Complexe funéraire du Moutot à Lavau

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Complexe funéraire du Moutot
Fouilles du site archéologique du Moutot
Fouilles du site archéologique du Moutot
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Département Aube
Coordonnées 48° 19′ 49″ nord, 4° 05′ 56″ est

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Complexe funéraire du Moutot
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Complexe funéraire du Moutot
Complexe funéraire du Moutot

Le complexe funéraire du Moutot est un site archéologique relevant des périodes protohistorique et gallo-romaine. Il a été mis au jour près de Troyes sur le territoire de la commune française de Lavau.

Cadre archéologique[modifier | modifier le code]

Mis au jour lors de fouilles préventives conduites par l'Inrap après un diagnostic réalisé en août 2012 sur la ZAC du Moutot, le complexe funéraire s'inscrit dans un ensemble de sites archéologiques situés au nord-est de l'agglomération troyenne et en rive-droite de la Moyenne-vallée de la Petite-Seine.

Ces sites, pour la plupart concernés par des opérations d’archéologie préventive, ont été révélés par l'archéologie aérienne depuis 1969[1], notamment sur les territoires des communes suivantes[2] :

Tombe à char du Moutot[modifier | modifier le code]

Une exceptionnelle tombe à char datant début du Ve siècle av. J.-C. (période transitoire entre le Premier et le Second Âge du Fer : fin du Hallstatt / début de la Tène) découverte en 2014, est révélée le par l'Inrap au terme de six mois de fouilles de sauvegarde. Cette tombe était recouverte d'un tertre tumulaire d'une quarantaine de mètres de diamètre et d'une dizaine de mètres de hauteur (en partie conservé en élévation) qui était ceint d'un fossé et d'une palissade[8],[note 1],[note 2]. En outre, elle est accolée sur sa face nord-ouest à un enclos funéraire rectangulaire d'une centaine de mètres de long plus ancien, comprenant deux tumuli à chaque extrémité, ce qui montrerait une parenté entre ces structures funéraires sur le mode d'un hérôon.

Article connexe : Tombe à char.

Outre un squelette masculin[9] se trouvant sur un char à deux roues , la chambre mortuaire à charpente de cette sépulture, d'une superficie de près de 14 m2 (une des plus vastes connues pour la période concernée), renfermait un remarquable mobilier funéraire (éléments analysés par le C2RMF[8]) :

Article connexe : Symposion.
  • des éléments de parure du défunt :
    • un torque à tampons piriformes lisse en or d'un poids de 580 g[12] (de facture semblable à celui de Vix mais plus lourd), orné d'un double motif de monstre ailé (tourné vers l'épaule gauche) et de cercles concentriques à la partie la plus grosse ;
    • un bracelet en or fermé à chaque poignet portant des traces d'usure (ancienneté à déterminer), chacun des bracelets étant orné de deux têtes de palmipèdes adossées[10] ;
    • un brassard en roche fossile[réf. nécessaire] de taille importante au biceps gauche ;
    • un couteau dans son fourreau[13], des perles d'ambre (collier ou bijoux de chevelure), deux agrafes en fer ornées de corail rouge servant de fermoir à un vêtement de cuir (en partie conservé), des rivets en fer (provenant également du vêtement) ainsi que des passe-lacets et des agrafes en bronze provenant de chausses disparues[12],[14],[10].

La fouille de cette tombe à char, mieux conservée que celles de Vix et de Hochdorf, renouvelle notre connaissance du « Phénomène princier » du Premier-âge du Fer en Europe occidentale et confirme les échanges, déjà bien attestés par l'archéologie (notamment ceux des Lingons), entre l'Europe centrale du Hallstatt et le Bassin méditerranéen antique[note 4],[note 5],[note 6],[note 7]. Cet ensemble funéraire tend en outre à prouver la présence d'un centre de pouvoir protohistorique en aval de la Petite-Seine (comparable à l'Oppidum du Mont Lassois), dont l'habitat reste à situer...

Autres sépultures du site du Moutot[modifier | modifier le code]

La pérennité de la vocation funéraire du site du Moutot est par ailleurs confirmée par l'identification de tertres circulaires délimités par des fossés et l'exhumation de cistes cinéraires datant respectivement de la Culture des tumuli et de la Civilisation des champs d'urnes, auxquels succèdent au premier âge du fer les sépultures d'un guerrier inhumé avec son épée et d'une femme parée de bracelets en bronze.

Vers -500 (fin du Hallstatt final), des fossés unissent dans un même ensemble monumental ces anciens monuments funéraires et la « sépulture princière » fouillée, l'espace ainsi défini étant encore en usage au moins jusqu'à la fin de la période gallo-romaine[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Bienaimé, « Détection aérienne archéologique dans les vallées de la Seine et de l'Aube », Bulletin de la Société académique de l'Aube, XXXVIe année, 6 juin 1965, p. 72-78.
  2. Arthur Guiblais-Starck et Julie Dabkowski, Lavau (Aube) / « ZAC du Moutot Phase-2 », Inrap Grand-Est-Nord à Metz, décembre-2013 lire en ligne
  3. Dominieck Dutoo, Hubert Cabart, Michel Chossenot et Cécile Paresys, « Étude de la nécropole gallo-romaine de Lavau (Aube), lieu-dit « Les Petites Corvées » : zone funéraire de la transition Âge du Bronze/Âge du fer jusqu'au IVe s. de notre ère », Bulletin de la Société archéologique champenoise, 101/4 (octobre-décembre 2008), p. 7-90.
  4. Raphaël Durost, Cécile Paresys et Vincent Riquier, « Occupations domestique et funéraire de l’Âge du fer à Lavau (Aube) », Revue archéologique de l'Est, tome 56/2007, p. 87-108 (lire en ligne)
  5. Émilie Millet, « La nécropole du second âge du fer de Saint-Benoît-sur-Seine, « La Perrière » (Aube) : étude synthétique », Revue archéologique de l'Est, t.57/2008 (lire en ligne).
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i Laurent Denajar, Carte archéologique de la France, pré-inventaire archéologique publié sous la direction de Michel Provost, L'Aube 10, p. 319-320.
  7. G. Verbrugghe et A.Villes, Bouranton (Aube), lieu-dit Michaulot : sépulture à char de La Tène-I, Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, 1995, p. 41-54
  8. a et b Découverte en France d’une nouvelle tombe princière du Ve siècle avant notre ère sur le site de l'Inrap le 5 mars 2015.
  9. Une ambiguïté existait, char, présence de deux bracelets... qui put être levée par l’analyse ostéolologique. Journée archéologique régionale de Champagne-Ardenne du 28 novembre 2015, p. 20.
  10. a, b, c, d et e La science au service du trésor de Lavau dans l'émission Carbone 14 de Vincent Charpentier sur France Culture le 10 juin 2017.
  11. Le trésor de Lavau ausculté sous le Louvre' par Vahé Ter Minassian dans Le Monde du 17 octobre 2016.
  12. a et b Communiqué de presse de l'Inrap du 16 juin 2015 : Le prince au torque d’or de Lavau
  13. France 3–Région Champagne-Ardenne, Des trésors du Ve siècle avant notre ère.
  14. Qui est le prince de Lavau, le cousin de la princesse de Vix ? avec Bastien Dubuis dans l'émission Le Salon noir le 5 mai 2015 sur France-Culture.
  15. Stéphane Foucart, Une tombe celte de 2 500 ans découverte dans l'Aube, Le Monde, 5 mars 2015 (lire en ligne}}

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]