Dominatrice

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Johann Heinrich Füssli, Brünhild beobachtet Gunther (Brunehilde observant Gunther[1]) (1807), lavis, château de Nottingham.

Une dominatrice ou maîtresse est une femme qui accepte le rôle dominant dans le cadre du BDSM, et donc utilise la douleur, la contrainte, l'humiliation ou la mise en scène de divers fantasmes dans un but érogène, sous forme d'échange contractuel. La dominatrice a pour partenaire un masochiste. Elle doit comprendre comment mener son sujet, sans qu'il ne l'explique clairement. Une dominatrice doit être une sorte de médium, et doit être fine psychologue.

L'équivalent homme (mâle) est un « dominant » ou « maître ».

Situation[modifier | modifier le code]

Pour Gilles Deleuze, le masochiste est essentiellement éducateur[2]. Ce qui fait de la dominatrice, toujours selon Gilles Deleuze, « une masochisante[2] », dominatrice en apparence uniquement.

La dominatrice joue, dans le cadre d'une pratique dominante, un rôle très différent de celui qu'elle incarne en tant que femme à la ville ou au foyer. Elle apprend, dans la situation du contrat, à tirer parti de la puissance érotique que constitue ce rapport particulier à l'autre[réf. souhaitée].

La dominatrice a pour partenaire un masochiste. Un masochiste est, pour René Girard, « un maître blasé[3] ».

Selon Theodor Reik, « ce que le masochiste montre dans ses rapports avec la femme est d'un point de vue superficiel une expression de soumission parfaite et de servilité. Mais ce qu'il démontre en réalité, ce qu'il exprime inconsciemment, est la volonté de conquérir en esclavage. C'est un désir instinctif très spécifique, mais je dois le répéter : ce n'est pas de l'amour authentique ! […] Son comportement semble indiquer une estime et une appréciation toutes particulières de la femme. En réalité, elle n'est appréciée que comme objet sexuel, non comme personnalité. Toute l'attitude du masochiste pervers semble prouver qu'il n'aimerait rien de mieux que de servir la femme sans réserve. Ses plus intenses délices conscientes consistent à être son esclave ; sa volupté inconsciente serait d'être son tyran[4]. »

Selon Jean-Paul Sartre le masochiste paye une femme pour se faire fouetter ou humilier, ou, comme Sacher-Masoch le faisait, il utilise le grand amour que les femmes éprouvent pour lui.

« En particulier le masochiste qui paye une femme pour qu'elle le fouette, la traite en instrument et, de ce fait, se pose en transcendance par rapport à elle. Ainsi le masochiste finit par traiter l'autre en objet et par le transcender vers sa propre objectivité. On rappelle, par exemple, les tribulations de Sacher-Masoch qui, pour se faire mépriser, insulter, réduire à une position humiliante, était contraint d'utiliser le grand amour que les femmes lui portaient, c'est-à-dire d'agir sur elles en tant qu'elles s'éprouvaient comme un objet pour lui[5]… »

Pour Roland Jaccard :

« On imagine que le masochiste idéalise la femme, qu’elle est sacrée reine et parée de toutes les vertus. C’est oublier que Leopold von Sacher-Masoch était un lecteur assidu d'Arthur Schopenhauer, il lui empruntait des réflexions misogynes (“Le sexe court de taille, étroit d’épaules, large de hanches, aux jambes torses, ne pouvait être nommé beau que par notre sexe à nous, que les sens aveuglent”) et les mettait dans la bouche de ses personnages[6]. »

Emmanuel Dazin dit que chez Masoch, la dominatrice, affublée selon les désirs de l’esclave, les caractères qu’il lui attribue, est très vite stéréotypée[7]. Et il ajoute : « Elle peut aller jusqu’à ressembler à une poupée, entre les mains de sa "victime" manipulatrice. »

Dans sa préface à La Vénus à la Fourrure en livre de poche, Daniel Leuwers écrit :

« Le masochiste cherche à conditionner l'attitude de la femme en vue de la faire participer à un jeu dont il entend assumer seul la direction. Il s'agit de donner à la femme l'illusion du pouvoir alors qu'elle est sous le joug insidieux de l'homme qui la force à le battre[8]. »

Quant à la douleur, Sacha Nacht nous dit que « dans la plupart des cas, elle vient compléter et achever une mise en scène plus ou moins compliquée, imaginée, puis exigée par le masochiste[9]. »

Dans une histoire vécue, et qui a défrayé la chronique, le narrateur Régis Jauffret parle en lieu et place du personnage principal, et s'exprime à la première personne, au féminin : « Il exigeait que je le maltraite. C’était un ordre. Une prérogative de son pouvoir absolu. De la dominatrice, il a toujours été le maître »[10].

