans l'Orne, il fait finalement vœux de chasteté et vit sa vocation à travers son métier d'avocat. Chacune de ses visites à Fesh dure des heures, pendant lesquelles les deux hommes parlent de l'affaire, mais aussi de la souffrance, du châtiment, de la pénitence et de la rédemption. Fesh résiste au début, ressemblant en cela à son père anticlérical, et surnomme dans un premier temps son avocat « la panthère de Dieu ».

Pendant ses années de détention, il entretient une correspondance régulière avec des proches, notamment avec sa mère, personne très croyante, qui lui fait parvenir en prison en octobre 1954 un ouvrage de vulgarisation sur les apparitions mariales de Fátima. Pour Fesh, c'est une révélation. « À la racine du mal, de tout mal, se cache le péché, c'est-à-dire le refus de l'amour, le refus de Dieu. Le péché, c'est le refus de l'amour ». Il apprend en détention le décès de sa mère survenue le 7 juin 1956 à la suite d'un cancer[14],[15],[16]. Il écrit également à frère Thomas, jeune moine également originaire de Saint-Germain-en-Laye. Les deux hommes ne se connaissent cependant pas. Au début, le jeune moine lui écrit par charité chrétienne et Jacques Fesh ne répond pas dans l'immédiat. À mesure que grandit sa foi , il noue avec le jeune moine une relation épistolaire nourrie. Sa belle-mère enfin recueille ses pensées dans un journal spirituel.

Il demande à se confesser et s'entretient régulièrement avec le père Devoyod, aumônier de la prison. Il communie d'abord une fois par mois, puis tous les quinze jours, puis toutes les semaines, et enfin presque tous les jours. L'aumônier lui fournit une abondante lecture religieuse.

Ces lectures, correspondances, entretiens, lui permettent de renouer peu à peu avec la foi perdue dans sa jeunesse. Cela le change complètement, il devient mystique (il reçoit un choc spirituel au cours de la nuit du ), écrit des textes spirituels et regrette son crime et tout le mal qu'il a causé[17],[18].

Procès[modifier | modifier le code]

Le procès est mené par la cour d'assises de Paris. Il débute le 3 avril 1957 pour une durée de trois jours. Y assistent la famille de la victime de même que cinq syndicats de police.

À cet époque, le Code pénal dispose que le meurtre entraînera la peine de mort lorsqu'il aura été accompagné, précédé ou suivi d'un autre crime. Or c'est précisément le cas d'espèce : vol suivi d'un meurtre. L'enjeu du procès n'est donc pas d'établir les faits ou la culpabilité, puisque Jacques Fesh a tout reconnu, mais plutôt de cerner sa personnalité avant de l'envoyer à l'échafaud. S'agissant d'un « blouson doré », selon l'expression de l'époque pour désigner la jeunesse privilégiée décadente, le procès attire l'attention des médias et de l'opinion publique.

Pour sa défense, Jacques Fesh indique qu'il est myope et que sans ses lunettes, perdues dans la course poursuite, il a tiré sur le policier sans viser. Vient le témoignage de Thérèse, qui affirme devant la cour que l'accusé lui a fait un enfant en l'ayant pratiquement violée. Sa femme Pierrette dresse de lui le portrait d'un homme immature et renfermé, ne discernant ni le bien, ni le mal, ne parvenant à délimiter la fiction de la réalité. Elle accuse ses parents de ne pas lui avoir donné de sens moral. Elle conclut en disant qu'il se savait incapable de concrétiser ses rêves de voyage, sans avoir la force de retomber sur terre.

Son avocat, Paul Baudet, n'évoque pas la conversion religieuse de son client. Il plaide :

« Jacques Fesch est un être que le hasard a pris dans une action tragique. Il a agi dans l'affolement. Il a tiré dans la folie de la poursuite. Est-ce que, vraiment, il doit être promis à la mort ? La mort que l'on souhaite pour lui est-elle proportionnée à celle qu'il a donnée ? Hier, lorsqu'on le poursuivait, c'était la mort dans le tumulte, dans la déraison. Demain, à l'échafaud, ce sera la mort raisonnée et froide. Hier, c'était la faillite de la volonté trompée par l'instinct animal. Demain, ce sera la froide détermination de vos volontés qui conduira à la guillotine[19]. »

L'avocat général conclut avoir cherché dans le dossier des éléments en faveur de l'accusé mais n'y avoir trouvé que le cancre, le jouisseur, le voleur, l'assassin. Après une heure et quart de délibérations, le , jour du 27e anniversaire de l'accusé, le jury de la cour d'assises de la Seine le condamne à la peine de mort sans circonstances atténuantes, à deux voix de majorité[20],[21].

