Enseignement de la musique en France

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L'enseignement de la musique en France est organisé dans des structures d'enseignement publiques et privées, permanentes, périodiques et ponctuelles. Alors que l'enseignement initial est destiné à former des artistes amateurs et un public éclairé, l'enseignement supérieur s'adresse aux futurs professionnels. Il est exercé par des enseignants qualifiés, titulaires ou invités lors de classes de maître (cours dispensés par des artistes de haut niveau dans le cadre d'une spécialisation approfondie, organisés au sein des structures d'enseignement ou dans le cadre de cours particuliers).

Historique[modifier | modifier le code]

Structures d'enseignement[modifier | modifier le code]

Structures publiques[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ces établissements sont sous tutelle du ministère de la Culture ou de ses services déconcentrés, financés par les collectivités territoriales ou directement par l'État.

Enseignement initial[modifier | modifier le code]

Les établissements publics d'enseignement initial de la musique, de la danse et de l'art dramatique « relèvent de l'initiative et de la responsabilité des collectivités territoriales »[1] qui assurent leur financement et sont, dans leur quasi-totalité, des services municipaux ou de communautés de communes organisés en régie directe[réf. souhaitée].

Placés sous tutelle des Directions régionales des Affaires culturelles, ces établissements sont classés par l'État en trois catégories « correspondant à leurs missions et à leur rayonnement »[1] :

  • les conservatoires à rayonnement régional (CRR)[N 1],[2] ;
  • les conservatoires à rayonnement départemental (CRD)[N 2] ;
  • les conservatoires à rayonnement communal ou intercommunal (CRC et CRI)[N 3].

Ils sont parfois associés aux établissements d'enseignement général, de l'école primaire au collège, dans le cadre des classes à horaires aménagés en musique, danse, théâtre ou arts plastiques, certains lycées dispensant des cours théoriques de musique menant au baccalauréat littéraire option musique ou au baccalauréat sciences et techniques du théâtre, de la musique et de la danse.[réf. souhaitée]

L'enseignement initial du cirque, des marionnettes, des arts de la rue ou des techniques du spectacle sont dispensé au sein de structures dites préprofessionnelles[3].

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Il existe deux établissements publics nationaux « dont la responsabilité et la charge incombent entièrement à l'État »[4], sous tutelle de la Direction générale de la Création artistique du ministère de la Culture :

Le ministère de la Culture peut, après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche artistiques et culturels, accréditer d'autres établissements, notamment financés par les collectivités territoriales, à délivrer des diplômes d'école et les diplômes nationaux[5], grâce au label Enseignement supérieur Culture.

Structures privées[modifier | modifier le code]

Alors que « nul ne peut enseigner la danse contre rétribution ou faire usage du titre de professeur de danse » sans diplôme d'État, certificat d'aptitude ou diplôme équivalent[6], cette règle ne s'applique pas aux autres disciplines artistiques, bien que certaines structures puissent tout de même les exiger.

Écoles de musique[modifier | modifier le code]

Les écoles de musique associatives sont parfois subventionnées par les municipalités ne souhaitant pas avoir de structure municipale, ou financées par des cotisations et des frais de scolarité. Elles peuvent également être privées, notamment liées à certains fabricants d'instruments ou magasins d'instruments. Nombre de ces écoles de musique sont fédérées au sein de la Confédération musicale de France — important réseau de la pratique musicale en amateur — ou de la Fédération nationale des écoles d'influence jazz et des musiques actuelles.

Il existe par ailleurs des écoles de musique religieuse telles que l'Association pour la formation des organistes des églises protestantes à Strasbourg, l'École d'organistes liturgiques à Aubagne, l'Institut catholique de Paris, l'Institut catholique de Toulouse ou l'Institut de musique sacrée de Lyon.

Centres d'enseignement supérieurs[modifier | modifier le code]

Il existe quelques centres d'enseignement supérieur dans le domaine de la musique délivrant des diplômes d'établissement, dont :

Académies[modifier | modifier le code]

Des académies, permanentes ou saisonnières, proposent une formation continue pour les professionnels, des enseignements préparatoires à l'entrée dans les établissements d'enseignement supérieur en France ou à l'international et des cours pour les amateurs ou les enfants.[réf. souhaitée]

Cours particuliers[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de règles qualitatives régissant cet enseignement : n'importe qui peut proposer des cours privés, à condition d'être en conformité avec le code du travail et le droit fiscal.

