Altava

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Altava
Altava était située entre Rusadir (actuelle Melilla), et Oran.
Altava était située entre Rusadir (actuelle Melilla), et Oran.
Localisation
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Coordonnées 34° 53′ 11″ nord, 1° 01′ 29″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
Altava
Altava

Altava est une ancienne cité romano-berbère située l'ouest de la Maurétanie Césarienne, sur la voie romaine stratégique allant de Théveste à Numerus Syrorum (actuelle Maghnia). Connue sous occupation française sous le nom de Lamoricière.

Siège d'un évêché antique disparu, son nom est utilisé comme siège titulaire d'un évêque catholique sans diocèse[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Altava était une ville peuplée principalement de berbères sous le règne de Septime Sévère, avec une petite garnison romaine. La garnison - selon l'historien M. Ruiu- était la Cohors II Sardorum et protégeait les nouvelles limes de l'Empire romain déplacées vers le sud des rivages méditerranéens vers une route militaire appelée Nova Praetentura. Cette route est passée de Rapidum en Numidie à Altava et à Numerus Syrorum à la frontière de la Maurétanie Tingitane[2].

Altava, selon l'historien Lawless, était un vicus qui a obtenu un statut indépendant du camp romain de la garnison et a eu un forum énorme et un important temple païen, plus tard converti en une église chrétienne (montrant la présence croissante du christianisme chez les Berbères). Le christianisme était implanté à Altava dès le début du IVe siècle et probablement dès la fin du IIIe siècle. L'établissement romain avait une superficie de près de 13 hectares et était entouré de fermes[3].

L'empereur Dioclétien a réorganisé l'Empire romain en 298, et s'est retiré plus tard de la région de Volubilis, des montagnes Rif dans le nord du Maroc et des montagnes ouest de l'Atlas algérien après la crise du IIIe siècle. Les dirigeants berbères créèrent un petit royaume indépendant là-bas, centré sur sa capitale, Altava, et Volubilis.

Après l'invasion vandale en 429, puis la reconquête justinienne en 533, une entité politique indépendante s'y met en place du Ve siècle au VIIe siècle: les archéologues la nomment « Royaume d'Altava » car c'est d'Altava que provient une dédicace en latin datée de 508, et mentionnant « Masuna roi de la nation des Maures et des Romains »[4]. Ce titre paraît avoir été établi à l’imitation du titre des rois vandales : Rex Vandalorum et Alanorum, Roi des Vandales et des Alains. C’était, de la part de Masuna, un défi au souverain vandale et un rejet d’éventuelles prétentions vandales à la souveraineté de Maurétanie. Depuis le 7ème siècle, les historiens byzantins l'appellent habituellement le royaume d'Altava.

L'extension de ce « royaume » est mal connue, mais des traits civilisationnels communs laissent penser que les treize sépultures monumentales de la région de Frenda nommées jidâr, construites pendant près de deux siècles à partir du Ve siècle appartenaient à la même entité[5].

Entre 550 et 578, Altava a été la capitale du royaume de Garmul.

La dernière fois que le royaume d'Altava a été cité historiquement était dans le cadre d'une campagne de Gennadios, un magister militum envoyé par l'Empire romain d'orient. Il a vaincu le souverain d'Altava en place, Garmul, en 578, et son petit royaume a probablement été incorporé à l'Empire byzantin[6].

Nous n'avons pas de récits historiques sur Altava au VIIe siècle, mais il est également concevable que le royaume d'Altava (ou au moins une petite partie de celui-ci) ait duré jusqu'à la conquête musulmane du Maghreb vers 700[7].

Évêques titulaires[8][modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Siège titulaire d'Altava sur catholic-hierarchy
  2. (it) Maria Antonietta Ruiu, « La cohors II Sardorum ad Altava », Carocci,‎ , p. 18 (lire en ligne)
  3. R. Lawless, Mauretania Caesartiensis: anarcheological and geographical survey Section: The Roman Civilian Sites. p. 122-195.
  4. Noé Villaverde, Vega: "El Reino mauretoromano de Altava, siglo VI" (Le royaume romano-maure d'Altava) p. 355
  5. Gilbert Meynier, L'algérie des origines, de la préhistoire à l'avènement de l'islam, La Découverte 2011, p.179-180
  6. Martindale et al. " The Prosopography of the later Roman Empire" Volume.III
  7. Philippe Sénac et Patrice Cressier : "Histoire du Maghreb médiéval VII - XI ème siècle" Armand Colin. Paris. France. 2012
  8. (en) « Altava (Titular See) », sur www.catholic-hierarchy.org (consulté le 16 octobre 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jonathan Conant, "Literacy and Private Documentation in Vandal North Africa: The Case of the Albertini Tablets", Vandals, Romans and Berbers: New Perspectives on Late Antique North Africa, Ashgate, p. 199–224, 2004.
  • R. Lawless, Mauretania Caesartiensis: anarcheological and geographical survey. Durham University. Durham, 1969.
  • Maria Antonietta Ruiu. La Cohors II Sardorum ad Altava (Ouled-Mimoun, Algeria). Université de Sassari. Sassari, 2012