La demande de grâce auprès du président René Coty est rejetée. Il accepte son sort avec sérénité[22].

Exécution de la peine[modifier | modifier le code]

À la veille de son exécution, conformément à sa foi et au lien qu'il entend consacrer avec son épouse au-delà même de la mort, il complète son mariage civil par un mariage religieux. Il passe ses derniers instants à écrire à sa belle-mère, son avocat, sa femme, au moine. « Dans cinq heures je verrai Jésus, qu'il est bon, notre seigneur ».

Il est guillotiné le 1er octobre à l'aube dans la cour de la prison de la Santé par le bourreau André Obrecht[23].

Postérité[modifier | modifier le code]

Depuis sa mort, Fesch est considéré par certains catholiques et par l’Église comme un exemple de rédemption par la Foi, notamment après la publication de ses lettres écrites pendant son incarcération et réunies dans deux volumes, Lumière sur l'échafaud et Cellule 18. Pendant des années, sa veuve et sa fille respectent et défendent sa mémoire.

Grâce au travail effectué par le père Augustin-Michel Lemonnier dans les années 1970 et par une carmélite, sœur Véronique, dans les années 1980, Pierrette et Véronique Fesch font publier, en étroite collaboration avec ces deux religieux, les écrits de Jacques Fesch afin de transmettre ce témoignage au public[24],[25],[26].

Le , une instance en béatification est mise en place par l'archevêché de Paris afin d'étudier les faits relatifs à la vie et à la conversion de Jacques Fesch. Selon le père Henri Moreau, postulateur de la cause en béatification, ce qui distingue particulièrement le cas de Jacques Fesch, en comparaison d'autres conversions, et qui en constitue la singularité et fait que l'on en parle encore plus de cinquante ans après sa disparition, est, qu'en plus d'une grande force spirituelle manifestée dans ses écrits, la personne de Jacques Fesch a bénéficié d'une réputation de sainteté qui est apparue dès le départ, au moment même de son incarcération, et qui a perduré de façon continue et avec la même intensité, jusqu'à nos jours.

L'autre point significatif est que Jacques Fesch est un personnage contemporain, auquel il est possible de s'identifier, ce qui a incité le cardinal Lustiger à en parler pour la première fois publiquement auprès des détenus de la prison de la Santé lors d'une visite dans cette prison en novembre 1986.

Le , le cardinal Lustiger, archevêque de Paris, ouvre l'enquête préliminaire à la béatification de Jacques Fesch et le déclare ainsi Serviteur de Dieu :

« J'espère, a-t-il dit, qu'il sera un jour vénéré comme une figure de sainteté[27],[28]. »

En 2016, Gérard Fesch, fils de Jacques Fesch, entame une procédure pour obtenir la réhabilitation judiciaire de son père[29].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Dans cinq heures je verrai Jésus (Journal de prison) – Première édition avec préface du père André Manaranche (Paris, Sarment-Fayard, 1989) ; deuxième édition avec préface du père Daniel-Ange (Sarment-Jubilé).
    • Édition en disque CD de quelques extraits de lettres interprétés par Luc Reydel, avec la participation de Claire Meunier et de Michael Lonsdale, par les Éditions Jade (1994-2007).
  • Jacques Fesch : Œuvres complètes – Préface de Pierrette Fesch, Paris, Éditions du Cerf, 2015, 592 p. (ISBN 9-782-2040-9811-3)
  • Augustin-Michel Lemonnier (éd.), Michel Quoist (préf.), Lumière sur l'échafaud : Lettres de prison de Jacques Fesch, guillotiné le 1er octobre 1957 à 27 ans, Paris, Éditions ouvrières, coll. « Visages du Christ, no 9 », 1972, 141 p.
  • Augustin-Michel Lemonnier (éd.), Lumière sur l'échafaud ; suivi de Cellule 18 : Lettres de prison de Jacques Fesch, guillotiné le 1er octobre 1957 à 27 ans, Paris, Éditions ouvrières, coll. « À pleine vie », 1991, 320 p. (ISBN 2-7082-2833-1) – Réédition Paris, Pierre Téqui, 2007.

