Roland Jaccard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Roland Jaccard
Roland Jaccard (1995) by Erling Mandelmann.jpg
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
Site web
Archives conservées par
Archives littéraires suisses (CH-000015-0: ALS-Jaccard)Voir et modifier les données sur Wikidata

Roland Jaccard, né le à Lausanne, est un psychanalyste, écrivain, journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa mère est autrichienne, son père, élève de Henri Roorda, et son grand-père se sont suicidés[1].

Il soutient sa thèse en 1971[2].

Édition[modifier | modifier le code]

Dès la fin de 1974, il collabore occasionnellement au quotidien Le Monde, notamment pour une pige qui encense, selon France Télévisions[3], le livre de son ami Gabriel Matzneff, avec qui il partage une serviette de bain à la piscine Deligny et l'admiration de "leur ami et maître", Emil Cioran[4]. L'article tente d'inclure les deux visions opposées de Matzneff, à la fois apprécié par le signataire et réprouvé par bien d'autres. Il le décrit comme « un vilain monsieur heureux de l'être »[5] qui « puise son équilibre [dans] la clandestinité, le danger, la transgression »[5] car « la cause est entendue : psychiatres, juges, mères de famille, voire même les homosexuels respectables, c'est-à-dire ceux qui ne s'attaquent pas aux chères têtes blondes et qui réclament un statut honorable, le statut de Monsieur Tout-le-Monde, en conviennent »[5].

Essayiste, il se fait connaître en 1975 par l'essai L'exil intérieur.

Romancier, il écrit Sugar Babies, Flirt en hiver, Une fille pour l'été et une trilogie autobiographique L'âme est un vaste pays, Des femmes disparaissent, L'ombre d'une frange et des recueils de textes critiques Le cimetière de la morale.

Auteur de monographies dont une consacrée à l'actrice Louise Brooks, il publie un Manifeste pour une mort douce en compagnie du directeur de la Collection de l'art brut à Lausanne, Michel Thévoz.

Il édite et contribue à lancer la carrière d'écrivains et d'intellectuels tels que Frédéric Pajak, André Comte-Sponville, Romain Slocombe, Frédéric Schiffter.

À partir de 1995, il est membre du jury du prix de l'écrit intime[6].

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

Il écrit plusieurs essais sur Sigmund Freud et dirige en 1993 une Histoire de la psychanalyse[7]. Il crée et dirige pendant trente-cinq ans, jusqu'au début des années 2000 la collection « Perspectives critiques » aux Puf. Il est journaliste spécialisé responsable de la rubrique « psychanalyse » au journal Le Monde

Médias[modifier | modifier le code]

