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Chacal doré

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Canis aureus

Canis aureus
Description de cette image, également commentée ci-après
Un chacal commun ou doré (Canis aureus) indien dans le Parc national de Keoladeo (Inde).
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Canidae
Tribu Canini
Sous-tribu Canina
Genre Canis

Espèce

Canis aureus
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 16/03/89
(Inde)

Synonymes

Le Chacal doré ou commun (Canis aureus), anciennement désigné sous le nom d'Adive, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Canidae.

Il s'agit d'une espèce de chacal du genre Canis, originaire d'Europe, du Moyen-Orient et d'Asie du sud. Mammifère opportuniste, il se nourrit à la fois de fruits, d'insectes, d'oiseaux et de rongeurs qu'il chasse, mais également de cadavres d'animaux morts de plus grande taille. En tant que charognard, son rôle de nettoyeur des carcasses contribue à limiter la propagation des zoonoses[1]. Il s'agit d'un animal crépusculaire et nocturne de nature discrète qui, contrairement à d'autres prédateurs de taille moyenne, ne s'attaque habituellement pas aux animaux d'élevage. Sa densité de population se situe entre 0,2 et 4,8 groupes/10 km2, ce qui reste faible et ne permet pas toujours de confirmer sa présence avec certitude.

Caractéristiques

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Chacal doré.

Le chacal doré ressemble au loup gris, mais il s'en distingue par sa taille plus petite, son poids plus faible, son torse plus allongé, son front moins proéminent, ses pattes et sa queue plus courtes et son museau plus étroit et plus pointu[2]. Les pattes sont longues par rapport au corps, et les pieds sont minces avec de petits coussinets[3]. Les mâles mesurent 71 à 85 cm de long et les femelles 69 à 73 cm. Les mâles pèsent de 6 à 14 kg et les femelles de 7 à 11 kg. La hauteur au garrot est de 45 à 50 cm pour les deux[2]. À titre de comparaison, la plus petite sous-espèce de loup est le loup d'Arabie (Canis lupus arabs), qui pèse en moyenne 20 kg[4].

Illustration du crâne d'un chacal doré.

Le crâne du chacal doré est semblable à celui du dingo, et est plus proche de ceux du coyote (C. latrans) et du loup gris (C. lupus) que de ceux du chacal à chabraque (L. mesomalas), du chacal à flancs rayés (L. adustus), et du loup d'Abyssinie (C. simensis)[5]. Par rapport à celui du loup, le crâne du chacal doré est plus petit, avec une région nasale plus basse et une région faciale plus courte. Ses canines sont légèrement plus fines et ses carnassières moins développées[2]. Le chacal doré est une espèce moins spécialisée que le loup gris, et ces caractéristiques crâniennes sont liées à son régime alimentaire composé de petits oiseaux, de rongeurs, de petits vertébrés, d'insectes, de charognes[2], de fruits et de quelques végétaux[3]. Le chacal doré développe parfois une excroissance cornée sur le crâne, appelée corne de chacal, qui mesure généralement 1,3 cm de long et qui est cachée par la fourrure. Cette particularité était autrefois associée à des pouvoirs magiques par les habitants du Sri Lanka[6].

La fourrure du chacal est relativement courte[3], avec une couleur de base dorée, variant selon les saisons d'un jaune crème pâle à un fauve foncé. La fourrure du dos est composée d'un mélange de poils noirs, bruns et blancs, donnant parfois l'apparence d'une selle sombre comme celle du chacal à chabraque. Les parties inférieures sont rousses à crème. Le pelage des chacals vivant en haute altitude a tendance à être plus beige que celui de leurs congénères de plaine[7], tandis que celui des chacals des régions rocheuses et montagneuses présente une teinte plus grise. La queue touffue a une extrémité foncée fauve à noire[3]. Le mélanisme peut provoquer un pelage sombre chez certains chacals dorés, une coloration autrefois assez commune au Bengale[8]. Contrairement aux loups et aux coyotes mélaniques dont la pigmentation sombre provient de croisements avec des chiens domestiques, le mélanisme chez les chacals dorés provient probablement d'une mutation indépendante qui pourrait être un trait adaptatif[9]. Un chacal blanc potentiellement albinos a été photographié dans le sud-est de l'Iran en 2012[10].