Adaptation théâtrale[modifier | modifier le code]

  • 2009 : Lumière sur l'échafaud avec Alain Sportiello. Mise en scène de Maria Blanco. Des représentations sont données à Paris dans la crypte de l'église Saint-Sulpice puis au théâtre du Ménilmontant. La pièce est jouée à Paris au théâtre Essaion du 10 mai au .

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francisque Oeschger, Jacques Fesch : le guillotiné de Dieu, Monaco - Paris, Éditions du Rocher, coll. « Investigations », , 187 p.-[16] p. de pl. p. (ISBN 2-268-01805-9).
  • Jean Duchesne et Bernard Gouley, L'Affaire Jacques Fesch, Paris, De Fallois, , 248 p. (ISBN 2-87706-220-1)
  • André Manaranche (contient un choix de textes de Jacques Fesch), Jacques Fesch : du non-sens à la tendresse, Paris, Éditions du Jubilé, coll. « Trésors de la spiritualité chrétienne », , 346 p. (ISBN 2-86679-365-X).
    • 1re édition : André Manaranche, Jacques Fesch : du non-sens à la tendresse, Paris, Le Sarment-Fayard, coll. « Lumière / Témoins de la lumière », , 289 p. (ISBN 2-86679-188-6).
  • Javier Sicilia, Le Reflet de l'obscur (roman historique), México, Fondo de Cultura Económica, , 293 p. (ISBN 968-16-5112-X).
  • Gilbert Collard, Assa-saint : Jacques Fesch : L'Histoire du bon larron moderne, Paris, Presses de la Renaissance, , 225 p. (ISBN 2-85616-734-9)
  • Ruggiero Pietro Francavilla, Jacques Fesch, le mystère, Paris, Pierre Téqui, , 432 p. (ISBN 2-7403-1100-1). Livre retiré de la vente pour cause de plagiat ; cf. Livres Hebdo, mai 2004, numéros 556 à 559[30].
  • Mireille Cassin, Mystique public n°1, Cerf, , 210 p. (ISBN 978-2-2041-0588-0)
  • Gérard Fesch, Fils d'assassin, fils de saint, Lemieux éditeur, , 264 p. (ISBN 9782373440904)

Documentaires télévisés [31][modifier | modifier le code]