Organisation de l'enseignement initial[modifier | modifier le code]

« Les établissements d'enseignement public de la musique, de la danse et de l'art dramatique dispensent un enseignement initial, sanctionné par des certificats d'études, qui assure l'éveil, l'initiation, puis l'acquisition des savoirs fondamentaux nécessaires à une pratique artistique autonome, à vocation professionnelle ou amateur. Ils participent également à l'éducation artistique des enfants d'âge scolaire. Ils peuvent proposer un enseignement préparant à l'entrée dans les établissements d'enseignement supérieur de la création artistique dans le domaine du spectacle vivant. Ils peuvent délivrer un diplôme national. Leur mission est également la formation des amateurs et le développement de leur pratique ; à ce titre, ces établissements peuvent apporter, avec leurs enseignants, leur concours aux actions conduites en matière d'éducation artistique et culturelle. »

— Article L216-1 du Code de l'éducation

L'enseignement initial dispensé dans les conservatoires est organisé en trois cycles ; le passage d'un cycle à l'autre se fait par un examen, généralement associé à un contrôle continu. L'enseignement s'organise selon les cycles suivants, dont les durées ne sont pas harmonisées au plan national :[réf. souhaitée]

  • le premier cycle, pouvant comporter une phase d'initiation ;
  • le deuxième cycle ;
  • le troisième cycle, qui se décompose en trois filières :
    • une filière amateur diplômante, sanctionnée qui permet l'obtention du certificat d'études musicales (CEM), du certificat d'études chorégraphiques (CEC) ou du certificat d'études théâtrales (CET),
    • une filière amateur non-diplômante,
    • une filière d'orientation professionnelle : le cycle d'enseignement professionnel initial (CEPI) de musique, de danse et d'art dramatique, « destiné à approfondir la motivation et les aptitudes des élèves en vue d'une orientation professionnelle »[8], sanctionné par le diplôme national d'orientation professionnelle (DNOP) de musique, de danse ou d'art dramatique[9].

Cette dernière filière n'est obligatoire que dans les conservatoire à rayonnement régional et départemental, dans les spécialités enseignées[2]. Cependant, sa mise en place retardée amène un certain nombre d'établissements à continuer de délivrer le diplôme d'études musicales (DEM), le diplôme d'études chorégraphiques (DEC) et le diplôme d'études théâtrales (DET)[réf. souhaitée].

Organisation de la préparation à l'entrée dans l'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Certains établissement sont agréés par le ministère de la Culture[10] pour assurer « une préparation à l'entrée dans les établissements d'enseignement supérieur de la création artistique dans plusieurs domaines du spectacle vivant »[11],[12], dont la musique.

Organisation de l'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

« Les établissements d'enseignement supérieur de la création artistique dans les domaines du spectacle vivant et des arts plastiques concourent à la réalisation des objectifs et des missions du service public de l'enseignement supérieur, pour ce qui concerne la création dans les domaines du spectacle vivant et des arts plastiques, et aux stratégies nationales de l'enseignement supérieur et de la recherche »

— Article L759-1 du Code de l'éducation

À la suite de la réforme Licence-Master-Doctorat[N 4], l'enseignement supérieur en France est organisé selon le système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS). Il existe trois diplômes nationaux — le diplôme national supérieur professionnel, le diplôme d'État et le certificat d'aptitude — ainsi que des diplômes d'établissement pour la plupart inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles et, pour le CNSMD de Lyon et le CNSMD de Paris, conférant un grade universitaire[3]. Des accords avec l'université permettent de délivrer conjointement le diplôme national de licence ou le doctorat.

Enseignement pratique[modifier | modifier le code]

Premier cycle supérieur[modifier | modifier le code]

Le premier cycle supérieur est sanctionné par le diplôme national supérieur professionnel, diplôme national d'artiste-interprète délivré par les établissements d'enseignement supérieur habilités par le ministre de la Culture[13], qui peut être[3] :

  • de musicien[14] :
    • discipline chefs d'ensembles instrumentaux ou vocaux,
    • discipline instrumentiste-chanteur,
    • discipline métiers de la création musicale.

