Basilique de la Daurade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Basilique Notre-Dame la Daurade (Toulouse)
Façade principale de l'édifice
Façade principale de l'édifice
Présentation
Culte Catholique romain
Type basilique religieuse
Rattachement Archevêché de Toulouse
Début de la construction 1764
Fin des travaux 1883
Style dominant néoclassique
Protection Logo monument historique Classé MH (1963)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Haute-Garonne
Ville Toulouse
Coordonnées 43° 36′ 03″ nord, 1° 26′ 23″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Basilique Notre-Dame la Daurade (Toulouse)

Géolocalisation sur la carte : Haute-Garonne

(Voir situation sur carte : Haute-Garonne)
Basilique Notre-Dame la Daurade (Toulouse)

Géolocalisation sur la carte : Toulouse

(Voir situation sur carte : Toulouse)
Basilique Notre-Dame la Daurade (Toulouse)

La basilique Notre-Dame la Daurade, dite aussi Sainte-Marie la Daurade, est une église toulousaine ayant titre de basilique mineure. Elle se situe le long des quais de la Garonne, près de la place et du port du même nom. Elle jouxte l'école des Beaux-Arts. C'est une église apparemment sans clocher, à la façade classique, dont on peut mieux apprécier l'architecture de l'autre côté du fleuve : on aperçoit alors un petit clocher sous-dimensionné. Elle a été totalement reconstruite à la fin du XVIIIe siècle sur le site de l'une des plus anciennes églises de Toulouse, qui fut probablement la chapelle des rois wisigoths et dont l'abside était couverte de mosaïques dorées paléochrétiennes (d'où le nom daurada, dorée). Siège d'une abbaye bénédictine dont le prieur était l'un des principaux personnages de la Toulouse médiévale, elle était bordée de moulins jusqu'à la fin du XIVe siècle et donnait sur le principal pont de Toulouse du XIIe au XVIIe siècle, le pont de la Daurade.

Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Son histoire commence au Ve siècle. Elle est bâtie sur les vestiges d'un temple romain dodécagonal, sans doute dédié à Apollon, et surmonté d'une coupole. Ce sont les empereurs romains qui confient ce temple aux chrétiens.

Le culte de la Vierge a été initié à Éphèse, en 431. C'est peut-être l'une des raisons de la construction de l'église de la Daurade, dédiée à la Vierge Marie représentée sous la forme d'une vierge noire. En effet, connue aujourd'hui sous le nom de « basilique de la Daurade » à cause de ses mosaïques à fonds dorés, l'église est d'abord appelée « basilique Sainte-Marie de Toulouse ». Son nom provient d'une mosaïque en or qu'elle renfermait : Deaurata qui veut dire couverte d'or[2].

Elle est intégrée au IXe siècle à un monastère bénédictin. Au XIe siècle, l'église, restée dodécagonale, est prolongée par une nef romane. Elle est rattachée à l’abbaye de Moissac en 1077, et le monastère est augmenté d’un cloître. La coupole est détruite en 1703, alors qu'elle menaçait de s'écrouler. Un dôme est alors posé en 1760, entamant un peu plus la solidité des murs. En 1761, mal entretenue, toute l'église romane doit être démolie. Un projet de reconstruction débuté en 1764 est arrêté afin de permettre la construction des quais de la Garonne par l'architecte Saget en contrebas, et sur lesquels l'implantation de l'église débordait.

Le nouveau projet était ambitieux. Il s'agissait de reproduire la basilique Saint-Pierre de Rome. Neuf ans plus tard, on modifia les plans, et on opéra une rotation et une translation de l'ensemble. Ainsi, le chœur de la basilique primitive, qui était bâtie sur les vestiges du temple romain, se situe aujourd'hui sous le transept. Les travaux furent interrompus par la Révolution. L'église fut consacrée en 1836, et érigée en basilique par le pape Pie IX en 1876, soit deux ans avant la basilique Saint-Sernin. Elle ne fut réellement terminée qu'en 1883.

