Breshk

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Breshk/Gunugu
Image illustrative de l’article Breshk
Promontoire de Sidi Brahem.
Localisation
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Tipaza
Commune Gouraya
Coordonnées 36° 34′ 03″ nord, 1° 54′ 18″ est
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Breshk/Gunugu
Breshk/Gunugu

Breshk ou Barashk est une ancienne ville portuaire médiévale, située sur l'emplacement de la cité antique Gunugu. Elle est localisée à proximité de l'actuelle Gouraya dans la wilaya de Tipaza, en Algérie.

Elle est définitivement détruite au début du XVIIe siècle, ses vestiges se confondent avec la ville romaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Breshk est citée sous différentes formes par les auteurs médiévaux : Barashk, Bresk, Birchik et Brescar. Ce nom semble être d'origine phénicienne[1].

Le nom antique Gunugu peut être un vocable berbère, agni : colline, côte, punicisé en gonion, guniu et que l'on retrouve, par exemple, dans Rachgoun[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

Breshk est situé sur le site même de l'antique Gunnugu sur le promontoire qui porte la koubba de Sidi Brahim, sur le littoral algérien[2]. Elle est souvent identifiée à l'actuelle Gouraya, toutefois celle-ci se trouve à quelques kilomètres d'elle[3].

L'Itinéraire d'Antonin situait la ville antique à 22 milles de Césarée, soit à un peu plus de 30 km à l'ouest de Cherchell[3]. Les principales sources médiévales ne citent que deux villes maritimes entre Alger et Ténès : Cherchell et Breshk. Les vestiges de Breshk et de Gunnugu se confondent aujourd'hui[2].

Gunugu, la ville antique[modifier | modifier le code]

Gunugu a d'abord été un établissement punique comme témoignent les vestiges des nécropoles et de poteries[3]. Devenue possession romaine, elle est érigée en colonie et connait un certain développement, sans parvenir toutefois à atteindre celui de sa voisine Césarée. Parmi les vestiges romaines, on atteste des citernes, un aqueduc et des fragments de statues[4].

Gunugu devient le siège d'un évêché durant la période chrétienne et connaît les troubles provoqués par le schisme donatiste. Elle est occupée ensuite par les Vandales puis les Byzantins[4].

Breshk, la ville médiévale[modifier | modifier le code]

Carte ottomane de Piri Reis, illustrant la région du Dahra entre Mostaganem et Breshk.

Après la conquête musulmane du Maghreb, elle change de nom, en Breshk[4] et devient une ville et un port actifs au Moyen Âge[2]. Elle fait l'objet de convoitises des dynasties berbères. Elle était un port important et possédait également de riches terres agricoles[5]. Les auteurs médiévaux insistent sur la fertilité des terres voisines qui produisent blé et orge au-delà des besoins de la population, le bétail est une source de richesse et le pays produit beaucoup de miel et surtout du lin[2].

Le développement de la course, à partir du Xe siècle, va provoquer une attaque des flottes chrétiennes en 1144, menée par le roi Roger II de Sicile[5]. Les sources médiévales l'évoquent durant la période zianide. Au début du xive siècle, la ville portuaire était gouvernée par un conseil des cheikh dont l’un de ses membres, Zīrī, avait acquis une prééminence. Après la soumission des Maghraouas aux Zianides, Zīrī propose au sultan abdelwadide la remise de la ville de Brechk en échange de sa protection. La ville passe alors sous l’autorité d’Abou Hammou Moussa Ier[6]. Elle devient alors parmi les ports du Sultanat zianide, fréquentés dans le cadre du commerce méditerranéen[7]

Contrôlée par les montagnards du Dahra, elle était une ville berbère qui sauvegarda son indépendance jusqu'à l’établissement des corsaires Barberousse sur la côte algérienne[2]. Entre-temps, la cité avait reçu des réfugiés andalous, mais en nombre insuffisant pour assurer son développement[2]. Au XVIe siècle, elle exporte des figues sèches vers Alger et Tunis, mais également du lin et du coton pour la fabrique de toiles[8]. Léon l'Africain décrit ainsi Bresk : « La ville de Bresch vit dans l'abondance, surtout de figues. Autour d'elle, une belle campagne produit du lin et de l'orge en quantité. La population est l'alliée et l'amie des montagnards voisins. »[5].

En 1531, un tremblement de terre a ruiné la ville. Elle est définitivement détruite en 1614 après une attaque de l'ordre de Saint-Étienne, la ville qui n'est pas reconstruite, disparaît ainsi de l'Histoire. La ville était abandonnée, quand Thomas Shaw a visité la région au début du XVIIIe siècle[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Haddadou 2012, p. 317.
  2. a b c d e et f C. Agabi, « Breshk/Barashk », Encyclopédie berbère, no 11,‎ , p. 1609–1610 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.1870, lire en ligne, consulté le )
  3. a b et c Haddadou 2012, p. 314.
  4. a b et c Haddadou 2012, p. 315.
  5. a b c et d Haddadou 2012, p. 316.
  6. Jennifer Vanz, L’invention d’une capitale : Tlemcen: (VIIe-XIIIe/IXe-XVe siècle), Éditions de la Sorbonne, (ISBN 979-10-351-0683-6, lire en ligne), p. 310
  7. Jennifer Vanz, L’invention d’une capitale : Tlemcen: (VIIe-XIIIe/IXe-XVe siècle), Éditions de la Sorbonne, (ISBN 979-10-351-0683-6, lire en ligne), p. 344
  8. Agnès Charpentier, « Vers une archéographie du développement au Maghreb central : état de la question », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 145,‎ , p. 191–210 (ISSN 0997-1327, DOI 10.4000/remmm.12508, lire en ligne, consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mohand-Akli Haddadou, Dictionnaire toponymique et historique de l'Algérie, Tizi Ouzou, Éditions Achab, , 636 p. (ISBN 978-9947-972-25-0)