Enseignement spécialisé de la musique en France

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L'enseignement spécialisé de la musique en France est organisé dans des structures d'enseignement public et privé, permanentes, périodiques et ponctuelles. L'enseignement supérieur s'adresse aux futurs professionnels (praticiens, enseignants, musicologues). L'enseignement non supérieur est destiné à former des musiciens amateurs et un public éclairé. Il existe de nombreux statuts différents selon les structures, depuis les cours particuliers, les classes de maître ou les académies d'été jusqu'aux conservatoires nationaux supérieurs ou les pôles d'enseignement supérieur artistique en passant par les écoles associatives dont certaines émanent des collectivités territoriales. Les conservatoires à rayonnement régional, départemental, communal ou intercommunal (anciennement conservatoires nationaux de région, écoles nationales de musique et écoles municipales de musique agréées) font partie des services culturels des villes. Les deux conservatoires nationaux supérieurs de Paris et de Lyon dépendent du ministère de la Culture.

Enseignement non supérieur[modifier | modifier le code]

Enseignement non supérieur public[modifier | modifier le code]

Le réseau des Conservatoires de musique, danse et art dramatique, établissements d'enseignement musical, chorégraphique et théâtral spécialisé contrôlés par l'État est constitué de quarante-quatre conservatoires à rayonnement régional (CRR), de 109 conservatoires à rayonnement départemental (CRD) et de 338 conservatoires à rayonnement communal ou intercommunal (CRC/CRI). Ces établissements sont, dans leur quasi-totalité, des services municipaux ou de communautés de communes organisés en régie directe. Ils sont parfois associés aux établissements d'enseignement général, de l'école primaire au collège, dans le cadre des classes à horaires aménagés musique, certains lycées dispensant des cours théoriques de musique menant au baccalauréat littéraire avec spécialité musique (à ne pas confondre avec l’option musique, accessibles à tous les bacheliers généraux et technologiques) ou au baccalauréat techniques de la musique et de la danse.

Organisation de l'enseignement[modifier | modifier le code]

Les informations suivantes proviennent principalement du site de la philharmonie de Paris[1],[2] et d'une brochure explicative communiquée par le conservatoire de Bordeaux[3]

L'enseignement musical dispensé dans les conservatoires est organisé en 3 cycles : le passage d'un cycle à l'autre se fait par un examen, généralement associé à un contrôle continu. La formation vise à donner aux étudiants une culture générale de la musique, les cours d'instrument sont donc parfois accompagnés de cours de Formation musicale ainsi que de chant.

L'enseignement s'organise selon les cycles suivants :

  • Le premier cycle, d'une durée de trois à six ans, qui peut comporter une phase d'initiation.
  • Le deuxième cycle, d'une durée de trois à cinq ans.
  • Le troisième cycle, d'une durée de deux à trois ans, qui se décompose en trois filières :
    • une filière amateur diplômante (aussi appelée « cycle court ») qui permet l'obtention du certificat d'études musicales (CEM),
    • une filière amateur non diplômante,
    • et une filière d'orientation professionnelle (aussi appelée « cycle long », ou « cycle de spécialisation »), qui est sanctionné par le diplôme national d'orientation professionnelle (DNOP). Notons que ce dernier connaît des problèmes de mise en place et, dans l'attente, bon nombre d'établissements délivrent encore le Diplôme d'études musicales (DEM).

Il existe aussi, selon les établissements, des cycles de perfectionnement après le 3e cycle, pour la préparation de concours « nationaux » ou « internationaux » (par exemple les concours d'entrée dans les Conservatoires nationaux supérieurs de Paris ou de Lyon), ou bien encore des cycles destinés aux amateurs.

Tous les conservatoires ne peuvent pas donner accès à une formation à vocation professionnelle. Ainsi, seuls les conservatoires à rayonnement régional (CRR) ou départemental (CRD) et les conservatoires d'arrondissement parisiens, peuvent décerner un DNOP ou un DEM. Les conservatoires à rayonnement communal (ou intercommunal) ont eux un 3e cycle de formation en filière amateur, qui mène au certificat d'études musicales (CEM). Les deux premiers cycles d'enseignement sont cependant communs aux trois catégories d'établissement.

Structures d'enseignement[modifier | modifier le code]

L'enseignement se déroule dans des établissements que l'on appelle conservatoires. Il en existe de trois types :

Enseignement non supérieur privé[modifier | modifier le code]

Organisation de l'enseignement[modifier | modifier le code]

L'enseignement privé peut être dispensé sans obligation de diplômes d'enseignement ou d'instrumentiste. Les écoles associatives exigent cependant fréquemment la possession du diplôme d'État de professeur de musique quand ce n'est pas celui du certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de musique. Des classes de maître dispensées par des musiciens de haut niveau peuvent se dérouler au sein des structures d'enseignement mais également dans le cadre de cours particuliers données au domicile de l'enseignant ou de l'élève selon les choix.

Structures d'enseignement[modifier | modifier le code]

Écoles de musique associatives[modifier | modifier le code]

Les écoles de musique associatives sont parfois subventionnées par les municipalités ne souhaitant pas avoir de structure municipale, ou financées par des cotisations et des frais de scolarité. Certaines sont des écoles de formation aux métiers de la musique et dispensent une formation en deux ans avec deux cursus : un cursus instrumental (piano, guitare, basse, batterie, chant, etc.) et un cursus MAO (musique assistée par ordinateur). Nombre de ces écoles associatives sont fédérées au sein de la Confédération musicale de France, un important réseau de la pratique musicale en amateur.

