Touat

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Localisation de la région du Touat en Algérie.

Le Touat[1] est une région de l'ouest du Sahara algérien, située au sud-ouest du Grand Erg Occidental, dans la wilaya d'Adrar.

Touat signifie en langue berbère « localité habitée »[réf. nécessaire]. La composition de la population du Touat est diverse. On y retrouve des Subsahariens, des Berbères, des Haratins, des Arabes. La région a été peuplée par une communauté juive dans l'Antiquité et au Moyen Âge, notamment à Tamentit[2],[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Algérie.

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation du Touat dans la wilaya d'Adrar.

La région du Touat est située au centre de la wilaya d'Adrar. Elle est délimitée :

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

La région du Touat s'étend le long de la vallée de l’Oued Messaoud, sur une distance de 220 km environ.

Villes et oasis[modifier | modifier le code]

Villes du Touat.

Les villes et oasis du Touat sont implantées le long de l'oued Messaoud et de la route nationale 6, selon une orientation nord-ouest - sud-est. Les principales localités du Touat sont : Adrar, Bouda, Tamantit, Zaouiet Kounta, Sali et Reggane

Climat[modifier | modifier le code]

Le Touat bénéficie d'un climat désertique chaud (Classification de Köppen BWh) nettement accentué, très chaud et très sec toute l'année car la région est située dans la zone saharienne hyper-aride, au cœur du plus grand désert chaud de la planète. En été, les températures maximales moyennes sont uniformément supérieures à 46 °C alors que les températures moyennes minimales avoisinent les 30 °C. Néanmoins, la région est sujette à de nombreux pics de chaleurs pouvant atteindre 54 °C à l'ombre ou plus bien que de telles températures maximales soient rarement déclarées de façon officielle[4]. En hiver, les températures maximales moyennes restent supérieures à 20 °C alors que les températures moyennes minimales descendent à environ 4 °C avec certaines gelées nocturnes possibles mais rares. Même en hiver, le climat reste chaud, sec, ensoleillé et très agréable. C'est un des secteurs les plus chauds en Algérie. Les précipitations moyennes annuelles avoisinent 15 mm et il peut facilement se passer plusieurs années sans aucunes précipitations du tout. La durée moyenne d'ensoleillement annuel se situe entre 3 700 et 4 000 h par an, soit un des taux les plus élevés au monde et la présence de nuages dans le ciel est rare. L'aridité y est extrême et l'évaporation y atteint des valeurs considérables à cause de la chaleur extrême et des vents desséchants qui balayent régulièrement la région. C'est une des régions les plus chaudes, les plus sèches, les plus arides et les plus ensoleillées au monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Algérie.

Préhistoire et Protohistoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La communauté juive du Touat s'est établie dans cette région au cours des Ier et IIes. Leur installation a lieu en 70 apr. J.-C., à la suite de la chute de Jérusalem, et après les répressions exercées par Marcius Turbo en 115 en Cyrénaïque[2],[3].

Période islamique[modifier | modifier le code]

Expansion maximal de l'ibadisme mouvement religieux au Maghreb qui donna dans l'actuelle Algérie le royaume de Tiaret

Au Moyen Âge, les habitants du Touat étaient proches de deux villes importantes au Sahara, à l'Ouest Sidjlimassa et à l'Est d'Ouargla. Les Banou Midrar des Miknassa étaient à l'Est et l'Ouest et étaient des Sufrites, ils fondent Sidjlimassa et contrôlaient les routes vers Bilad al Habech (pays des Noirs) et Bilad Soudan. Ces Miknissa avaient le contrôle de plusieurs villes dont Tiaret. Leur capitale reste Sidjlimassa, ce que A.G. P Martin et Zerouki (spécialiste de l'histoire ibadites) confirment[5]. Les liens entre Ibn Rustum, fondateur de Tiaret, étaient étroites avec les Banou Midrar. La population de Sijlimassa envoyait la Zakkat aux rostémides de Tiaret[6]. L'influence des ibadites étaient probablement importantes chez les populations locales de la région. Plusieurs historiens rapportent qu'un moment de l'histoire du Moyen Âge, il y avait des Juifs et des Zénètes ibadites de la région qui faisaient du commerce entre Gourara et le Soudan et ils avaient aussi le contrôle des routes[7].

