Cécile Sorel

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Cécile Sorel
Cécile Sorel, par Reutlinger.jpg

Cécile Sorel, par Reutlinger.

Fonction
Sociétaire de la Comédie-Française
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Céline Émilie SeureVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Enfant
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Céline Émilie Seurre[1], dite Cécile Sorel, comtesse de Ségur par son mariage, née le à Paris[2] et morte le à Trouville-sur-Mer (Calvados), est une comédienne française. Jouissant d'une très grande popularité, elle côtoie les plus grandes personnalités de son temps, au nombre desquelles Clemenceau, Rostand, Guitry... Reine des planches, ses apparitions publiques, le plus souvent dans des costumes extravagants, font à son époque sensation.

La Belle Époque et les Années folles[modifier | modifier le code]

Sorel, « star » française de la Belle Époque.

Cécile Sorel est très tôt attirée par le théâtre. Élève de Delaunay et de Mademoiselle Favart, elle est, durant les premières années de sa carrière, une représentante du théâtre dit « léger ». C'est à cette période qu'un de ses admirateurs, le jeune Vladimir Chtchoukine (il meurt à 25 ans en 1893), tombe fou amoureux d'elle ; il réussit à l'inviter à souper en lui adressant par un employé du théâtre sa carte accompagnée d'un billet de mille francs (Natalia Semenova et André Delocque, Chtchoukine - Le patron de l'art moderne La collection Chtchoukine, 2016 p. 49).

En 1899, elle fait son entrée à l'Odéon et, en 1901, à la Comédie-Française, où elle se spécialise dans les emplois de « grandes coquettes ». Son style est très reconnaissable et serait considéré aujourd'hui comme outré, au ton déclamatoire et à la diction « surarticulée » – c'était aussi, à la même époque, le style de Sarah Bernhardt. Comme cette dernière, elle est notamment associée au rôle de Célimène du Misanthrope de Molière. Élue 339e sociétaire de la Comédie-Française en 1904, Cécile Sorel le restera jusqu'en 1933.

Éternelle fiancée de Whitney Warren, un Américain richissime, elle se marie finalement, et contre toute attente, avec le comte de Ségur-Lamoignon, arrière-petit-fils de la comtesse de Ségur, acteur jugé médiocre, appelé Guillaume de Sax à la scène. Plus de quinze ans séparent les époux, et ce mariage donne lieu aux moqueries les plus cruelles : on appelle le couple « la faux-cils et le marteau », « la belle et le bête », etc. Son mari, employé au Ministère des Affaires étrangères est rebaptisé le « con d'Orsay ». Cécile conservera le titre de comtesse de Ségur jusqu'à la fin de sa vie. Celine Seurre était amoureuse de Guillaume Ségur qui était beau et séduisant mais elle ne pouvait donner d'enfants. Guillaume Ségur a eu deux enfants Béatrice et Victoire avec Madeleine Monier, Céline et Guillaume ne divorceront pas.

Cécile Sorel et Maurice Barrès au jardin des Tuileries lors de l'inauguration du monument André Le Nôtre en 1913.

Elle devient une amie proche de l'historien d'art Gustave Larroumet, de Maurice Escande, de Clemenceau, qui en a brossé ce savoureux portrait : « Une sorte de travesti empanaché. À travers les plumes, j'ai fini par reconnaître l'autruche. Elle s'était surpassée, ce qui me paraissait impossible. Une robe pour le Carnaval de Rio ou le couronnement du roi Pausole. », et qui sut un jour la remercier d'un envoi de... chrysanthèmes par ces mots : « Merci de vos admirables fleurs, par lesquelles il vous a plu d'humilier ma vieillesse. »[3].

Elle fréquente aussi Maurice Barrès, dont Clemenceau dit qu'elle fut très brièvement la maîtresse, et Félix Faure[4].