Le chacal mue deux fois par an, au printemps et en automne. En Transcaucasie et au Tadjikistan, la mue de printemps commence à la fin de l'hiver, à la mi-février si l'hiver a été chaud et à la mi-mars si l'hiver a été froid. La mue de printemps dure de 60 à 65 jours. Si l'animal est malade, il ne perd que la moitié de sa fourrure hivernale. La mue de printemps commence par la tête et les membres puis s'étend aux flancs, à la poitrine, au ventre et à la croupe, et se termine à la queue. La mue d'automne a lieu à partir de la mi-septembre avec la pousse de la fourrure d'hiver, la perte de la fourrure d'été a lieu en même temps. Le développement du pelage hivernal commence par la croupe et la queue et s'étend au dos, aux flancs, au ventre, à la poitrine, aux membres et à la tête, la fourrure d'hiver complète étant atteinte à la fin du mois de novembre[2].

Écologie et comportement

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Chacal doré dans un parterre de fleurs azurées au parc national Jim Corbett en Inde.

Il s'agit d'une espèce sociale, dont l'unité de base sociale se compose d'un couple en état de se reproduire, accompagné de ses petits[11].

Contrairement aux idées reçues, ce canidé est fidèle à son clan.

Parce qu'il peut se déplacer plusieurs jours sans boire, ni beaucoup manger, le chacal doré est adapté aux milieux arides et aux grands espaces.

Alimentation

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Un animal opportuniste

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Très opportuniste, le chacal doré est capable d'exploiter un grand nombre de ressources alimentaires allant de fruits et d'insectes à des ongulés de petite taille[11]. En Europe de l'Est une étude a conclu que sa niche trophique était proche de celle du renard[12] ; d'après les analyses d'excréments : petits mammifères (35 % sur la base de la fréquence d'occurrence et de 36 % sur la base de la biomasse) et cadavres de sangliers, chevreuils... (35 et 48 %, respectivement, sur la base des mêmes paramètres). Lors de cette étude, aucune espèce domestique ou petite espèce chassée (lapin, chevreuil) n'était consommée, ni aucun poisson. Quelques oiseaux, reptiles, amphibiens, arthropodes et des matières végétales complétaient ce régime, à la marge. Dans le sud de la Grèce, avec quelques variations annuelles, son régime alimentaire est composé de micromammifères essentiellement (fréquence de 42,7 %, biomasse 69,8 %) et d'oiseaux (12,0 %, 27,7 % de la biomasse) avec souvent des végétaux/fruits (27,3 % en fréquence), des insectes (18,0 % en fréquence) mais qui ne représentent qu'une faible part de la biomasse ingérée[13].

Il est volontiers nécrophage, mais comme la hyène il n'est pas un simple éboueur du désert ; léger, agile et opportuniste, il allie le flair et la rapidité du chien de chasse à la ruse du renard. Sa technique la plus usitée consiste à poursuivre une proie vulnérable (malade, vieille, blessée) jusqu'à l'épuisement, puis à lui mordre les tendons pour la faire tomber. Le chacal doré attaque alors directement le ventre qu'il éviscère. Les rongeurs sont souvent sa principale source de nourriture (ex : 45 % de sa ressource calorique totale dans une zone aride d'Inde[14]) mais il peut exceptionnellement s'attaquer à des proies plus grandes (jeunes moutons ou vaches en Israël ; souvent dans les deux jours suivant la mise bas[15]) ; si la taille de la proie est importante, les morceaux sont éparpillés dans des cachettes qui servent de garde-manger.

