Prévention du suicide

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En tant qu'initiative de prévention du suicide, ce signe posé sur le pont du Golden Gate indique un téléphone spécial, disponible sur le pont lui-même, avec lequel les personnes envisageant le suicide peuvent se connecter à un téléphone rouge.
Article général Pour un article plus général, voir Suicide.

La prévention du suicide est un terme parapluie qui désigne les efforts collectifs des organisations citoyennes locales, des professionnels de la santé et des professionnels liés pour réduire l'incidence du suicide. Les efforts généraux ont inclus la prévention et les mesures proactives dans le milieu de la médecine et de la santé mentale, ainsi que la santé publique et les autres domaines. Du fait que les facteurs de protection et de soutien social et d'engagement social, ainsi que risques environnementaux tels que l’accès aux moyens létaux, semblent être des aspects significatifs de la prévention du suicide, le suicide ne doit pas être perçu isolément comme une question médicale ou mentale[1],[2]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'aide téléphonique pour les personnes en détresse est souvent attribuée au prêtre anglican Chad Varah à Londres, en 1953[3] et fondateur de l'organisation caritative Samaritans (en) . Parmi les centres de prévention précurseurs figure également le Centre de prévention du suicide de Los Angeles qui s'est étendu à 130 centre aux États-Unis[4].

Écoute en ligne et aide directe[modifier | modifier le code]

Des services téléphoniques ou en ligne sur internet sont disponibles dans de nombreux pays.

France[modifier | modifier le code]

En France, plusieurs associations offrent des aides en ligne que les personnes tentées par le suicide peuvent contacter pour trouver une écoute. Ces lignes sont gérées par des bénévoles.

Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, si la personne est jugée en danger immédiat, les intervenants du 1-866-APPELLE retraceront l'appel et enverront des secours. C'est une ligne d'intervention. Spécifiquement à Montréal, Suicide Action Montréal possède un grand réseau d'intervenant formé en intervention auprès des personnes suicidaires. Le service est disponible 24/7 au (514) 723-4000. Le service est également offert en anglais.

Programmes de prévention en santé publique[modifier | modifier le code]

Au delà des interventions directes visant à empêcher le suicide, les méthodes impliquent également :[réf. nécessaire]

  1. le traitement des symptômes psychologiques et psycho-physiologiques des dépressions ;
  2. l'amélioration des stratégies de gestion du stress des personnes qui pourraient considérer le suicide ;
  3. la réduction des conditions prévalentes qui sont considérées comme les facteurs à risque pour le suicide ;
  4. et donner aux personnes l'espoir d'une vie meilleure après que les problèmes actuels sont résolus.

En France, le programme « Papageno » a pour but de produire et diffuser des solutions innovantes pour tous ceux qui souhaitent s'engager dans la prévention de la contagion suicidaire, la promotion de l'entraide et l'accès aux soins.

Efficacité des programmes et méthodes[modifier | modifier le code]

La prévention du suicide est étudiée de manière scientifique par la suicidologie dont l'objectif est de réduire les taux de suicide dans le monde. De nombreux experts mettent au point et évaluent régulièrement les programmes de prévention dans le monde[5]. L'Organisation mondiale de la santé collecte les données sur le suicide depuis 1950 et soutient des programmes de recherche et revues de question sur le sujet pour aider à l'implémentation de programmes de prévention efficaces[5].

Une revue systématique des études menées de 1966 à 2005 menée par des experts de 15 pays, suggère que l'éducation des médecins généralistes (formation sur la reconnaissance de la dépression et son traitement) et la réduction des moyens de suicide (par exemple, des armes à feu, ou des pesticides) sont des stratégies de prévention dont l'efficacité est démontrée[5].

Analyses des coûts et avantages[modifier | modifier le code]

Les programmes de prévention représentent un coût financier pour les collectivités, mais ils ont aussi des répercussions financières bénéfiques à long-terme. Il est possible de calculer le rapport entre le coût d'un programme et les bénéfices ou avantages humains mais aussi financiers, qui en résultent, ce qui s'appelle une analyse coûts-avantages ou coûts-bénéfices[6].

Un tel calcul a été fait par le gouvernement anglais (et rapporté par les chercheurs néerlandais Aleman et Denys dans le journal Nature). Ces chiffres démontrent que les programmes de prévention du suicide sont un excellent investissement économique pour un gouvernement. Les coûts des suicides sont évalués en additionnant les frais d'hospitalisation, de police, de funérailles, mais également les années perdues de la personnes décédée (un calcul appelé valeur de la vie qui estime, entre autres, la perte de productivité due au décès prématuré). Ces coûts ont été évalués par le gouvernement anglais à environ 577,7 millions de livres sterling (années 2008-2009). Or le coût des programmes de prévention du suicide (formation des médecins généralistes, mesures de prévention) est d'environ 10 millions. L'économie réalisée à long terme est de 567,8 millions de livres sterling (évaluation correspondant à 600 décès par suicide qui sont évités par ces programmes)[6]. Les auteurs en appellent donc à une large hausse des investissements dans ce domaine, qu'ils comparent à la prévention des accidents de la route qui bénéficient de 10 fois plus d'investissement le nombre de victimes d'accidents de la route a baissé alors que celui des suicides stagne ou augmente[6].

Formation et risques professionnels[modifier | modifier le code]

La prévention du suicide est risquée pour les professionnels de la santé en termes de détresse émotionnelle des praticiens et risque de mauvaises pratiques[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Maine Suicide Prevention Website », Maine.gov (consulté le 15 janvier 2012).
  2. (en) January 15, 2012, « Suicide prevention definition - Medical Dictionary definitions of popular medical terms easily defined on MedTerms », Medterms.com, (consulté le 15 janvier 2012).
  3. La croisade antisuicide des Samaritans.
  4. Pierre Moron, Le suicide: « Que sais-je ? » n° 1569, Paris, Presses Universitaires de France, (ISBN 9782130611523), p. 91-121 (Chapitre IV).
  5. a b et c (en) J. John Mann, Alan Apter, Jose Bertolote et Annette Beautrais, « Suicide Prevention Strategies », JAMA, vol. 294, no 16,‎ (ISSN 0098-7484, DOI 10.1001/jama.294.16.2064, lire en ligne, consulté le 23 juin 2017).
  6. a b et c (en) André Aleman et Damiaan Denys, « Mental health: A road map for suicide research and prevention », Nature, vol. 509, no 7501,‎ , p. 421–423 (ISSN 0028-0836, DOI 10.1038/509421a, lire en ligne, consulté le 10 mai 2017).
  7. Packman, Pennuto, Bongar, & Orthwein, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]