Gonzague Saint Bris

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Gonzague Saint Bris
Description de cette image, également commentée ci-après
Gonzague Saint Bris en 2011.
Nom de naissance Gonzague Marie Joseph Vincent François Saint-Bris
Naissance
Loches (Indre-et-Loire)
Décès (à 69 ans)
Saint-Hymer (Calvados)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français

Gonzague Saint Bris, né le à Loches (Indre-et-Loire) et mort le à Saint-Hymer (Calvados), est un écrivain et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gonzague Marie Joseph Vincent François Saint Bris est le fils d'Hubert Saint-Bris (1915-1979), diplomate, ancien élève de l'École nationale d'administration[1], et d’Agnès Mame, poétesse amatrice[2]. Prénommé Gonzague en souvenir de son cousin Gonzague de Saint-Geniès[3], deuxième d’une famille de huit enfants (sept garçons et une fille), il est né à Loches et a été élevé au château du Clos Lucé à Amboise, propriété de sa famille depuis le 30 juillet 1855[4]. Par sa mère, il descend de Louis Mame, l'un des éditeurs de La Comédie humaine[5]. Son frère aîné était Jean Saint-Bris (1947-2004), quatrième comte romain du nom[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Écrivain et journaliste[modifier | modifier le code]

Autodidacte, il fut successivement journaliste à La Vigie marocaine (1967) au Maroc puis à La Nouvelle République à Tours (1968), critique littéraire, animateur sur la radio Europe 1 (deuxième moitié des années 1970), en particulier de la très intimiste émission La ligne ouverte, parole offerte aux auditeurs et proposant « d’inoubliables instants de radio »[7], chroniqueur au Figaro (1980), fondateur et animateur de la radio libre Méga l'O (1981), directeur de la stratégie et du développement du groupe Hachette Filipacchi Médias (1987-2001), chargé de mission au ministère de la Culture et de la Communication (1986-1988), directeur-propriétaire du magazine Femme[8]. Il est chroniqueur pour Paris Match, notamment lors d'événements concernant les familles princières ou royales, entre autres le mariage du prince Albert II en 2011 à Monaco. Il rencontre également Michael Jackson en février 1992, durant le voyage de la star en Afrique. Il en tire un livre sorti en 2010. En novembre 2014, à dos de mulet, il refait le trajet effectué en 1516 par Léonard de Vinci à travers les Alpes lorsqu'il fut invité en France par François Ier[9].

En 2013 il avait tenu à avoir son buste en bronze sculpté par Cyril de La Patellière dans sa collection personnelle[réf. nécessaire].

Organisateur de manifestations culturelles[modifier | modifier le code]

Attaché à la Touraine — il a été conseiller municipal de Loches de 1989 à 1995, dans l'opposition[10] —, il mène pendant près de quarante ans des actions culturelles : Le Nouveau Romantisme, l'Académie romantique créée avec Patrick Poivre d'Arvor, Brice Lalonde, Francis Huster, Etienne Roda-Gil et Frédéric Mitterrand en 1978[11], les clips culturels, les radios libres, la Marche Balzac, la Marche George Sand et vingt éditions de La Forêt des Livres à Chanceaux-près-Loches, un festival littéraire gratuit et ouvert à tous qui reçoit chaque dernier dimanche d'août 150 auteurs dans un village forestier de 150 habitants en avant-première à la rentrée littéraire. À cette occasion, plusieurs prix sont attribués aux auteurs dans le cadre du prix des Lauriers Verts.

Candidat à l'Académie française[modifier | modifier le code]

Gonzague Saint Bris en 2007, photographié par Armand Langlois au Clos Lucé.

Il est à trois reprises candidat à l'Académie française.

Le 7 juin 2001, il est candidat au fauteuil de Michel Droit, mais est battu par Pierre Nora. Le 7 février 2008, il se présente au fauteuil de Bertrand Poirot-Delpech : les académiciens préfèrent n'élire personne, l'élection est blanche[12]. Enfin, le 10 mai 2012, il est candidat au fauteuil de Jean Dutourd : l'élection est de nouveau blanche.

Télévision[modifier | modifier le code]

Gonzague Saint Bris est régulièrement invité de l'émission Midi en France sur France 3. Dès le 28 septembre 2016, il a une chronique dans l'émission OFNI, l'info retournée animée par le jeune Bertrand Chameroy sur W9. L'écrivain parle d'une information people (le divorce des Brangelina par exemple) à la manière d'une critique de pièce de théâtre.