Techniques de chasses

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Le chacal doré chasse souvent seul, parfois en couple, mais rarement en meute. Lorsqu'il chasse seul, il trotte dans une zone précise et s'arrête parfois pour renifler et écouter. Une fois la proie localisée, le chacal se cache, s'approche rapidement de sa proie et se jette sur elle[2]. Les chacals solitaires chassent des rongeurs, des lièvres et des oiseaux. Ils chassent les rongeurs dans l'herbe en les localisant grâce à leur ouïe avant de sauter en l'air et de se jeter sur eux. En Inde, ils peuvent extraire des gerbilles d'Inde de leurs terriers et chasser des ongulés jeunes, vieux ou blessés pesant jusqu'à 4 à 5 fois leur poids. Pendant la période de mise bas des antilopes cervicapres, les chacals recherchent tout au long de la journée les nouveau-nés qui se cachent. Les chacals dorés chassent de préférence tôt le matin et tard le soir. Lorsqu'ils chassent en couple ou en meute, les chacals courent parallèlement à leur proie et la rattrapent simultanément[2].

La chasse en meute de langurs a été observée en Inde. Des meutes de 5 à 18 chacals fouillant les carcasses de grands ongulés ont été observées en Inde et en Israël[3]. Des meutes de 8 à 12 chacals composées de plusieurs familles ont également été observées en été en Transcaucasie[2]. En Inde, les busards cendrés et les busards pâles se perchent par centaines dans les prairies lors de leur migration hivernale. Les chacals s'approchent des busards perchés et se précipitent sur eux, essayant d'en attraper avant qu'ils puissent s'échapper[3].

Relations interspécifiques

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Un chacal doré mâle interagissant avec une renarde et ses renardeaux dans le sud-ouest de l'Allemagne.

Interactions positives et coopérations

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En Asie du Sud-Est, les chacals dorés chassent souvent aux côtés des meutes de dholes[16]. Dans le parc national de Velavadar, en Inde, ils ont été observés suivant les loups indiens (Canis lupus pallipes) lorsque ceux-ci sont à la chasse, se nourrissant des dépouilles laissées par les loups sans aucune hostilité de la part de ces derniers[3]. En Inde, les chacals solitaires expulsés de leur meute forment des relations de commensalité avec les tigres. Ces chacals solitaires, connus sous le nom de kol-bahl, s'associent à un tigre particulier et le suivent avec une distance de sûreté pour se nourrir de ses prises. Un kol-bahl peut même signaler au tigre la présence d'une proie en émettant un certain type de cri. Les tigres tolèrent ces chacals, un canidé a notamment été observé marchant parmi trois tigres[17]. Les chacals dorés et les sangliers peuvent occuper le même territoire[18].

Un cas a été observé en Allemagne du Sud-Ouest où un chacal doré interagissait pacifiquement avec plusieurs renards roux[19].

Compétition et prédation

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Les principaux concurrents du chacal doré sont le renard roux, le loup gris, le chaus, le chat forestier et le raton laveur dans le Caucase, ainsi que le chat orné en Asie centrale[20]. Les loups dominent les chacals, et les chacals dominent les renards[21]. En 2017, en Iran, un loup des Indes a été observé tuant un chacal doré[22]. En Europe, les aires de répartition du loup et du chacal sont généralement exclusives : les chacals abandonnent leur territoire lorsqu'une meute de loups s'installe. Une expérience consistant à diffuser des vocalises de chacals à l'aide de haut-parleurs a attiré des loups au trot, cherchant à chasser leurs rivaux perçus. Des chiens domestiques ont réagi de manière similaire, aboyant agressivement, et des chiens non tenus en laisse ont été observés poursuivant immédiatement les chacals lorsqu'ils les détectaient[21]. L'expansion récente du chacal doré en Europe de l'Est et de l'Ouest est attribuée à l'extermination locale des loups ; la diffusion actuelle dans l'arrière-pays de l'Adriatique septentrionale concerne des zones où le loup est absent ou très rare[23],[24]. Par le passé, les chacals dorés entraient en concurrence avec les tigres et les léopards, se nourrissant des restes de leurs proies et, dans un cas, de la dépouille d'un tigre. Ces félins pouvaient également chasser les chacals dorés, mais aujourd'hui le tigre a disparu de la majeure partie de l'aire du chacal doré, et le léopard y est devenu rare[20]. Le lynx boréal est également connu pour chasser le chacal doré[25].

