Enceinte de Lille

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Enceinte de Lille
Présentation
Destination initiale
Fortifications militaires défensives
Architecte
Localisation
Pays
Division administrative
Subdivision administrative
Commune
Coordonnées

L'enceinte de Lille est un ancien ensemble de fortifications qui protégeait la ville de Lille entre le Moyen Âge et le XXe siècle.

Les fortifications modernes (1400-1667)[modifier | modifier le code]

Les fortifications de transition[modifier | modifier le code]

Plan Deventer vers 1545 (centré sur la ville)
Idem (général)

En 1402, on commence la construction de la Noble Tour sur le front sud-est et des boulevards sont rajoutés.

À partir des années 1520, l'enceinte subit une vague de modernisation dans le cadre de la guerre entre Charles Quint et la France : en 1521, les portes de Fives, Saint-Sauveur, des Malades et du Molinel sont arasées afin de ne pas constituer une cible pour l'artillerie[1]. Une entrée est ajoutée à la Noble Tour qui est également arasée et une tour nouvelle est construite sur la courtine entre la porte des Malades et du Molinel[3]. En 1525, des travaux de remparement sont menés (élargissement du rempart) et la courtine à proximité de la collégiale Saint-Pierre est rénovée.

À nouveau en guerre avec la France à partir de 1537, divers modifications sont entreprises, il est interdit de bâtir dans un rayon de 1 400 pieds (427 mètres) autour de l'enceinte, des modifications sont faites aux portes Saint-Sauveur et de la Barre.

En 1577, le démantèlement du château de Courtrai est décidé, le mur côté ville est démoli tandis que les trois fronts extérieurs sont intégrés à l'enceinte urbaine.

À la même époque, entre 1572 et 1599, des demi-lunes et ouvrages à cornes sont ajoutés à l'enceinte[4],[5],[2] :

Les 4e et 5e agrandissements[modifier | modifier le code]

Plan de Lille en 1650

Pour faire face à l'accroissement de la population, divers projets d'agrandissements sont menés à partir de 1539 sans aboutir.

La nouvelle porte Notre-Dame.

Un nouveau projet est dressé en 1597 par l'ingénieur Mathieu Bollin qui propose d'annexer le faubourg du Molinel au sud-ouest. Ce projet est accepté en 1603 et les travaux sont menés à partir de cette date jusqu'en 1605. La nouvelle enceinte est construite entre le cours de la Haute-Deûle au nord et la tour de 1521 au sud. Elle comporte trois ouvrages en saillant (du nord au sud) : un ouvrage de forme rectangulaire dit du Calvaire (21), un bastion à flancs droits dit de la Piquerie (23) et un redent dit du Moulinet (26). Sur la courtine 23-26 entre ces deux derniers ouvrages est percée une nouvelle porte dite "Notre-Dame" du nom du faubourg qui remplace l'ancienne porte du Molinel. Cette nouvelle enceinte n'est reliée à l'ancienne qu'au sud, elle reste séparée au nord de l'ancienne par la Haute-Deûle.

En 1617, un second agrandissement est effectué au nord en annexant les faubourgs de Courtrai et des Reignaux. Une nouvelle enceinte est réalisée entre l'ouvrage à cornes devant l'îlot du Gard et la courtine au sud du faubourg des Reignaux, elle comporte cinq bastions à flancs droits perpendiculaires à la courtine et ligne fichante : de la Madeleine (55), du Meunier (ou des Carmélites, 51), des urbanistes (49), de Saint-Maurice (47), des buiges (46). Deux portes sont percées en remplacement des anciens ouvrages : la porte Saint-Maurice (de Roubaix) du nom du faubourg Saint-Maurice sur la courtine 47-49 en remplacement de la porte des Reignaux et la porte de la Madeleine (de Gand) sur la courtine 51-55 en remplacement de la porte de Courtrai. Cette nouvelle enceinte est détachée de l'ancienne et en est séparée par la Basse-Deûle (fossé des remparts).

L'ancienne enceinte est préservée malgré cela derrière les nouvelles et ne va être supprimée que dans la seconde moitié du XVIIe siècle[6].

Ajouts ultérieurs[modifier | modifier le code]

Plan en 1668 (centré sur la ville)
Idem (général)

Diverses modifications sont par la suite effectuées.

L'enceinte nord ne subit que très peu de modifications hormis le rajout de demi-lunes devant l'ouvrage à cornes de la Barre, la courtine et la porte Saint-Pierre entouré d'un chemin couvert et glacis.

Sur le front nord-est du 5e agrandissement, l'ancien ouvrage à cornes devant l'îlot du Gard est supprimé et un bastion (58) similaire à ceux de ce front est ajouté sur la rive droite. Diverses demi-lunes sont ajoutées devant les courtines, doublées devant les deux portes de la Madeleine et Saint-Maurice, avec chemin couvert et glacis. L'enceinte médiévale et le château de Courtrai sont rasés.

Au sud-est le tracé de l'enceinte est régularisé renforcé de demi-lunes avec chemin couvert et glacis. Un demi bastion est créé au nord de la porte de Fives pour faire la liaison avec l'enceinte du 5e agrandissement, un autre bastion (n°41, probablement englobant l'ancienne demi-lune de la Noble Tour) est créé comportant un flanc gauche à orillons et l'autre droit englobant la Noble Tour dont il prend le nom.

Sur le front sud, l'enceinte est également régularisée et un bastion à flancs droits dit des Canonniers est créé à l'ouest (30), la portes des Malades est défendu par une ancienne demi-lune et un second ouvrage extérieur le tout comme pour les autres front entouré d'un chemin couvert et glacis.

À l'ouest, l'enceinte du 4e agrandissement est reliée au nord à l'ancienne enceinte avec la construction d'une nouvelle porte d'eau, le profil du redent du Moulinet (26) est légèrement modifié et l'ouvrage du Calvaire (21) est transformé en bastion par l'ajout de deux faces. Divers ouvrages extérieurs sont ajoutés dont des demi-lunes devant les courtines avec chemin couvert et glacis.

Notes et sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saint-Léger évoque également la condamnation de la porte Saint-Sauveur en 1521 et celle de Fives en 1522. Il s'agit là probablement d'une mesure temporaire, on sait que ces deux portes ont été condamnées définitivement que 100 ans plus tard.
  2. a et b Plan de Lille en 1599, Bibliothèque municipale de Lille AG/10/10/; Ark:/74900/a0114289249877Yg2Cw
  3. Saint-Léger évoque la construction de tours sans en préciser le nombre, le plan de 1599 et celui de Beaulieu en 1650 ne témoignent que d'une seule tour d'une taille plus importante que la Noble Tour, pouvant correspondre aux procédés utilisés dans la première moitié du XVIe siècle[2].
  4. On peut également dater les ouvrage à cornes et les demi-lunes à orillons à cette époque, l'usage de ces orillons s'étant démocratisé dans les Pays-Bas à partir des années 1540-1550. Il peut s'agir des ouvrages rajoutés en 1591 qu'évoque Saint-Léger sans en préciser la nature.
  5. Plan de Lille en 1572, Bibliothèque municipale de Lille AG/10/10bis; Ark:/74900/a011428911810vlEUjp
  6. Saint-Léger affirme que la courtine au sud-ouest est démolie en 1606 suite à la complétion de l'ancienne tandis qu'au nord-est l'ancien fossé du rempart est maintenu, cela est cependant contredit par la carte militaire de Sébastien Pontault de Beaulieu de 1650.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]