Place Wilson (Toulouse)

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Place du Président-Thomas-Wilson
Image illustrative de l'article Place Wilson (Toulouse)
La fontaine au centre de la place
Situation
Coordonnées 43° 36′ 18″ nord, 1° 26′ 51″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Ville Toulouse
Histoire
Protection  Inscrit MH (1974)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Place du Président-Thomas-Wilson

Géolocalisation sur la carte : Toulouse

(Voir situation sur carte : Toulouse)
Place du Président-Thomas-Wilson

La place du Président-Thomas-Wilson se situe à l'entrée est du centre-ville de Toulouse. Elle prolonge les allées Jean-Jaurès, reliant le cœur de la cité au canal du Midi. Construits autour de la place, des cafés et des cinémas concentrent l'activité nocturne estudiantine. C'est avec la place Saint-Pierre un des lieux animés de Toulouse. Accessible en métro grâce aux stations Capitole et Jean-Jaurès

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est à cet endroit que Simon de Montfort rencontra les consuls lors du siège de 1216 (voir XIIIe). Ce n'était alors qu'un pré à l'extérieur des remparts, fermés ici par la « porte Villenouvelle ».

Lorsque les protestants furent chassés de la ville après les combats de la "Délivrance" en 1562, c'est par cette porte qu'ils sortirent (leur place forte était le Capitole tout proche). Pour empêcher symboliquement tout retour, les catholiques toulousains firent condamner la porte et installèrent une vierge, Notre-Dame du Rempart, afin de défier les bannis.

En 1778, les Capitouls, voulant faire cesser les multiples accidents causés par les rouliers venant s'acquitter des droits d'entrée en ville dans l'aile nord du Capitole, décidèrent de faire rouvrir la porte. Ce qui est fait en 1783, Jacques-Pascal Virebent, tout juste nommé architecte de la ville, en profite pour dessiner un projet de double place « intérieure » et « extérieure » (comme celle que Saget venait de réaliser à Saint-Cyprien) avec une porte monumentale au milieu. Mais rien n'est fait jusqu'en 1788, quand la disette pousse la municipalité à utiliser la nombreuse main-d'œuvre disponible pour les premiers travaux de déblaiement. Les travaux s'interrompent au début de la Révolution et ne reprendront, sur l'insistance de Virebent, qu'en 1806 : près de 300 m de murailles sont détruits pour bâtir le côté « intérieur » (vers la ville) de la place et les immeubles qui la bordent. Le côté extérieur est bâti entre 1817 et 1834[1]. Les décorations prévues par l'architecte en haut de ses immeubles avaient été refusées par la municipalité par souci d'économie.

Depuis 1908, une sculpture et une fontaine honorent le poète Pierre Goudouli.

En 2005-2006, des travaux de piétonnisation ont eu lieu, réduisant le nombre de voies pour voitures de deux à une, et pavant l'ensemble de la chaussée de porphyre et de marbre rose (comme les autres parties piétonnes du centre-ville)[2].

En 2007, le carrousel de Toulouse au décor reprenant des photographies de la ville, qui était depuis 17 ans sur la place Saint-Georges, s'installe sur la place Wilson[3].

Square Goudouli[modifier | modifier le code]

Portrait du duc d'Angoulême par Lawrence (1825).

En même temps que s'achève la construction de la place, la municipalité prévoit de bâtir au milieu un monument à celui dont elle a pris le nom, le dauphin et duc d'Angoulême. En 1824, juste après l'expédition d'Espagne où l'armée française a rétabli le roi Ferdinand VII, est voté par le conseil municipal un crédit pour bâtir un monument-fontaine à la gloire du duc qui commandait l'armée. Le concours est agité, l'architecte de la ville (et concepteur de la place) Jacques-Pascal Virebent tentant de faire passer le projet de son fils Auguste avant les quatre qui ont été sélectionnés par le conseil municipal[4]. Ces quatre projets (ceux d'Urbain Vitry, d'Antoine-Martin Garnaud et Achille Valois, d'Antoine Bibent et de Jean-Antoine Raynaud) sont envoyés en février 1825 à l'administration centrale. C'est celui de Garnaud et Valois qui est désigné en mai (Valois étant le statuaire officiel de la duchesse d'Angoulême depuis 1815). Mais un conflit entre l'administration (qui refuse que le monument serve de fontaine et conteste la figure du lion symbolisant l'Espagne) et la municipalité retarde la construction qui est pourtant symboliquement lancée lors de la visite en ville de la duchesse de Berry le 23 septembre 1828. La chute des Bourbons annule le projet. Garnaud et Valois proposent une version plus « libérale » de leur monument (le duc d'Angoulême est remplacé par la France, l'hydre de l'anarchie devient l'hydre du despotisme, le lion espagnol symbolise désormais le courage et la force du peuple français...) mais la municipalité est plus tentée par une colonne en fer fondu commémorant "les événements de la restauration de la liberté" dont le projet est confié à Vitry mais jamais réalisé (une maquette grandeur nature est tout de même édifiée au centre de la place en 1831)[5].