Les renards roux et les chacals dorés partagent un régime alimentaire similaire. Les renards, trois fois plus petits, évitent les zones fréquentées par les chacals, et leurs populations diminuent là où ces derniers sont abondants[26]. Les renards ne se rencontrent que dans les marges du territoire des chacals[21]. Un seul cas inverse a été documenté : des chacals dorés se soumettant et évincé un renard roux sur un site d'alimentation dans le Nord de la Grèce[27].

Les hyènes rayées peuvent également s'attaquer aux chacals dorés : trois carcasses de chacals ont été trouvées dans une tanière de hyène[28].

Une étude publiée en 2022 a montré que la présence du chacal doré dans certaines régions d'Europe orientale entraîne une diminution des populations du tanuki de Chine (Nyctereutes procyonoides), une espèce invasive, indiquant un effet potentiellement positif de la colonisation du chacal en Europe[29].


Le chacal jappe, piaule ou aboie.

Jappement du chacal doré

Comportements sociaux

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Reproduction

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Les chacals dorés sont monogames et restent avec le même partenaire jusqu'à la mort[2]. Les femelles chacals n'ont qu'un seul cycle de reproduction par an. La reproduction a lieu d'octobre à mars en Israël et de février à mars en Inde, au Turkménistan[3], en Bulgarie et en Transcaucasie, la période d'accouplement pouvant durer jusqu'à 26-28 jours. Les femelles ayant leur premier œstrus sont souvent poursuivies par plusieurs mâles qui peuvent se quereller entre eux[2]. L'accouplement se traduit par un lien copulatoire qui dure plusieurs minutes, comme c'est le cas chez la plupart des autres canidés (à l'exception du chien viverrin et du chien des buissons)[30]. La gestation dure 63 jours et le calendrier des naissances coïncide avec l'abondance annuelle de nourriture[3]

En Inde, le chacal doré s'empare des tanières du renard du Bengale et du porc-épic indien, et utilise les tanières abandonnées du loup gris[3]. Le creusement des tanières y commence entre la fin avril et le mois de mai, et les tanières sont situées dans les zones de broussailles. Les rivières, les ravins et les talus des routes et des barrages sont des emplacements de prédilection. Les tuyaux de drainage et les ponceaux sont parfois utilisés comme tanières. Les tanières mesurent 2 à m de long et 0,5 à m de profondeur, avec 1 à 3 ouvertures. Les jeunes peuvent être déplacés entre 2 et 4 tanières[3]. Le mâle aide à creuser la tanière et à élever les petits[2]. Dans le Caucase et en Transcaucasie, le terrier est situé sous des arbustes épais, sur les pentes de ravins, ou sur des surfaces planes. Au Daghestan et en Azerbaïdjan, les portées sont parfois situées dans les creux des arbres tombés, parmi les racines des arbres, et sous les pierres des berges des rivières. Au Tadjikistan, les chacals construisent des nids dans les hautes herbes, les arbustes et les ouvertures de roseaux[2].

En Transcaucasie, les bébés chacals dorés naissent de fin mars à fin avril[2], et dans le nord-est de l'Italie à la fin avril[31]. Au Népal, ils peuvent naître à n'importe quel moment de l'année[7]. Le nombre de petits par portée varie géographiquement. Les chacals de Transcaucasie donnent naissance à 3 à 8 petits, ceux du Tadjikistan à 3 à 7, ceux d'Ouzbékistan à 2 à 8 et ceux de Bulgarie à 4 à 7 petits. En Inde, la moyenne est de quatre petits[2]. Les petits naissent avec les yeux fermés, qui s'ouvrent après 8 à 11 jours, les oreilles se dressant quant à elles après 10 à 13 jours[2]. Leurs dents apparaissent 11 jours après la naissance[3] et leur pousse se termine après cinq mois. Les petits naissent avec une fourrure douce dont la couleur varie du gris clair au brun foncé. À l'âge d'un mois, ils perdent leur fourrure et la remplacent par un nouveau pelage roux tacheté de noir. Les chiots ont une croissance rapide et pèsent 0,201 à 0,214 kg à l'âge de deux jours, 0,560 à 0,726 kg à un mois et 2,700 à 3,250 kg à quatre mois[2]. Les femelles possèdent quatre paires de glandes mammaires et la lactation dure jusqu'à 8 à 10 semaines[3]. Les chiots commencent à manger de la viande à l'âge de 15 à 20 jours[2] mais, étant trop jeunes pour chasser, ce sont les parents qui les nourrissent en régurgitant des portions de viande[32].