Les conflits qui opposeront les empires arabes (abbassides, fatimides) aux nekkarites, aux ibadites et aux sufrites au Nord provoque un changement important en Afrique du Nord. Des dynasties berbères se forment tour à tour. À leur tour, elles se confrontent entre elles lorsqu'elles prennent le pouvoir au Maghreb et enl'Andalousie. Vers le milieu du Xe siècle, les tribus arabes, venues d'Égypte pour réprimer les alliés des Fatimides en Ifriqiya, pénètrent dans le Sahara et vivront avec les populations déjà existantes. Plusieurs dynasties berbères prennent le Maghreb.

Conquêtes Nord des Saadiens et route vers Tombouctou

Le génois Antonio Malfante parcours le Sahara à partir de Sijilmâsa. Il est le premier européen à parcourir le Touat en 1447.

Les Saadiens s'emparent 1581 des oasis du Touat qui constituaient une étape obligatoire sur la route menant du Sud algérien vers Tombouctou et Gao, une route qui avait progressivement supplanté celle passant par le Tafilalet.

Histoire des Juifs du Touat[modifier | modifier le code]

La bibliographie concernant cette communauté est assez pauvre et ce paragraphe est fondé principalement sur un article de J. Oliel dans l'Encyclopédie berbère[8] et un livre du même auteur[9].

Après que la communauté juive de Cyrène a été anéantie lors de la révolte juive des années 115-117, dont la Cyrénaïque semble être l’un des centres, une population se serait réfugiée dans les régions du Mzab et du Touat. Des Juifs d'Irak et d'Arabie les auraient rejoint aux vie siècle et viie siècle. Toutefois, on ne connaît pas précisément l'histoire des Juifs au Touat avant l'arrivée des musulmans au xe siècle.

Une lettre de 1235 trouvée dans la Guenizah du Caire fait état d’un commerce caravanier de matières et objets précieux transitant par le Touat où les Juifs tenaient des rôles variés allant de commanditaires aux simples chameliers. Une stèle en hébreu datée de 1390 à Tamentit démontre la présence de rabbins et de lithographes juifs. Des Juifs du Touat ont pu renseigner les cartographes majorquins aux xiiie siècle et xive siècle.

La communauté juive du Touat est détruite en 1492 lors de son massacre à l'instigation d'un prédicateur venu de Tlemcen, le Cheikh Abdelkrim El Maghili.

Quelques patronymes juifs comme Touati ou Touitou rappellent des ancêtres à la communauté du Touat mais surtout on leur devrait les foggaras, les galeries d'irrigation des oasis de la région[8],[10].

Période de la colonisation française[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Zénètes, Sanhadja, Haratin, Berbères, Hilaliens et africain.
Cérémonie religieuse à Adrar devant un ksar typique de la région

Il y a plusieurs confédérations berbèrophones dans le Touat, les plus importantes sont les Zénètes, les Sanhadja et les Haratins. Cependant, il y a aussi des communautés subsahériennes, des communautés Arabes, les Hilaliens et aussi une communauté juive islamisée[réf. nécessaire].

Dans l'Antiquité la population était considérée Gétule, car elle ne fut soumise à aucune force étrangère, elle fut le terrain le plus sécurisant des rebelles berbères résistant à l'Empire romain et ses alliés[11]. Les Berbères de la région étaient dès cette période sédentaires et sont restés sur ce mode vie jusqu'à nos jours. Les Ksours et les villages sont construits selon le type architectural de chaque communauté.

