Gaston Baheux

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Gaston Baheux
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Gaston Baheux dit Tonton, boulonnais né à Brest en 1897 et mort à Paris en 1966, est un patron de cabarets parisiens. Il est une figure de Montmartre, du milieu artistique et du milieu homosexuel[1] des années 1920, 30, 40 et 50.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille de Gaston Baheux est de Boulogne-sur-Mer. Son père et son grand-père étaient charpentiers de marine.

Mobilisé en 1915, à 18 ans, il est affecté en janvier 1916 au 25e bataillon de chasseurs à pied. Il est décoré de la croix de guerre 1914-1918 avec deux étoiles.

Après la Première Guerre mondiale il quitte le Pas-de-Calais et s'installe à Paris. Dans les années 1920 il est garçon, puis, devient animateur dans plusieurs cabarets homosexuels de Montmartre, avant, enfin, d'ouvrir ses propres établissements. Ce sont les "années folles", la fête bat son plein.

En 1930, un de ses cabarets (il en aura, successivement, sept au total), rue Norvins, s'appelle « Chez Tonton » (Tonton étant le diminutif de Gaston).

En deux décennies il se bâti une réputation d'animateur de talent et noue de nombreuses amitiés dans le monde artistique. Très lié à la comédienne Marguerite Moreno[2], il devient plus tard, par son entremise, ami de Colette.

En 1939 il est à nouveau appelé sous les drapeaux. En 1940, démobilisé, il rachète à Bob Giguet le « Liberty's bar », place Blanche. Le Tout-Paris, et tout d'abord ceux qui l'ont connu en haut de la Butte, fréquente l'établissement. De Jean Cocteau à Édith Piaf en passant par Mistinguett ou Francis Carco et bien d'autres, l'endroit devient pour les habitués : « Chez Tonton ».

Tonton assure l'animation, épaulé par son comparse Nono. Son grand ami Charpini est souvent à l'affiche. La "grande Jacky" dirige la salle.

A partir de 1945 Fifi, le neveu de Tonton, rentré de captivité, joue un rôle de découvreur de nouveaux artistes.

Jackie Rollin puis Fernand Sardou au long des années 40 et 50 sont des fidèles du lieu. Fernand crée des saynètes auxquelles participent également, suivant leurs talents, cuisiniers, garçons et maîtres d'hotel.

En 17 ans d'existence (jusqu'à sa fermeture en 1957) la scène du « Liberty's » de « Tonton », accueille de très nombreux artistes, confirmés ou débutants, tels Pauline Carton, Julien Bouquet, Andrel (Bourvil), Jacques Meyran, Marguerite Deval, Serge Davri, Fréhel, Max Montavon, Robert Lamoureux, Francis Linel, Marguerite Moréno, Ginette Garcin, Maurice Chevalier, Pieral, Line Dariel , Jean Richard, Charpini et Brancato, Henri Betti, Odette Laure, Claude Véga[3], Jacqueline Maillan, Mouloudji, Champi, Lise Graf, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Denise Clair, Charles Trenet, Jean Valton, Claude Nougaro, Lilo, Micheline Dax, Yana Gani, Gilbert Bécaud, Renée Lamy, Mick Micheyl, Marcel Amont, Jean Raymond, Suzanne Gabriello, Raoul, François Deguelt …etc.

Gaston Baheux était aussi un amateur d'art réputé[4], collectionneur de peintures et, là encore ami d'artistes, comme Henri Mahé[5], Yves Brayer, André Derain, Raoul Dufy, Maurice de Vlaminck, Jean-Dominique Van Caulaert, André Dignimont, Jean Dufy, Gen Paul ou Bernard Buffet. Son goût pour les arts plastiques l'a amené à créer le groupe « Rencontres » au début des années 1950.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colette, Lettres à Tonton, Mille et une nuits, 2004

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Martin Pénet L'expression homosexuelle dans les chansons françaises de l'entre-deux-guerres : entre dérision et ambiguïté Cairn
  2. François Soustre, Marguerite Moreno, Ed Séguier,
  3. Claude Vega, Couleurs, la mémoire des autres, Les Editions Ovadia,
  4. « Fonds Baheux, Gaston - Cabaret Le Liberty's (cabaret) », sur Bibliothèque nationale de France. Département des arts du spectacle
  5. Henri Mahé, La genèse avec Céline, Ecriture,