Le 14 mars 1933, lors de la première de la revue Vive Paris dans laquelle elle interprète Célimène, et après avoir descendu avec succès le grand escalier Dorian du Casino de Paris, elle lance à Mistinguett placée à l'avant-scène le fameux « L'ai-je bien descendu ? ». Écouter Cécile Sorel prononçant son « L'ai-je bien descendu ? » :

En 1937, elle tourne un petit rôle auto-allusif, la courtisane - très âgée - dans Les Perles de la couronne de Sacha Guitry.

En 1941, elle tourne un rôle inspiré par son propre personnage public, (La Clermont), dans Les Petits riens, un film à sketches de Raymond Leboursier.

Le , elle échappe de peu au bombardement du Théâtre-Français à Rouen où elle venait de donner une représentation du Roi Christine[5].

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la Libération, elle est quelque peu inquiétée, probablement parce qu'elle apparaît plusieurs fois dans le journal Le Matin, notamment en une du numéro du 17 octobre 1941, où on la voit en photo en train de fleurir la tombe de Marie-Antoinette[6]. À propos de sa fréquentation des Allemands, elle dit : « Les Allemands n'auraient jamais mis les pieds chez moi si vous ne les aviez pas laissés entrer ! »[7].

À Biarritz, elle habite soit à la villa Mirasol, près de l'hôtel du Palais, soit dans une suite qu'elle loue à l'année à l'hôtel Continental.

À Paris, elle habite un hôtel particulier au 21 de la rue Le Sueur, qui est racheté en mai 1941 par le sinistre docteur Petiot.

Le 6 novembre 1945, son mari décède. Le 15 août 1950, elle est saisie d'une « conversion », à la suite de laquelle elle prononce ses vœux dans le tiers-ordre franciscain – comme l'avait fait l'« autre » comtesse de Ségur avant elle – à la chapelle des Carmes de Bayonne ; elle prend le nom de sœur sainte Cécile de l'Enfant-Jésus. Ses dernières années sont consacrées à l'écriture et à la foi. Elle apparaît encore, cependant, dans une émission télévisée consacrée à sa carrière en 1965.

Tombe de Cécile Sorel au cimetière du Montparnasse.

Elle meurt en 1966, âgée de quatre-vingt-douze ans, des suites d'une fracture du col du fémur, au château de Hennequeville de Trouville-sur-Mer, que lui louait Jean Dupuy, dit le « baron Barclay »; on raconte qu'elle s'éteint en murmurant « Je remercie Dieu de m'avoir permis d'ensoleiller mon époque et de m'avoir donné une vie si magnifique »[7]. On[8] a dit d'elle : « Elle a vécu ce que vivent les roses, les roses en fer forgé. »

Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse à Paris.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque au 7 quai Voltaire.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Avant la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

Carrière à la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

Cécile Sorel, en 1920, par Reutlinger.

Après la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collection de Mme Cécile Sorel (sociétaire de la Comédie-Française), par Maîtres F. Lair Dubreuil et Henri Baudoin, commissaires-priseurs, Galerie Georges Petit, Paris, jeudi 6 et vendredi 7 décembre 1928.
  • Robert Cardinne-Petit, « Cécile Sorel », en couverture un portrait de Cécile Sorel par Bernard Bécan, Les Hommes du jour n°36, Éditions Henri Fabre, 1933.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après son acte de naissance.
  2. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 15/1552/1873, avec mention marginale du décès (consulté le 6 décembre 2012)
  3. Cité par Gilbert Prouteau, Le Dernier défi de Georges Clemenceau, France Empire, 1979.
  4. Christophe Deloire, Christophe Dubois, Sexus Politicus, Albin Michel, (ISBN 2226172556), p. 56
  5. Gontran Pailhès (préf. Pierre Varenne), Rouen et sa région pendant la guerre 1939-1945, Rouen, Henri Defontaine, , 309 p., p. 200
  6. « Cécile Sorel a fleuri la tombe de Marie-Antoinette », Le Matin, une du 17/10/1941, sur Gallica.
  7. a et b « Isadora, Cécile et Suzy, stars de la Côte fleurie », Le Calvados, no 117, automne 2014.
  8. Jean Rieu [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]