Monastère de la Daurade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Monastère Sainte-Marie de la Daurade
Le monastère de la Daurade (XVIIe siècle, Monasticon Gallicanum)
Le monastère de la Daurade (XVIIe siècle, Monasticon Gallicanum)

Ordre Bénédictins
Abbaye mère Moissac
Fondation Ve siècle ou IXe siècle
Fermeture 1790
Diocèse Toulouse
Dédicataire Marie
Protection Logo monument historique Classé MH (1963, basilique de la Daurade (église, y compris sa colonnade monumentale, la façade sur la rue de la Daurade et le passage couvert sur la rue Peyrolières)) et Logo monument historique Classé MH (1994, basilique de la Daurade (façade et toiture du presbytère)) [1]
Logo monument historique Classé MH (1995, prieuré de la Daurade (latrines, comprenant la tour dans son intégralité, bouches d'évacuation, conduites, fosse et puits)[2]
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Commune Toulouse
Coordonnées 43° 36′ 03″ nord, 1° 26′ 24″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Monastère Sainte-Marie de la Daurade

Géolocalisation sur la carte : Toulouse

(Voir situation sur carte : Toulouse)
Monastère Sainte-Marie de la Daurade

Le monastère Sainte-Marie de la Daurade est un ancien prieuré bénédictin, situé au cœur de la ville de Toulouse, en France.

Le monastère est un des plus anciens lieux de culte de la ville, puisqu'il est déjà connu au Ve siècle. En 1077, il devient un prieuré rattaché à l'abbaye bénédictine de Moissac, elle-même affiliée à l'ordre de Cluny. Au début du XIIe siècle, des travaux importants sont entrepris et se poursuivent jusqu'à la fin du siècle, alors qu'on élève une nouvelle église, un cloître et des bâtiments communautaires. Le monastère est alors puissant et riche : il contrôle au Moyen Âge, entre autres, le pont de la Daurade et les moulins du même nom, qui lui permettent de percevoir de considérables revenus.

En 1627, les Bénédictins de la Daurade s'unissent à la congrégation de Saint-Maur. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, l'église est démolie pour laisser la place à des bâtiments de style néo-classique. La Révolution française porte un coup fatal au monastère. Les bâtiments monastiques accueillent la nouvelle manufacture des cotons, puis des tabacs de François-Bernard Boyer-Fonfrède, avant d'être occupée par l'École des beaux-arts. Le cloître ne survit donc pas et est démoli en 1811.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, le prieuré de la Daurade connaît une histoire troublée. Plusieurs moines, gagnés par la Réforme calviniste, abandonnent le monastère.

À la Révolution française, le monastère de la Daurade connaît d'importants bouleversements. Les congrégations religieuses sont interdites en 1790 et le monastère devient bien national. L'église devient une église paroissiale. Les bâtiments monastiques sont vendus en 1791 au Bordelais François-Bertrand Boyer-Fonfrède. Il y établit son hôtel particulier et une fabrique d'indiennes. En mars 1812, il vend son domaine à l’État, qui y installe une manufacture des tabacs. Après un incendie en 1816, la manufacture est déménagée en 1823 sur un nouveau site, élevé en 1821 près des allées de Brienne. Les bâtiments sont réamanégés en 1827. Les bâtiments servent encore de lieu de stockage à la manufacture jusqu’au début des années 1890.

Le 23 mai 1893, l’État cède à la ville l'ensemble des bâtiments pour y aménager l'école des Beaux-arts de Toulouse. Son installation amène la construction d'un nouveau corps de bâtiment en pierre de taille sur le quai reliant les ailes de l'ancien monastère. L'architecte Pierre Esquié dessine en 1895 une façade en pierre de style éclectique.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'église abbatiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Basilique de la Daurade.

Une statue-colonne et deux chapiteaux en provenance du prieuré de la Daurade sont visibles au musée des Augustins.

De nombreuses sculptures provenant de l'ancien monastère de la Daurade sont visibles au musée des Augustins.

Liste des prieurs[modifier | modifier le code]

  • 1077-1109 : Gidbert
  • 1109-1121 : Raoul
  • 1121-1130 : Raymond Ier
  • 1130-1135 : Guillaume Ier
  • 1135-11?? : Raymond II
  • 11??-1141 : Pierre Ier de Hauterive
  • 1141-1150 : Jean Ier Olive
  • 1150-1176 : Guillaume II
  • 1176-1177 : Pierre II de Saint-André
  • 1177-1186 : Guillaume III
  • 1186-1201 : Bernard Ier de Montesquive
  • 1201-1209 : Robert
  • 1209-1225 : Adhémar
  • 1225-1230 : Arnaud Ierd’Aragon
  • 1230-1245 : Pierre III d’Albs
  • 1245-1248 : Arnaud II d’Aragon
  • 1248-1263 : Bertrand Ier de Montaigu
  • 1263-1265 : Bernard II de Geniès
  • 1265-1277 : Gaillard Ier de Montrouge
  • 1277-1287 : Bertrand II de Montaigu
  • 1287-1295 : Gaillard II de Miramont
  • 1295-1298 : Jacques Ier
  • 1298-1300 : Raymond III Bernard d’Aspremont
  • 1300-1309 : Émilien de La Châtaigneraie
  • 1309-1361 : Boniface
  • 1361-1369 : Guillaume IV de L’Orme
  • 1369-1372 : Bernard III de Mauldun
  • 1372-1388 : Bernard IV Fabry
  • 1388-1407 : Raymond IV de Vairac
  • 1407-1413 : Jean II de Maullie
  • 1413-1415 : Guy Ier de Vairac
  • 1415-1441 : Raymond V d’Arenx
  • 1441-1480 : Amaury de Sénerges
  • 1480-1523 : Jean III de Morlon
  • 1523-1534 : Jean IV de Narbonne de Talairan
  • 1534-1539 : Bertrand III de Narbonne de Talairan
  • 1539-1543 : Antoine Ier d’Oriole
  • 1543-1547 : Guy II du Val
  • 1547-1554 : Antoine II de Sauveuses
  • 1554-1562 : Nicolas de Calvière de Saint-Césaire
  • 1562-1578 : cardinal Georges d’Armagnac
  • 1578-1591 : Jacques II de Villemur
  • 1591-1598 : cardinal François de Joyeuse
  • 1598-1614 : Jean V Pichon d’Affis
  • 1614-1624 : Marc Ier de Calvière de Saint-Césaire
  • 1624-1633 : Marc II de Calvière de Saint-Césaire
  • 1633-1645 : Antoine III de Calvière de Saint-Césaire
  • 1645-1692 : Jacques III Charles Amelot
  • 1692-1714 : Noël-François de Brion
  • 1714-1750 : Jean-Baptiste Bourdet
  • 1750-1788 : Guillaume V Benoît de La Borde
  • 1788-1790 : Joseph Maury de Castelsarrazy

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Caille, Sainte-Marie « La Daurade » à Toulouse. Du sanctuaire paléochrétien au grand prieuré clunisien médiéval, coll. « Archéologie et histoire de l'art », no 18, Éditions du CTHS, Paris, 2007, 353 p. (ISBN 978-2-7355-0536-4)
  • L’ancienne église Sainte-Marie La Daurade à Toulouse, Guides archéologiques du musée Saint-Raymond, 2010.
  • Quitterie Cazes, « La sculpture à Toulouse autour de 1200 : le portail de la salle capitulaire de la Daurade », Le temps de la bataille de Muret (12 septembre 2013), Actes du 61e Congrès de la Fédération historique de Midi-Pyrénées, 2014, p. 459-472.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]