Mort[modifier | modifier le code]

Gonzague Saint Bris meurt le dans un accident de la route sur la départementale 675 à hauteur de Saint-Hymer, non loin de Pont-l'Évêque (Calvados)[13],[14]. Sa compagne Alice Bertheaume, qui conduisait la voiture, une Renault Mégane, a tenté d’éviter un renard, projetant la voiture contre un arbre. Elle avait 0,80 grammes d'alcool dans le sang. Gonzague Saint Bris, dont la ceinture de sécurité n'était pas attachée, a été éjecté et tué sur le coup, sa compagne légèrement blessée[14],[15],[16],[17].

Le soir du drame, le couple sortait d'une réception passée à Deauville, après avoir dîné dans un restaurant de la ville[18] pour rejoindre Bonneville-la-Louvet où il devait passer la nuit.

Alice Bertheaume a été jugée le 15 mai 2018 par le tribunal correctionnel de Lisieux. Elle est condamnée à six mois de prison avec sursis pour « homicide involontaire par conducteur sous l'empire d'un état alcoolique »[19].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le 22 septembre 1979, Gonzague Saint Bris se marie avec Clémence de Lasteyrie du Saillant, nièce du président de la République Valéry Giscard d'Estaing[20],[21]. Il était le compagnon d'Alice Bertheaume.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Gonzague Saint Bris en 2004, à un salon du livre en Normandie.

Il est l'auteur de près d'une quarantaine de livres, dont Le Romantisme absolu, de récits historiques (Les Égéries russes, et Je vous aime inconnue, Le Coup d'éclat du 2 décembre) et de biographies comme celles de Vigny, Dumas, Balzac, Flaubert, La Fayette[22].

En 2002, son ouvrage d'inspiration autobiographique Les Vieillards de Brighton est récompensé par le prix Interallié, puis son roman L'Enfant de Vinci par le prix des Romancières en 2006. Dès sa parution, ce dernier avait été salué en ces termes par Julien Gracq[23] :

« Les vigoureux apports imaginatifs qui surgissent — pour vous particulièrement — de la vallée de la Loire, habitée, naviguée, rêvée, photographiée par vous, vous ont donné un de vos meilleurs livres. Le temps y devient flexible et l’histoire s’y incorpore familièrement. Merci pour ce livre hanté par les chroniques fabuleuses, la géographie des paysages, mais encore plus par la légende, par le souvenir et par le songe. »

Le 26 janvier 2016, il reçoit le prix Hugues-Capet, mention « Grand prix spécial », pour l'ensemble de son œuvre, dont sa biographie Louis XI, le méconnu.

Il apparaît comme frère Gonzague, l'un des maîtres de l'ordre des chevaliers de Rhodes, dans la bande dessinée Général Leonardo d'Erik Svane et Dan Greenberg[24].

Romans[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

  • La Nostalgie, camarades !, Albin Michel, 1982.
  • Les Histoires de l'Histoire, Michel Lafon, 1987.
  • Les Dynasties brisées, Jean-Claude Lattès, 1992.
  • Les Aiglons dispersés, Jean-Claude Lattès, 1993.
  • Les Septennats évanouis, Jean-Claude Lattès, 1995.
  • Romans secrets de l'Histoire, Michel Lafon, 1996.
  • Les Vingt ans de l'Aiglon, Taillandier, 2000.
  • Le Coup d’éclat du 2 décembre, Taillandier, 2001.
  • Les Princes du romantisme, Robert Laffont, 2003.
  • Un ruban de rêve : le premier festival de Cannes, Steinkis Groupe / Éditions Prisma, (lire en ligne).
  • Déshabillons l'histoire de France : tableau des mœurs françaises, Xo Éditions, 2017.
  • Aristocrates rebelles, Les Arènes, 2017.