  • 1989 : Le Glaive et la Balance de Charles Villeneuve, émission diffusée sur M6. Entretien avec Pierrette Fesch.
  • 1995 : Retour en grâce de José Dessart et Léon Michaux, film diffusé sur Planète. Critique dans Télérama du 28 juin 1995. Présentation de l'histoire de Jacques Fesch et ensemble d'entretiens sur ce sujet dont un avec Pierrette Fesch.
  • 2000 : L'Affaire Jacques Fesch de Dominique Adt, film diffusé sur France 3.
  • 2009-2010 : L'Affaire Jacques Fesch de Patricia Valeix, film diffusé sur 13ème rue. Histoire de l'affaire Fesch et ensemble d'entretiens avec différents intervenants tels le frère Thomas, Pierrette et Véronique Fesch. Critique dans Télérama datée de la semaine du 2 au 8 janvier 2010.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mireille Cassin, Mystique public n°1, Cerf, , p. 11.
  2. Mireille Cassin, Mystique public. Jacques Fesch, entre ombres et lumière, Éditions du Cerf, , p. 63.
  3. Mireille Cassin, Mystique public n°1, Cerf, , p. 13.
  4. Véronique Fesh, 7 juillet 1951 - 21 janvier 2015
  5. « Au nom d'un père guillotiné », sur leparisien.fr, .
  6. (en) Leo Knowles, Modern Heroes of the Church, Our Sunday Visitor Publishing, , p. 161.
  7. Francisque Oeschger 1994, p. 16.
  8. Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 21.
  9. André Manaranche 2003, p. 128.
  10. Gilbert Collard 2002, p. 70.
  11. Raymond Lenoir, typographe de 31 ans.
  12. Serge Garde, Rémi Gardebled, Valérie Mauro, Guide du Paris des faits divers : du Moyen âge à nos jours, Le Cherche Midi, , p. 48.
  13. Bernard Sur, Histoire des avocats en France : des origines à nos jours, Dalloz, , p. 264.
  14. Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 104 : « […] la mort de Madame Fesch mère, survenue le 7 juin 1956 ».
  15. Francisque Oeschger 1994, p. 86 : « En juin 1956, sa mère est au plus mal. Elle souffre d'un cancer et va bientôt mourir. »
  16. André Manaranche 2003, p. 75 : « Je t'écris juste un petit mot pour te faire part de la grande perte et douleur que j'éprouve: ma mère est morte hier matin à l'aube […] » (Lettre de Jacques Fesch au frère Thomas datée du 8 juin 1956).
  17. Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 81 : « Ce que j'ai fait est abominable […]. J'ai perdu la tête, je ne comprends pas pourquoi j'ai fait cela, comment j'en suis arrivé là […] », Jacques Fesch.
  18. André Manaranche 2003, p. 129 : « J'étais complètement affolé. J'avais complètement perdu le contrôle de moi-même. Tout cela est du noir pour moi. Quant à l'agent de police, c'était une vague forme pour moi. Je mourais de peur. », Jacques Fesch ; p. 184 : « Que de malheurs j'ai pu provoquer ! Que de drames pour en arriver là. Que de conséquences ne dois-je pas et ne devrai-je pas supporter toute ma vie : la mort d'un homme, le malheur d'une femme et d'une jeune fille, deux enfants qui vont souffrir, une orpheline ! Que de mal ai-je pu faire autour de moi par mon égoïsme et mon inconscience ! » ; p. 276 : « Je présente mes excuses à Madame Vergne. Oh Madame ! Vous êtes en droit de me haïr, mais je vous dis mes regrets les plus sincères, comme à tous ceux à qui j'ai fait […] », Jacques Fesch.
  19. Plaidoirie reproduite dans l'ouvrage de Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 140.
  20. « En 1957, la guillotine fonctionne… et l'opinion approuve. », Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 147.
  21. Albert Camus et Arthur Koestler, Réflexions sur la peine capitale, Paris, Calmann-Lévy, coll. « Liberté de l'esprit »,  ; dans le chapitre sur la peine de mort en France par Jean Bloch-Michel, p. 209-210 : « Et la dernière enquête à laquelle a procédé, en 1956, l'Institut français d'opinion publique, ne fait malheureusement que le confirmer. Voici cette enquête, telle qu'elle a été publiée dans la presse : Première question : Les Anglais veulent supprimer la peine de mort. La loi française prévoit la peine de mort pour un certain nombre de cas. Vous-mêmes, êtes-vous pour le principe de la peine de mort, pour la peine de mort dans tous les cas prévus, pour la peine la peine de mort dans certains cas seulement, ou contre la peine de mort dans tous les cas ? Réponse : pour la peine de mort : 78 % ; pour la peine de mort dans tous les cas : 23 % ; pour la peine de mort dans certains cas : 55 % ; contre la peine de mort dans tous les cas : 19 % ; pas de réponse : 3 %. Deuxième question (posée aux 55 % partisans de la peine de mort dans certains cas) : Dans le cas de haute trahison, êtes-vous pour ou contre la peine de mort ? Réponse : pour la peine de mort : 18 % ; contre la peine de mort: 18 % ; ne se prononcent pas : 19 %. Troisième question : Pensez-vous que si, en France, on supprimait la peine de mort, le nombre des crimes augmenterait, diminuerait ou resterait le même ? Réponse : augmenterait : 47 % ; diminuerait: 2 %; resterait le même: 39 % ; ne se prononcent pas : 12 %. »