Dans l’univers BDSM, les pratiquants considèrent couramment que :

  • serait soumis celui qui n'est pas attiré par la douleur physique mais qui est excité dans des situations d’obéissance, les services imposés par des moyens psychologiques. Il cherche l’adoration de la maîtresse. Ou encore l’écoute d'invectives déclamées par la dominatrice, insultes qu’il ne supporterait pas dans la vie sociale. Perverties dans l’univers du rêve, ces humiliations deviennent jouissives ;
  • serait masochiste l’homme ou la femme qui recherche le plaisir dans la douleur.

À la lecture de Gilles Deleuze et de Theodor Reik, des différents auteurs cités ci-dessus, ces définitions populaires sont contredites. Selon Deleuze et Reik, un seul et unique masochisme guide la démarche, qu'il soit soft ou hard.

Le masochiste a un programme[11]. Il est l’éducateur. En parlant de Wanda et de Sacher Masoch, Gilles Deleuze écrit : « elle sera sa compagne à la fois docile, exigeante et dépassée[12]. »

Le programme, le sujet l’a rêvé, fantasmé. Il cherche l’actrice qui joue le rôle dominant et il lui propose un contrat ou pacte. « Il n’y a pas de masochisme sans contrat ou sans quasi contrat dans l’esprit masochiste[13]. » La dominatrice va être l’actrice dans une mise en scène échafaudée par le masochiste lui-même. Le contrat ou pacte signifie qu'il y a consentement mutuel.

Jeux de rôles et pratiques[modifier | modifier le code]

Catégories[modifier | modifier le code]

Au sein du couple[modifier | modifier le code]

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Scène de domination entre une dominatrice et son esclave à Cologne, en Allemagne.

Lorsque ce type de relation existe les séances interviennent plus ou moins fréquemment, mais sont des parenthèses dans la vie de couple. Il arrive que certaines femmes mariées jouent ce rôle pour retenir l’époux qui exprime ce fantasme. Ou tout simplement par amour, pour lui faire plaisir.

Quelques pratiquants affirment que la relation peut aussi se vivre en permanence, au quotidien. Cette relation permanente ne peut pas se vivre ainsi sans certaines dérives.

De la volonté d'un maître ou d'une maîtresse qui chercherait à gouverner entièrement son partenaire. Il arriverait également à un paradoxe, celui d'abêtir sa compagne, son compagnon. On a longtemps refusé aux femmes, aux esclaves le droit d'apprendre. Pendant des millénaires on a cherché à ce que la femme soit un robot, à la maison pour les tâches ménagères. Aujourd'hui encore, il existe des hommes qui ne supportent pas les femmes carriéristes, libres, cultivées. Dans les relations SM, certains cherchent à posséder pleinement leur esclave. Ils voudraient les voir enfants. Certains maîtres, maîtresses sont sûrement amoureu(x) (ses), sincères et ne cherchent finalement qu'à posséder totalement l'être aimé. En oubliant la régression dans laquelle ils ou elles l'installent.

Dans son livre L'Exil intérieur, Roland Jaccard[14], à l'aide de citations de Georges Devereux, parle justement de cette régression au stade enfantin, d'une sur-protection ainsi que le rôle joué par les médias, les club de vacances, l'utilisation sadique anale de la voiture etc. Tout ce qui rend l'individu dans « la passivité béate de sa position assise. […] l'infantilisme est lui aussi, profondément enraciné dans notre modèle socio-culturel. […] car rien n'est plus difficile à gouverner que des adultes intelligents conclu Georges Devereux. »

Dans le cas où l'homme est dominateur, la situation peut être plus facilement mise en scène, car le dominateur ne perd pas sa casquette d'homme fort et viril tel que notre civilisation l'a éduqué. Et nombre de femmes fortes dans la vie sociale s'abandonnent au plaisir de se sentir prises en charge et déresponsabilisées.

Bien évidemment, il faut exclure le cas où la femme ou l'homme serait sadique et martyriserait moralement ou physiquement son épouse ou époux sans consentement.

