Franck Lepage

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Franck Lepage
Franck Lepage sur scène à Melle (Deux-Sèvres).jpg
Franck Lepage en 2016, au cours d'une conférence gesticulée.
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Franck Lepage, né à Paris le 17 novembre 1954, est un militant de l'éducation populaire, notamment connu pour avoir créé le concept de « conférences gesticulées ».

Il a été jusqu'en 2000 directeur des programmes à la Fédération française des Maisons des jeunes et de la culture et chargé de recherche associé à l’Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire[1]. En 2007, il a été l'un des fondateurs de la coopérative d'éducation populaire Le Pavé (auto-dissoute en 2014)[2]. Il crée une première « conférence gesticulée » en 2006, un spectacle mêlant des éléments autobiographiques de son expérience professionnelle et des références académiques (en sociologie notamment), lui permettant de développer une vision critique du rôle de la culture institutionnelle. Il réitère le principe en 2010 avec un nouveau spectacle de « conférence gesticulée » ayant pour thème l'enseignement et l'éducation[3],[4]. Par suite, il accompagne d'autres personnes au sein de coopératives d'éducation populaires, traitant de divers thèmes liant expérience personnelle et analyse critique dans des « conférences gesticulées ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et début de carrière[modifier | modifier le code]

Après être entré à l'Institut d'études politiques de Paris[5], il est refusé en seconde année mais étudie les langues orientales et le droit, et se tourne vers la pédagogie.

Instituteur en classe de transition en Haute-Savoie en 1974, il découvre l'animation en 1975 et intègre les départements Animation socioculturelle et Sciences de l'éducation au Centre universitaire expérimental de Vincennes — dit Faculté libre et ouverte de Vincennes (Paris 8) — en 1977. L'animation y est présentée comme pratique de « la remise en cause de toutes les institutions du capitalisme ».

Travail à la FFMJC[modifier | modifier le code]

Il se détourne de l'animation pour le théâtre en 1980 et entame des études théâtrales à l'université de Paris 8 (Vincennes à Saint-Denis). Il fonde sa compagnie en 1985. Il intègre la Fédération française des Maisons des jeunes et de la culture en 1987 et entend parler pour la première fois de l'éducation populaire, sans que personne ne puisse lui proposer une définition convaincante de cette notion.

C'est en essayant de porter la question culturelle des MJC auprès du ministère de la Culture qu'il explore la violence de la séparation symbolique culture/socio-culture en France. Il entreprend alors, avec quelques autres, de théoriser l'éducation populaire comme « travail de la culture dans la transformation sociale et politique » et anime une dynamique de recherche à la FFMJC. À la faveur d'une étude pour le ministère de la Jeunesse et des Sports, il rencontre les fondateurs de la direction de l'Éducation populaire en 1994. Animateur de l'offre publique de réflexion sur l'éducation populaire, en 2000, il co-rédige un rapport ministériel qui tente de convaincre la ministre Marie-George Buffet d'engager une politique digne de ce nom. Il quitte la FFMJC et crée un spectacle sur l'éducation populaire, « Inculture(s) ». Il co-anime depuis 2003 une « offre civile de réflexion sur l'éducation populaire ».

Création des Inculture(s) et éducation populaire[modifier | modifier le code]

En 2006, en évoquant la mémoire de Christiane Faure, il aborde de façon critique le rôle de la culture dans la société avec un spectacle intitulé Inculture(s) 1 - L'éducation populaire, monsieur, ils n'en ont pas voulu…[6],[7], spectacle qui se présente dans une « conférence gesticulée », concept dont il est l'auteur et dans lequel il met en scène un discours sous la forme d'un spectacle[8].

En 2007, il fonde avec cinq autres personnes la coopérative d'éducation populaire et transformation sociale Le Pavé[9].

Ses « conférences gesticulées », dont le principe a ensuite été repris par d'autres personnes, notamment au sein de la coopérative Le Pavé[5], connaissent un succès croissant entre 2006 et 2014.

En 2010, sur le même dispositif mêlant conférence et one-man-show, Franck Lepage crée Inculture(s) - 2, dans lequel il traite du rôle de l'enseignement. Puis Inculture(s) 5 avec Gaël Tanguy, sur la protection sociale et les enjeux de la distinction entre le travail et l'emploi, à partir du travail théorique de Bernard Friot[10]. Avec le réseau de coopératives d’éducation populaire La Grenaille[11], composé des coopératives Le Pavé à Rennes, L'orage à Grenoble, Le vent debout à Toulouse et L'engrenage à Tours, il accompagne la réalisation d'autres conférences gesticulées dans le cadre de formations organisées par ces coopératives[5]. Une centaine de conférences sont ainsi réalisées fin 2014[réf. nécessaire].

En 2012, il se définit comme militant politique : « Je suis militant politique, pas artiste. […] Artiste, c'est un statut social. Mais le système refuse de me voir comme un militant : sur Wikipédia, je suis « un humoriste français ». L'art, la culture détruisent la politique[12]. »

Il quitte la SCOP Le Pavé en avril 2012 pour se consacrer pleinement à l’accompagnement des conférences gesticulées au sein de La Grenaille avant de réintégrer le réseau en 2014.

L'auto-dissolution du Pavé en décembre 2014 le voit cofonder une nouvelle structure d'éducation populaire politique baptisée « L'Ardeur » avec un groupe de conférenciers gesticulants radicaux. Elle voit le jour en 2015 et se concentre sur l'action avec les syndicats, la formation de nouvelles conférences gesticulées et l'édition d'outils militants[13].