  22. Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 205 : « Je me sens en paix. » (Jacques Fesch ; lettre du mardi 24 septembre 1957).
  23. André Manaranche 2003, p. 308 : lettre et témoignage de Monsieur Mariani, directeur de la prison de la Santé de 1954 à 1960, au sujet du détenu Jacques Fesch : « […] Jacques a été exécuté le  : je peux affirmer que, lors des derniers moments de son existence, il a fait preuve d'un formidable courage et d'une grande correction vis-à-vis des personnes obligées d'assister à l'exécution; je me rappelle qu'il a tenu à adresser ses remerciements à Maître Baudet, au Père Devoyod et à moi-même. […] Il m'est arrivé, lorsque je faisais ma tournée en détention et au quartier des condamnés à mort, de bavarder avec Fesch et d'essayer de remonter son moral. Je peux donc dire que son comportement vis-à-vis du personnel a été exemplaire et que tous ceux qui l'ont côtoyé avaient le même sentiment que moi, c'est-à-dire que Fesch regrettait sincèrement son crime et était parfaitement amendable. C'est également l'avis de Maître Baudet et du Père Devoyod qui connaissaient mieux Fesch que moi et avaient avec lui des rapports plus fréquents que les miens. Je crois aussi me rappeler […] que Fesch a reçu le soutien total de sa famille. Pour terminer, je voudrais vous faire part de ce que je pense encore aujourd'hui au sujet de Fesch : c'est qu'il aurait été grâcié si sa victime n'avait pas été un agent de la force publique. »
  24. Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 228-235 : « Avec Paul Baudet et le Père Thomas, la famille de Jacques Fesch a tout de suite commencé à dépouiller et à lire les écrits transmis par l'administration pénitentiaire. […] Une religieuse carmélite vient heureusement prendre le relais […]. Il est fait appel à un religieux de la même famille spirituelle, le Père carme Augustin-Michel Lemonnier. Il rédige quatre premiers chapitre sobres, rappelant les faits et les origines du condamné, en utilisant quelques coupures de presse de l'époque… Les chapitres suivants permettent de suivre l’évolution spirituelle du prisonnier, à travers ce qu'il confie à son ami bénédictin (Lettres de Jacques Fesch au Frère Thomas). Les Éditions Ouvrières, où le Père Lemonnier est connu, acceptent le manuscrit. Un titre est trouvé Lumière sur l’échafaud […] L'écho rencontré par Lumière sur l'échafaud conduira Pierrette et Véronique Fesch, Sœur Véronique, le Père Lemonnier et les Éditions Ouvrières à préparer un second volume, non sans scrupules, mais pour répondre à une attente. Ce sera en 1980, Cellule 18. Ce sont cette fois des lettres à sa belle-mère, Marinette Polack, la Maman de Pierrette, qui constituent l'essentiel. »
  25. Jean Duchesne et Bernard Gouley 1994, p. 234-235 : « Père salésien, […] Giacomo Maria Medica s'est passionné pour Jacques Fesch. Il fera la connaissance de Sœur Véronique et de la famille. Il accédera ainsi aux documents inédits et obtiendra le premier, dès 1982, une traduction italienne du dernier Journal de Jacques. […] Le Journal sera finalement édité en France par les éditions Le Sarment-Fayard en 1989, sous le titre Dans Cinq heures, je verrai Jésus. Et le cas de Jacques Fesch gagnera à cette occasion le soutien d'un avocat d'envergure, à la fois enthousiaste et conscient des difficultés, en la personne du Père jésuite André Manaranche. »
  26. André Manaranche 2003. Au sujet de la parution du journal spirituel intitulé Dans cinq heures je verrai Jésus, p. 314 : « Merci à Véronique Fesch d'avoir, après trente ans de silence, estimé en son âme et conscience, qu'elle pouvait, qu'elle devait, sans trahir Jacques, livrer à de nombreux lecteurs le réconfort de ces pages bouleversantes. »
  27. Voir sur amisdejacquesfesch.fr.
  28. « 50 ans de la mort de Jacques Fesch : procès de béatification diocésain en cours », (consulté le 3 décembre 2015).
  29. Louise Colcombet, « Le combat de Gérard Fesch, le fils du guillotiné », sur leparisien.fr, .
  30. Communiqué de presse officiel.
  31. Films et reportages disponibles à cette adresse.