Professionnelles[modifier | modifier le code]

Maîtresse Jada exerçant sa domination sur Maîtresse Veronica dans une scène de S&M Dungeon.

Elles sont fréquentées par des hommes qui ne veulent pas partager leurs fantaisies avec leur femme ou leur petite amie. Ils prétendent que leur compagne ne supporterait pas de rentrer dans leur fantasme et les quitterait sûrement. Ou, pour la paix de leur famille, ils craignent de ternir l’image du Père. Ils vont voir une professionnelle aussi parce que c'est plus pratique que d'attendre sur un chat qu'une non professionnelle les convoque. Ils veulent en finir avec la pulsion et retourner à la vie civile. Ou, généralement, le maître c'est eux.[réf. nécessaire]

Elles se divisent elles-mêmes en différentes catégories :

  • Celle qui renonce à son propre masochisme en devenant « masochisante[2] ». Elle n’est pas sadique et l’erreur serait de croire qu’elle l’est[15]. Cette dominatrice joint l’utile à l’agréable. Souvent d’excellentes techniciennes, lorsqu’elles sont appliquées. Lorsqu’elles ont assimilé leur rôle et sont attentives au moindre signe du sujet pour comprendre ce qu’elles doivent ordonner.
  • D'autres ne s'intéressent qu'à l'argent qu'elles vont gagner et dépenser.

Il existe également de par le monde des « Maisons de domination » : autorisées en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis, etc., elles sont interdites en France et sont passibles de condamnations pour proxénétisme.

Au Japon, les dominatrices sont dites « joosama », qui signifie « reine » ou « queen ». Dans certains clubs à hôtesses, dits SM, elles accueillent les clients en costume de dominatrice, leur servent à boire, leur donne des petits coups de cravache, font parfois des démonstrations de shibari (art de ligoter) ; mais les véritables séances de domination ont lieu dans une « playroom ». Le magazine Kitan Club (littéralement « club étrange »), créé en 1948, rend compte de ces multiples pratiques et mises en scène, où le fétichisme du caoutchouc, la « babyphilie », le bondage, les scènes de torture, les « travestissements » d'hommes en objets ou jouets sexuels (comme les « hommes-chaises », etc.) abondent[16].

Amatrices[modifier | modifier le code]

Il en existe de toutes sortes, certaines ont envie de s’amuser, d'avoir l'impression d'être la reine d'un jour. Elles peuvent pratiquer avec dextérité. D’autres ont envie de notoriété. D’autres encore ont raté leur vie sentimentale. Elles croient à cette appartenance offerte par l'homme qu'elles dominent. Elles pensent tenir enfin un homme en acceptant de l’obliger à subir leur autorité. Or, pour l'homme masochiste lorsqu'il en termine avec son voyage, la dominatrice redevient une femme ordinaire. Parce que le masochisme (la séance) est un voyage mystique.

« Le masochisme est une expérience mystique. »

— André Pieyre de Mandiargues[17]

Rien à voir avec la société dans laquelle nous vivons. Et, vers laquelle, le masochiste est obligé de retourner, sauf prendre le risque de se perdre : Schizophrénie[18]

Parmi les amatrices, on compte celles, qui dans une optique gynarchiste, influencées par leur sujet, tentent de l'exploiter[Comment ?]. Selon une thèse de supériorité de la femme conquérante sur l'homme asservi à ses pulsions et ses fantasmes.

Dominatrice rêvée[modifier | modifier le code]

La « Dominatrice rêvée » est une icône de cruauté arbitraire, telle que la décrivent ceux qui se cantonnent au seul champ du désir. Ils sont toujours en quête : « le propre de Masoch est d’être déçu », dit Deleuze[12]. Cela semble être le propre de nombre de masochistes, Masoch nous dit « si cette femme était dans ma vie, elle ne serait pas dans mes livres. » Ils seront toujours en manque, « toujours affamés[19] ». Car même si la dominatrice fantasmée mène à une relation vécue avec une dominatrice réelle, elle ne pourra jamais remplacer exactement celle du rêve.

Deleuze commence par cette citation de Dostoïevsky, « C’est trop idéaliste et, de ce fait, cruel[20] », et frappe ainsi au cœur du manque masochiste.

