Guerre de Bourgogne

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Guerre de Bourgogne
Monument commémoratif de la bataille de Nancy
Monument commémoratif de la bataille de Nancy
Informations générales
Date 1474-1477
Lieu Lorraine et nord-ouest de la Suisse
Issue Victoire suisse et lorraine,
effondrement du duché de Bourgogne
Belligérants
Blason fr Bourgogne.svg États bourguignons
Duché de France Duché de Savoie
Coat of arms of Switzerland.svg Confédération suisse
Blason Lorraine.svgDuché de Lorraine
Commandants
Charles le Téméraire René II de Lorraine
Pertes
env. 22 000 env. 1 000
Batailles
Héricourt ()
La Planta ()
Grandson ()
Morat ()
Nancy ()

La Guerre de Bourgogne est un conflit qui oppose de 1474 à 1477 les États bourguignons à la Confédération suisse. Ce conflit déborde du cadre suisse et se solde par l'effondrement de la puissance bourguignonne.

Cause de la guerre[modifier | modifier le code]

Depuis leur victoire face aux Habsbourg, en avril 1388, lors de la bataille de Näfels, les confédérés ont acquis leur indépendance et ont conquis bon nombre de territoires afin d'agrandir leur superficie, mais leurs rapports avec les Habsbourg sont depuis cet événement en discorde. En 1468, Sigismond de Habsbourg, à cette époque duc d’Autriche, cherche un moyen de se défendre d’une éventuelle invasion de l’Autriche par les confédérés. Les raisons de Sigismond sont multiples : la principale peut être sa crainte de la Suisse, dont l'armée s'est forgée une solide réputation dans les conquêtes du siècle ; ou le fait qu’il cherche à retrouver sa suzeraineté d’antan.

Il tente donc de conclure une alliance avec le roi de France Louis XI, mais celui-ci refuse à cause d’une rivalité antérieure entre la maison de France et celle de Habsbourg. Le duc d’Autriche se tourne alors vers le rival du roi de France, Charles le Téméraire, qui est duc de Bourgogne depuis 1467.

Les Habsbourg et les Bourguignons finissent par conclure en 1469 le traité de Saint-Omer, qui mentionne l’abandon par les Habsbourg des territoires de la Haute-Alsace et de la Forêt-Noire, contre une certaine somme d’argent de la part des Bourguignons. Cet accord stipule aussi une défense mutuelle en cas de guerre. L’État de Bourgogne est, avec ces nouveaux territoires, le voisin direct des confédérés, et donc un allié capital pour Sigismond.

Le chevalier bourguignon Pierre de Hagenbach, nommé bailli de ces territoires, instaure plusieurs mesures commerciales et économiques qui inquiètent les villes rhénanes. En effet, Hagenbach interdit le commerce de grains avec elles, ce qui force Bâle et Strasbourg à solliciter l’aide de Berne, qui possède alors une grande puissance militaire. Berne est alliée à Mulhouse, qui endure elle aussi des troubles de la part du bailli bourguignon. Berne accepte cette alliance, qui lui est aussi favorable car elle craint que l’État bourguignon ne barre le passage vers les foires de Genève, accessibles par les routes du plateau. Une ligue appelée « Ligue alémanique  » se forme entre les quatre villes suivantes : Berne, Bâle, Strasbourg et Mulhouse.

Cependant, Sigismond est insatisfait du Téméraire (son allié), car il maintient la paix avec les confédérés et refuse de leur déclarer la guerre pour le compte du duc autrichien. Sigismond se résigne donc à négocier la paix avec les Suisses, le , à Constance ; ceci doit permettre de mettre fin à leurs conflits avec les Habsbourg. C’est donc le 31 mars que Strasbourg, Bâle et leurs évêques, ainsi que Colmar et Sélestat signent le « traité de Basse-Union[1] » avec Soleure et les confédérés.