Les établissement habilités à délivrer ces diplômes sont[3] :

Afin de conférer un grade universitaire, ces établissements sont tenus de mettre en place un « partenariat avec une université permettant la constitution de parcours de formation conduisant à l'obtention d'une licence délivrée par celle-ci pour les étudiants remplissant les conditions d'accès à l'université »[13].

Le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon propose également un diplôme d'établissement, non-reconnu dans le système LMD : bachelor de culture musicale (discipline non-concernée par le diplôme national supérieur professionnel)[3].

Deuxième cycle supérieur[modifier | modifier le code]

Seuls le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon et le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris délivrent des diplômes de deuxième cycle supérieur valant grade de master, accrédités par le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, dans les mentions suivantes :

  • CNSMD de Lyon : direction de chœur, création musicale, culture musicale, musicien-interprète et pédagogie et formation à l'enseignement de la musique[15] ;
  • CNSMD de Paris : écriture et de composition, interprète de musique, musicologie, musicien-ingénieur du son, pédagogie et formation à l'enseignement de la musique et notation du mouvement Laban ou en notation du mouvement Benesh[16].

Troisième cycle supérieur[modifier | modifier le code]

Les doctorats sont délivrés seulement par les trois conservatoires nationaux supérieurs en lien avec l'université : le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon et le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Il existe également dans ces deux derniers des parcours de troisième cycle.[réf. souhaitée]

Enseignement pédagogique[modifier | modifier le code]

En France, il existe deux diplômes nationaux permettant d'enseigner[3] :

Les établissement habilités à délivrer le diplôme d'État à l'issue d'une formation diplômante sont[3] :

Les établissement habilités à délivrer le certificat d'aptitude à l'issue d'une formation diplômante sont[3] :

Enseignement théorique[modifier | modifier le code]

L'enseignement théorique est essentiellement assurée par les universités publiques. Notons néanmoins que la part pratique est dorénavant bien présente au sein des cursus universitaires.

Universités[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'universités comprennent pour la plupart une unité de formation et de recherche de musicologie qui délivrent des licences, masters et doctorats et qui préparent aux concours du CAPES d'éducation musicale et de chant choral et à l'agrégation de musique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Anciennement Conservatoires nationaux de région (CNR).
  2. Anciennement Écoles nationales de musique (ENM).
  3. Anciennement Écoles municipales de musique (EMM).
  4. La Réforme Licence-Master-Doctorat permet notamment l'harmonisation de la plupart des diplômes décernés en Europe afin de faciliter leur reconnaissance et la mobilité des étudiants.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Article L216-1 du Code de l'éducation
  2. a et b Arrêté du 15 décembre 2006 fixant les critères du classement des établissements d'enseignement public de la musique, de la danse et de l'art dramatique
  3. a b c d e f g et h « L'enseignement supérieur culture - édition 2019-2020 - spectacle vivant », sur Ministère de la Culture (consulté le 6 août 2020)
  4. Article D759-4 du Code de l'éducation
  5. Article L759-2 du Code de l'éducation
  6. Article L362-1 du Code de l'éducation
  7. (en) Berklee Global Partners sur berklee.edu
  8. Article R361-7 du Code de l'éducation
  9. Article R361-10 du Code de l'éducation
  10. Article R759-9 du Code de l'éducation
  11. Article L759-5 du Code de l'éducation
  12. Arrêté du 20 juillet 2020 relatif aux conditions d'agrément des établissements assurant une préparation à l'entrée dans les établissements d'enseignement supérieur de la création artistique et au contenu et modalités de dépôt des dossiers de demande
  13. a et b Décret n°2007-1678 du 27 novembre 2007 relatif aux diplômes nationaux supérieurs professionnels délivrés par les établissements d'enseignement supérieur habilités par le ministre chargé de la culture dans les domaines de la musique, de la danse, du théâtre et des arts du cirque et à la procédure d'habilitation de ces établissements
  14. Arrêté du 1er février 2008 relatif au diplôme national supérieur professionnel de musicien et fixant les conditions d'habilitation des établissements d'enseignement supérieur à délivrer ce diplôme
  15. « Arrêté du 8 février 2016 », sur Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (consulté le 6 août 2020)
  16. « Arrêté du 4 février 2016 », sur Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (consulté le 6 août 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]