Château d'Artigny

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Château d'Artigny
Image illustrative de l'article Château d'Artigny
Période ou style Néoclassique
Début construction 1919
Fin construction 1928
Propriétaire initial François Coty
Coordonnées 47° 16′ 51″ nord, 0° 41′ 24″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Commune Montbazon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château d'Artigny

Le château d'Artigny a été construit entre 1919 et 1928 sur la commune de Montbazon en Indre-et-Loire.

Les premiers châteaux successifs[modifier | modifier le code]

Édifié durant la guerre de Cent Ans, le Château d'Artigny était intégré au système de défense établi le long de l'Indre autour du Donjon de Montbazon (Indre-et-Loire) dont il était un bastion avancé

Il fut démoli en 1769 par son propriétaire, Joseph Testard de Bournais, trésorier du Roi, qui le remplaça par une demeure qui fut épargnée par la Révolution puis remaniée au cours du XIXe siècle.

François Coty[modifier | modifier le code]

François Coty

C'est le que Joseph Spoturno, dit François Coty (Ajaccio, 3 mai 1874 - Louveciennes, 24 ou 25 juillet 1934), célèbre et richissime parfumeur, patron de presse et homme politique surnommé « Le Mussolini français » - conseiller général de Bastia, élu en 1931 maire d'Ajaccio sa ville natale - acheta le château.

Séduit par le site lors d'un voyage en Touraine, mais jugeant l'édifice mal posé sur la falaise dominant l'Indre, il le fait démolir pour construire, 12 mètres plus loin et sur des fondations différentes, l'actuel château long de 60 mètres large de 18 et haut de 27, copie conforme - moins deux fenêtres à chaque niveau - de celui de Champlâtreux, bâti par l'architecte Jean-Michel Chevotet de 1751 à 1757, ainsi qu'une chapelle copiée quoique « réduite au quart » de celle du château de Versailles, reliée par un passage souterrain à une crypte prévue pour sa famille.

De 1919 à 1928, date de la fin partielle de ce chantier d'envergure, Coty, « voulant montrer que la France moderne était capable d'œuvrer aussi bien que la France monarchique », y employa 150 personnes, architectes, maîtres-d'œuvre, sculpteurs, ciseleurs, mosaïstes, peintres, artisans et ouvriers. Le sculpteur officiel Denys Puech (1854-1942) Prix de Rome, réalisa une allégorie de style XVIIIe sur le tympan du fronton de l'avant-corps central sur la vallée de l'Indre.

Cette demeure somptueusement décorée et meublée comprenait quatre appartements de maître, une centrale électrique, un système d'air conditionné, des ateliers de tailleur et de bottier, un salon de coiffure, une chambre froide réservée aux fourrures de Madame, une "roberie" ou dressing équipée de 78 placards...

De 1929 à 1934, date de sa mort dans sa résidence de Louveciennes acquise en 1923, il vécut en famille à Artigny six mois par an, servi par 40 domestiques et plusieurs gardes-du-corps dans ce domaine de 1.300 hectares d'un seul tenant comprenant 7 kilomètres de rivière, des jardins à la française, des serres à orchidées, plusieurs fermes, trois moulins, un pavillon de chasse, un presbytère et des bâtiments d'école désaffectés.

Le bureau de « Monsieur de Montbazon », au premier étage, trônait dans une pièce circulaire surmontée d'une coupole au plafond peint d'une fresque en trompe-l'œil par Charles Hoffbauer (1875-1957), Grand Prix de Rome 1924, représentant un bal costumé au château avec famille et amis parmi lesquels on reconnait son gendre Paul Dubonnet en Pierrot un verre à la main, les actrices Marie Marquet, Edwige Feuillère, Cécile Sorel, les danseurs et maîtres de ballet Serge Lifar et Serge Diaghilev, le peintre Foujita, le Maharadja de Khapurtala, l'Aga Khan.

Après Coty[modifier | modifier le code]

Les 30 novembre et 1er décembre 1936, les collections d'art du parfumeur, dont la fortune avait été fortement entamée par le krach boursier de 1929, un train de vie princier, son divorce désastreux et le coût de son journal politique L'Ami du Peuple, « réunies au château du Puy d'Artigny et au pavillon Du Barry à Louveciennes » sont vendues aux enchères en 124 lots à la Galerie Charpentier à Paris[2].

À sa mort, le château avait été placé sous séquestre sur ordre de ses nombreux créanciers.

En 1940, à l'heure où la capitale française est repliée à Tours, le château, abri potentiel indiqué par un aide de camp montbazonnais de l'amiral Darlan, est successivement occupé par le Ministère de la Marine, reste vide quelques mois, puis en 1941, puis par les troupes allemandes jusqu'en 1942, - qui le font camoufler par une peinture d'un brun « terre de Sienne » - enfin jusqu'en 1946 par une annexe pour les grands blessés de l'Hôpital de Tours.

En 1947 sa famille en reprend possession, et plusieurs propositions d'achat lui sont présentées; les projets d'en faire le siège du Conseil Général d'Indre-et-Loire ou une colonie de vacances demeurent sans suite, et les héritiers commencent à démembrer l'immense domaine.

Enfin en 1959 sa fille Christiane vend pour 29 millions de francs à René Traversac, ancien petit Chanteur à la Croix de Bois, devenu photographe de mariages, puis ingénieur des Arts et Métiers et enfin hôtelier, parisien amoureux des vieilles pierres - déjà propriétaire d'un prieuré Renaissance à Chênehutte-les-Tuffeaux (Saumurois), dont il fit son premier « château-hôtel » - le château vide, la chapelle, le pavillon de chasse, les communs et un moulin, sur 29 hectares, dernier morceau du domaine montbazonnais des Coty.

Après 2 ans et 2 millions d'euros de travaux, au cours desquels la bibliothèque est transformée en « salon-bar » offrant une collection unique de cognacs, armagnacs, portos et whiskies, il ouvre fin 1961 « Le Relais d'Artigny », qui devint la première entreprise hôtelière de la région Centre; R.T. est cofondateur de la chaîne Relais et Châteaux. La cave détiendrait, parmi des centaines de bouteilles de vignobles français, la plus belle collection de vins de Touraine.

Depuis lors, Artigny a accueilli nombre de personnalités telles que la Reine-mère d'Angleterre et en 1963 Hailé Sélassié Ier, dernier Négus d'Éthiopie.

Les 24 et 25 novembre 1973, sous couvert de fermeture annuelle de l'établissement, la « Conférence monétaire internationale » y réunit les ministres des Finances des Cinq plus grandes puissances mondiales (dont Valéry Giscard d'Estaing).

En avril 1976 s'y déroula une rencontre discrète entre le Président de la République et son futur successeur, François Mitterrand.

Artigny est toujours propriété du groupe hôtelier familial « Grandes Étapes Françaises », dont Pierre Traversac est le Président. Ce château-hôtel compte 56 chambres, 1 salle de restaurant, une piscine extérieure et un spa. En septembre 2012, le Château d'Artigny obtient une cinquième étoile (nouvelle classification hôtelière).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Fastueux hôtels de Touraine, le château d'Artigny, à Montbazon, Le Magazine de La Touraine, n° 24 - octobre 1987, pp. 7 à 24, et catalogue de la vente.

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Voir aussi[modifier | modifier le code]