Les hommes en quête rêvent souvent de celle qui les ferait lever aux aurores tous les matins pour couper le bois, qui les ferait travailler sans relâche. Qui les fouetterait pour travail non fait. Celle qui les emprisonnerait. Celle qui les livrerait à la prostitution vêtus(es) en femme. Les utiliserait au quotidien comme un chien, des latrines, un tapis vivant. La despote qui leur cracherait au visage et les giflerait publiquement dans la vie sociale, etc. Ceux qui en rêvent restent persuadés et tentent de persuader par leur discours que tout leur est possible.

Or, si cette femme existait, la question serait : s’agit-il d’une véritable sadique ? Si la dominatrice est fantasmée comme sadique, elle est convoquée dans le réel en tant que « masochisante », seule apte à accéder au désir du masochiste et à pénétrer son univers fantasmatique. La relation présentée comme appartenance totale au quotidien, ne peut exister sans tomber dans le masochisme destructeur. Sorte d’enfermement schizophrène : perte de repères, dépersonnalisation, aliénation réelle du sujet, spoliations et abus divers.

Du reste Sigmund Freud finit par avouer qu'« il est d'ailleurs rare que les tortures masochistes produisent la même impression de sérieux que les cruautés — fantasmées ou mises en scène — du sadisme[21]. »

L'approche philosophique et psychanalytique[modifier | modifier le code]

Rapports aux pratiques et aux jeux de rôle[modifier | modifier le code]

Bien que la dominatrice soit la représentation de la seconde mère, le masochiste s'adresse souvent à une proche de la famille ou de l'éducation, la tante, l'institutrice et enfin l'amie de la mère, c'est le cas du rugbyman dans Françoise Maîtresse[22] Dans le cas de Masoch lui-même nous dit Deleuze, c'est de la tante qu'il s'agit, « c’est une de ses tantes qui joua le rôle de seconde mère : Masoch enfant se cache, pour l’épier, dans une armoire à fourrures »[23]. L’épisode est transposé dans La Vénus[24].

« La dominatrice a ainsi une approche de psychologue ou psychanalyste mais en aucun cas ne peut les remplacer. »

Anne Larue[25] évoque et démontre ce qu’une dominatrice ne doit pas faire : se prendre pour une vraie psychologue ou psychanalyste : « « théâtreuse » dans l’âme, elle monte tous les jours sur les planches » : « quelles que soient mes misères de clown, le spectacle doit continuer. » À un amant qui retrouve trop facilement à son goût de la maman sous la dominatrice, elle rétorque : « ne comptez pas sur moi pour vous aider à ranger vos petits soldats de plomb. Restons ludique. Fouet ? Jeux théâtralisés[26] ? »

La figure de la dominatrice dans la culture[modifier | modifier le code]

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Littérature[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIXe siècle, rares sont les femmes dominatrices dans la littérature, mais peu à peu, avec la libération des mœurs et l'émancipation de la femme, surtout dans des milieux privilégiés, apparaissent des figures de dominatrices. Rachilde exprime ses envies de domination dans Monsieur Vénus, roman matérialiste (1884), à travers un mélange des genres inédit, selon lequel la vénéneuse Raoule de Vénérande se veut homme et fait de l'homme qu'elle aime une femme. Sacher Masoch passe des petites annonces dans les journaux pour rencontrer une femme qu'il pourrait transformer en dominatrice et peuple ses écrits d'héroïnes cruelles. Dans La Vénus à la fourrure (1870), Séverin caresse l'idéal romanesque de l'appartenance totale. L'inversion des rôles attribue le pouvoir à la femme, investie dès lors d'une vertu fascinatrice.

Dans Cérémonies de femmes (1985), Jeanne de Berg, pseudonyme de Catherine Robbe-Grillet, réserve aux dominants l'art de la mise en scène. La dominatrice fonctionne souvent par osmose ou par empathie ; elle devient instrumentalisée le jour où son engouement à jouer la même partition s'émousse, comme le raconte Wanda dans Confession de ma vie (1907) de Angelika Aürora Rümelin, l'épouse de Sacher-Masoch.

Cinéma[modifier | modifier le code]

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Cinéma underground[modifier | modifier le code]

Il existe très peu de films underground traitant de la dominatrice dans le masochisme festif. On en note quatre principaux :

  1. Preaching to the Perverted[28]
  2. Maîtresse, de Barbet Schroeder[29]
  3. Sick: The Life & Death of Bob Flanagan, Supermasochist. Sick est un documentaire. Se sachant atteint d’une maladie douloureuse et incurable, Bob Flanagan va soulager le mal par le mal. Ce documentaire met en scène des pratiques extrêmes dans lesquelles le sujet atténue la douleur de la maladie en se livrant à la douleur orgiaque.
  4. La Femme flambée, de Robert Van Ackeren
  5. The Duke of Burgundy, de Peter Strickland[30]

Outre ces quatre films on peut citer Verführung: Die grausame Frau, de Monika Treut.

