Hypersexualisation

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Ne doit pas être confondu avec Hypersexualité.

L’hypersexualisation, ou la sexualisation précoce, est un terme employé par des spécialistes en psychologie de l'enfant, sexologie ou sociologie, pour désigner la tendance observée depuis la révolution sexuelle des années 1960, à une commercialisation et médiatisation de la sexualité qui affecte le développement des enfants et adolescents.

Définition et description du phénomène d'hypersexualisation des enfants et adolescents[modifier | modifier le code]

L'hypersexualisation est présente surtout dans les sociétés occidentales[1]. Jocelyne Robert, sexologue, résume l’hypersexualisation en la qualifiant de « représentation de l’enfant comme une sorte d’adulte sexuel miniature »[2].

Le phénomène est mis en lien avec l'hypermédiatisation de conduites sexuelles, dans l'habillement surtout mais aussi dans l'industrie du spectacle, les médias ou encore l'accès à la pornographie facilitée par internet. Les comportements sexuels sont alors banalisés et influencent la formation de l'identité des jeunes[1].

Hypersexualisation des médias[modifier | modifier le code]

Ampleur du phénomène[modifier | modifier le code]

Pour le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF), l’origine de l’hypersexualisation ne se situe pas en la jeune fille elle-même. Bien au contraire, les adolescentes seraient tout à fait impuissantes devant la voix des médias, sans cesse axée sur le sexe et la commercialisation de celui-ci[3]. Lydya Assayag, directrice du RQASF, précise que cette consommation sexuelle précoce est provoquée par les médias : « Ce qu’il est important de comprendre est que ce phénomène découle directement d'intérêts commerciaux qui visent tout simplement la vente de produits et de services »[4] .

La présence de l’hypersexualisation dans les médias découlerait du fait que les années de révolution sexuelle, vers 1960, se sont accompagnées d'une visibilité accrue des contenus à caractère sexuellement explicite dans les médias qui a eu pour conséquences une « commercialisation indue de la sexualité dans les médias »[1]. Avec la création et large diffusion de l'internet s'est développée la cyberpornographie qui donne une grande accessibilité aux informations et représentations graphiques de la sexualité à des âges où ces images sont légalement interdites. « Les influences sont nombreuses, de la mode vestimentaire aux contenus médiatiques en passant par la musique, les vidéoclips et la pornographie facilement accessibles sur le net »[5].

Les jeunes cherchent des modèles à imiter pour développer progressivement leur identité[6]. Or les modèles présentés dans l'industrie du spectacle, en particulier la chanson, présentent souvent des contenus sexuels explicites : chorégraphie, vêtements, paroles des chansons, comportements érotiques sont très fréquents. Le sociologue Richard Poulin (Université d'Ottawa, Canada) avance que jusqu'à 14 000 références sexuelles par année seraient présentées à la télévision, en Occident[7].

Réactions des adultes encadrants[modifier | modifier le code]

L'hypersexualisation est un phénomène complexe où plusieurs facteurs entrent en jeu. Un de ces facteurs est également le contrôle exercé par les parents et encadrants. Certains d'entre eux ne parviennent pas à imposer des limites aux jeunes qu'ils encadrent. Cela peut être dû à la peur d'être critiqués[1].

Conséquences observées[modifier | modifier le code]

Un rapport de l'American Psychological Association a analysé 350 études portant sur les problèmes de sexualisation précoce. Les études indiquent des problèmes sur « le rapport au corps, l'estime de soi, la banalisation de la violence sexuelle et même des troubles alimentaires. »[1]. Pour certains jeunes, la limite entre un comportement acceptable et un comportement abusif devient floue ce qui les expose à l'exploitation et l'abus sexuels[1].

Conséquences sur les filles[modifier | modifier le code]

Filles et garçons ne sont pas égaux face aux conséquences de la sexualisation précoce. Pour les filles, le phénomène d'hypersexualisation est plus dangereux que chez les garçons. Les filles qui imitent ces comportements sexuels, par leurs vêtements, danses, la consommation de pornographie, la pratique de relations sexuelles, sont beaucoup plus mal jugées que les jeunes hommes du même âge qui auraient les mêmes pratiques[1]. « quand les paroles des chansons ne rabaissent pas les femmes à des esclaves sexuelles, comme dans la chanson de Britney Spears I'm a Slave 4 U (album Britney, 2001), elles sont centrées sur un besoin, présenté comme vital, de connaître l’amour ou, du moins, d’être en relation avec un garçon »[8] .

Confusion entre sphère privée et publique[modifier | modifier le code]

Dans une étude sur des jeunes âgés de 12 à 17 ans, la sexologue Francine Duquet observe une exposition précoce à la consommation sexuelle, bien que ces images soient interdites pas la loi chez les mineurs. Les conséquences sont multiples. L'une d'elle est une certaine confusion quant aux limites de l'intimité, et de la vie privée, qui avec l'internet et les caméras, rend publique les scènes de la vie privée[1],[9].

Solutions[modifier | modifier le code]

Éducation sexuelle[modifier | modifier le code]

L'éducation sexuelle des jeunes peut minimiser les conséquences néfastes de l'exposition intensive aux messages sexuels. Cette éducation doit dans ce cas prendre en considération la question des rôles sexuels, des stéréotypes sexuels associés aux hommes ou femmes, et leur impact sur les relations garçons-filles ; alerter sur les messages troubles véhiculés par la pornographie ; alerter sur les pressions exercées sur leur comportement ; leur expliquer les outils technologiques ou comportements protégeant leur vie intime ; aborder les questions de désir, plaisir et amour, apprendre à identifier ses émotions et à les évaluer, et apprendre à s'affirmer[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Papiala 2010, p. 294.
  2. Jocelyne Robert, cité par Ulysse Bergeron, « De la jeune fille "modèle" », Le Devoir, samedi, 4 mars 2006, Cahier Spécial, p. g8.
  3. Réseau québécois d'action pour la santé des femmes, cité par Johanne Angeli, « Une angoisse à relativiser », Le Devoir, jeudi, 9 mars 2006, p. a7.
  4. Lydya Assayag, cité par Ulysse Bergeron, « De la jeune fille "modèle" », Le Devoir, samedi, 4 mars 2006, Cahier Spécial, p. g8
  5. Ulysse Bergeron, « De la jeune fille "modèle" », Le Devoir, samedi, 4 mars 2006, Cahier Spécial, p. g8
  6. (en) Jane Kroger, Identity Development: Adolescence Through Adulthood, SAGE, (ISBN 9780761929604).
  7. Richard Poulin, La Mondialisation des industries du sexe, Éditions Imago, 2005, (ISBN 2-84952-013-6).
  8. Pierrette Bouchard, Natasha Bouchard et Isabelle Boily, La sexualisation précoce des filles, p. 17
  9. Francine Duquet et Anne Quéniart, « Perceptions et pratiques de jeunes du secondaire face à l’hypersexualisation et à la sexualisation précoce », Rapport de recherche : Outiller les jeunes face à l’hypersexualisation, Université du Québec à Montréal,‎ (lire en ligne)

Bibliographie et lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Diane E. Papalia, Sally W. Olds et Ruth D. Feldman, Psychologie du développement humain, 7ème édition, Montréal, Groupe de Boeck, , 482 p. (ISBN 9782804162887). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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