Colette Darfeuil

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Colette Darfeuil
Description de l'image Colette Darfeuil.jpg.
Nom de naissance Emma Henriette Augustine Floquet
Naissance
Paris, France
Nationalité Drapeau de France Française
Décès (à 92 ans)
Montfort-l'Amaury, France
Profession Actrice

Emma Henriette Augustine Floquet dite Colette Darfeuil, née le dans le 15e arrondissement de Paris et morte le à Montfort-l'Amaury (Yvelines)[1], est une actrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Colette Darfeuil eut son heure de gloire dans les années 1920 et 1930, puis sombra dans un oubli presque total. Il est temps de sortir cette comédienne pétillante du purgatoire où elle s'est enlisée. Sa carrière au cinéma fut très fournie. Ce qui frappe d'abord dans cette carrière, c'est son abondance. Colette Darfeuil a tourné plus de cent dix films en un peu plus de trente ans. Certaines années, en 1934 par exemple, elle a participé à pas moins de dix films! C'est dire qu'elle était parfois peu regardante sur la qualité des œuvres où elle apparaissait. Les vaudevilles militaires ne l'effrayaient pas; la preuve, elle est Folette de Saint-Pageot (tout un programme!) dans "Le béguin de la garnison", de Robert Vernay, à qui on doit pourtant un excellent "Comte de Monte-Cristo", ou Germaine Pélageon dans "Les bleus de la marine", de Maurice Cammage, où les conscrits Lafraise (Fernandel) et Plumard (sic!), incarné par le célèbre piou-piou Ouvrard, se font passer pour un ministre et son secrétaire.

Maurice Cammage, le roi de la gaudriole militaire, employa Colette Darfeuil dans d'autres comédies troupières comme "La caserne en folie" ou dans des films aussi subtils que "La petite dame du wagon-lit" ou "Prête-moi ta femme". D'autres tâcherons du cinéma à la petite semaine feront appel à elle, comme Maurice Gleize, qui lui fera tourner "La course à la vertu" (à noter tout de même qu'il est l'auteur d'un film plaisant "Le club des soupirants", avec le génial Saturnin Fabre) , Pierre Colombier ("Une gueule en or"), qui a tout de même signé quelques bons Fernandel ("Ignace", "Les rois du sport"...), René Pujol, un autre représentant de la comédie de garnison ("J'arrose mes galons") ou André Hugon, auteur pourtant du premier film parlant français, "Les trois masques".

Colette Darfeuil a aussi tourné avec des metteurs en scène totalement oubliés aujourd'hui. C'est le cas de Roger Lion, avec qui elle tourna "Les 1934, des films tirés des romans de Paul Bourget ou des pièces de Feydeau. Elle participa aussi à quelques films de Jean Godard, dont le plus connu, "Pour un soir", avec Jean Gabin, alors à ses débuts. On vit aussi Colette Darfeuil dans des films d'un de ses maris, Pierre Weill, qui lui fit tourner "Le train d'amour", avec Alice Tissot et Georgius ou "Trois dans un moulin", aux côtés de Claire Gérard et Georges Péclet. Elle a joué également dans les œuvres du cinéaste belge sans doute le plus connu de cette époque, Gaston Schoukens, artisan d'un vrai cinéma populaire.

Colette Darfeuil a aussi interprété des films comme "La treizième enquête de Grey", de Pierre Maudru, plus connu comme scénariste de films populaires signés Jean Kemm ou Henri Fescourt, compositeur et écrivain, "La vierge du rocher", de Georges Pallu, avec les Petits Chanteurs à la croix de bois et Madeleine Guitty, "Colette et son mari", d'André Pellenc, aux côtés d'André Roanne et Marcel Carpentier (on doit aussi à André Pellenc un film assez plaisant "La tournée des grands-ducs", avec Raymond Bussières et Denise Grey), "Sa maman", de Gaston Mouru de Lacotte, auquel on doit aussi "Ames corses", avec Georges Péclet, ou encore "Escales", de Louis Valray, qui est considéré, notamment par Paul Vecchiali, comme un des précurseurs de la Nouvelle Vague. Tous ces réalisateurs oubliés des Histoires du cinéma mériteraient peut-être qu'on les redécouvrît. Colette Darfeuil a aussi fréquenté des cinéastes dont personne ne conteste le talent:Alberto Cavalcanti, avec qui elle tournera "Le truc du Brésilien", qui est, avec John Grierson bien sûr, un des grands documentaristes de l'école anglaise et à qui on doit "Au cœur de la nuit", un chef-d'œuvre incontesté du fantastique ; Fedor Ozep, un des pionniers du cinéma soviétique, et qui a signé peut-être la meilleure adaptation des "Frères Karamazov" ; Pierre Chenal, pour qui Colette Darfeuil tournera "Le martyre de l'obèse", excellente adaptation du roman d'Henri Béraud ; Jacques Tourneur, dont elle interprétera le second film "Pour être aimé" et qui tournera aux États-Unis d'admirables films d'horreur comme "Cat people", "Leopard man" ou "I walked with a zombie", où tout reposait sur la suggestion et un travail subtil sur le noir et blanc; Dimitri Kirsanoff, connu pour la poésie de ses films muets, comme"Ménilmontant" ou "Brumes d'automne". On pourrait encore citer Delannoy, Duvivier ou Maurice Tourneur pour montrer que, dans sa carrière trop éclectique, Colette Darfeuil ne fit pas que des mauvais choix. L'actrice s'est aussi compromise dans une des rares œuvres de propagande vychiste avouée, "Les forces obscures", qui dénonce un supposé complot judéo-maçonnique. Son auteur, le journaliste collaborationniste Jean Mamy, fut condamné à mort et exécuté à la Libération.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Période : 1920/1929[modifier | modifier le code]

Période 1930/1935[modifier | modifier le code]

Période 1936/1939[modifier | modifier le code]

Période 1940/1953[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Chirat et Olivier Barrot, Les excentriques du cinéma français : 1929-1958, Paris, Henri Veyrier, (ISBN 978-2-8519-9304-5)
  • Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus 694 portraits, 2147 noms, Mormoiron, Y. Foucart, , 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Epouse du producteur René Bianco & divorcée du réalisateur Pierre Weill

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]