Aujourd'hui, la Daurade abrite les restes du poète Pierre Goudouli, dont la statue orne le centre du jardin de la place Wilson.

Ancien prieuré[modifier | modifier le code]

Une statue-colonne et deux chapiteaux en provenance du prieuré de la Daurade sont visibles au musée des Augustins.

Liste des prieurs[modifier | modifier le code]

  • 1077-1109 : Gidbert
  • 1109-1121 : Raoul
  • 1121-1130 : Raymond I
  • 1130-1135 : Guillaume I
  • 1135-11?? : Raymond II
  • 11??-1141 : Pierre I de Hauterive
  • 1141-1150 : Jean I Olive
  • 1150-1176 : Guillaume II
  • 1176-1177 : Pierre II de Saint-André
  • 1177-1186 : Guillaume III
  • 1186-1201 : Bernard I de Montesquive
  • 1201-1209 : Robert
  • 1209-1225 : Adhémar
  • 1225-1230 : Arnaud I d’Aragon
  • 1230-1245 : Pierre III d’Albs
  • 1245-1248 : Arnaud II d’Aragon
  • 1248-1263 : Bertrand I de Montaigu
  • 1263-1265 : Bernard II de Geniès
  • 1265-1277 : Gaillard I de Montrouge
  • 1277-1287 : Bertrand II de Montaigu
  • 1287-1295 : Gaillard II de Miramont
  • 1295-1298 : Jacques I
  • 1298-1300 : Raymond III Bernard d’Aspremont
  • 1300-1309 : Emilien de La Châtaigneraie
  • 1309-1361 : Boniface
  • 1361-1369 : Guillaume IV de L’Orme
  • 1369-1372 : Bernard III de Mauldun
  • 1372-1388 : Bernard IV Fabry
  • 1388-1407 : Raymond IV de Vairac
  • 1407-1413 : Jean II de Maullie
  • 1413-1415 : Guy I de Vairac
  • 1415-1441 : Raymond V d’Arenx
  • 1441-1480 : Amaury de Sénerges
  • 1480-1523 : Jean III de Morlon
  • 1523-1534 : Jean IV de Narbonne de Talairan
  • 1534-1539 : Bertrand III de Narbonne de Talairan
  • 1539-1543 : Antoine I d’Oriole
  • 1543-1547 : Guy II du Val
  • 1547-1554 : Antoine II de Sauveuses
  • 1554-1562 : Nicolas de Calvière de Saint-Césaire
  • 1562-1578 : cardinal Georges d’Armagnac
  • 1578-1591 : Jacques II de Villemur
  • 1591-1598 : cardinal François de Joyeuse
  • 1598-1614 : Jean V Pichon d’Affis
  • 1614-1624 : Marc I de Calvière de Saint-Césaire
  • 1624-1633 : Marc II de Calvière de Saint-Césaire
  • 1633-1645 : Antoine III de Calvière de Saint-Césaire
  • 1645-1692 : Jacques III Charles Amelot
  • 1692-1714 : Noël-François de Brion
  • 1714-1750 : Jean-Baptiste Bourdet
  • 1750-1788 : Guillaume V Benoît de La Borde
  • 1788-1790 : Joseph Maury de Castelsarrazy

Source : Gallia Christiana

Ancien monastère[modifier | modifier le code]

De nombreuses sculptures provenant de l'ancien monastère de la Daurade sont visibles au musée des Augustins.

Vierge noire[modifier | modifier le code]

Une des particularités de la basilique est d'abriter une vierge noire. La statue présentée aujourd'hui est pourtant la deuxième copie d'une vierge brune, connue au Xe siècle. Le culte de la Vierge Noire est particulièrement dédié aux femmes enceintes. L'original fut tout d'abord volé au XIVe siècle et reproduit à l'identique. La vierge de Montserrat, en Catalogne, est appelée la moreneta, la Brunette. On a coutume de dire qu'elle est devenue noire à cause de la fumée des cierges.