Les chiots se battent sans retenue avec leurs frères et sœurs à partir de l'âge de 2 semaines, les blessures n'étant évitées que grâce aux muscles de la mâchoire qui ne sont pas encore assez développés. Ces bagarres font ensuite place à des jeux de poursuite et au développement de l'aptitude à la course vers 4 à 5 semaines. Les chiots chacals dorés développent une certaine agressivité à l'âge de 4 à 6 semaines, les combats ludiques dégénérant alors fréquemment en morsures destinées à blesser. Cette agressivité cesse à l'âge de 10 à 12 semaines, lorsqu'une hiérarchie se forme au sein de la portée[33]. Une fois la période d'allaitement terminée, la femelle chasse les petits. Les chiots nés tardivement restent avec leur mère jusqu'au début de l'automne. Les femelles atteignent la maturité sexuelle après 10-11 mois, les mâles après 21-22 mois[2].

Habitat et répartition

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Répartition du Chacal doré, en jaune, en 2005.
Répartition du Chacal doré en 2018 illustrant son expansion rapide vers le nord, tant en Europe qu'en Asie centrale.

Autrefois largement présent (selon des preuves paléontologiques fossiles[34]), c'est l'une des espèces de canidés les plus répandues dans le monde, avec de vastes territoires en Europe centrale, Europe de l'Est, Afrique du Nord et dans certaines régions d'Asie[35](Birmanie, Inde)[36]. Son aire de répartition s'étend aujourd'hui rapidement en Europe de l'Ouest, occupant des zones où il n'y a plus ou très peu de loups. Cette colonisation, d'un animal déjà présent au sud-est du continent, étant naturelle et liée à une évolution de l'environnement, la Commission européenne conclut en 2016 qu'il ne doit pas être considéré comme une espèce exotique envahissante[37].

Il a survécu dans des zones reculées, souvent désertiques, mais ce n'est pas une espèce uniquement adaptée aux pays chauds : il est fréquent au Paléolithique dans le Caucase, et comme la hyène et la genette commune (Genetta genetta) il a été contemporain des bisons, aurochs, mammouths et autres exemples de la faune contemporaine de l'Homme préhistorique en Europe durant les dernières périodes interglaciaires[38],[39],[40]. La période de présence et l'emprise de son aire de répartition dans la partie Ouest de l'Europe fait encore débat[41].

Depuis le Moyen Âge et surtout dans la période moderne sa répartition européenne semble avoir été très fluctuante, avec notamment des baisses spectaculaires jusqu'en 1960, une période de récupération (années 1960, années 1970) puis une expansion notamment vers le nord-ouest de l'Europe (depuis le début des années 1980)[42].

En Europe, des populations actuelles sont centrées dans cinq zones : en Europe du Sud-Est, dans le Caucase, dans le sud de la Grèce et l'île de Samos et plus récemment autour de la mer Baltique. Sa récente expansion voire apparition dans certains États-membres (récemment dans les États baltes avec de premières observations en 2011 en Estonie puis en 2013 en Lettonie et en 2015 en Lituanie) d'où il avait disparu depuis longtemps et où il est spontanément arrivé avait conduit à le faire désigner comme « espèce exotique » voire comme « potentiellement envahissante ».