Écoles de musique privées[modifier | modifier le code]

Certains fabricants d'instruments — comme Yamaha — ou certains magasins d'instruments, proposent des cours de musique. Il existe aussi des structures locales qui ne sont liées à aucun groupe.

Académies de musique[modifier | modifier le code]

Les académies de musique, permanentes ou saisonnières, proposent une formation continue pour les professionnels, des enseignements préparatoires à l'entrée dans les conservatoires nationaux ou les grandes écoles internationales de musique et des cours pour les amateurs ou les enfants.

  • Paris : Académie Musicale Villecroze
Écoles de musique religieuse[modifier | modifier le code]
Fédérations d'écoles de musique[modifier | modifier le code]
Cours particuliers[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de règles qualitatives régissant cet enseignement : n'importe qui peut proposer des cours privés, à condition d'être en conformité avec le code du travail et la fiscalité. Les classes de maître sont des cours dispensés par des musiciens de haut niveau à destination des professionnels dans le cadre d'une spécialisation approfondie. Elles peuvent être organisées et se dérouler au sein des structures d'enseignement mais également dans le cadre de cours particuliers.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Organisation de l'enseignement[modifier | modifier le code]

L’enseignement supérieur spécialisé de la musique en France relève de deux ministères, le ministère de l’Éducation nationale (plus particulièrement pour les enseignements « théoriques » et « musicologiques ») et le ministère de la Culture (plus particulièrement pour la formation des praticiens (interprètes, compositeurs, etc). Depuis 2010, la plupart des diplômes décernés en Europe sont harmonisés, afin de faciliter leur reconnaissance et la mobilité des étudiants, conformément à la déclaration de Bologne.

En France, il est possible d'acquérir une licence, un master et un doctorat en interprétation, intégré au système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS).

Les licences s'acquièrent dans les Pôles supérieurs ainsi que dans les deux CNSMD.

En revanche, les établissements délivrant des masters sont l'Académie Supérieure de Musique de Strasbourg-HEAR et les deux CNSM. Les doctorats sont délivrés seulement par les deux CNSMD de Paris et de Lyon. Il existe également dans ces deux établissements des parcours de troisième cycle.

On peut également noter l'existence de diplômes post-DEM, comme le DEMS (délivré par le CRR de Paris), ou les prix de perfectionnement délivrés dans les différents Conservatoire à rayonnement régional (CRR). Mais, s'ils sont connus dans la pratique française, ce ne sont pas des diplômes nationaux et ils ne bénéficient pas d'une homologation européenne.

Enseignement pratique[modifier | modifier le code]

Enseignement public[modifier | modifier le code]

Etablissements d'enseignement supérieur du spectacle vivant - musique[modifier | modifier le code]

A partir de 2007, la France a mis en place des établissements supérieurs d'enseignement artistique en compléments des Conservatoires nationaux supérieurs de Paris et de Lyon. Ce sont des établissements délivrant une formation complète permettant d'acquérir un Diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM) conjointement à une Licence, la plupart du temps de musique ou musicologie, délivrée par une université partenaire, les établissements sous tutelle du ministère de la Culture ne portant pas le grade de Licence. Il existe actuellement neuf centres :

Conservatoires nationaux supérieurs[modifier | modifier le code]

Le Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon et le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris délivrent des licences, des masters, ainsi que des doctorats d'interprétation. Il existe également à celui de Paris une formation supérieure aux métiers du son, menant à un diplôme de musicien-ingénieur du son valant grade de master

Enseignement privé[modifier | modifier le code]

Il existe par ailleurs quelques centres d'enseignement supérieur délivrant des diplômes d'établissement. Les plus connus sont l'École normale de musique de Paris, la Schola Cantorum de Paris, le Centre des musiques Didier Lockwood (CMDL) à Dammarie-lès-lys, et l'IMEP Paris College of Music (répertoriée au Rectorat de Paris et membre du réseau international Berklee Global Partners[4]).

Enseignement pédagogique[modifier | modifier le code]

En France, il existe deux diplômes officiels permettant d'enseigner la musique. Il s'agit du Diplôme d'État de professeur de musique (DE) et du Certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de musique (CA).

Le DE se prépare dans tous les établissements d'enseignement supérieurs (CEFEDEM, CESMD, École Supérieure de Musique, Pôle d'enseignement supérieurs ou CNSMD). À l'heure actuelle, onze centres sont opérationnels (Aix-en-Provence, Bordeaux, Rouen, Dijon, Lille, Lyon, Metz, Nantes, Poitiers, Paris et Toulouse).

Les CNSMD de Lyon et de Paris sont les seuls établissements où il est possible de préparer le CA.

Enseignement théorique[modifier | modifier le code]

L'enseignement théorique est essentiellement assurée par les universités publiques. Notons néanmoins que la part pratique est dorénavant bien présente au sein des cursus universitaires.

Universités[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'universités comprennent une UFR de musicologie, délivrant des licence, masters et doctorats, et préparant aux concours du CAPES d'éducation musicale et de chant choral et à l'agrégation de musique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tableau des cycles d'études des conservatoires », sur cite-musique.fr (consulté le 28 mai 2015)
  2. « Cycles d'études des conservatoires de musique », sur cite-musique.fr (consulté le 28 mai 2015)
  3. « Musique - Organisation générale des enseignements » [PDF] (consulté le 28 mai 2015)
  4. (en) Berklee Global Partners sur berklee.edu

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]