Contrat masochiste

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Le contrat masochiste est un pacte, un accord constant, qui établit la relation entre un(e) masochiste et son dominant.

Contrat masochiste[modifier | modifier le code]

Selon Gilles Deleuze[modifier | modifier le code]

Pour Gilles Deleuze, c’est le pacte qui unit le masochiste à son bourreau[1]: « L’erreur serait de penser que la dominatrice dirige réellement le jeu : elle n’est dominatrice qu’en apparence. La séance repose sur un pacte[2] ». « Le second caractère du masochisme, encore plus opposé au sadisme, est le goût du contrat, l’extraordinaire appétit contractuel. Le masochisme doit être défini par ses caractères formels, non pas par un contenu soi-disant dolorigène. Or, de tous les caractères formels il n’y en a pas de plus important que le contrat[1].

La « forme du contrat » pour Gilles Deleuze: Le masochisme ne peut pas se séparer du contrat, mais en même temps qu’il le projette sur la femme dominante, il le pousse à l’extrême, en démonte les rouages et, peut-être, le tourne en dérision[1].

Gilles Deleuze questionné par Michel Foucault donne la définition du contenu apparent du mot masochisme (association de la douleur et du plaisir sexuel)[3].

Selon Eric Alliez[modifier | modifier le code]

Pour Eric Alliez relisant et analysant Gilles Deleuze et adjoignant les engagements « politiques » (au sens philosophique) de ce dernier, il s'agit d'un contrat privé avec la mère orale qui annule la loi du père[4].

Selon Serge André[modifier | modifier le code]

Pour Serge André, à propos du contrat masochiste ː « Au niveau de la jouissance, le masochiste est l’esclave, mais au niveau du désir, le vrai maître, c’est lui[5] ».

Selon Paul-Laurent Assouɲ[modifier | modifier le code]

C'est la passion du joug ou la servitude contractualisée pour Paul-Laurent Assoun, dans son essai du même nom [6].

Selon Roland Jaccard[modifier | modifier le code]

Pour Roland Jaccard, la violence est légitimée par le pacte que signent les deux partenaires. Et selon lui, « le héros de Sacher Masoch substitue le contrat qui lie l'homme à la femme, à la mère, mais qui exclut le père ». Il précise par ailleurs que « Chez Sacher-Masoch, l'esclave éduque le maître. Le contrat est d'abord un contrat d'apprentissage. La violence permet la rédemption et le vice y est, comme dirait Cioran, « une envolée de la chair hors de sa fatalité » »[7].

Contrats de Sacher Masoch[modifier | modifier le code]

  • Le contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold von Sacher-Masoch[9]
  • Récit d'un contrat de Sacher-Masoch[10]. (Á noter dans ce texte, la façon dont la victime « dresse » sa bourrelle — Il lui dicte ce qu'elle doit faire. Et à la fin, il exige qu'elle porte des fourrures pour le châtier —).


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]