Une première étude génétique internationale parue en 2015 dans PLOS One[43] a donc porté sur l'espèce à l'échelle continentale (incluant des échantillons d'ADN de populations encore génétiquement mal étudiées, dont celles de la péninsule du Péloponnèse, de l'île grecque de Samos et du Caucase).

Sur cette base, la Commission européenne a conclu en 2016 que cette espèce ne doit pas être traitée en Europe comme une espèce exotique ; les données scientifiques issues de la biologie moléculaire montrent que le chacal doré n'a pas été introduit dans les pays européens par l'Homme, il ne doit donc pas être traité comme étranger[37],[43].

Il est observé en France pour la première fois fin 2017[44], une arrivée attendue depuis quelques années[45]. Un individu est photographié par un piège automatique dans le Chablais, en Haute-Savoie fin 2017[44], sa présence est confirmée par une campagne d'étude en 2018[46]
Fin 2020, il est pris en photo dans les Deux-Sèvres[47]. Un autre est photographié dans le Finistère en [48].
Fin , il est vu en Loire-Atlantique[49] et en juin de la même année, il est photographié près d'Oberbronn dans les Vosges du Nord[50].

Fin , un individu est capturé, puis relâché par un piégeur dans le département de l'Aisne[51].
En , il est aperçu par des randonneurs dans la Réserve naturelle nationale de l'estuaire de la Seine en Seine-Maritime[52].

En , l'office français de la biodiversité a confirmé l'observation d'un chacal doré dans l'Hérault[53],[54].

Il est aperçu en Suisse à l'automne 2011[55] ainsi qu'en 2015 dans les Grisons. Début 2016, un chacal doré est abattu par mégarde dans la région de Surselva (Grisons, Suisse). Il s'agit de la première preuve tangible de l'existence de cette espèce en Suisse. En et en , un individu est filmé par un appareil à déclenchement automatique dans les bois de Jussy dans le canton de Genève, Suisse[56]. Un photographe amateur en a photographié un à Bulle, dans le canton de Fribourg, Suisse, en , en bordure d'une route forestière[57].

En , six moutons sont dévorés à Kranenburg, dans le land allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, près de la frontière néerlandaise[58].

En Italie l'espèce, arrivée en 1985, est en expansion rapide depuis le nord-est du pays. Elle est actuellement[Quand ?] présente dans toute la partie septentrionale et sa dispersion vers le sud pourrait être limitée par la présence du Loup gris. La population italienne est estimée fin 2021 à plus de deux cents individus, répartis en une quarantaine de groupes composés de trois à sept membres[59].

Nord de l'Europe

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Il est également identifié au printemps 2013 sur l'île d'Hiiumaa en Estonie dans la mer Baltique. Il aurait gagné cette vaste île en traversant la banquise[60].
En , un individu tué sur la route par un véhicule est identifié dans le Jutland au Danemark[61].

Classification

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Malgré son nom, le chacal doré n'est pas étroitement lié aux autres espèces de chacal : des études morphologiques et moléculaires indiquent une plus grande affinité avec le loup gris et le coyote[11].

Caninae








Chien domestique (Canis (lupus) familiaris)



Loup gris (Canis lupus)




Coyote (Canis latrans)




Loup doré africain (Canis lupaster)




Chacal doré (Canis aureus)




Loup d'Abyssinie (Canis sinensis)




Dhole (Cuon alpinus)




Lycaon (Lycaon pictus)





Chacal à flancs rayés (Lupulella adusta)



Chacal à chabraque (Lupulella mesomelas)




Sous-espèces

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Le chacal doré a été taxonomiquement rattaché au genre Canis par Carl Linnaeus dans sa publication de 1758 Systema Naturae[62]. Pendant longtemps, les zoologistes ont discuté de la possibilité que l'aire de répartition de l'espèce comprenne une partie de l'Afrique, mais dans le milieu des années 2010, ces populations africaines ont été reconnues comme une espèce distincte Canis lupaster. Aujourd'hui, 13 sous-espèces ont été décrites dans la bibliographie la plus récente[63] :

Sous-espèces passées

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Selon MSW il existe les sous-espèces suivantes :