Cinéma grand public[modifier | modifier le code]

Film australien de Stephen Lance qui met en scène une folle passion entre un adolescent et une dominatrice française interprétée par Emmanuelle Béart.

Scènes de domination dans des films grand public[modifier | modifier le code]

Dans Lunes de fiel de Roman Polanski, la scène où Oscar est cagoulé en cochon et celle où Mimi coupe les vêtements d'Oscar à coups de rasoir, la tenue luisante en vinyle noir de Mimi font penser au monde du BDSM. Mais ce n'est qu'illusion, l'univers est tout autre. Lunes de fiel montre des relations d'une extrême cruauté, sans consensus entre les protagonistes. Le handicap n'a pas été choisi. La dépendance qui s'ensuit n'est pas jouée. On est aux antipodes de l'univers BDSM. Le film met en scène une relation passionnelle. Les personnages sont dans un sadisme déterminé, ascensionnel et qui finit en tuerie. C'est très différent de ce que vivent les partenaires dans une relation masochiste festive dominant/dominé.

Depuis une certaine évolution des mœurs, dont Barbet Schroeder, avec Maîtresse, fut l'un des pionniers, on voit des scènes réellement masochistes au cinéma, mais ce sont juste de courts passages. Une scène de domination dans un donjon par exemple. Bien avant, le sadisme et le masochisme étaient mis en scène de façon plus discrète : tortures de pirates, scènes de fouet (Angélique, marquise des anges), fessées administrées par John Wayne, etc.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Dans l'univers de la bande dessinée et des magazines populaires, un cas particulier est représenté par les Men’s adventure magazines, publications périodiques destinées aux hommes et publiées aux États-Unis, du début des années 1950 jusqu’au milieu des années 1970[31]. Ces magazines sont considérés comme les derniers des magazines pulp. Dans ces représentations, souvent érotiques, les femmes sont le plus souvent en détresse, victimes de tortionnaires, notamment nazis, ou autres personnages dominants. Mais il existe aussi deux autres stéréotypes inverses, situés du côté nazi, représentant des femmes fortes : les « dominatrices » et les « amazones guerrières »[32].

Dans une imagerie BDSM, les dominatrices nazies sont presque toujours des femmes sadiques, très souvent représentées avec un fouet. La plupart du temps, elles font subir des sévices à des hommes, plus rarement à des femmes. Ilsa, le personnage du film Ilsa, la louve des SS (1975), en est la figure emblématique, qui correspond dans les films d’exploitation (notamment ceux de la nazisploitation) à ce stéréotype de papier.

Télévision[modifier | modifier le code]