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Desaix, le sultan de Bonaparte, Librairie académique Perrin 1995 (prix Dupleix 1996).
  • Alfred de Vigny ou La volupté et l’honneur, Grasset, 1998 (prix du Bicentenaire).
  • Agnès Sorel, beauté royale, Éditions de La Nouvelle République, 1998.
  • Le Sacre… et Bonaparte devint Napoléon, Taillandier, 1999.
  • La Grande vie d'Alexandre Dumas, avec Alain Ducasse, Minerva, 2001 (prix de l'Art de vivre).
  • Sur les pas de George Sand, illustrations Philippe Lorin, Presses de la Renaissance, 2004.
  • Sur les pas de Jules Verne, illustrations Stéphane Heuet, Presses de la Renaissance, 2005.
  • Léonard ou Le génie du roi au Clos Lucé, CLD, 2005.
  • Sur les pas de Léonard de Vinci, illustrations Philippe Lorin, Presses de la Renaissance, 2006.
  • La Fayette, Télémaque, 2006 (ISBN 2-7533-0039-9).
  • François Ier et la Renaissance, Télémaque, 2008.
  • La Malibran, Éditions Belfond, 2009.
  • Henry IV et la France réconciliée, Télémaque, 2009.
  • Au paradis avec Michael Jackson, Presses de la Cité, 2010.
  • Alfred de Musset, Grasset, 2010.
  • Balzac : une vie de roman, SW Télémaque, 2011.
  • Rosa Bonheur : Liberté est son nom, Robert Laffont, 2012.
  • En tête à tête avec Victor Hugo, Grund, 2012.
  • Louis XIV et le Grand Siècle, Télémaque, 2012.
  • Marquis de Sade : l'ange de l'ombre, Télémaque, 2013
  • Le goût de Stendhal, Télémaque, 2014.
  • Louis XI, le méconnu, Albin Michel, 2015.

Autre publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (SUDOC 108529878).
  2. Jean-Joseph Julaud, La Littérature française pour les nuls, edi8, (ISBN 9782754069953, lire en ligne), p. 1127.
  3. site de l'écrivain.
  4. Marguerite Coleman, Histoire du Clos-Lucé, Tours, Arrault et Cie, 1937, pp. 93-94.
  5. Françoise Dargent, « Mort tragique de l'écrivain Gonzague Saint Bris », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  6. Ce titre héréditaire a été accordé par le pape Pie IX à l'aïeul Georges Saint-Bris (1841-1922), compositeur, par un bref pontifical du 15 août 1874. Cf. D. Labarre de Raillicourt, Les comtes du pape en France (XVIe-XXe siècles), Paris, chez l'auteur, 1967 ; Luc Boisnard, Dictionnaire des anciennes familles de Touraine, Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 1992, p. 371.
  7. Éric de Bellefroid, « L'écrivain Gonzague Saint Bris décède dans un accident de voiture », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne).
  8. Biographie de Gonzague Saint Bris sur son site officiel.
  9. Gonzague Saint Bris, « Dans les pas de Léonard de Vinci », sur parismatch.com, .
  10. « Rétro: Gonzague Saint-Bris, l’historien dandy de Touraine avait grandi au Clos Lucé | Mag'Centre », sur www.magcentre.fr (consulté le 24 août 2018).
  11. Alain Louis Sire, Gilles Brochard, La bataille romantique, Nouvelles Éditions Oswald, , p. 63.
  12. « Gonzague Saint Bris retente sa chance à l'Académie française », sur lexpress.fr.
  13. « L’écrivain Gonzague Saint Bris est mort », Le Point, 8 août 2017.
  14. a et b « L’écrivain Gonzague Saint Bris meurt dans un accident de la route », sur www.francetvinfo.fr, .
  15. L'écrivain Gonzague Saint Bris est mort, Le Figaro.
  16. L’écrivain Gonzague Saint Bris meurt dans un accident de voiture, Le Monde.
  17. L'historien Gonzague Saint Bris décède brutalement en Normandie, Le Point.
  18. Le Progrès, « Décès de Gonzague Saint Bris : sa compagne alcoolisée et en excès de vitesse ? », Le Progrès, Lyon,‎ (lire en ligne).
  19. Le Point, magazine, « Mort de Gonzague Saint Bris : sa compagne condamnée à six mois avec sursis », Le Point,‎ (lire en ligne).
  20. Paris Match, no 1584, 5 octobre 1979, p. 125.
  21. Philippe Rioux, « Le dernier des dandys Gonzague Saint-Bris », ladepeche.fr, 8 août 2017.
  22. Celle-ci a atteint les 100 000 exemplaires et a reçu aux États-Unis un Award de littérature de l'université John Fitzgerald Kennedy de Californie.
  23. Citation extraite du site livres.fluctuat.net.
  24. Erik Svane & Dan Greenberg, Général Léonardo, t.2 : Croisade vers la Terre Sainte, éd. Paquet.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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