Sous-espèces actuelles

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Sous-espèces de Canis aureus
Sous-espèce Autorité trinominiale Année Description Répartition Synonymes
Chacal doré de Perse

C. a. aureus[64]
espèce-type

Linnaeus 1758[62] Sous-espèce de grande taille, le pelage est doux et d'une teinte pâle de couleur sable[65]. La teinte générale de la couche supérieure du pelage est habituellement noire et blanche, tandis que le sous-poil varie du brun pâle au gris clair. Chez certains individus, la nuque et les épaules sont d'une teinte fauve. Les oreilles et les pattes avant sont de cette teinte, avec parfois une teinte de couleur cannelle, tandis que le bout des pattes sont d'une teinte pâle. Les pattes arrière sont d'une teinte plus foncées au-dessus des jarrets. Le menton et la gorge sont généralement d'une teinte blanchâtre. Le poids varie selon la zone géographique, allant autour de 8 à 10 kg. Dans les régions limitrophes du chacal doré de l'Inde plus grand et aux teintes de pelage plus varié, notamment dans la région de Kumaun en Inde, apparaissent parfois des individus de dimensions et de couleur de pelage intermédiaires[66]. Moyen-Orient, Iran, Turkménistan, Afghanistan, Pakistan et Inde occidentale, où sa répartition chevauche celle du chacal indien au nord et du chacal sri-lankais/sud-indien au sud[66]. hadramauticus (Noack, 1896)

kola (Wroughton, 1916)
lanka (Wroughton, 1916)
typicus (Kolenati, 1858)
vulgaris (Wagner, 1841)

Chacal doré d'Asie du Sud-Est

C. a. cruesemanni[67]

Matschie 1900[68] Le statut de cette sous-espèce fut discuté par certains auteurs qui considèrent que sa classification reposait uniquement sur l'observation d'animaux en captivité. En 2023, une étude sur l'ADN mitochondrial a montré qu'il s'agissait d'une lignée basale du chacal doré, confirmant son statut de sous-espèce[69]. Il est plus petit que C. a. indicus[70], pesant jusqu'à 8 kg. Son pelage ressemble fortement à celui d'un chien. Il vit dans les régions montagneuses, près des fermes ou des forêts, et se nourrit de petits animaux comme des oiseaux, des reptiles et des grenouilles, et occasionnellement de fruits[71]. Un vendeur de deux chacals capturés a affirmé qu'ils avaient tué dix porcelets sur sa ferme[72]. Il peut avoir une activité aussi bien diurne que nocturne. Les chacals dorés du Siam sont solitaires, mais mâles et femelles peuvent coopérer lors de la saison de reproduction. Il a peu de prédateurs naturels, bien que les dholes représentent une source majeure de mortalité[71]. Thaïlande[73]
Chacal doré d'Inde

C. a. indicus[74]

Hodgson 1833[75] Son pelage est un mélange de noir et blanc, avec une teinte fauve sur les épaules, les oreilles et les pattes. Cette couleur est plus prononcée chez les spécimens des hautes altitudes. Les poils noirs prédominent sur le milieu du dos et de la queue. Le ventre, la poitrine et les pattes sont d'une teinte crème, tandis que la face et les flancs sont pourvus d'une teinte de gris. Les adultes mesurent environ 1 m de longueur pour 35 à 45 cm de hauteur et pèsent 8 à 11 kg[76]. Inde, Népal, Bangladesh, Bhoutan[65]
Chacal doré d'Europe

C. a. moreoticus[77]

I. Geoffroy Saint-Hilaire 1835[78] La plus grande sous-espèce de chacal doré : les individus des deux sexes mesurent en moyenne 1,2 à 1,25 m de longueur totale pour un poids de 10 à 15 kg[79],[80]. Le pelage est grossier et d'une teinte variée chez la majorité des individus, avec des tons noirâtres sur le dos. Les cuisses, les pattes antérieures, les oreilles et le front sont d'une teinte roussâtre vive[65]. Europe du Sud-Est, Moldavie, Asie mineure et Caucase[65] graecus (Wagner, 1841)

balcanicus (Brusina, 1892)
caucasica (Kolenati, 1858)
dalmatinus (Wagner, 1841)