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Parmi les représentations de dominatrices à la télévision, on peut citer Irène Adler, le célèbre personnage de Conan Doyle qui est réimaginé en dominatrice (interprétée par Lara Pulver) dans l'épisode de Sherlock, Un scandale à Buckingham. La série américaine Les Experts comporte un personnage récurrent de dominatrice, Lady Heather. D'autres séries télévisées font appel à un personnage de dominatrice, comme Castle (épisode Domination et Soumission) mais pour un épisode seulement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. Ayant découvert que Gunther avait utilisé la ruse pour l'épouser, Brunehilde se venge en le faisant attacher nu au plafond de la chambre nuptiale.
  2. a b et c Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch. Le froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, Éditions de Minuit, collection « Arguments », 1967.
  3. René Girard, Mensonge et vérité romanesque, éd. Fayard / Pluriel, 1961.
  4. , Theodor Reik p. 225
  5. Jean-Paul Sartre, L’Être et le néant, Gallimard, coll. « Tel », 1977, p. 419 (ISBN 2-07029388-2).
  6. Article Roland Jaccard., Le Monde, 13 décembre 1991.
  7. Emmanuel Dazin, préface de Fouets et Fourrures, éditions Le Castor Astral, collection « Les Inattendus », 1995.
  8. Daniel Leuwers, préface à Leopold Von Sacher Masoch, La Vénus à la Fourrure, Le Livre de poche, 1975.
  9. Sacha Nacht, Le Masochisme. Étude historique, clinique, psychogénique et thérapeutique, Éd. Denoël, 1938 ; rééd. Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2008.
  10. Régis Jauffret, Sévère, Le Seuil, coll. « Cadre rouge », 2010 (ISBN 978-2-02-102248-3).
  11. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille plateaux, Éditions de Minuit, collection « critique ».
  12. a et b G. Deleuze, p. 8
  13. G. Deleuze, p. 67
  14. Roland Jaccard, L'Exil intérieur : schizoïdie et civilisation, éd. PUF, coll. « Perspectives critiques », 1975.
  15. G. Deleuze, p. 38
  16. Cf. Agnès Giard, Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon, Drugstore, Paris, 2008, p. 294-297, 338.
  17. André Pieyre de Mandiargues, Le Troisième Belvédère - La mort mithridatisée, Gallimard, 1971.
  18. Gilles Deleuze et Félix Guattari L'Anti-Œdipe – Capitalisme et schizophrénie, Les éditions de Minuit (coll. « Critique »),
  19. Françoise Maîtresse, chap Satis
  20. G. Deleuze, op. cit., p. 15
  21. Sigmund Freud, Névrose, psychose et perversion, trad. de l'allemand sous la dir. de Jean Laplanche, PUF, coll. « Bibliothèque de la psychanalyse », 2010.
  22. Françoise Maîtresse, « Jeux de rôles ».
  23. « Choses vécues », dans la Revue Bleue, Paris, 1888.
  24. Multitudes Web - 02. De Sacher-Masoch au masochisme.
  25. Anne Larue, Le Masochisme, ou comment ne pas devenir un suicidé de la société, Éditions Talus d’approche, 2002, p. 131
  26. Annick Foucault, Françoise Maîtresse, éd. Gallimard, collection Digraphe, 1994.
  27. Daniel Grojnowski, Eugénie Guillou, religieuse et putain : Textes, lettres et dossier de police présentés par Daniel Grojnowski, Fayard/Pauvert, (ISBN 978-2-7202-1532-2)
  28. Fiche du film sur le site du distributeur.
  29. Fiche du film sur cinemovies.fr.
  30. « The Duke Of Burgundy, de Peter Strickland », Cinétrange,‎ (lire en ligne, consulté le 7 janvier 2017)
  31. Steven Heller, Rich Oberg, Max Allan Collins and George Hagenauer, Men’s adventure magazines in postwar America : The Rich Oberg collection, Taschen GmbH, 2008.
  32. Voir Nazisme, sadisme, érotisme – les origines de la nazi sexploitation (site culturevisuelle.org).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Gloria Brame, William Brame et Jon Jacobs, Different Loving: An Exploration of the World of Sexual Dominance and Submission, Villard Books, New York, 1993 (ISBN 0679769560 et 978-0679769569)
  • Pascal Bruckner, Mon petit mari, Grasset, Paris, 2007 (ISBN 978-2-246-73141-2)
  • Noël Burch, L'amour des femmes puissantes : introduction à la viragophilie, Paris, EPEL, 2015 (ISBN 978-2-35427-168-8)
  • Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch. Le froid et le cruel, avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch, éditions de Minuit, collection « Arguments », Paris, 1967
  • Faty, Mémoires d'une fouetteuse, Ramsay/ J.J. Pauvert, 1991
  • Annick Foucault, Françoise maîtresse, Gallimard, Paris, 1994 (ISBN 2-07-073834-5)
  • Jeanne de Berg, L'Image, éditions de Minuit, Paris, 1956
  • Jeanne de Berg, Cérémonies de femmes, Grasset, Paris, 1985
  • Jeanne de Berg, Le Petit Carnet perdu, Fayard, Paris, 2007
  • (en) Shawna Kenney, I Was a Teenage Dominatrix: A Memoir, Last Gasp, San Francisco, 2002 (ISBN 0-86719-530-4)
  • Maîtresse Diane, Ma vie de maîtresse SM: Entre érotisme et sensualité, Éditions La Boîte à Pandore, 2014
  • (en) Mistress Lorelei : The Mistress Manual: The Good Girl's Guide to Female Dominance, Greenery Press, Emeryville, 2000 (ISBN 1-890159-19-0).
  • Rachilde, Monsieur Vénus, Flammarion, Paris, 1977
  • (de) Tomi Ungerer, Schutzengel der Hölle (Ange gardien de l'enfer), Diogenes, Zürich, 1986 (ISBN 3-257-02016-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]