L'islamisation apporte la langue savante, l'arabe. Plusieurs savants ou marabouts ou cheikhs étaient et sont établis dans cette région. Ces religieux ont influencé la pratique de l'Islam dans l'ensemble du Maghreb[évasif]. Plusieurs coutumes spécifiques au Touat[Lesquelles ?] ont ainsi été adoptées ailleurs dans le Maghreb.

Les langues de la population sont le berbère et l'arabe.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les foggaras[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Qanat.
Foggara, coupe de principe.
Émergence d'une foggara dans une oasis de Timimoun en Algérie.

Ce type d'irrigation, profondément original, donne aux oasis du Touat et de la région du Gourara leur spécificité.

Les historiens du monde Ibadites, ils signalent que la pratique de l'irrigation à l'aide de système des fougaras à Gourara est tellement ancien et que nul n'en connaît l'origine [12]. Les fougaras seraient probablement l'invention des Berbères zénètes judaïsés [13] et cela bien avant le Xe siècle.

Il consiste à créer des « sources » artificielles en creusant des galeries en pente très faible qui vont rejoindre la nappe. L'eau suinte le long des parois et forme un ruisseau permanent.

Ces galeries sont marquées en surface par des regards pour l'entretien et un survol de la région montre l'ampleur du réseau ainsi créé : on estime à des milliers de kilomètres l'ensemble des foggaras du Gourara et du Touat.

Le travail de creusement a évidemment été colossal et n'aurait pu se faire sans le travail de nombreux personnes[évasif].

Le système des foggaras ne fonctionne plus depuis 2006, les habitants sont alimentés par le Nord de l'Algérie. Les fruits et légumes sont apportés du Nord. Un désastre écologique est signalé dans cette région[14].

Tourisme[modifier | modifier le code]

La région compte près de 150 ksour[15]. La visite de ces villages fortifiés et des oasis du Touat font partie des circuits touristiques de la région[16].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Entrée « Touat », sur Encyclopédie Larousse en ligne, Éditions Larousse (consulté le 9 octobre 2016).
  2. a et b Daniel Babo, Algérie, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux », (ISBN 978-2-911328-25-1), p. 150
  3. a et b Jean-Paul Labourdette et Dominique Auzias, Algérie, Le Petit Futé, coll. « Country Guide », 2009-2010 (ISBN 978-2-746921962), p. 387
  4. http://www.elwatan.com/regions/ouest/actu-sud/les-habitants-lancent-un-sos-au-gouvernement-10-08-2014-267514_257.php
  5. Les oasis du Gourara (Sahara algérien) par Rachid Bellil, page 92
  6. Les oasis du Gourara (Sahara algérien), Par Rachid Bellil, page 93
  7. Les oasis du Gourara (Sahara algérien) par Rachid Bellil, page 54
  8. a et b Jacob Oliel, « Les Juifs au Sahara », Encyclopédie berbère,‎ (lire en ligne)
  9. Jacob Oliel, Les juifs au Sahara: une présence millénaire, Éditions Élysée,
  10. M. Gast, « Foggara », Encyclopédie berbère,‎ (lire en ligne)
  11. Selon, Rachid bellil dans son livre sur le Touat
  12. Les Berbers dans l'histoire: Les Ibadites Par Mouloud Gaïd, page 93
  13. Jardins au désert: évolution des pratiques et savoirs oasiens : Jérid tunisien Par Vincent Battesti, page 16 livre en ligne
  14. http://www.elwatan.com/spip.php?page=article_mail&id_article=55599 El waten, Rachid Loudjren
  15. Suter Karl. Étude sur la population et l'habitat d'une région du Sahara algérien : Le Touat. In: Revue de géographie alpine. 1953, Tome 41 N°3. pp. 443-474.
  16. Circuits touristiques de la région d'Adrar sur le site internet de la direction du tourisme de la Wilaya d'Adrar.. Consulté le 12/06/2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rachid Bellil, Les Oasis du Gourara (Sahara algérien), Peeters
  • 1980 Jacob Oliel, « Géophysique au Sahara » « Les Juifs du Sahara »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]