Chacal doré du Sri Lanka

C. a. naria[81]

Wroughton 1916[82] Mesure de 67 à 74 cm de longueur pour un poids de 5 à 8,6 kg. Le pelage d'hiver est plus court, plus lisse et moins hirsute que celui de la sous-espèce indienne. Le dos est plus sombre, d'une teinte noire, parsemée de blanc. Le dessous est plus pigmenté sur le menton, la gorge, la poitrine et la partie antérieure du ventre, tandis que les membres sont d'une teinte ocre roussâtre, rubigineuse ou brunâtre, parfois cannelle. La mue se produit plus tôt dans la saison que chez la sous-espèce indienne, et la fourrure ne s'éclaircit généralement pas[66]. Côte sud-ouest de l'Inde, Sri Lanka[65] lanka (Wroughton, 1838)
Chacal doré de Syrie

C. a. syriacus[83]

Hemprich et Ehrenberg 1833[84] Se distingue par ses oreilles brunes. Le pelage dorsal est jaune, plus clair sur les flancs et d'un blanc jaunâtre en dessous[85]. Une bande sombre s'étend du museau à l'extrémité de la queue. Mesure 60 à 90 cm de longueur pour le corps et de 20 à 30 cm pour la queue, 15 à 18 cm pour la tête, le tout pour un poids allant de 5 à 12 kg[86]. Israël, Syrie[65], Liban[86] et Jordanie[73]

Le chacal doré et l'Homme

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État des populations, pressions, menaces

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C'est un animal discret dont les populations ne sont pas bien connues. Il a fait l'objet de plans de conservation en Grèce par exemple[35], mais est néanmoins classé par l'UICN comme de préoccupation mineure, en raison de la gamme étendue des zones qui lui offrent tout ce dont il a besoin pour se nourrir et s'abriter[87]. En France, bien que son origine naturelle le classe en gibier, il n'est ni chassable, ni piégeable[88].

Génétique et dynamique des populations

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Une étude de 2015 montre que Canis aureus est bien une espèce distincte de Canis lupaster[89]. L'étude des marqueurs moléculaires de l'espèce (dans 5 bassins biogéographiques de populations) a mis en évidence une « diversité génétique plus élevée que ce qui avait été précédemment signalé pour les populations de chacal européens, mais moins de diversité que chez d'autres canidés sauvages comme les loups », ce qui selon les chercheurs reflète une « histoire unique » parmi les carnivores européens[43]. Après un déclin souvent spectaculaire de ses populations et après l'extinction des populations locales, on constate une expansion récente de l'espèce en Europe centrale et septentrionale[43]. Les chacals baltes ont comme origine génétique des populations relictuelles qui étaient situées dans le Caucase et en Europe du Sud-Est[43]. L'étude génétique conclut que l'espèce ne répond pas aux critères des espèces exotiques et potentiellement envahissantes : le chacal doré n'a pas été introduit par l'Homme, et l'on sait par des données et études antérieures que des individus de cette espèce peuvent se déplacer sur des centaines de kilomètres, y compris dans des paysages anthropisés, ce qui invite à un suivi et une gestion de l'espèce à échelle européenne[43]. Ce petit prédateur a été photographié dans le Chablais haut-savoyard en France en [90], ainsi que vers Frossay en Loire-Atlantique en [91]

Comme tous les canidés, il est sensible à la rage mais, à l'instar du renard, peut être facilement vacciné[92].

Consommation

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Il a été ou est encore localement consommé[93], bien que sa viande puisse être source de parasitoses (dont trichinellose[94] ou leishmaniose[95],[96]).

Notes et références

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Bibliographie

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Filmographie

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  • Le Chacal doré, film réalisé par Azzedine Meddour, ENPA, Alger, 1993, 26 min (VHS).

Articles connexes

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Liens externes

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