Sigismond de Habsbourg signe ce même traité quelques jours plus tard, le 4 avril. Le traité ne se résume pas à un simple texte de paix entre les villes du Rhin et Sigismond : les villes avancent 76 000 florins au duc, afin que celui-ci puisse racheter les villes et les territoires de la Haute-Alsace qui étaient hypothéqués au duc de Bourgogne. Sigismond, qui désirait auparavant attaquer les confédérés, fait maintenant entièrement partie de leurs alliés. En même temps que le « traité de Basse-Union », Sigismond, les villes alsaciennes ainsi que les confédérés, préparent durant les mois de mars et avril 1474 un traité de « Paix perpétuelle » (il sera signé un peu plus tard, en juin). C’est ainsi qu’une ligue se met en place, menée par Lucerne, Bâle, Strasbourg et Berne, et préparant la guerre contre le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire.

Sans aucun rapport direct avec les traités signés durant la même période, Pierre de Hagenbach est arrêté à Brisach le 11 avril, et exécuté le 9 mai par les alliés des confédérés (les alliés rhénans), en raison de révoltes parmi ses troupes.

C’est à la suite de cet événement que les guerres de Bourgogne vont réellement commencer.

Bataille d'Héricourt[modifier | modifier le code]

Quelques mois plus tard, en août 1474, Étienne de Hagenbach (frère de Pierre) va, pour le venger, dévaster la Haute-Alsace avec l’aide de troupes lombardes. La Ligue alémanique riposte en envahissant la Franche-Comté. Cette bataille oppose la « Basse Ligue », les confédérés et les villes autrichiennes situées en Alsace aux troupes du duc de Bourgogne et de ses alliés lombards.

Le , les armées attaquent la ville d’Héricourt, sous domination du duc. Les armées bourguignonnes sont épaulées des troupes d'Henri de Neuchâtel-Blamont (maréchal de Bourgogne) et de Jacques de Savoie avec plus de 12 000 soldats. Le 13 novembre, ils sont découverts par les confédérés qui, sous le commandement de Berne, quittent leur camp pour attaquer directement les Bourguignons avant que ceux-ci ne puissent les assaillir.

Il faut deux batailles pour que les confédérés, aidés par les Autrichiens, puissent battre leurs adversaires sans subir trop de pertes. La troupe d'Héricourt préfère se rendre et laisser la ville aux troupes autrichiennes. Au terme de ces événements, les armées de Porrentruy et de Bâle récupèrent l’Alsace. Charles le Téméraire, occupé par le siège de Neuss, n'intervient pas dans le conflit.

Batailles de Grandson et de Morat[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'au début de 1476 que le duc de Bourgogne attaque Fribourg et Berne, et met le siège devant Grandson. Mais il doit rapidement faire face à toutes les troupes helvétiques et à celles de leurs alliés. Il est battu à deux reprises à Grandson le 2 mars, puis à Morat le 22 juin. Le 16 août, les Suisses négocient la rétrocession du pays de Vaud contre la neutralité de la Savoie.

Bataille de Nancy[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire se tourne contre le duché de Lorraine qu'il occupe partiellement depuis 1475, et qui sépare en deux ses états, qui vient de se révolter et dont le Duc, René II de Lorraine, a prêté main forte aux Suisses. Il est battu et tué lors de la bataille de Nancy le par les troupes Lorraines, alsaciennes et Suisses.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La plus importante des conséquences de ces guerres est la chute de la principauté bourguignone, gouvernée par Charles le Téméraire. Louis XI profite pleinement de la mort du duc, car il peut ainsi être à l’abri des attaques que le roi d’Angleterre prévoit sur la France après avoir fait une alliance avec Charles le Téméraire. Louis XI récupère plusieurs terres bourguignonnes : le duché de Bourgogne, la Picardie, l’Artois et la Flandre. Dans le même temps, Marie de Bourgogne, la fille de Charles de Téméraire, épouse Maximilien de Habsbourg qui récupère le comté de Bourgogne (Franche-Comté). C'est ainsi que commence le litige entre les rois de France et la maison des Habsbourg.

La Confédération suisse n'obtient pas de gains territoriaux de cette guerre, mais elle est reconnue comme l'une des plus grandes puissances militaires en Europe. Cette guerre fait aussi la renommée des mercenaires suisses. Plusieurs jeunes hommes préfèrent quitter leur profession et s'engager dans le mercenariat, appâtés par la rentabilité du métier des armes, qui devient connu[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claudius Sieber-Lehmann, « Basse-Union » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 21 mai 2002.
  2. Claudius Sieber-Lehmann, « Guerres de Bourgogne : conséquences des guerres » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 9 octobre 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]