Syndicat agricole

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Un syndicat agricole est un syndicat professionnel regroupant des exploitants agricoles, et de façon plus générale des agriculteurs.

Les syndicats agricoles français[modifier | modifier le code]

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

La Loi Waldeck-Rousseau de 1884 entraîne la conversion des agriculteurs à l'idéal syndical. « Ce syndicalisme originel souffre de l'image — systématiquement accolée — de « syndicat-boutique », organisme d'achat de matières premières nécessaires à l’agriculture, dépourvu de toute autre ambition que celle d'être une union de consommateurs[1] ». Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le gaullisme se méfie du syndicalisme ouvrier révolutionnaire et s'appuie sur le syndicalisme agricole dont les jeunes cadres (CNJA et FNSEA dont les revendications portent essentiellement sur une demande de soutien aux prix agricoles qui se sont dégradés avec la fin de la pénurie alimentaire) sont des exploitants et chefs d'entreprise à même de participer à la relève civique puis à la modernisation économique de la France à partir des années 1960[2]. Le syndicalisme majoritaire de droite est contesté à gauche par le MODEF créé en 1959 et la Confédération paysanne fondée en 1987[3]. Sous la présidence de Mitterrand débutée en 1981, les gouvernements de gauche reconsidèrent la représentation des quatre grandes organisations agricoles (FNSEA, CNJA, chambres d'agriculture et CNMCCA), héritage de la période précédente. Ils reconnaissent officiellement le pluralisme syndical, mais en limitent sa portée. Le décret du 28 février 1990, signé par Henri Nallet, ministre de l'Agriculture, remet ainsi en cause le monopole de la représentation de ces organisations et accorde une « représentativité nationale » aux syndicats agricoles généralistes obtenant plus de 15 % des voix dans au moins vingt-cinq départements[4].

La relative impuissance des organisations syndicales au cours la transformation de la politique agricole (en) au cours des années 1990 (et notamment la réforme de la Politique agricole commune de 1992 qui voit le développement de la Coordination rurale) contribue à accentuer leurs lignes de clivage et l'érosion de leur pouvoir de représentation qui se poursuit au début du XXIe siècle[5].

Syndicats agricoles généralistes principaux[modifier | modifier le code]

Il existe en France cinq syndicats agricoles généralistes principaux. Le pourcentage des voix aux élections des chambres d'agriculture fixe la représentativité des syndicats agricoles

Syndicats agricoles aujourd'hui disparus[modifier | modifier le code]

Anciens syndicats : CRJAO (1965), FRSEAO (1966), ANPT (1972)

Résultats nationaux des élections aux Chambres d'agriculture depuis 1983[modifier | modifier le code]

Résultats nationaux des élections aux Chambres d'agriculture depuis 1983 et donnant les voix en %age des principaux[7] syndicats agricoles[5]
Années FNSEA-
CNJA
MODEF FFA CNSTP FNSP CP CR
1983 66 9 6 7 6
1989 61 8 5 18
1995 55 4,5 21 12
2001 53 3 26 12
2007 56 2,5 19,5 18,5
2013 53 1,5 19 20
2016[8] 55,3 1,9 20 21,5

Listes de syndicats agricoles Suisses[modifier | modifier le code]

Liste de syndicats agricoles belges[modifier | modifier le code]

Québec[modifier | modifier le code]

Listes d'organisations représentatives au niveau mondial[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un tel tableau, sans doute valable en ce qui concerne la réalité locale du syndicalisme agricole de la Belle Époque, présente l'inconvénient certain de ne pas rendre compte d’une multiplicité de configurations et surtout de négliger les caractéristiques des unions régionales de syndicats qui se positionnent, en l'absence de chambres d'agriculture, fondées en 1924, comme représentatives de l'agriculture. Cf Pierre Chamard, « Les voix agricoles de la société civile. L’exemple de l’Union du Sud-Est des syndicats agricoles. (1888-1914) », in Jay Rowell, Anne-Marie Saint-Gille (eds), La société civile organisée aux XIXe et XXe siècles : perspectives allemandes et françaises, 2010, p. 160
  2. Bernard Bruneteau, Le gaullisme et le syndicalisme agricole sous la Ve République, L'Harmattan, , p. 7.
  3. Jean-Philippe Martin, Histoire de la nouvelle gauche paysanne. Des contestations des années 1960 à la Confédération paysanne, La Découverte, , 312 p.
  4. Bertrand Hervieu, Nonna Mayer, Les mondes agricoles en politique. De la fin des paysans au retour de la question agricole, Presses de Sciences Po, , p. 204.
  5. a et b Ivan Bruneau, « L'érosion d'un pouvoir de représentation. L'espace des expressions agricoles en France depuis les années 1960 », Politix, no 103,‎ , p. 9-29 (DOI 10.3917/pox.103.0007).
  6. Née en 1969 d'une dissidence au sein de la FNSEA, et absorbée en 1995 par la Coordination rurale. Cf Médard Lebot, Campagnes en mouvement. Un siècle d'organisations paysannes en France, C.-L. Mayer, , p. 25.
  7. Celles obtenues par des listes « autonomes », non reconnues par les directions nationales des syndicats (FDSEA « dissidentes » notamment), ne sont pas données, d'où une somme des pourcentages qui n'atteint pas 100 % dans ce tableau.
  8. Eric de La Chesnais, « Que pèse aujourd'hui la FNSEA sur la scène agricole », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. Fédération Unie de Groupement d'Agriculteurs et d'Éleveurs (FUGEA)

Articles connexes[modifier | modifier le code]