Haratins

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les Haratins (ou Haratines ; singul. Hartani), également appelés Maures Noirs, désigne des habitants noirs du Sahara, de statuts divers selon les régions[1]. L'usage de ce mot est cantonné à l'ouest de l'Afrique[1] ː sud du Maroc, Sahara occidental (administré par le Maroc), Mauritanie, Sénégal, moitié ouest de l'Algérie et extrême-nord du Mali essentiellement.

Selon Rachid Bellil, la population du Sahara se composait durant l'antiquité d'une part d'Éthiopiens, ancêtres des Haratins, et d'autre part de Libyens (Gétules à l'Ouest et Garamantes au Sud-Est[2]), ancêtres des Berbères.[pas clair]

Etymologie[modifier | modifier le code]

Haratins un exonyme dont les connotations sont péjoratives, voire racistes.

L'origine du nom peut être arabe comme berbère. Dans la langue berbère zénète, cette population est désignée par l'ethnonyme Asmeng (plur. Ismengen)[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Les théories sur l’origine des Noirs sahariens peuvent être résumées, “en simplifiant à l’extrême”, à deux hypothèses[1] ː

  1. Les Haratins seraient surtout les descendants d’esclaves soudanais amenés du sud par les marchands arabes ou berbères (opinion la plus répandue).
  2. Le Sahara était primitivement peuplé de Noirs occupant la totalité du désert et qui furent progressivement réduits à une sorte de servage par les conquérants blancs

La génétique et l’anthropologie moderne a aujourd'hui montré que les Haratins se distinguent des Noirs africains. Des tests ADN montrent clairement, que les Haratins descendent des africains sub-sahariens (africain noir) en très grosse majorité de pourcentage, et ne descendent en aucun cas des nord-africains biologiquement (africain blanc, africain méditerranéen, berbère ou arabo-berbère).

Au Maroc[modifier | modifier le code]

Ses membres étaient spécialisés dans l'agriculture mais exercent aujourd'hui divers métiers, comme forgerons, tanneurs, bijoutiers, menuisiers ou encore propriétaires de terrain.

Ils sont majoritaires dans la vallée du Drâa.

Ils parlent arabes s'ils vivent dans une communauté arabophone, berbère dans une communauté berbérophone.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c M. Gast, « Harṭâni », dans Encyclopédie berbère, vol.22, Aix-en-Provence, Edisud, 2000, p. 3414-3420
  2. Rachid Bellil, Les oasis du Gourara, page 63
  3. Rachid Bellil, Les oasis du Gourara (Sahara algérien), page 62

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony G. Pazzanita, « Haratine », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 240-242 (ISBN 9780810855960)
  • Ould Saleck El Arby, Le paradoxe de l'abolition de l'esclavage et l'enjeu politique de la question haratine en Mauritanie, Université Paris 1, 2000, 312 p. (thèse de doctorat de Science politique)
  • Ould Saleck El Arby, Les Haratins : le paysage politique mauritanien, L'Harmattan, Paris ; Budapest ; Torino, 2003, 153 p. (ISBN 2-7475-4779-5)
  • M. Gast, « Harṭâni », dans Encyclopédie berbère, vol.22, Aix-en-Provence, Edisud, 2000, p. 3414-3420

Liens externes[modifier | modifier le code]