Spectacles[modifier | modifier le code]

  • Inculture(s) 1 - L'éducation populaire, Monsieur, ils n'en ont pas voulu...
  • Inculture(s) 2 - Une autre histoire de l'éducation
  • Inculture(s) 5 - Travailler moins pour gagner plus ou l’impensé inouï du droit du travail

Thèmes[modifier | modifier le code]

Éducation populaire[modifier | modifier le code]

La série de « conférences gesticulées » dont il est le fondateur a pour but de rétablir les véritables rôles de l'éducation populaire, « d’émancipation des personnes, d’expérimentation sociale et d’incitation à l’engagement politique dans les affaires de la cité »[14]

Culture[modifier | modifier le code]

Les relations entre éducation et culture sont les sujets premiers de ses œuvres les plus connues, les « conférences gesticulées » Inculture(s) - 1 et Inculture(s) - 2.

Il analyse la politique culturelle de la France sous un angle historique et sociologique. Faisant l'analyse que la culture promus par le ministère de la culture est celle de l'élite dominante, il dénonce la démarche d'élevé économiquement les pauvres par la culture.[15]

Sous un autre angle la culture serai devenu la nouvelle religion de la gauche, symbolisant une recherche esthétique ne pouvant pas être critiqué.

Il analyse que ces changements sont la conséquence de plusieurs évènements : en 1934 voulant prendre la tête du front des intellectuel antifasciste, le partie communiste abandonne la notion de culture ouvrière et décide de considérer la culture bourgeoise comme universelle, ce qui conduit dorénavant à définir la culture comme la culture de la bourgeoisie, la récupération dans les années 1950 du statut d'artiste en temps que créateur, terme jusque là réservé uniquement au domaine religieux.[15]

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Franck Lepage dénonce l'escroquerie que serait l'art contemporain qu'il surnomme l'art comptant pour rien. Au mieux, ce serait une niche fiscale réalisant tous les rêves du capitalisme en créant de la valeur sans travail, qui plus est, dans le cas de la France, avec le soutien de l'État. Au pire, l'art contemporain serait une arme de la propagande capitaliste[16], généralisant la transgression pour mieux ignorer la subversion[17],[18].

Langage[modifier | modifier le code]

Il analyse avec humour certaine récupération linguistique de la part des différentes élites à des fins politiques.

Avec le collectif l'Ardeur, il mène des ateliers de désintoxication du langage.[19]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • 2007 : Incultures - Tome 1, L'éducation populaire, monsieur, ils n'en ont pas voulu… ou Une autre histoire de la culture[21], Cerisier, 2007 (ISBN 978-2-87267-109-0)
  • Participation au Livre noir de l'animation socioculturelle, Éditions L'Harmattan, 2005
  • Participation à Altergouvernement, Éditions Le Muscadier, 2012[22] Franck Lepage s'y incarne en ministre de la Culture de l'Altergouvernement, un gouvernement fictif composé de 18 citoyens, non politiciens de métier, chacun reconnu pour son engagement dans son domaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF] Rapport sur l'éducation populaire ou le travail de la culture dans la transformation sociale et politique.
  2. Page d'accueil de la SCOP Le Pavé
  3. Polémix et la Voix Off, épisode 1/2 – Education populaire : Fabriquer du temps de cerveau disponible pour la révolution.
  4. Polémix et la Voix Off, épisode 2/2 – Petite Histoire de la « conférence gesticulée ».
  5. a, b et c Franck Lepage. Coluche bourdieusien portrait dans Libération, 8 juin 2014.
  6. texte et vidéo du spectacle « L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu ! »
  7. a et b Article sur l'éducation populaire dans Le Monde diplomatique mai 2009.
  8. « Gesticuler pour éduquer », sur SudOuest.fr, (consulté le 29 juillet 2017)
  9. Grégoire Souchay Scop Le Pavé : l’éducation populaire dans ta face Article11, 18 mars 2011.
  10. Bernard Friot, Puissances du salariat, Paris, La Dispute,
  11. Page de présentation de l'équipe de la SCOP Le Pavé.
  12. Voir sur sudouest.fr.
  13. France Culture, émission du 24 décembre 2014.
  14. « "Instruire pour révolter", rencontre avec la scop Le Pavé autour d'Incultures », Alpes Solidaires,‎ (lire en ligne).
  15. a et b Simon Lehmann, « Franck Lepage - Inculture(s) 1 : L'Éducation Populaire, monsieur, ils n'en ont pas voulu. », (consulté le 14 juillet 2018)
  16. Il s'appuie pour cela notamment sur le livre de Frances Stonor Saunders Qui mène la danse ? La CIA et la Guerre froide culturelle.
  17. « Trois réacs à la FIAC », reportage de Giv Anquetil et Daniel Mermet, avec Franck Lepage, pour l'émission Là-bas si j'y suis, France Inter, émission du mercredi 6 novembre 2013.
  18. Franck Lepage - L'art contemporain, extrait d'une représentation d'Incultures.
  19. « Atelier – Désintoxiquer le langage – L'ardeur », sur www.ardeur.net (consulté le 14 juillet 2018)
  20. franceinter.fr, consulté le 5 février 2013.
  21. Lepage, Franck, (1954- ...), L'éducation populaire, monsieur, ils n'en ont pas voulu ... ou Une autre histoire de la culture inculture(s) 1, Editions du Cerisier, (ISBN 2872671099, OCLC 495365667, lire en ligne)
  22. Voir sur muscadier.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]