Il est membre fondateur du magazine Causeur, lancé en 2007 par Elisabeth Lévy. Il y tient une chronique mensuelle, « Les Carnets de Roland Jaccard », dans laquelle il mêle à ses thèmes de prédilection (les palaces, les piscines et les jeunes filles asiatiques) des prises de position tranchées sur des questions telles que l'euthanasie, le sionisme, l'immigration ou le capitalisme. [8]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Écrits irréguliers…, journal, 1969
  • Un jeune homme triste, journal, 1971
  • Les Chemins de la désillusion, journal/aphorisme, Grasset, 1979
  • L'Âme est un vaste pays, journal, Grasset, 1983
  • Des femmes disparaissent, journal, Grasset, 1985
  • Sugar babies, Le Castor Astral, 1986 (dessins de Christophe Krafft ; réédité chez Zulma, 2002 (photographies de Romain Slocombe)
  • L'Ombre d'une frange, journal, Grasset, 1987
  • Flirt en hiver, journal, coll. « Carnets », Plon, 1991 ; Le Livre de Poche « Biblio Essais », 1993
  • Le Rire du diable, journal, Zulma, 1994 ; Le Livre de Poche « Biblio Essais », 1996
  • Journal d'un homme perdu, journal, Zulma, 1995
  • Une fille pour l'été, journal, Zulma, 2000
  • Vertiges, journal, 2000
  • L'Homme élégant, aphorismes, Zulma, 2002
  • Journal d'un oisif, journal, PUF, 2002
  • Portrait d’une flapper, récit, PUF, 2007
  • Retour à Vienne, récit illustré par Romain Slocombe, Melville-Léo Scheer, 2007
  • Sexe et sarcasmes, carnets, PUF, 2009
  • Ma vie et autres trahisons, Grasset, 2013
  • Une Japonaise à Paris, L'Éditeur, 2014
  • Une Liaison dangereuse, cosigné avec Marie Céhère, L'Editeur, 2015
  • De l'influence des intellectuels sur les talons aiguilles, Pierre-Guillaume de Roux, 2016
  • Station terminale, Serge Safran Éditeur, 2017
  • Confession d'un gentil garçon, Pierre-Guillaume de Roux, 2020
  • Au café Schopenhauer, 2020
  • La nuit où j'ai cru devenir fou, 2020
Essais
  • La Pulsion de mort chez Melanie Klein, essai, 1971
  • L'Homme aux Loups, essai, 1973
  • Ce que Melanie Klein a vraiment dit, essai, 1974
  • L'Exil intérieur : schizoïdie et civilisation, essai, PUF « Perspectives critiques », 1975 ; réédité en 1979 et 2006[9],[10]
  • Louise Brooks : portrait d'une anti-star, biographie, Phébus, 1977 ; Ramsay, 1985
  • Dictionnaire du parfait cynique, essai illustré par Roland Topor, Hachette, 1982 ; réédité en 2007, Zulma
  • La Folie, essai, PUF « Que sais-je ? », nº 2121, 1983 ; 5e édition en 1993
  • Lou, autobiographie fictive de Lou Andreas-Salomé, Grasset, 1982
  • La Tentation nihiliste, essai, PUF « Perspectives Critiques », 1989 ; PUF, coll. « Quadrige », 1991
  • Les Séductions de l'existence (en collaboration avec F. Bott, D. Grisoni et Y. Simon), Le Livre de poche « Biblio Essais », 1990
  • De la volupté et du malheur d'aimer (en collaboration avec F. Bott, D. Grisoni et Y. Simon), Le Livre de poche « Biblio Essais », 1992
  • Manifeste pour une mort douce, en collaboration avec Michel Thévoz, Grasset, 1992
  • Freud, jugements et témoignages, essai, 1993
  • Le Cimetière de la morale, essai, PUF « Perspectives critiques », 1995 ; Le Livre de Poche « Biblio Essais », 1998
  • Topologie du pessimisme, dessins de Georges Wolinski, essai, Zulma, 1997
  • L'Enquête de Wittgenstein, essai, PUF « Perspectives critiques », 1998 ; rééd. Arléa, coll. « Arléa-Poche » n°246, 2019
  • Un climatiseur en enfer, Zoé, 2001
  • Cioran et compagnie, essai, PUF, 2004[11]
  • Penseurs et Tueurs, Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2018
  • John Wayne n'est pas mort, Pierre-Guillaume de Roux, 2019
  • Dis-moi la vérité sur l'amour, 2020
Préface
  • Olivier Mathieu, C'est David Hamilton qu'on assassine, essai, Editions des Petits Bonheurs, 2017

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. du jour au lendemain, France Culture
  2. https://ead.nb.admin.ch/html/jaccard_0.html.
  3. "Affaire Matzneff : quand une poignée d'intellectuels défendait la pédophilie "au nom de la liberté absolue" dans les années 70", par Marie-Violette Bernard, pour France Télévisions le 5 janvier 2020 [1]
  4. "Matzneff, Jaccard: Nihilisme distingué" par Jérôme Garcin, dans L'Obs du 9 avril 2013  [2]
  5. a b et c « Un "vilain monsieur" heureux de l'être », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  6. Anne Coudreuse et Françoise Simonet-Tenant (dir.), Pour une histoire de l'intime et de ses variations, Paris, L'Harmattan, 2009, p. 7.
  7. Roland Jaccard (dir.), Histoire de la psychanalyse, LGF, 1993, (ISBN 978-2253035794)
  8. « LA DIFFÉRENCE D'ÂGE : SCANDALE OU DÉFI ? - Roland Jaccard », sur Roland Jaccard, (consulté le 4 juillet 2020).
  9. « L'exil intérieur - Schizoïdie et civilisation Roland Jaccard », sur critiqueslibres.com (consulté le 4 juillet 2020).
  10. Yves Florenne, « « L'exil intérieur », de Roland Jaccard », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2020).
  11. « Cioran et compagnie Roland Jaccard », sur critiqueslibres.com (consulté le 4 juillet 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]