Fear (Bob Woodward)

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Fear
Trump in the White House
Image illustrative de l’article Fear (Bob Woodward)
Donald Trump en août 2018

Auteur Bob Woodward
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Essai
Version originale
Langue Anglais
Éditeur Simon and Schuster
Date de parution 11 septembre 2018
Nombre de pages 448
ISBN 978-1-4711-8130-6

Fear, sous-titré Trump in the White House, est un livre du journaliste américain Bob Woodward sur la présidence de Donald Trump, publié aux États-Unis le 11 septembre 2018 par Simon and Schuster. Plusieurs bonnes feuilles de cet ouvrage très critique envers Donald Trump ont paru dans The Washington Post une semaine avant sa sortie.

Présentation[modifier | modifier le code]

Bob Woodward, l'essayiste et journaliste d'investigation du Washington Post qui avait contribué avec son coéquipier Carl Bernstein à la démission du président des États-Unis Richard Nixon en révélant le scandale du Watergate[1], est l'auteur d'un livre de plus de 400 pages sur la présidence de Donald Trump[2]. La date de parution, le 11 septembre 2018, se situe à quelques semaines des élections législatives de la mi-mandat[2], qui doivent avoir lieu le 6 novembre suivant[3].

Bob Woodward indique avoir vainement essayé d'interroger le locataire de la Maison-Blanche dans le cadre de son enquête et ajoute que celui-ci ne l'a contacté qu'à la mi-août, alors que le manuscrit était achevé[2]. L'enregistrement de leur conversation à ce sujet a été diffusé par le Washington Post[4]. Donald Trump commence par nier avoir été au courant des démarches de Woodward pour le rencontrer, puis finit par reconnaître que deux personnes l'en avaient informé[5].

L'idée du titre (Fear) est venue à Woodward d'une ancienne interview, en avril 2016, lors de laquelle Trump, alors candidat à la présidence, lui avait affirmé en présence de son confrère le journaliste Robert Costa : « Real power is, I don't even want to use the word, fear » (« Le vrai pouvoir, c'est, je ne veux même pas prononcer le mot, la peur »)[6]. La transcription de cet entretien a été publiée par le Washington Post[7].

Contenu[modifier | modifier le code]

Bob Woodward en 2016.

L'ouvrage cite entre autres des témoignages du chef de cabinet John F. Kelly, du secrétaire à la Défense Jim Mattis, de l'ancien conseiller économique Gary Cohn[2], de l'ancien avocat de Trump John M. Dowd (en)[8], et le New York Times précise que le travail de Woodward s'appuie sur des centaines d'heures d'entretiens avec des sources de première main, de notes personnelles, de dossiers et de documents[9].

D'après les informations recueillies par Woodward, Trump envisageait notamment d'ordonner le rapatriement des familles des 28 500 soldats américains déployés en Corée du Sud, alors que la Corée du Nord allait interpréter ce retour comme le signe précurseur d'une attaque imminente[10]. Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, l'en aurait alors dissuadé en lui expliquant que cette initiative risquait de provoquer une troisième guerre mondiale[10].

« Un secrétaire à la Défense qui justifie ses décisions face à Donald Trump en lui expliquant qu’il veut "empêcher une troisième guerre mondiale". Un chef de cabinet qui traite son patron d’"idiot" [...]. Ou encore, un conseiller économique qui cache une lettre pour empêcher le président de la signer » : tels sont, pour la Tribune de Genève, les premiers traits marquants du livre de Woodward[11]. Selon L'Obs, le portrait du président qui ressort de cet ouvrage est celui d'un « roi fou totalement déchaîné »[12], et pour Le Figaro, celui d'un dirigeant politique que son entourage juge dangereux pour le pays et tente d'« encadrer » au cours de « scènes stupéfiantes » qui le montrent aux prises avec ses proches collaborateurs[13]. Toujours selon Le Figaro, le prestige et la crédibilité de Bob Woodward, deux fois lauréat du prix Pulitzer[14], auteur d'enquêtes sur huit présidences américaines et journaliste professionnel qui enregistre toutes ses conversations, vont limiter la marge de manœuvre de Trump[13].

Réactions[modifier | modifier le code]

Après la publication des bonnes feuilles de Fear et les premiers commentaires des médias américains, la Maison-Blanche attend plusieurs heures avant de réagir[8]. Puis, sur Twitter, Trump dément formellement les propos que Woodward lui attribue et accuse le journaliste d'être à la solde du Parti démocrate : il en veut pour preuve la date de parution de l'ouvrage, quelques semaines avant le scrutin législatif où le Parti républicain risque d'être mis en difficulté[8]. De son côté, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, parle d'« histoires fabriquées » à propos du livre, mais sans autre détail[8].

Sortie en France[modifier | modifier le code]

Les droits de publication du livre en France ont été achetés par les éditions du Seuil, qui doivent en réaliser la traduction et la parution très prochainement[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Après le Watergate, Bob Woodward fait à nouveau trembler la Maison-Blanche », France Culture, 5 septembre 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  2. a b c et d « États-Unis : Impulsif, colérique, inculte... Un célèbre journaliste dresse le portrait accablant de Trump dans un livre », 20minutes.fr, 4 septembre 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  3. « Woodward dresse le portrait accablant d'un Trump inculte et colérique », Le Point, 4 septembre 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  4. Philip Rucker, Robert Costa, « Bob Woodward’s new book reveals a ‘nervous breakdown’ of Trump’s presidency », The Washington Post, 4 septembre 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  5. Gilles Paris, « "On est chez les fous" : la Maison-Blanche de Trump vue par le journaliste Bob Woodward », Le Monde, 5 septembre 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  6. Jamie Gangel, Dan Merica, « Bob Woodward's new book puts readers face to face with Trump », CNN, 30 juillet 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  7. Bob Woodward, Robert Costa, « Transcript: Donald Trump interview with Bob Woodward and Robert Costa », The Washington Post, 2 avril 2016 (consulté le 6 septembre 2018). La phrase de Trump sur le real power se situe peu après le milieu de l'entretien.
  8. a b c et d Hélène Vissière, « Donald Trump se déchaîne contre Bob Woodward », Le Point, 5 septembre 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  9. Matt Stevens, Jason M. Bailey, « Bob Woodward's New Book Will Detail 'Harrowing Life' Inside Trump White House », The New York Times, 30 juillet 2018 (consulté le 5 septembre 2018).
  10. a et b « La guerre avec la Corée du Nord a été évitée à un tweet de Donald Trump près, selon Bob Woodward », huffingtonpost.fr, 9 septembre 2018 (consulté le 10 septembre 2018).
  11. Jean-Claude Delaloye, « Trump défie Bob Woodward, le journaliste qui fit tomber Nixon », Tribune de Genève, 5 septembre 2018 (consulté le 6 septembre 2018).
  12. Philippe Boulet-Gercourt, « Bob Woodward raconte la présidence de Trump de l'intérieur et c'est effrayant », L'Obs, 4 septembre 2018 (consulté le 6 septembre 2018).
  13. a et b Philippe Gélie, « Bob Woodward : la Maison-Blanche, "un monde de fous" », Le Figaro, 5 septembre 2018 (consulté le 6 septembre 2018).
  14. En 1973 avec Carl Bernstein pour Les Hommes du président et en 2002 avec l'équipe du Washington Post, dont il a été le principal artisan, pour ses investigations sur les attentats du 11 septembre 2001 et sur la politique du gouvernement américain contre le terrorisme.
  15. Le Point, magazine, « Les éditions du Seuil vont publier en français le livre de Bob Woodward sur Trump », Le Point,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]