Renard de Darwin

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Renard de Darwin

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Lycalopex fulvipes

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Canidae
Genre Lycalopex

Nom binominal

Lycalopex fulvipes
(Martin, 1837)

Synonymes

  • Pseudalopex fulvipes

Statut de conservation UICN

( CR )
CR C2a(ii) :
En danger critique d'extinction

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 28/06/79

Le renard de Darwin (Lycalopex fulvipes, syn. Pseudalopex fulvipes ou Dusicyon fulvipes) est une petite espèce de canidé, actuellement menacée, du genre Lycalopex. Le renard de Darwin a été découvert sur l'île de Chiloé, au large du Chili, par le naturaliste Charles Darwin en 1834. Une théorie fut longtemps maintenue, selon laquelle le renard de Darwin était une sous-espèce du renard gris d'Argentine (P. griseus) ; toutefois, la découverte en 1990 d'une petite population de renards de Darwin, sur le continent, et plus précisément dans le parc national Nahuelbuta[1] et des analyses génétiques subséquentes ont établi le statut d'espèce unique du renard de Darwin[2].

Taxinomie et évolution[modifier | modifier le code]

Lycalopex est un genre sud-américain de canidé, et le renard de Darwin, ayant une lointaine parenté avec les loups, n'est techniquement pas un renard. Quand Charles Darwin recueillit un spécimen de l'île de Chiloé, il observa qu'il était à distinguer des espèces P. culpaeus et P. griseus, qui se rencontrent sur le continent[3]. Le renard de Darwin ne s'hybride pas avec les autres espèces du même genre; vivant uniquement dans les forêts, il est plus petit et de couleur plus sombre que les autres espèces. Il fallut attendre la découverte d'une petite population de renards de Darwin, sur le continent, dans le parc national forestier de Nahuelbuta, ainsi que des analyses génétiques, pour confirmer que le renard de Darwin constituait une espèce distincte.

À l'époque du Pléistocène tardif, l'île de Chiloé était reliée au Chili par un pont de terre. Ce dernier disparut il y a 15 000 ans, quand le niveau de la mer augmenta, suite à la dernière glaciation[4], ce qui conduisit à l'existence de deux populations isolées de renards de Darwin.

Description physique[modifier | modifier le code]

Un renard de Darwin mâle sur l'île de Chiloé

Le renard de Darwin a un pelage brun foncé, avec des zones rouges sur la tête et la face, et a des jambes plus courtes que celles des renards continentaux. Il pèse de deux à quatre kilos[2].

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Le renard de Darwin a une alimentation diversifiée. Dans les forêts denses où il existe, les renards chassent des mammifères, des reptiles, des coccinelles et des invertébrés. Toutefois il peut aussi manger des fruits et des baies et parfois des oiseaux et des amphibiens. Il mange parfois des charognes, mais il se nourrit surtout d'animaux vivants et de fruits. Il est donc surtout un omnivore, parfois un charognard.

Habitat[modifier | modifier le code]

On considère généralement que le renard de Darwin est une espèce exclusivement forestière, habitant les forêts humides et tempérées du sud[5]. On les rencontre seulement dans les zones boisées de Chiloé et du continent. Ils sont le plus actifs au crépuscule et avant le lever du soleil.

Statut de conservation[modifier | modifier le code]

On pense qu'il ne subsiste plus que 250 renards de Darwin sur l'île Chiloé, et environ 70 sur le continent ; ils sont par conséquent considérés comme très gravement menacés par l'UICN[5]. La fragmentation de la forêt adjacente aux parcs nationaux est un sujet d'inquiétude, tandis que les chiens présents dans les parcs, causes potentielles de décès par contamination ou d'attaques directes, sont probablement la plus grande menace pour la survie des renards. La persécution des gens qui pensent qu'ils attaquent leurs volailles, même si ils présentent peu de danger, est également un problème potentiel.

Effort de conservation[modifier | modifier le code]

De actions sont menées afin d'aider ce petit canidé. En effet, des lois Chiliennes ont été mises en place contre le braconnage depuis 1929. Aussi de nombreuses recherches sont effectuées sur le terrain car on estime que quelques endroits non visités pourraient être habités par quelques uns de ces animaux. Certains zoo ont pris à leur charge des couples de renard afin de développer et de protéger l'espèce (notamment le «Temuco Zoo» au Chili).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Medel, R.G. et al. 1990. Discovery of a continental population of the rare Darwin Fox, Dusicyon fulvipes (Martin, 1839) in Chile. Biological Conservation 51:71-77 (en)
  2. a et b Yahnke, C.J. et al. 1996. Darwin's Fox: A Distinct Endangered Species in a Vanishing Habitat. Conservation Biology 10:366-375 (en)
  3. Darwin, C. 1839. Journal of researches into the geology and natural history of the various countries visited by H.M.S. Beagle, under the command of Captain Fitzroy, R.N. from 1832–1836. London: Henry Colburn. (en)
  4. Villagrán, C. 1988. Late Quaternary vegetation of Southern Isla Grande de Chiloë, Chile. Quaternary Research 29: 294–306 (en)
  5. a et b Jiménez, J.E., Lucherini, M. & Novaro, A.J. 2004. Pseudalopex fulvipes. In: IUCN 2004. 2004 IUCN Red List of Threatened Species. (en)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Charif Tala et all., Especies Amenazadas de Chile:Protejámoslas y evitemos su extinción, CONAMA,‎ 2009, 122 p. (ISBN 978-956-7204-29-8, lire en ligne), p. 41, Zorro chilote