La ferveur des fidèles fut telle que les armées de chandelles transformèrent la couleur de la seconde vierge exposée. Ainsi, dès le XVIe siècle, Notre-Dame la Brune fut connue sous le nom de Notre-Dame La Noire. Cette statue a, dit-on, de nombreux miracles à son actif. En particulier, elle aurait sauvé le quartier Saint-Michel d'un incendie en 1672.

La statue fut brûlée à la Révolution, en 1799, sur la Place du Capitole. En 1807, une nouvelle statue fut sculptée d'après les souvenirs que l'on avait de l'ancienne vierge brûlée.

La statue actuelle mesure environ 2 mètres de hauteur. Afin de renouveler sa garde robe usée, les paroissiens de la basilique ont lancé un appel aux plus grandes maisons de haute couture françaises[3].

La couronne de la Vierge et celle de l'Enfant sont classés[4].

Les décors en céramique sont de Gaston Virebent.

Les orgues[modifier | modifier le code]

La basilique possède un orgue de tribune classé au titre des monuments historiques[5] et un orgue de chœur.

Éléments classés[modifier | modifier le code]

Plusieurs éléments sont classés au titre des monuments historiques dans la base Palissy.

  • L'orgue de Tribune
  • Les couronnes et sceptres de la Vierge noir et de l'Enfant.
  • Les deux anges en bois doré, de part et d'autre de l'autel ; œuvre du sculpteur toulousain Jean-Louis Ajon en 1812[6].
  • Plusieurs calices et manuscrit évangéliaire, ainsi que des ciboires et autres objets de culte.
  • Des tableaux : Le Christ en croix entre deux larrons; Le pressoir mystique; Le Christ en croix
  • Une paire de tables d'applique de style Louis XIV de part et d'autre du Maître-autel

Galerie[modifier | modifier le code]

Jeux floraux[modifier | modifier le code]

Tous les 3 mai, dans la matinée, a lieu en la basilique une messe au cours de laquelle sont bénis les trophées (fleurs en or et en argent) de l'Académie des Jeux floraux. Ces trophées sont déposés à l’église suivant une ancienne et religieuse coutume. Ils sont destinés aux lauréats de l'Académie des Jeux floraux. Ces fleurs sont ensuite apportées solennellement à la séance de l'académie pour y être attribués.

Autrefois, elles étaient ramenées en procession depuis l’église par trois capitouls-bailes qui allaient les chercher avec trois commissaires de l’Académie, auxquels ils cédaient ensuite le pas, suivis des trompettes et des hautbois de la ville. De nos jours, une délégation de mainteneurs se charge de les amener au Capitole, dans la Salle des Illustres pour la remise des prix.

Les moulins de la Daurade[modifier | modifier le code]

Le prieur de la Daurade exerçait une seigneurie sur une partie du cours de la Garonne dans Toulouse. C'est à ce titre qu'il percevait des droits, au moins à partir de la fin du XIIe siècle, sur les Moulins du Bazacle et sur ceux de la Daurade. Ceux-ci, très actifs tout au long du XIIIe siècle, furent finalement victimes en 1356 de l'élévation de la chaussée du Bazacle qui les empêcha de fonctionner et ruina leurs propriétaires[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00094519 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Office de tourisme de Toulouse
  3. Directmatin plus du 25 septembre 2008
  4. Base Palissy PM31000850 & PM31000852
  5. Base Palissy PM31001454 et PM31000995
  6. « Notice no PM31001425 », base Palissy, ministère français de la Culture
  7. Voir Sicard, Les Moulins de Toulouse au Moyen Âge, Armand Colin 1953.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Caille. Sainte-Marie « La Daurade » à Toulouse - Du sanctuaire paléochrétien au grand prieuré clunisien médiéval. Collection « Archéologie et histoire de l'art », numéro 18. Paris : Les éditions du CTHS, 2007. 353 p. (ISBN 978-2-7355-0536-4)
  • Marcel Durliat, Haut-Languedoc roman, p. 139-141 et 175-187, Éditions Zodiaque (collection « La nuit des temps » no 49), La Pierre-Qui-Vire, 1978