La place reste donc libre et ce n'est qu'en 1876 qu'est construit le square Lafayette (le nom de la place à l'époque) avec arbres et bassin. Il est à l'époque entouré d'une grille en fer forgé et contient la sculpture, Moïse brisant ses fers[A 1].

Monument à Goudouli dans le bassin du square.

Le monument à Goudouli qui l'orne aujourd'hui était initialement prévu ailleurs. Le projet en avait été lancé en 1882 par la municipalité: il s'agissait d'une statue de Clémence Isaure couronnant le poète, le tout sur un vaste monument à fontaines, escaliers et gradins au milieu de la place du Capitole. Projet confié aux prix de Rome toulousains Falguière, Mercié, Barthélemy, Labatut et Esquié mais qui traine et est finalement transformé en 1894 en simple monument à Goudouli sur la place Matabiau (actuelle place Jeanne d'Arc) par les sculpteurs Falguière et Mercié et l'architecte Paul Pujol mais n'est toujours pas réalisé à la mort de Falguière en 1900. Il est finalement terminé en 1907 mais Pujol suggère à la municipalité de le transférer dans le bassin du square Lafayette. Selon lui, Falguière, y avait déjà songé : « Il y a là l’ensemble ravissant de l’eau, des arbres et des fleurs, un cadre merveilleux qui s’offre à la nymphe de Garonne et au poète. Sa position au centre de la cité est des plus honorable pour un grand sculpteur... Je dois ajouter que chaque fois que je traversais en compagnie de Falguière, le square Lafayette, l’artiste ne manquait pas de me dire, en s’extasiant du charme de l’endroit : Ah ! Que je voudrais avoir à faire une statue de marbre à placer ici »[6]. La municipalité approuve, le monument est adapté à son nouvel emplacement et inauguré le 23 mai 1908. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la municipalité avait souhaité en 1943 déménager le monument dans le bassin du Jardin des plantes mais recula devant le tollé suscité par ce transfert[7].

Le square comporte aujourd'hui un cyprès chauve de Virginie, conifère perdant ses aiguilles en hiver; un ginkgo biloba femelle; un chêne rouge d'Amérique; un savonnier; un tulipier; un pin laricio; un chêne vert; un micocoulier; des tilleuls et un cèdre pleureur[A 1].

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

La place fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [M 1]. Tous les immeubles la bordant sont également inscrits.

Références et Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Granier, Toulouse côté jardins, éditions Daniel Briand, (ISBN 2-903716-66-8)
  1. a et b Granier 2005, p. 30
  • Autres références
  1. Pour plus de détails, on pourra consulter Toulouse, parcelles de mémoire (Archives municipales de Toulouse, 2005) et la partie consacrée à la création de la place Villeneuve (pp. 276 à 281).
  2. Philippe Emery, « La piétonnisation en marche place Wilson », La Dépêche du Midi,
  3. Pierre Vincenot, « A Wilson, un carrousel intergénérationnel », La Dépêche du Midi,
  4. Le 22 février 1825, l'architecte écrit au préfet que le projet de son fils a été choisi à l'unanimité par le jury et demande qu'il soit envoyé à l'administration centrale avec ceux sélectionnés par la municipalité. Mais le conseil municipal s'y oppose.
  5. Voir sur ce projet de fontaine la fiche de la Direction du Patrimoine.
  6. Lettre de Pujol au maire le 29 janvier 1907.
  7. Toutes les informations sur ce monument sont tirés de la fiche de la Direction du Patrimoine qui lui est consacrée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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